Askia Mohammed

souverain de l'empire songhai

Askia Mohamed 1er
Illustration.
Tombe d'Askia Mohammed.
Fonctions
Empereur du Songhai et Calife du Soudan
Biographie
Nom de naissance Mohammed Aboubacar At-Touri
Religion Islam

Askia Mohammed dit Askia le Grand est né en 1443 et mort en 1538, il était le fils d'Aboubacar At-Touri un Songhai du clan des sohankey appelé aussi sillankey du village de turi que certains localisent au nord de tillabérie, le clan des sohankey est réputé Magicien et gardien des traditions occultes du Songhai donc pas d'ethnie Soninké et originaire du fouta toro comme il fut mal interprété dans les tarikh relatif à lui par des chercheurs qui ne maîtrisaient pas la langue Songhai et la topographie et la toponymie du pays songhaï, les Soninké étant appelés Wakoré en Songhai , s'il était Soninké c'est ce terme qui aurait dû être utilisé dans les Tarikh et non l'appellation que les Soninké font d'eux même , les songhaï ne parlant pas Soninké , sa mère est la princesse kassey soeur de sonni Ali Ber . Il était empereur du Songhaï .

Il renverse en 1493 Sonni Baro, le fils de Sonni Ali Ber. Il devient empereur du Songhaï. Prenant le nom d'Askia Mohammed, il est le fondateur de la dynastie des Askia. Il pacifie et réorganise l’Empire. Il soumet au tribut le Mali, le royaume de Diarra, les Peuls du Fouta-Toro, le royaume de l’Aïr, et plusieurs royaumes haoussas à l’est mais échoue au sud contre le Borgou, royaume des Baribas (Borgu), et le Kebbi.

BiographieModifier

En 1492, Askia Mohammed menace de mort les Juifs[1] s'ils ne se convertissent pas à l'islam. A ce propos, l'historien Leon l'Africain écrit en 1526 : « Le roi (Askia) est un ennemi déclaré des Juifs. Il ne permettra à personne (d'entre eux) de vivre dans la ville. S'il entend dire qu'un marchand berbère les fréquente ou fait des affaires avec eux, il confisque ses biens ». Beaucoup de Juifs fuient alors le pays mais d'autres se convertissent de force[2],[3],[4],[5].

Askia Mohammed renverse en 1493 Sonni Baro, le fils de Sonni Ali Ber, qu'il bat le lors de la bataille d'Anfao. Il devient empereur du Songhaï.

Mohammed améliore l’administration. Le territoire est divisé en quatre vice-royautés et plusieurs gouvernements. Il crée des fonctions similaires aux ministères actuels. Il met en place une armée de métier, composée essentiellement d’esclaves et de prisonniers de guerre et ordonne la construction d’une flotte pour assurer des liaisons plus rapides par le Niger. Il encourage l’agriculture et ordonne des travaux d’irrigation et de canalisation du Niger. Il favorise l’installation d’agriculteurs juifs convertis[1] le long du fleuve, unifie les poids et mesures et accroît la production des salines de Teghazza et des mines d’or de l’Empire. Il transfère sa capitale de Gao à Tombouctou où il gagne le soutien des oulémas.

En 1497, considérant que son empire est pacifié, il en confie la régence à son frère Omar et part en pèlerinage à La Mecque où il reçoit le titre de Calife pour le Soudan. Il distribue de l’or dans toutes les villes qu’il traverse. À son retour, il favorise l’expansion de l’islam dans les grandes villes de l’Empire. Il ramène avec lui à Tombouctou un neveu du chérif de La Mecque ainsi que de nombreux lettrés musulmans.

Askia Mohammed étend les frontières de l’Empire songhaï jusqu’au Fouta Toro (actuel Sénégal) et au nord jusqu’à Agadez dont il s’empare en 1515.

En 1500, il occupe le sud du Dendi et les régions avoisinantes où le fils du Sonni Ali Ber, Sonni Baro, s’est taillé un royaume. L'année suivante, il s’empare de l’empire du Mali, alors réduit à un petit territoire vassal de l’Empire songhaï. Il mène ensuite la guerre sainte contre le roi animiste Nasséré du pays mossi.

En 1512, il achève la pacification de la région du Bakhounou, tenue par les Peuls de Tenguéla, qui est tué. Askia Mohammed fait ensuite alliance avec Kanta, roi du Kebbi, et marche vers l’est où il annexe les États haoussas du Katsina, le Gobir et la ville de Kano. En 1515, il s’empare d’Agadez, ville tenue par les Touaregs, mais évite d’entrer en contact avec le puissant empire du Bornou.

Askia Mohammed se brouille avec son allié Kanta, roi du Kebbi, pour le partage du butin (1516). Il doit battre en retraite pour la première fois. La paix dure cependant sur l’Empire songhaï jusqu’à la fin de son règne.

Devenu aveugle, il est détrôné par son fils Monzo Moussa en 1529 et meurt en 1538, après avoir eu quelque 100 enfants de femmes de toutes origines. Son fils aîné Moussa, né d’une captive dahoméenne, rassemble les mécontents et s’empare de Gao alors que son père est en inspection. Après l’avoir chassé du palais royal, il prend le titre d’Askia, mais n’arrive pas à imposer son autorité. Il décime une grande partie des prétendants au trône, frères et cousins, mais est tué à son tour en 1531.

Culture populaireModifier

Askia dirige le Songhaï dans le jeu vidéo Civilization V par Firaxis Games, sorti en 2010.

Notes et référencesModifier

  1. a et b En 1993, l'historien de Tombouctou Ismael Diadie Haidara crée une organisation appelée Zakhor (Association de Tombouctou pour l'amitié avec le monde juif) qui est majoritairement composée de Maliens, descendants de Juifs. Au fil des ans, une grande partie de l’histoire de la communauté juive malienne a été découverte qui était autrefois dissimulée pour éviter la persécution.
  2. « Mali Virtual Jewish History Tour », sur www.jewishvirtuallibrary.org (consulté le )
  3. (en) « Jews of Timbuktu », kulanu.org, lire en ligne
  4. (en-US) Shavei Israel, « Timbuktu (Mali) », sur Shavei Israel, (consulté le )
  5. Aomar Boum, « Saharan Jewry: history, memory and imagined identity », The Journal of North African Studies, vol. 16, no 3,‎ , p. 325–341 (ISSN 1362-9387, DOI 10.1080/13629387.2011.556819, lire en ligne, consulté le )

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (en) Thomas A. Hale (compil., trad. du songhaï et notes) et al., The epic of Askia Mohammed, Indiana University Press, Bloomington, 1996, 88 p. (ISBN 0-253-20990-0).
  • « Askia Mohamed », dans Bernard Nantet, Dictionnaire de l'Afrique. Histoire, civilisation, actualité, Larousse, Paris, 2006, p. 30 (ISBN 2-03-582658-6).

Liens externesModifier