Les Ashvins (sanskrit: अश्विन) (aśvin- « propriétaire de chevaux », « dresseur de chevaux », « cavalier ») ou Ashwini Kumaras sont des dieux jumeaux du ciel[1] dans le Rig Veda, fils de Saranya, la déesse des nuages et l'épouse de Vivasvat (une forme de Sûrya, le dieu solaire). Ils symbolisaient le lever du soleil, apparaissant avant l'aube sur un char doré. Également appelés Nasatyas, ils sont les médecins des dieux et les dieux de la médecine ayurvédique. Divinités bienveillantes et secourables, ils sont les protecteurs des chevaux, du bétail et des activités agricoles.

Naissance des Ashvins. Folio d'un Harivaṃśa

Invoqués conjointement avec Mitra, Varuna et Indra dans les tablettes de Bogâzköy, ils font partie des divinités de la littérature védique en partie éclipsés par les divinités plus tardives de l'hindouisme.

OrigineModifier

Le culte des Ashvins dérive du culte indo-européen des jumeaux divins[2] ; ils s'apparentent ainsi aux Dioscures de la mythologie grecque[3]. Le retour de l'Aurore annuelle est à la base du mythe central des Jumeaux divins, les Ashvins védiques dont leur autre nom, Nasatyas est lié à cette notion[4].

Les Ashvins se rapprochent des jumeaux mixtes dont le modèle sont les Dioscures dont l'un est fils du Ciel du jour et l'autre fils d'un mortel. En effet, les deux Nasatyas sont généralement indicernables, mais un texte védique note une inégalité équivalente à celle des Dioscures : l'un est fils du Ciel, l'autre, semble-t-il, fils d'un homme[5].

Leur proximité des hommes explique le refus d'Indra dans un premier temps de les admettre au bénéfice du sacrifice, qu'il justifie ainsi : « Ils ne sont pas de vrais dieux ; ils sont sans cesse mêlés aux hommes, vivent comme des hommes. »[5].

AttributionsModifier

La gémellité a été perçue comme un signe d'abondance, de vitalité et de fécondité. Ainsi, dans les rituels védiques, les Nasatyas-Ashvins, grâce à cette réserve de force vitale dont témoigne leur dualité, distribuent les bienfaits : ils rajeunissent les vieillards, guérissent les hommes et les animaux malades, réparent les mutilés, enrichissent, sauvent des dangers, donnent des vaches et des chevaux, font jaillir le lait et l'hydromel.... Un des services demandés aux Nasatyas est de faire cesser la stérilité des femelles et des femmes[5].

Dans la bataille, ils tirent du danger un combattant menacé[5].

BibliographieModifier

  • Jean Haudry, « Les Asvin dans le « Rgveda » et les jumeaux divins indo-européens », dans Bulletin d'études indiennes, 6, 1988, p.275-305
  • Éric Pirart, Les Nasatya. Volume I. Les noms des Ashvin, Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Liège – Fascicule CCLXI. Liège 1995
  • Éric Pirart, Les Nasatya. Volume II, Traduction commentée des strophes consacrées aux Asvin dans les mandala II-V de la Rgvedasamhita, Université de Liège - Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres, 2001

Notes et référencesModifier

  1. (en) Encyclopedia of Hinduism par C.A. Jones et J.D. Ryan publié par Checkmark Books, page 51, (ISBN 0816073368)
  2. Jean Haudry, Grammaire comparée des langues indo-européennes, Annuaires de l'École pratique des hautes études, Année 1997, 11, pp. 249-256
  3. (en) Walter Burkert (trad. John Raffan), Greek Religion [« Griechische Religion des archaischen und klassichen Epoche »], Oxford, Blackwell, 1985 (éd. orig. 1977), p. 212.
  4. Jean Haudry, Courtisanes, Journal Asiatique, 303.2, 2015
  5. a b c et d Georges Dumézil, La religion romaine archaïque, 2e édition revue et corrigée, Paris : éditions Payot, 1987, p. 262 et suiv.