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Armand-François Cillart
seigneur de Suville et de Kerguezennec
Surnom Comte de Surville
M. Cillard de Surville
Naissance
à Seglien (Morbihan)
Décès (à 71 ans)
à Jersey
Origine Français
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Chef d'escadre
Commandement Belle Poule
Réfléchi
Actif
Conflits Guerre de Sept Ans
Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerres de la Révolution
Faits d'armes Bataille de la Martinique (1779)
Distinctions Commandeur de Saint-Louis
Famille Famille Cillart

de gueules au greslier d'argent

Armand-François-Marie Cillart, seigneur de Suville (ou Suville) et de Kerguezennec, dit le « comte de Surville » (titre de courtoisie), né le à Seglien (Morbihan) et mort le à Jersey, est un aristocrate et officier de marine français du XVIIIe siècle. Il termine sa carrière avec le grade de chef d'escadre des armées navales.

BiographieModifier

Origines et familleModifier

Originaire de Bretagne, la maison de Cillart est noble d'ancienne extraction[1], de sang[2], de nom[3], d'armes[4], d'états[5] et d'épée[6]. Il est le fils de Marc-Antoine Cillart, seigneur de Surville (1681-?), capitaine de dragon, et de sa femme Marie Jeanne Marguerite Gertrude de Bizien du Lezard[7]. Son frère, le chevalier de Cillart fait les campagnes de l'Inde sous le bailli de Suffren, capitaine de vaisseau le 9 mai 1781, il est cassé le 25 juillet 1784 et renvoyé en France, à cause de l'affaire du Sévère, au combat de Négapatam.

Carrière dans la Marine du roiModifier

Cillart de Surville est fait enseigne de vaisseau le 13 mai 1754[8]. Il sert pendant la guerre de Sept Ans et commande le vaisseau le Duc d'Orléans (74 canons) de l'escadre du comte d'Aché au combat qui a lieu devant Gondelour le 29 avril 1758 et à celui qui a lieu au large de Négapatam, le 3 août de la même année. Ces combats opposent une escadre française composée de vaisseaux du roi et de la Compagnie française des Indes orientales, à une escadre britannique, conduite par l'amiral Pocock. Il est cité parmi les blessés[9].

Cillart de Surville reçoit une commission de lieutenant de vaisseau le 1er janvier 1761. L'année suivante, en 1762, il prend part à l'expédition emmenée par le chevalier de Ternay et M. de Monteil, destinée à prendre Terre-Neuve aux Britanniques. Il est nommé à cette occasion capitaine de la frégate La Licorne (30). Au cours de cette expédition, il contribue à la prise d'un corsaire anglais sur les parages de Terre-Neuve. Ces trois officiers abordent l'ennemi chacun sur un canot et sautent dans le navire avant que l'équipage n'ait eu le temps de tirer un seul coup de fusil. La Gazette de France du 15 octobre 1762 écrit « II sauta dans le navire, lui troisième, avant que l'ennemi ait eu le temps de tirer un coup de fusil ou de canon. »

La paix revenue, il commande frégate la Belle Poule, célèbre pour son combat contre le HMS Arethusa en 1778, qui marque le début de l'entrée en guerre de la France dans la guerre d'indépendance des États-Unis. Il s'illustrera à nouveau pendant ce conflit.

Le 27 juillet 1778, il commande le vaisseau le Réfléchi (64 canons) au combat d'Ouessant au sein du corps de bataille, conduit par le lieutenant général, le comte d'Orvilliers. L'été suivant, il combat dans les Indes occidentales. Le 6 juillet 1779, à la bataille de la Grenade, il commande à nouveau le Réfléchi, au sein de la flotte du comte d'Estaing. Le 18 décembre 1779, il est au combat de la Martinique, cette fois sous La Motte-Picquet. L'Annibal de La Motte-Picquet, assisté du Réfléchi et du Vengeur (64) commandé par le chevalier de Retz, repoussent les 13 vaisseaux britanniques de l'amiral Parker devant Fort-Royal.

Le 20 octobre 1782, il commande l'Actif (74 canons) à la bataille du cap Spartel au sein de la flotte franco-espagnole qui affronte une flotte britannique placée sous les ordres de l'amiral Howe. Il reçoit ses provisions de chef d'escadre des armées navales lors de la promotion de 1786.

Officier de marine des plus estimés et des plus renommés le comte de Cillart de Suville, investi de plusieurs commandements successifs et importants, est chef d'escadre quand vient la Révolution française de 1789.

L'émigration à la RévolutionModifier

Il semble avoir pris part aux mouvements contre-révolutionnaires probablement de concert avec son parent, le marquis de la Boëssière. En effet, en l'an XI on dénonçait à l'administration préfectorale un officier de marine nommé Cillart comme étant un des chefs de la correspondance de l'ancienne chouannerie qui se retirait tantôt à Étables tantôt à Saint Quas[10]. Il est élevé à la dignité de Commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, le 8 février 1798, pendant l'émigration.

Il émigre et meurt à Jersey le 30 juin 1801.

Mariage et descendanceModifier

Marié le 16 mars 1763 avec Anne Marie de Parcevaux (†1779), fille de Claude de Parcevaux, chef d'escadre, chevalier de Saint-Louis et de Marguerite de Kergoët de Tronjoly. De cette union naissent deux garçons et quatre filles.

Notes et référencesModifier

  1. D'ancienne extraction car, comme il est prouvé par l'histoire de Bretagne, sa noblesse est antérieure aux plus anciennes réformations connues, même à celle entreprise en 1347 par le duc de Bretagne Jean V.
  2. Noble de sang, car les anoblis et par suite leurs descendants à la troisième génération jouissaient d'une noblesse qui avait été concédée, tandis que les gentilshommes possèdent une noblesse que les rois eux-mêmes, libres d'ailleurs de faire les grands seigneurs, ne peuvent accorder et qu'ils s'honoraient de porter, dont on ne peut indiquer la source et qui est inhérente au sang transmis par les aïeux.
  3. Noble de nom, car la réformation de 1669 imprimée par le Père Toussaint Conen de Saint-Luc et qui consacre les réformations précédentes porte Cillart seigneur dudit lieu c'est-à-dire de Cillart. Est-ce la terre qui a donné le nom à la famille ou la famille à la terre. On sait qu'en 1446 dans la paroisse d'Amanlis et l'évêché de Rennes où vivait alors Philippe Cillart se trouvait un fief nommé la Cillartière.
  4. Noble d'armes, car la famille de Cillart porte pour armes de gueules au greslier d'argent. Le greslier instrument qui rendait un son grêle n'est autre chose que l'olifant ou le cor chevaleresque.
  5. Noble d'états car cette famille figura toujours selon son droit dans l'assemblée de la noblesse aux États de Bretagne, droit maintenu par chaque famille noble dans la province et qu'enlevait à ses descendants pour trois générations tout gentilhomme qui se mésalliait.
  6. Noble d'épée, car ce droit s'est maintenu depuis 1384 où Jean Cillart se montre dans l'histoire de Bretagne comme l'écuyer bien-aimé de Louis d'Anjou, roi de Sicile, lequel reconnaît en avoir été puissamment secondé dans son expédition de Sicile. Jusqu'aux rejetons contemporains de la branche de Villeneuve dont trois membres sont tués en 1791 lors de l'expédition de Quiberon, jusqu'au comte Cillart de Suville, qui meurt chef d'escadre et cordon rouge en 1801, avec une des grandes renommées de mer de son temps ; et dans celle de Kermainguy dont plusieurs membres ont servi dans l'armée comme officiers.
  7. Borel d'Hauterive et Révérend 1855, p. 331
  8. Gazette de France du 1er juin 1754
  9. Gazette de France du 10 mars 1759
  10. Archives des Côtes du Nord

Voir aussiModifier

Sources et bibliographieModifier

Articles connexesModifier