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Asma Jahangir

avocate et militante pakistanaise des droits de l'homme et des droits sociaux
Asma Jahangir
Asma Jahangir Four Freedoms Awards 2010.jpg
Asma Jahangir peu après avoir reçu le prix des quatre libertés de Roosevelt, en mai 2010.
Fonctions
Rapporteur spécial sur les Droits de l'homme en Iran (en)
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Président de l'association du barreau la Cour suprême du Pakistan (d)
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Président de l'association du barreau la Cour suprême du Pakistan (d)
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 66 ans)
LahoreVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Asma JilaniVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Formation
Université du Pendjab
Kinnaird College for Women (en) (baccalauréat en droit) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
Distinctions

Asma Jilani Jahangir (ourdou : عاصمہ جہانگیر, née le 27 janvier 1952 à Lahore et morte le 11 février 2018 dans la même ville, est une avocate et militante pakistanaise des droits de l'homme et des droits sociaux.

Elle a co-fondé et présidé la Commission des droits humains du Pakistan[1]. Elle est connue pour avoir joué un rôle important dans mouvement des avocats.

Elle est devenue la première femme à siéger en tant que président de la Cour suprême de l'Association du Barreau au Pakistan[2],[3]. Elle a co-présidé le groupe de l'Asie du Sud au Forum des Droits de l'homme et a été vice-présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme[4].

Sommaire

BiographieModifier

Jahangir est née dans une famille politiquement engagée. Son père, Malik Ghulam Jilani, était un fonctionnaire entré en politique dès la retraite. Il a passé deux ans en prison et mis sous surveillance à cause d'opposition aux dictatures militaires. Malik a été emprisonné à plusieurs reprises pour son franc-parler: il a dénonçé le gouvernement pakistanais pour génocide au cours des actions militaires dans ce qui est aujourd'hui le Bangladesh (anciennement Pakistan oriental[5]).

Sa mère, Begum Sabiha Jilani (1927-2012[6],[7]) a été scolarisée au Forman Christian College de Lahore, à une époque où peu de femmes musulmanes ont pu suivre l'enseignement supérieur. Sabiha a également combattu le système traditionnel en étant pionnière de sa propre entreprise de vêtements jusqu'à ce que ses terres familiales furent confisquées en 1967, à la suite des opinions et de la détention de son mari.

Dès son plus jeune âge, Jahangir a participé à des manifestations contre le régime militaire ainsi que contre la détention de son père par le président de l'époque, le père de Benazir Bhutto, Zulfikar Ali Bhutto, en 1972. Elle a obtenu sa licence à l'Université Kinnaird de Lahore, son diplôme de droit en 1978[8] et sa licence en droit (LLB) de l'Université du Penjab. Elle est également titulaire d'un doctorat de l'Université de Saint-Gall en Suisse[9]. Mariée, elle a un fils et deux filles, Munizae Jahangir, une journaliste et Sulema Jahangir, qui est également avocate[10].

MilitantismeModifier

Elle a passé sa carrière à défendre les droits de l'homme et des droits des femmes, droits des minorités religieuses et des enfants au Pakistan. Jahangir a été une fervente critique de l'Ordonnance Hudood et des lois sur le blasphème au Pakistan, mis en place dans le cadre du programme d'islamisation du général Muhammad Zia-ul-Haq. Elle a été l'un des membres fondateurs de la Commission des droits humains du Pakistan et a nommé secrétaire générale et, plus tard, présidente de l'organisation.

En 1980, Jahangir et sa sœur, Hina Jilani, se sont unies avec d'autres militants et avocats pour former le premier cabinet d'avocates au Pakistan. La même année, elles ont également contribué à former le Women's Action Forum (WAF), un groupe de pression contre la législation disciminatoire au Pakistan, notamment contre le projet de loi sur la preuve, où la valeur d'un témoignage de femme vaut la moitié de celui d'un homme, et de l'Hadood Ordonnances, où les victimes de viols doivent prouver leur innocence ou faire  face à la punition [11]. Le 12 février 1983, l'association du Punjab Women Lawyers de Lahore a organisé une manifestation publique (l'un de ses dirigeants était Jahangir) contre le projet de loi sur la preuve, au cours de laquelle Jahangir et d'autres participants WAF ont été battus, ont reçu des bombes lacrymogènes et ont été arrêtées par la police[12].

La première manifestation WAF a cependant eu lieu en 1983, lorsque certaines femmes âgées de 25 à 50 sont descendues dans les rues pour protester contre la controverse du cas de Safia Bibi. En 1983, Safia, une jeune aveugle de 13 ans, a été violée par ses employeurs et devenue enceinte, s'est  retrouvée en prison, accusée de fornication (zina), elle a été condamnée à la flagellation, à trois ans d'emprisonnement et à une amende. Jahangir a défendu Safia dans son appel et, finalement, le verdict a été annulé par la Cour d'appel en raison de la pression et de protestations[13]. En 1982, Jahangir s'est fait surnommer « petite héroïne » après avoir mené une marche de protestation à Islamabad à l'encontre d'une décision prise par le président Zia-ul-Haq pour faire respecter les lois de la religion ; elle a déclaré : « les lois de la Famille [qui sont les lois de la religion] donnent aux femmes peu de droits » et « Ils doivent être réformés parce que le Pakistan ne peut pas vivre dans l'isolement. Nous ne pouvons pas rester enchaînées, tandis que les autres femmes progressent[14] ».

En 1986, Jahangir et Hina ont mis en place l'AGHS, le premier centre d'aide juridique au Pakistan. La cellule AGHS à Lahore gère également un refuge pour les femmes, appelé « Dastak », entretenu par le secrétaire Munib Ahmed[15]. Elle a également été un promoteur de la protection des droits des minorités religieuses persécutées au Pakistan et s'est imposée face aux conversions forcées[16]. Jahangir a fait campagne contre les violations des droits humains par le gouvernement et la police de la garde au Pakistan. Dans une lettre au New York Times, elle a dit que « les femmes sont arrêtés, violées et agressées sexuellement, chaque jour, la présence de femmes gendarmes, qui se retrouvent sans défense dans de telles situations[17] ».

En 1996, la Haute Cour de Lahore a statué qu'une femme musulmane adulte ne pouvait pas se marier sans le consentement de son tuteur (wali). Les femmes, qui ont choisi leur mari, de façon indépendante, pourraient être contraints d'annuler leurs mariages. Les répercussions ont été mises en évidence par Jahangir, qui a également défendu de tels cas (c'est-à-dire le cas de Saima Waheed[18],[19]) : « des centaines de personnes ont déjà été arrêtées. Cela va simplement ouvrir les vannes pour le harcèlement des femmes et des filles par leurs familles et les autorités. Les tribunaux ont sanctionné leur oppression. Des milliers d'autres seront touchés par cette mesure[20] ».

Jahangir a exigé que le travail du gouvernement de Pervez Musharraf améliore le travail pour améliorer l'enregistrement des droits de l'homme à l'échelle nationale. En citant des exemples de violations des droits humains, elle a écrit : « Un inspecteur des impôts hindou s'est fait lynché en présence du personnel de l'armée pour avoir prétendument fait une remarque sur la barbe d'un commerçant. Rapidement, le malheureux fonctionnaire gouvernement Hindou a été accusé pour avoir commis un blasphème ».

RéférencesModifier

  1. (en) « Leading human rights lawyer Asma Jahangir passes away in Lahore », DAWN.COM,‎ (lire en ligne)
  2. Agencies, « Asma Jahangir, Snowden honoured with 'alternative Nobel' », sur www.dawn.com, (consulté le 27 février 2016)
  3. Herald Exclusive, « Herald exclusive: An interview with Asma Jahangir », sur www.dawn.com, (consulté le 27 février 2016)
  4. Asma Jahangir- World Economic Forum « https://web.archive.org/web/20140921093513/http://www.weforum.org/global-agenda-councils/asma-jahangir »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), , Retrieved 16 March 2016
  5. Friends of Bangladesh 71, « Malik Ghulam Jilani, Interviewee: Asma Jahangir (Daughter) », sur Youtube, (consulté le 5 août 2017)
  6. « Begum Sabiha Jilani passes away », Dawn,
  7. « Asma Jahangir’s mother dies », The News,
  8. The 1995 Ramon Magsaysay Award for Public Service « https://web.archive.org/web/20090106023422/http://www.rmaf.org.ph/Awardees/Biography/BiographyJahangirAsm.htm »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  9. Leadership profile « https://web.archive.org/web/20090908005422/http://www.pakistanileaders.com.pk/profile/Asma_Jahangir »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  10. « John Diefenbaker Defender of Human Rights and Freedom Awards », Foreign Affairs and International Trade Canada, sur Foreign Affairs and International Trade Canada
  11. Women and Children: The Human Rights Relationship – Asia « https://web.archive.org/web/20090203190445/http://www.wcwonline.org/content/view/1470/265/ »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  12. Fight Hudood, Protect Women By Beena Sarwar « https://web.archive.org/web/20100218023618/http://chowk.com/articles/print/11716 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  13. Swat The System « https://web.archive.org/web/20110218053050/http://outlookindia.com/printarticle.aspx?240263 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  14. Asma Jahangir « https://web.archive.org/web/20050502072054/http://www.sawnet.org/whoswho/?Jahangir+Asma »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), , Retrieved 16 March 2016
  15. Asma Jahangir and Hina Jilani « https://web.archive.org/web/20091025105015/http://www.europaworld.org/issue25/asmajahangirandhinajilani9301.htm »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  16. Democracy is Survival for Women « https://web.archive.org/web/20100729095501/http://www.nancho.net/fdlap/jehangir.html »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  17. The New York Times, letter to the editor, 23 September 1992. Cited in Amnesty International, « Women in Pakistan: disadvantaged and denied their human rights », .
  18. Book: Muslim women and the politics of participation « https://web.archive.org/web/20170214213002/https://books.google.com/books?id=D54siazQ0loC&pg=PA32&lpg=PA32&dq=%22Saima+Waheed%22+marriage+father&source=bl&ots=C_u-1JvfBj&sig=wfU6a9WyDgaGbFMrJ_OJBhVcHmw&hl=da&ei=Hkd8S9inB9H0-Qby4KDABQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CBEQ6AEwAQ »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), by Mahnaz Afkhami, Erika Friedl
  19. Police exploiting LHC ruling, apex court told: Delay in Saima case affected 250 couples: Asma « https://web.archive.org/web/20101025074556/http://www.dawn.com/2003/05/14/top7.htm »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?),
  20. A beacon in Islam's dark age By Yasmin Alibhai-Brown « https://web.archive.org/web/20171005151723/https://www.independent.co.uk/life-style/a-beacon-in-islams-dark-age-1359578.html »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 22 October 1996

Liens externesModifier