Ouvrir le menu principal

Arslantepe
Milid
Arslantepe
Empreinte d'un sceau-cylindre provenant d'Arslantepe
Localisation
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Province Malatya
Coordonnées 38° 22′ 55″ nord, 38° 21′ 40″ est

Géolocalisation sur la carte : Turquie

(Voir situation sur carte : Turquie)
Arslantepe
Arslantepe

Arslantepe (« la colline du lion ») est un site archéologique situé dans les faubourgs de l'actuelle Malatya, dans le sud-est de la Turquie. À l'âge du fer (première moitié du Ier millénaire av. J.‑C.), il s'agit du centre de l'ancien emplacement de cette même ville, alors nommée Milid.

Le site a été proposé en 2014 pour une inscription au patrimoine mondial et figure sur la « liste indicative » de l’UNESCO dans la catégorie patrimoine culturel[1].

Sommaire

FouillesModifier

 
Extrait de la publication de Hogarth 1895 illustrant le premier bas-relief connu d'Arslantepe

Le site est connu depuis la fin du XIXe siècle. En 1895, David Hogarth publie un bas-relief d'une chasse au lion provenant « d'Arslan Tepe » et qui avait été découvert en mai 1894 par un habitant du village avoisinant alors qu'il cherchait des pierres de construction[2]. Trois photographies de bas-reliefs découverts à Malatya, reçues par R. P. Ronzevalle, professeur à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, sont transmises à l'Académie des Inscriptions en 1907[3] et seront publiées en 1909[4]. De 1930 à 1939, il est fouillé par une équipe française dirigée par Louis Joseph Delaporte, qui dégage principalement les niveaux néo-hittites. Après la Seconde Guerre mondiale, les fouilles reprennent sous la direction de Claude Schaeffer, de 1947 à 1951. Dix ans après le départ des Français, des archéologues italiens dirigés par Piero Meriggi et S. Puglisi investissent le site, et finissent par se concentrer sur les niveaux du IVe millénaire av. J.‑C., qui livrent des découvertes inattendues. Le site est toujours en cours de fouilles, sous la direction de Marcella Frangipane.

Les niveaux du IVe millénaire av. J.-C.Modifier

Arslantepe est occupé depuis le VIe millénaire av. J.‑C. On ne connaît cependant bien le site qu'à partir du début du IVe millénaire av. J.-C., quand il connaît un grand développement, dans l'orbite de la civilisation d'Uruk. Pour la première période, qui va de 3900 à 3500, un grand bâtiment, appelé Temple C, a été dégagé. Il s'agit d'un édifice construit sur une plate-forme, qui a sans doute une fonction cérémonielle. Arslantepe est déjà un centre politique et/ou religieux important. À la période suivante, qui s'étend de 3500 à 3000, le Temple C est abandonné. Une grande zone publique est édifiée sur ses ruines, concentrant les pouvoirs politique, religieux, militaire et économique. Il s'agit d'un des plus anciens exemples de « palais » attesté au Proche-Orient, abritant une administration hiérarchisée. Arslantepe n'est cependant pas un site urbain, puisqu'on n'y trouve pas de grande zone résidentielle. Parmi le matériel archéologique retrouvé pour cette période, on a retrouvé de nombreux objets métalliques, dont les plus anciens modèles d'épées connus, et de nombreux sceaux. Vers 3000, le site est détruit dans un incendie, et il n'est pas reconstruit. La tombe d'un grand personnage est construite sur les ruines. Elle présente un matériel archéologique du type culture kouro-araxe (venant de Transcaucasie), et de ce fait elle est peut-être la tombe d'un chef étranger qui aurait pris Arslantepe à cette époque. Le site est d'ailleurs occupé par la suite par des porteurs de la culture Kuro-Araxe.

Âge du bronzeModifier

Vers 2800 av. J.-C., une citadelle est bâtie sur l'acropole d'Arslantepe, et domine un village situé en contrebas. Environ un siècle plus tard, l'habitat a diminué dans la région de Malatya, qui se replie sur elle-même, les témoignages de rapports avec la Syrie et la Mésopotamie se raréfiant alors. Dans la seconde moitié du IIIe millénaire av. J.‑C., Arslantepe redevient un centre politique important. Au début du IIe millénaire av. J.‑C., Arslantepe présente des traits culturels proches de ceux du site contemporain mieux connu de Kanesh (Kültepe). Par la suite, elle est incorporée dans le royaume des Hittites. Quelques bâtiments de cette période ont été fouillés.

Période néo-hittiteModifier

 
Statue du souverain Tarhunza de Milid, période néo-hittite.

Le royaume hittite s'effondre vers le début du XIIe siècle av. J.-C., et éclate en un ensemble de principautés, parmi lesquelles se trouve celle de Milid, dont le centre politique se trouve sur le tell d'Arslantepe. Un grand palais, bâti vers le IXe siècle av. J.-C., a été fouillé par les archéologues français. Sa porte principale est gardée par des statues de lions monumentaux, qui ont donné le nom actuel du site. Le palais est décoré avec des bas-reliefs représentant un roi local, Sulumeli, accompagné de son épouse, la reine Tuwasta, se présentant avec une série de dieux, dirigée par Tarhun, le dieu de l'Orage.

Du point de vue historique, Milid apparaît plusieurs fois dans les inscriptions des rois d'Assyrie dès le IXe – VIIIe siècle av. J.-C. Elle prend part à des coalitions contre ce royaume, fomentées par les rois d'Urartu. Quand Sargon II défait celui-ci en 714 av. J.-C., il le coupe de tous ses contacts en Anatolie du sud-est, et a donc les mains libres pour s'emparer des royaumes néo-hittites. Milid est prise en 712 av. J.-C., et incorporée dans l'Empire assyrien.

Notes et référencesModifier

  1. (en) UNESCO World Heritage Centre, « Archaeological Site of Arslantepe - UNESCO World Heritage Centre », sur whc.unesco.org (consulté le 20 mars 2018)
  2. Hogarth 1895.
  3. Pottier 1907.
  4. Ronzevalle 1909.

BibliographieModifier

  • L. Delaporte, Arslantepe, I. La colline des lions, Paris, 1940
  • (it) Marcella Frangipane (dir.), Alle origini del potere : Arslantepe, la collina dei leoni, Milan, 2004
  • David Hogarth, « Note on pre-hellenic finds », Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes, vol. 17,‎ , p. 25-26 (DOI 10.11588/diglit.12253.7)
  • Edmond Pottier, « Monuments syriens découverts par le R. P. Ronzenvalle découverts près de Damas et d'Alep », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 51, no 5,‎ , p. 232-232 (ISSN 0065-0536, DOI 10.3406/crai.1907.72069)
  • Sébastien Ronzevalle, « Notes et études d'archéologie orientale. VI. Monuments d'Arslân-tépé », Mélanges de l'Université Saint-Joseph,‎ , p. 796-801 (lire en ligne)