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Armée française en 1940

Casque de général d'armée français.
Relève dans un gros ouvrage de la ligne Maginot en 1939.

Au lendemain de l'armistice de la Première Guerre mondiale en 1918, l'Armée française était considérée comme la meilleure armée du monde.

L’armée de terre française, en temps de paix, compte début 1939 vingt divisions d’infanterie métropolitaines, cinq divisions de cavalerie dont deux mécanisées et huit divisions d’infanterie coloniales ou nord-africaines, ainsi que des troupes de souveraineté dans son Empire colonial.

Après la mobilisation française de 1939 due à la déclaration de guerre contre l'Allemagne, au début de la Seconde Guerre mondiale, les quatre armes (Armée de terre, Marine nationale, Armée de l'air et Gendarmerie) comptaient cinq millions d'hommes dans leurs rangs, encadrés par 120 000 officiers.

L'armée de terre française déployait, de la frontière suisse à la mer du Nord, 2 240 000 combattants groupés en 94 divisions dont 20 d'active et 74 de réservistes soit une infériorité numérique limitée de 12 % par rapport à la Wehrmacht. Il faut rajouter l'armée des Alpes, face à l'Italie, et les 600 000 hommes dispersés dans l'empire colonial français. La principale ligne de fortification était la ligne Maginot.

Sommaire

Ordre de bataille au 10 mai 1940Modifier

Au déclenchement de la bataille de France, l'organigramme de l'armée de terre était celui-ci :

Réserves du Grand Quartier général (GQG)Modifier

10e armée (général Altmayer)Modifier

Unité formée le 30 mai 1940.

Groupe d'armées 1 (général Billotte)Modifier

Article détaillé : Groupe d'armées n° 1.

1re armée (général Blanchard)Modifier

 
Uniforme de l'armée française, fantassin du 43e régiment d'infanterie de 1940 à Dunkerque au musée consacré à l'opération Dynamo et à la défense.

2e armée (général Huntziger)Modifier

7e armée (général Giraud)Modifier

 
Un groupe d'AMR 35 armées d'une mitrailleuse de 13,2 mm du 4e régiment de dragons portés de la 1re division légère mécanique. Le véhicule de devant, no 87347, est le deuxième produit et montre les grandes rosettes typiques de cette unité à partir de 1938.
 
Uniforme de l'armée française, officier du 43e régiment d'infanterie de 1940 à Dunkerque au musée consacré à l'opération Dynamo et à la défense.

9e armée (général Corap)Modifier

Groupe d'armées 2 (général Prételat)Modifier

Article connexe : André-Gaston Prételat.

3e armée (général Condé)Modifier

4e armée (général Réquin)Modifier

5e armée (général Bourret)Modifier

Groupe d'armées 3 (général Besson)Modifier

6e armée (général Touchon)Modifier

8e armée (général Garchery)Modifier

 
Uniforme d'officier de spahis en 1939.

Armée des Alpes (général Olry)Modifier

Corps expéditionnaire français en Scandinavie (général Audet)Modifier

Article détaillé : Campagne de Norvège.

Théâtre d'opérations d'Afrique du NordModifier

XIXe région militaireModifier

Troupes du MarocModifier

Commandement supérieur des troupes de TunisieModifier

Groupe des forces mobiles du LevantModifier

Troupes présentes dans l'EmpireModifier

Manque de réserves stratégiquesModifier

Au 10 mai 1940, les réserves stratégiques sont de 22 divisions sur les 94 divisions françaises et les 10 divisions du Corps expéditionnaire britannique en France métropolitaine soit 21 % du total. Mais sur ces 22 divisions, théoriquement, six constituent le « lot belge » et ne sont pas des réserves puisqu’elles doivent être envoyées en Belgique dès le premier jour de l’attaque allemande contre ce pays ; 5 constituent le « lot suisse » vers Vesoul-Belfort pour parer à une hypothétique attaque contre la Suisse ; 3 constituent le « lot alpin » au sud de Chaumont (menace italienne). Restent 8 divisions (6 DI et 2 DCR) réellement disponibles. Si on y ajoute le lot alpin, cela fait 11 divisions, soit 10 % c’est-à-dire alors que la norme veut que l’on ait de 25 à 33 % de ses effectifs totaux en réserve stratégique (les réserves allemandes sont de 42 divisions sur 117 à la même date). Le général Gamelin qui perçut le problème d'avoir trop de divisions derrière la ligne Maginot n'a pas pu imposer son allégement. Notons qu'au jour du déclenchement de l'offensive allemande, l’armée française comptait 15 % de permissionnaires.

Types de grandes unités dans l'armée française de 1940Modifier

Les divisions d'infanterieModifier

Les divisions d'infanterie sont les unités les plus répandues à l'époque, elles se répartissent en trois séries :

  • d'active, qui existent en temps de paix ;
  • de série A, créées à la mobilisation par dédoublement des unités d'active, elles comportent plus de 50 % de réservistes, l'encadrement et le matériel y sont à peu près équivalents à celui de ces dernières ;
  • de série B, créées de toute pièces, elles sont majoritairement composées de réservistes cantonnés au bétonnage ou aux travaux agricoles, le matériel et les effectifs sont bien souvent incomplets.

Elles sont aussi réparties en types correspondant à une organisation et une dotation différentes. On trouve ainsi des :

  • divisions d'infanterie de type Nord-Est motorisé (active) ;
  • divisions d'infanterie de type Nord-Est (active - réserve A et B) ;
  • divisions d'infanterie de type Nord-Est à un régiment mixte d'artillerie divisionnaire (réserve B) ;
  • divisions d'infanterie de forteresse.

Début mai 1940, 67 divisions d'infanterie dont 7 motorisées, 24 d’active, 20 de série A et 16 de série B sont apte à faire campagne front Nord-Est ainsi que 16 divisions d'infanterie de forteresse.

Les divisions légères de cavalerieModifier

Ce sont des divisions semi-motorisées, issues de deux réformes successives : la réforme de cavalerie de 1932 et la transformation, en janvier 1940, des divisions de cavalerie (DC) en divisions légères de cavalerie (DLC), allégées d'une partie de leurs effectifs pour former des unités supplémentaires ; le commandement voulait avoir des unités plus nombreuses et plus mobiles. Ces divisions étaient familièrement appelées « divisions essence-picotin », car elles combinaient deux brigades de cavalerie :

  • une brigade à cheval (BC) composée de :
    • 2 régiments de cavalerie.
  • une brigade motorisée (BLM) composée :
    • 1 bataillon de dragons portés ;
    • 1 régiment d'automitrailleuses (RAM).

Dans la pratique, cet assemblage se révèlera peu commode, les engins motorisés devant souvent attendre les chevaux, sous peine d'avoir à combattre seuls. Ces divisions sont dites légères, pour leur aptitude à passer plus rapidement de l'ordre de marche à l'ordre de bataille.

Les 1re, 2e, 3e, 4e et 5e divisions légères de cavalerie, ont toutes les cinq été créées par conversion des trois dernières divisions de cavalerie d'active, en février 1940.
La 6e DLC, elle, a été créée en Algérie par absorption de diverses unités stationnées en Afrique du Nord.
Les cinq premières seront en première ligne, lors de l'entrée en Luxembourg et en Belgique, cherchant à couvrir le terrain, pour permettre le déploiement de l'infanterie dans le cadre de la manœuvre Dyle.

Les divisions légères mécaniquesModifier

Ce sont des améliorations des divisions de cavalerie d'active, en remplaçant les régiments à cheval par des unités d'automitrailleuses de combat, en pratique des chars de combat. Elles sont le plus proche équivalent français des Panzerdivisions allemandes, assez bien équilibrées, regroupant presque toutes les armes nécessaires à la guerre mécanisée. Avec 260 véhicules de combat en première ligne (sans compter les véhicules de commandement et de volant au nombre de 47 unités), elles souffrent d'être un peu moins puissantes et peu nombreuses.

Deux ont été formées avant-guerre :

  • la 1re à partir de l'ancienne 4e division de cavalerie en 1936 ;
  • la 2e de la 5e division de cavalerie, en 1937.

Une troisième a été créée en février 1940.

Une quatrième est en cours de création en mai 1940, mais ses éléments seront vampirisés par la 4e division cuirassée.

Il en sera créé deux autres début juin au format allégé :

  • la 4e créée à partir de la 1re division légère de cavalerie ;
  • la 7e créée à partir de la 4e division légère de cavalerie.

Ce seront des unités et de renforts de circonstance issues d'unités éprouvé des écoles, sans réelle cohésion et qui seront envoyées au combat sans préparation.

Les divisions cuirasséesModifier

Pour un article plus général, voir Division cuirassée.

Ces nouvelles unités apparaissent le 16 janvier 1940, quand sont créées les 1re et 2e issues des 1re et 2e brigades cuirassées.
La 3e suivra en mars, et enfin la 4e, le 15 mai.
Ce sont des regroupements de bataillons de chars de combat destinés au départ au soutien d'infanterie, associés à un bataillon de chasseurs portés et un régiment d'artillerie tractée tout-terrain. Elles sont bien moins réussies que les divisions légères mécaniques, manquant d'infanterie d'accompagnement et d'unités de reconnaissance.
Elles possèdent un atout, cependant, avec leurs 2 bataillons de chars de bataille B1 bis, qu'aucun panzer ne peut détruire directement.
L'appellation de réserve que l'on lit souvent n'est pas juste. L'acronyme DCr se veut juste différent de DC ou division de cavalerie.

Les groupes de reconnaissanceModifier

Les groupes de reconnaissance sont des petites unités de cavalerie, motorisées ou non, qui sont formées à la mobilisation pour fournir des unités de reconnaissance aux grandes unités, on en trouve six types :

  1. groupe de reconnaissance de corps d'armée de type motorisé (trois escadrons de fusiliers motocyclistes et un de mitrailleuses et de canon motorisé) ;
  2. groupe de reconnaissance de corps d'armée de type normal (deux escadrons à cheval, un de fusiliers motocyclistes et un de mitrailleuses et de canon motorisé) ;
  3. groupe de reconnaissance de division d'infanterie de type motorisé avec automitrailleuses (un escadron de 20 AMRl, un de fusiliers motocyclistes et un de mitrailleuses et de canon motorisé) ;
  4. groupe de reconnaissance de division d'infanterie de type motorisé (deux escadrons de fusiliers motocyclistes et un de mitrailleuses et de canon motorisé) ;
  5. groupe de reconnaissance de division d'infanterie de type normal (un escadron à cheval, un de fusiliers motocyclistes et un de mitrailleuses et de canon motorisé) ;
  6. groupe de reconnaissance de division d'infanterie de type outre-mer (deux escadrons à cheval et un de mitrailleuses et de canon hippomobile).

Équipement de l'armée françaiseModifier

MobilitéModifier

 
Tracteur d'artillerie français Laffly S15T tractant un canon de 75 mm en mai 1940.

123 000 camions militaires et civils furent réquisitionnés[1] ainsi que des autobus et 400 000 chevaux.

Chars de combat et autres blindésModifier

On comptait 3 378 chars dans ses rangs :

  • Renault R-35 : 855 dans les 1er, 2e, 3e, 5e, 6e, 9e, 10e, 12e, 16e, 17e, 20e, 21e, 23e, 24e, 32e, 34e, 35e, 39e, 43e BCC, tous affectés aux armées.
  • Hotchkiss H35
  • Infanterie : 550
  • 90 affectés aux armées dans les 13e, 38e BCC
  • 270 affectés au sein des divisions cuirassées dans les 14e, 25e, 26e, 27e, 42e et 45e BCC.
  • Cavalerie : 450
  • 70 dans les 1er, 2e, 3e, 4e et 5e régiments d'automitrailleuses
  • 300 dans les divisions légères mécaniques
  • 40 dans les groupes de reconnaissance
  • 45 au 19e BCC et 5 de volant.
  • 14 Renault D2 à la 345e compagnie autonome de chars de combat
  • 10 Renault D2 à la 346e compagnie autonome de chars de combat
  • 12 Renault D2 à la 350e compagnie autonome de chars de combat
  • FCM 36 : 90 exemplaires au 4e et 7e BCC, plus 10 de volant.
  • Char FCM 2C : 6 exemplaires au 51e BCC.
  • Renault FT : 441 exemplaires dans les 18e, 29e, 30e, 31e, 33e, 36e BCC et le bataillon des troupes coloniales. De plus, seront créés, dès mai, 115 sections de 5 chars chacune pour garder les aérodromes.
 
Somua S-35 dans un musée

AbréviationsModifier

  • BCC : bataillon de chars de combat
  • BCTC : bataillon de chars des troupes coloniales
  • CACC : compagnie autonome de chars de combat
  • CEFS : corps expéditionnaire français de Scandinavie
  • cie : compagnie
  • CPTICC : centre pratique de tir et d'instruction des chars de combat
  • DCr : division cuirassée
  • DLC : division légère de cavalerie
  • ECC : école des chars de combat
  • ERGM : entrepôt de réserve général du matériel
  • GBC : groupe de bataillon de char
  • GRDI : groupe de reconnaissance de division d'infanterie
  • PEB : parc d'engins blindés
  • RAM : régiment d'automitrailleuses

ArtillerieModifier

 
Mannequins portant des tenues des RAP autour d'un canon de 105 mm Schneider sur affût pneumatique modèle 1936 (musée de Fermont).
 
Canon de 155 long modèle 1917 Schneider capturé par les forces allemandes et utilisé sur le front de l'Est en 1943

L'artillerie française était en meilleure posture qu'en 1914 avec un assez bon parc de matériel de tous calibres mais une bonne moitié était à traction hippomobile et la conception de la grande majorité de ses matériels datait de la précédente guerre comme les autres artilleries de l’époque ; par ailleurs, elle manquait cruellement de canons antiaériens. Plus de 1 400 pièces étaient affecté aux régiments d'artillerie de position défendant entre autres la Ligne Maginot.

InfanterieModifier

La dotation régimentaire en armes d’appui était, en théorie, la suivante pour un régiment d'infanterie français de ligne[3] :

  • 48 mitrailleuses lourdes
  • 9 mortiers légers (45 à 60 mm)
  • 8 mortiers moyens (81 mm)
  • 12 canons antichars

L'uniforme de campagne standard pour l'infanterie comprenait[4] :

  • le casque Adrian modèle 1926. La rondache et la couleur indiquaient le Corps ou l'Armée. On trouve encore en 1940 des casques modèle 1915 mais en petite quantité.
  • en dehors du combat, le bonnet de police modèle 1918. Les troupes d'Afrique portaient la chéchia, tandis que les chasseurs et les troupes de forteresse portaient le béret.
  • capote modèle 1920/1935 ou 1938 en drap kaki avec boutons peints en kaki mat.
  • vareuse modèle 1920/35 ou 1938 en drap kaki (bleu pour les chasseurs).
  • chemise modèle 1935 en toile kaki (les teintes peuvent varier, du vert au jaune) ou bleu foncé pour les chasseurs ; cravate "régate" modèle 1935 en toile kaki ou noir pour les chasseurs.
  • bretelles de suspension modèle 1892/1914 en cuir fauve.
  • ceinturon toutes armes modèle 1903/14 en cuir fauve.
  • pantalon-culotte modèle 1922 en drap kaki (gris de fer foncé pour les chasseurs) ou pantalon-golf modèle 1938 en drap peigné de nuance kaki (gris de fer foncé pour les chasseurs).
  • bandes molletières modèle 1918 en tissu kaki (gris de fer foncé pour les chasseurs) cintrées ou droites (les guêtres commencèrent à apparaître tardivement en 1940, et n'équipèrent donc quasiment pas l'infanterie française).
  • brodequins modèle 1917 avec semelles à clous.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Bernard Crochet, Camions de l'extrême, Éditions de Lodi, , 350 p. (ISBN 978-2-84690-307-3)
  2. (en)John Prigent, « Laffly 80AM », sur Military Modelling (consulté le 17 mai 2013)
  3. Adrien Fontanellaz, « Le réduit en perspective », sur Histoire militaire, (consulté le 12 septembre 2012)
  4. [1]

Bibliographie et sourcesModifier

  • Stéphane Ferrard, France 1940 – L'armement terrestre, ETAI, Paris, 2003 (ISBN 978-2-7268-8380-8).
  • François Broche, L'Armée française sous l'occupation, tome 1, La dispersion, Presse de la Cité, Paris, 2002 (ISBN 2-258-05471-0).
  • Pierre Porthault, L'armée du Sacrifice 1939-1940, éd. Guy Victor, 1965.
  • R. Jacomet, L'Armement de la France, 1936-1939, Paris, 1945.
  • Marc Bloch, L'Étrange Défaite. Témoignage écrit en 1940.
  • Dominique Lormier, Comme des lions : mai-juin 1940, le sacrifice héroïque de l'armée française.
  • Dominique Lormier, La bataille de France jour après jour, mai-juin 1940, Paris, Le Cherche-Midi, 2010.
  • Olivier Bellec, 1940 le soldat français, tome 1, Uniformes, coiffures, insignes.
  • Olivier Bellec, 1940 le soldat français, tome 2, Équipements, matériels, armements.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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