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Asclepias

genre de plantes
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Asclépiade.

Les asclépiades, du genre Asclepias, plantes herbacées vivaces dicotylédones regroupent plus de 140 espèces inventoriées. Appartenant à la famille des Asclépiadacées selon la classification classique, elles sont maintenant réunies dans une sous-famille des Apocynacées, les Asclepiadoideae, selon la classification phylogénétique.

Carl von Linné nomma le genre d’après le dieu grec de la médecine Asclépios, cette plante possédant de nombreuses vertus en phytothérapie.

Elles représentent des plantes très importantes d'un point de vue écologique, fournissant du nectar pour les abeilles et beaucoup d’autres insectes, dont le papillon Monarque nord-américain.

Les espèces du genre asclépias produisent des graines croissant dans des cosses. Ces cosses contiennent des filaments mous connus sous le nom de soies, chacun d'entre eux étant rattaché à une graine. Lorsque la cosse mûrit, elle s'ouvre et les graines sont emportées par le vent.

Les asclépiades produisent du latex, un liquide laiteux toxique composé d'une grande diversité de molécules, dont des alcaloïdes et des terpènes.

Asclepias et monarquesModifier

Les asclépiades sont la source exclusive de nourriture pour les larves de papillons monarques (Danaus plexippus) en Amérique du Nord. Associées aux milieux ouverts désormais largement agricoles, les espèces de ce genre ont décliné dans les régions comme le Midwest, en raison de la popularisation, dans la deuxième moitié de années 1990, des herbicides à base de glyphosate associés aux cultures transgéniques. Cette baisse de l'abondance des asclépiades a contribué au déclin de la population de monarque migrateur de l'Est[1]. En 2013, le nombre de monarques en migration vers le Mexique a été le plus bas jamais enregistré, couvrant à peine 0,67 hectares de forêt (à comparer à 21 hectares à la saison 1996-1997)[2].

Asclepias curassavicaModifier

Plus récemment, une nouvelle inquiétude s'est ajoutée suite à la publication d'articles portant sur les effets néfastes de l'Asclépiade tropicale (Asclepias curassavica), une espèce appréciée en horticulture originaire, comme son nom l'indique, des régions tropicales. Contrairement aux espèces indigènes d'asclépiades, l'Asclépiade tropicale n'entre pas en sénescence à l'automne; elle conserve sont feuillage et fleurit tant que la température le permet. Dans les régions comme les états américains de la Floride et de la Californie, cette espèce fleurit donc à l'année longue. Il en résulte que certains monarques, au lieu de migrer, se sédentarisent où cette plante est cultivée[3].

Cette longue floraison est apparemment problématique pour le monarque puisque les papillons sédentaires présentent un taux plus élévé d'infection au parasite protozoaire Ophryocystis elektroscirrha (OE), par rapport aux monarques qui complètent leur migration[4],[5]. L'Asclépiade tropicale constituerait donc un « piège écologique » (Ecological trap) pour ces papillons qui ont trouvé là un site de reproduction hivernal.

Une solution est de demander aux jardiniers et propriétaires de supprimer toutes les asclépiades exotiques pour les remplacer par des souches locales ou au moins couper la plante au moment des quelques semaines du retour de migration[2].

Liste d'espècesModifier

Selon ITIS :

UtilisationModifier

Dans le passé, la teneur élevée en dextrose du nectar de ces plantes était une source d'édulcorants pour les indigènes d'Amérique et les voyageurs. Le latex des asclépiades contient du caoutchouc (entre 1 et 2 %) utilisé comme ressource naturelle par les Américains et les Allemands pendant la 2e guerre mondiale. Depuis cette plante est identifiée comme espèce en difficulté du fait de l'effet combiné de l'urbanisation et de la pollution.

Mise en culture commercialement depuis 2012 principalement au Québec, l’asclépiade aussi connu sous l’appellation « soie[6] » ou « soyer » en reprenant un terme utilisé par le naturaliste Charles Sigisbert Sonnini qui l'avait importé en France comme plante exotique à fibre soyeuse à incorporer dans les tissus. Le soyer du Québec est issu de la variété d’asclépiade commune (Asclepias syriaca) cueillis principalement dans la vallée du fleuve St-Laurent au Canada.

Une industrie vouée à sa transformation s’est constituée depuis 2015. On utilise la soie pour la confection d’isolant thermique, d’isolant acoustique ou d’absorbants pétroliers[7],[8]

EnnemisModifier

Les chenilles des papillons de jour suivants se nourrissent de feuilles d'asclépiade :

Les punaises de l'asclépiade, aux stades de nymphe et d'adulte, se nourrissent des graines et du nectar de l'asclépiade :

La chrysomèle de l'asclépiade, Labidomera clivicollis, se nourrit des feuilles et des fleurs de l'asclépiade.

Différentes espèces de pucerons, dont le puceron jaune du laurier rose, Aphis nerii, se nourrissent de la sève d'asclépiade. Ces piqueurs-suceurs sont souvent gardés en élevage par des fourmis, qui organisent l'infestation, protègent les pucerons et bénéficient de leur miellat.

Ces différents prédateurs de l'asclépiade sont insensibles à la toxicité de la plante, ils métabolisent ses toxines et deviennent à leur tour poisons pour leurs propres prédateurs. Leur coloration rouge, orange ou jaune vifs sont d'ailleurs une manifestation d'aposématisme, un avertissement à qui voudrait les manger.

Notes et référencesModifier

  1. J. Pleasants & K. Oberhauser. 2013. Milkweed loss in agricultural fields because of herbicide use: effect on the monarch butterfly population. Insect Conservation and Biodiversity 6:135-144.
  2. a et b L. Wade. 2015. Plan to save monarch butterflies backfires Science ; en ligne 13 janvier 2015
  3. E. Howard, H. Aschen & A. Davis. 2010. Citizen science observations of monarch butterfly overwintering in the Southern United States. Psyche.
  4. D. Satterfield, J. C. Maerz & S. Altizer. 2015. Loss of migratory behaviour increases infection risk for a butterfly host. Proceedings of the Royal Society B 282(1801).
  5. S. Altizer, K. A. Hobson, A. K. Davis, J. C. De Roode, L. I. Wassenaar. 2015. Do healthy monarchs migrate farther? Tracking natal origins of parasitized vs. Uninfected monarch butterflies overwintering in Mexico. PLOS One 10(11).
  6. Charles Sigisbert Sonnini, Traité des Asclépiades particulièrement de l'Asclépiade de Syrie: précédé de quelques observations sur la culture du coton en France, (lire en ligne)
  7. http://www.cbc.ca/news/politics/milkweed-touted-as-oil-spill-super-sucker-with-butterfly-benefits-1.2856029
  8. (en) Hyung-Min Choi et Rinn M. Cloud, « Natural sorbents in oil spill cleanup », Environmental Science & Technology, vol. 26, no 4,‎ , p. 772-776 (ISSN 0013-936X, DOI 10.1021/es00028a016, lire en ligne, consulté le 19 janvier 2016)

AnnexesModifier

Liens externesModifier

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