Armée de terre russe

composante terrestre des forces armées de la fédération de Russie

L'Armée de terre russe, officiellement nommée les Forces terrestres de la fédération de Russie (en russe : Сухопутные войска Российской Федерации, Suhoputnye voyska Rossiyskoy Federatsii), est la composante terrestre des Forces armées de la fédération de Russie. Elle a été créée le à la suite de la dissolution de l'armée de terre soviétique.

Armée de terre russe
Image illustrative de l’article Armée de terre russe
Grand emblème des forces terrestres russes.

Création et Voir et modifier les données sur Wikidata
Pays Drapeau de la Russie Russie
Type Armée
Rôle combat terrestre
Effectif 550 000 personnes (en 2023)[1]
Fait partie de Forces armées russes
Composée de Troupes de fusiliers motorisés, de chars, de missiles/artillerie, de défense antiaérienne, du génie, de défense NBC et de transmissions
Ancienne dénomination Armée de terre soviétique
Guerres Guerre du Dniestr (1992), guerre civile du Tadjikistan (1992-1997), première guerre de Tchétchénie (1994-1996), seconde guerre de Tchétchénie (1999-2000), guerre russo-géorgienne (2008), guérilla en Ciscaucasie (2009-2017), guerre russo-ukrainienne (2014-), intervention en Syrie (2015)
Commandant Général d'armée Oleg Salioukov
Pavillon Drapeau des forces terrestres russes.
Emblème

Organisation

modifier
 
Fusiliers motorisés russes défilant à bord d'un BTR-82A en 2018.

Les Forces terrestres russes sont structurées pour son administration en plusieurs armes, que sont les troupes de fusiliers motorisés, les troupes de chars, les troupes de missiles et d'artillerie (abrégé en russe avec РвиА), les troupes de défense aérienne terrestres (ПВО СВ), les troupes de reconnaissance, les troupes du génie (ИВ), les troupes de défense NBC (РХБЗ), les troupes de transmissions, les troupes de guerre électronique (РЭБ), les troupes d'opérations informationnelles et les troupes de soutien logistique (MTO), ces dernières comprenant aussi les troupes ferroviaires (ЖДВ), les troupes automobiles (АВ), les troupes routières (ДВ) et les troupes de pipeline (ТрВ). N'en font pas partie la Garde nationale qui dépend directement du gouvernement, les forces spéciales du GRU, les troupes aéroportées (ВДВ) et la police militaire qui dépendent du ministère de la Défense, l'infanterie de marine et les troupes côtières (БВ ВМФ) qui dépendent de la marine, ainsi que les régiments d'aviation de l'armée (des régiments d'hélicoptères) et la défense aérienne et antimissile qui dépendent des forces aérospatiales.

Pour le contrôle opérationnel, les unités sont réparties en plusieurs grandes unités mélangeant les différents types de troupes pour qu'elles puissent mener un combat interarmes. En 2006, l'armée de terre russe comptait 395 000 hommes[2] répartis entre trois divisions de chars (le nom russe pour les divisions blindées), seize divisions de fusiliers motorisés (d'infanterie mécanisée) et six divisions de mitrailleuses et d'artillerie (statiques). L'organisation qui comptait quatre niveaux de commandement (district, armée, division et brigade) a été simplifiée en ne conservant que trois (commandement stratégique, armée et brigade) lors de la réforme de 2008-2010, avec l'objectif de supprimer complètement l'échelon division transformé en autant de brigades[3]. Le remplacement de Serdioukov par Choïgou à la tête du ministère en 2012 correspond à un retour en arrière, avec gonflement des effectifs, plusieurs divisions étant recrées : en 2013, les 2e de fusiliers et 4e de chars ; en 2016, les 3e de fusiliers, 42e de fusiliers, 90e de chars, 144e de fusiliers et 150e de fusiliers ; en 2018, la 127e de fusiliers ; en 2020, les 19e de fusiliers et 18e de fusiliers ; en 2021, la 20e de fusiliers ; en 2022, la 47e de chars.

Au début de 2022, juste avant qu'elles soient lancées dans l'invasion de l'Ukraine, les Forces terrestres russes comprennent :

  • onze divisions (Дивизии, sans compter les deux des troupes côtières et les quatre aéroportées) :
    • huit de fusiliers motorisées (мотострелковых : 2e, 3e, 19e, 20e, 42e, 127e, 144e et 150e), comprenant chacune un à deux régiments de chars, un à deux régiments de fusiliers motorisés, un régiment d'artillerie, éventuellement un régiment de défense aérienne et un bataillon de reconnaissance ;
    • trois de chars (танковые : 4e, 47e et 90e), composées chacune de deux régiments de chars, un régiment de fusiliers motorisés, un régiment d'artillerie, un régiment de défense aérienne et un bataillon de reconnaissance[4] ;
  • quatre bases militaires (военные базы : 4e en Ossétie du Sud, 7e en Abkhazie, 102e en Arménie et 201e au Tadjikistan) et un « groupe opérationnel des forces russes en Transnistrie » ;
  • 114 brigades (Бригады, sans compter les 17 des troupes côtières et les trois aéroportées) :
    • 20 de fusiliers motorisés (мотострелковых, dont une « de couverture », прикрытия), comprenant chacune trois bataillons de fusiliers motorisés, un bataillon de chars, un bataillon de reconnaissance, deux bataillons d'artillerie, un bataillon de lance-roquettes, un bataillons antichars, deux bataillons de défense aérienne, un bataillon de génie, une compagnie de guerre électronique et une compagnie NBC ;
    • une de chars (танковая), comprenant trois bataillons de chars, un bataillon de reconnaissance, un bataillon de fusiliers motorisés, un bataillon d'artillerie, un bataillon de lance-roquettes, deux bataillons de défense aérienne, un bataillon du génie, une compagnie de guerre électronique et une compagnie NBC ;
    • 14 d'artillerie (артиллерийских) ;
    • 4 de lance-roquettes (реактивные артиллерийские, « d'artillerie à réaction ») ;
    • 13 de missiles (ракетных) ;
    • 19 de transmissions (управления и связи, « de gestion et communication ») ;
    • 5 de défense NBC (Войска радиационной, химической и биологической защиты) ;
    • 5 de guerre électronique (радиоэлектро́нной борьбы́) ;
    • 15 de missiles antiaériens (зенитных ракетных) ;
    • 2 de reconnaissance (разведывательные) ;
    • 5 du génie (инженерных) ;
    • 10 de logistique (Бригада материально-технического обеспечения, МТO, « de soutien matériel et technique ») ;
    • et une de police militaire (бригада военной полиции).
  • 21 bases de stockage d'armes et d'équipements (база хранения вооружения и техники, des stocks pré-positionnés, chacune pouvant servir d'unité-cadre pour reformer une brigade ou une division).

Districts militaires et armées

modifier
 
Les cinq districts militaires russes depuis  :
  • Commandement stratégique opérationnel ouest ;
  • Commandement stratégique opérationnel sud ;
  • Commandement stratégique opérationnel nord ;
  • Commandement stratégique opérationnel central ;
  • Commandement stratégique opérationnel est.

Les brigades, bases militaires et divisions sont regroupées dans douze armées des Forces terrestres elles-mêmes affectées en 2023 aux cinq districts militaires en Russie (cf. schéma) chacun sous un commandement stratégique opérationnel regroupant les unités terrestres, maritimes et aérospatiales[5],[6] :

La ventilation des armées entre les différents districts est présentée dans le tableau ci-dessous (les 11e, 14e, 22e et 68e corps d'armée dépendent des troupes côtières de la marine russe) :

Districts Armées ou corps d'armée Localisation des états-majors
District ouest
(colonel-général Alexandre Jouravliov)
(état-major : Saint-Pétersbourg)
1re armée de chars de la Garde Odintsovo
3e corps d'armée Moulino
6e armée combinée Agalatovo (en)
20e armée combinée de la Garde Voronej
11e corps d'armée (flotte de la Baltique) Goussev
District sud
(colonel-général Alexandre Dvornikov)[7]
(état-major : Rostov-sur-le-Don)
8e armée combinée de la Garde Novotcherkassk[8]
49e armée combinée Stavropol[9]
58e armée combinée Vladikavkaz
22e corps d'armée (flotte de la mer Noire) Simferopol
District central
(lieutenant-général Alexandre Lapine)[10]
(état-major : Iekaterinbourg)
2e armée combinée de la Garde Samara
41e armée combinée Novossibirsk
District est
(lieutenant-général Alexandre Tchaïko)[10]
(état-major : Khabarovsk)
5e armée combinée Oussouriïsk
29e armée combinée Tchita
35e armée combinée Belogorsk
36e armée combinée Oulan-Oudé
68e corps d'armée Ioujno-Sakhalinsk
District nord
(amiral Aleksandr Moïsseïev)
(état-major : Severomorsk)
14e corps d'armée (flotte du Nord) Mourmansk

Effectifs

modifier
 
L'Armée de terre représente environ un tiers de l'ensemble des forces d'active russes.

L'Armée de terre disposait en 2019 de 280 000 hommes auxquels s'ajoutent 45 000 parachutistes[4]. L'armée comprenait en 2014 un contingent minoritaire de 80 000 conscrits selon l'IISS[11]. L'armée de conscription n'est pas abandonnée, mais les différentes réformes en ont fait une armée majoritairement composée de contractuels. La médiocre qualité de son personnel est un des points faibles de l'armée russe[12].

En conséquence des difficultés russes dans la guerre russo-ukrainienne, plusieurs mesures ont été prises pour maintenir les effectifs (en remplaçant les lourdes pertes) voire les augmenter (création du 3e corps d'armée) : appel aux volontaires (une partie versés dans les bataillons de volontaires (ru) à recrutement régional)[13], recrutement dans les prisons (pour les détachements « Storm-Z », en échange d'une remise de peine), recours à des sociétés militaires privées (des mercenaires), mobilisation de réservistes et levée de conscrits. Chaque année, les Forces armées russes reçoivent des conscrits faisant un service d'un an ; leur levée se fait sur deux périodes, au printemps et à l'automne, concernant des hommes âgés entre 18 et 27 ans. Au printemps 2021, la levée est augmentée, concernant 134 500 personnes (sur une classe d'âge d'un peu plus d'un million d'hommes)[14].

L'oukase présidentiel no 647 du « sur l'annonce de la mobilisation partielle dans la fédération de Russie » ordonne la levée de 300 000 réservistes[15]. Selon une déclaration de Vladimir Poutine en mars 2023, « Sur les 300 000 combattants qui ont été mobilisés, 150 000 sont présents dans la zone des opérations, soit la moitié. Sur ces 150 000 qui sont dans les formations, seuls la moitié d'entre eux, soit 77 000, sont présents directement dans la zone »[16]. Toujours en septembre 2022, l'annexion du Donbass a comme conséquence l'intégration des milices séparatistes de Donetsk et de Lougansk (qui avaient procédé à une mobilisation générale dès le ) dans les Forces terrestres russes, formant ainsi les 1er et 2e corps d'armée.

Par l'oukase du , la conscription du printemps passe à un total de 147 000 hommes à lever entre le et le . Théoriquement, ils ne doivent pas être déployés sur le front ukrainien, sauf s'ils sont volontaires[17]. Selon les Forces armées ukrainiennes, les conscrits subissent des pressions pour signer un engagement et devenir des militaires professionnels[18]. En début août 2023, l'agence Tass annonce le recrutement d'un total de 230 000 contractuels depuis janvier ; en début septembre, le chiffre atteint 280 000[19] (ces chiffres concernent l'ensemble des forces armées).

Équipements

modifier

Au XXIe siècle, l'armée russe détient encore des milliers de chars et d'engins blindés en réserve, datant de l'époque soviétique. Mais ces engins, bien que servant de pièces détachées, ne sont en grande partie plus opérationnels.

Chars de combat en service Quantité Informations complémentaires
2017 2022
En service En réserve En service En réserve
T-14 Armata - - ~26 - État de test avant lancement de production : char opérationnel mais trop coûteux pour le moment.)
T-90 ; T-90A ; T-90M[20],[21] 350 T-90A 200 350 T-90A ; 67 T-90M 143 ont été détruit, endommagé ou capturé lors Invasion de l'Ukraine par la Russie .
T-80BV & T-80U[20],[21] 450 T-80B/BV/U 3 000 T-80B/BV/U 310

T-80BV/U ; 170 T-80BVM

- Modernisation prévue des T-80BV au standard T-80BVM[22]

860 ( toute version confondu) ont été détruit, endommagé ou capturé lors de Invasion de l'Ukraine par la Russie

T-72B3, B et A[20],[21] 1 100 T−72 B/BA ; 800 T-72B3 7 000 T-72/T-72A 650 T-72B/BA 1 470 ( toute version confondu) ont été détruit, endommagé ou capturé lors de Invasion de l'Ukraine par la Russie .
T-64[23] - 2 000 T-64A/B - En cours de remise en service, face au manque de chars lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie depuis 2022.
T-62[23] - 2 500 T-62 - 800 En cours de remise en service, face au manque de chars lors de l'invasion de l'Ukraine.
T-55[23] - 2 800 T-55 - 250 En cours de remise en service, face au manque de chars lors de l'invasion de l'Ukraine.
Véhicules de combat et de transport d'infanterie blindés Quantité Informations complémentaires
2017 2022
En service En réserve En service En réserve
BMP-3[20],[21] 500 - 640 - 470 ont été détruit,endommagé ou capturé en Ukraine
BMP-2[20],[21] 3 000 1 500 2 900 1 500 1455 ont été détruit, endommagé ou capturé en Ukraine[24]
BMP-1[20],[21] 500 7 000 470 7 000 778 ont été détruit, endommagé ou capturé en Ukraine[24]
BRT-80; 82-A[20],[21] 2 400 - 2 600 - 1030 ont été détruit, endommagé ou capturé en Ukraine
BTR-70[20],[21] 200 4 000 200 4 000 14 ont été détruit, endommagé ou capturé en Ukraine.
BTR-60[20],[21] 800 600
BRDM-2/2A[20],[21] 1 000 +1 000 1 000 +1 000 13 ont été détruit ou endommagé.
BRM-1K[20],[21] 700 - 700 - Centre de commandement
MT-LB[20],[21] 3 500 2 000 3 550 2 000 1101 ont été détruit ou endommagé en Ukraine
Kourganets-25 - - - -
VPK-7829 Boumerang - - - -
BMPT "Terminator"[21] - - ~ 9 - 3 ont été endommagé ou détruit en Ukraine
Artillerie[20],[21] Quantité Informations complémentaires
2017 2022 2022-2024
En service En réserve En service En réserve détruit / endommagé en Ukraine[24]
Obusiers automoteurs
2S1 Gvozdika 150 2 000 150 2 000 126 122 mm, artillerie automotrice chenillée
2S3 Akatsiya 800 1 000 800 1 000 165 152 mm, artillerie automotrice chenillée
2S5 Guiatsint-S 100 850 100 850 66 152 mm, artillerie automotrice chenillée
2S7 Pion 60 260 60 260 23 203 mm, artillerie automotrice chenillée
2S19 Msta-S 486 150 850 150 243 152 mm, artillerie automotrice chenillée
2S35 Koalitsia-SV - - 8 - 152 mm, artillerie automotrice chenillée (en test)
Obusiers tractés
Obusier 122 mm M1938 - 3 750 3 750 122 mm, canon tracté
Obusier D-30 de 122 mm (2A18 D-30) - 4 400 4 400 96 122 mm, canon tracté
Obusier 130 mm M1954 - 650 650 130 mm, canon tracté
Obusier D-1 (en) - 700 700 152 mm, canon tracté
Obusier de 152 mm M1955 D-20 - 1 075 1 075 152 mm, canon tracté
Obusier-canon de 152 mm M1937 (ML-20) - 100 100 152 mm, canon tracté
2A36 Guiatsint-B - 1 100 1 100 152 mm, canon tracté
Obusier de 152 mm 2A65 (2A65 Msta-B) 150 600 150 150 152 mm, canon tracté
B-4M (en) - 40 40 203 mm, canon tracté
MT-12 Rapira (antichar) 526 2 000 526 2 000 100 mm, canon antichar tracté
Mortiers
2S23 NONA 30 - +30 - 120 mm, mortier automoteur
2S34 (de) +50 - +50 - 120 mm, mortier automoteur
2S4 Tulpan 40 390 40 390 240 mm, mortier automoteur
2S40 Floks - - - - 120 mm, mortier automoteur
2B14 Podnos +800 - +800 - 82 mm, mortier
2S12 Sani 700 1 000 700 1 000 120 mm, mortier
M1938 (en) - 900 - 900 120 mm, mortier
2B16 NONA-K 100 - 100 - 120 mm, mortier
M-160 (en) - 300 - 300 160 mm, mortier
Lance-roquettes multiples
BM-21 Grad 550 2 420 550 2 420 122 mm, lance-roquettes multiple
Tornado-G - 180 - 122 mm, lance-roquettes multiple
BM-27 Ouragan 200 700 200 700 227 mm, lance-roquettes multiple
BM-27 Ouragan 1-M - - 6 - 227 mm, lance-roquettes multiple
TOS-1A Nombre inconnu - Nombre inconnu - lance-roquettes multiple thermobarique
BM-30 Smertch 100 - 100 - 300 mm, lance-roquettes multiple
9A52-4 Tornado-S - - 20 - 300 mm, lance-roquettes multiple
Lance-missiles balistiques[20],[21] Quantité Informations complémentaires
2017 2022
OTR-21 Totchka 48 lanceurs - Retiré du service mais nombre inconnu de lanceurs en stock.
9K720 Iskander-M 72 lanceurs 150 lanceurs ~480 kg charge conventionnelle, distance 500 km.
Défense anti-aérienne Quantité Informations complémentaires
9K33 Osa 282

2022 : 400 Osa-AKM ; 38 Osa-M/M2 ; 20 Osa[25]

9K35 Strela-10 358

2022 - 509 : 8 Strela 3 ; 21 Strela 3M ; 400 Strela-10 ; 50 Strela-1/10 ; 30 Strela-10MN[25]

9K330 Tor-M1 72
9K37 Buk-M1-2/M3 342

2022 - 430 : ~280 M1-2 ; ~90 M-2 ; ~60 M-3[25]

2K22 Toungouska 204

2022 : +250 service actif[26]

Pantsir S-1 2022 : 116 S-1/S-2 ; 2 Pantisr-M CIWS[27] Remplace le Tunguska.
ZSU-23-4 Shilka ~130 Utilisés par la marine
S-300 -953

2022 : 536 lanceurs toutes versions confondues[25]

En réduction suivant l'arrivée des S-400
S-400 Triumph 152 lanceurs

2022 : 448 lanceurs[25]

Remplaçant l'ensemble des S-300 d'ici 2020 avec

Historique

modifier

Historique des opérations

modifier

Réformes

modifier

À la fin de l'ère soviétique, la Russie s'est retrouvée avec un important stock d'armes en tout genres mais avec très peu de moyens pour les entretenir. Passée la dure période des années 1990-2000, le gouvernement lance le programme de réarmement 2007-2015 qui prévoit principalement l'achat de nouveaux matériels et dans une moindre mesure, la mise à niveau des anciens. L'armée russe (toutes branches confondues) est structurellement à l'heure de la modernisation par la professionnalisation de son contingent, et donc à la diminution globale de ses effectifs. De 4 à 5,3 millions de soldats et officiers dans les années 1980, elle passe à 2,1 millions en 1994, 850 000 en 2003, et 1 027 000 en 2006.

En 2007, 50 % des sergents et recrues sont ainsi professionnalisés. Il est prévu qu'un quart des effectifs soient placés sous contrat en 2008. Cette réforme concerne également l'organisation des académies militaires : de 79 écoles en 2004, 57 seulement seront ouvertes en 2008 avec une tendance à la spécialisation pour retenir les jeunes officiers[28].

En 2012, quelques jours avant les élections présidentielles du 4 mars, le premier ministre Vladimir Poutine annonce un vaste plan de modernisation des forces armées russes, pour plus de 500 milliards d'euros lors de la décennie à venir. Le budget en 2013 est annoncé à 2 346 milliards de roubles (près de 59 milliards d’euros), soit une hausse de 25,8 % comparé à 2012. La progression sera ensuite de 18,2 % en 2014 et de 3,4 % en 2015[29]. Les districts militaires ont été à plusieurs reprises redécoupés. Dans les années 2010 les forces terrestres étaient affectés à six districts :

Grades et insignes

modifier
Officiers
Code OTAN
équivalent
OF-10 OF-9 OF-8 OF-7 OF-6 OF-5 OF-4 OF-3 OF-2 OF-1 OF(D)
État-major du commandement suprême Personnel de commandement supérieur État-major de commandement moyen
  Russie                          
maréchal
(Маршал)
général de l'armée
(Генерал армии)
colonel-général
(Генера́л-полко́вник)
lieutenant-général
(Генера́л-лейтена́нт)
major-général
(Генера́л-майо́р)
colonel
(Полко́вник)
lieutenant-colonel
(Подполко́вник)
major
(Майо́р)
capitaine
(Капита́н)
lieutenant principal
(Старший лейтенант)
lieutenant
(Лейтенант)
sous-lieutenant
(Младший лейтенант)
cadet
(Курсант)
Enrôlé
Code OTAN
équivalent
OR-9 OR-8 OR-7 OR-6 OR-5 OR-4 OR-3 OR-2 OR-1
Personnel de supervision junior Personnel privé
  Russie       Sans équivalent       Sans équivalent    
praporchtchik senior
(Старший прапорщик)
praporchtchik
(Прапорщик)
starchina
(Старшина)
sergent-chef
(Старший сержант)
sergent
(Сержант)
sergent junior
(Младший сержант)
caporal
(Ефрейтор)
soldat
(Рядовой)

Notes et références

modifier
  1. The Military Balance 2023, p. 184.
  2. Gabriel Wackerman, La Russie en dissertations corrigés et dossiers, Paris, Ellipses, , p. 76.
  3. « Bilan en cours de la réforme de l’armée russe », sur etudesgeostrategiques.com, Études géostratégiques, (consulté le ).
  4. a et b Philippe Langlois, « Russie : quelle puissance militaire ? - Tableau de bord - Les forces terrestres russes », Défense et Sécurité internationale, vol. hors série 71,‎ , p. 52-55 (lire en ligne).
  5. (ru) « Северный флот станет пятым военным округом России с 2021 года », sur armstrade.org,‎ .
  6. (ru) « Северный флот России получил статус военного округа », sur interfax.ru,‎ .
  7. (ru) Andrei Milenin, « Александр Дворников назначен командующим войсками ЮВО » [« Aleksandr Dvornikov nommé commandant du district militaire sud »] [archive du ], sur izvestia.ru,‎ (consulté le ).
  8. (ru) « В Южном военном округе появится новая армия » [archive du ], sur izvestia.ru,‎ (consulté le ).
  9. (ru) Igor Ilyin, « Сергей Севрюков принял штандарт командующего 49-й общевойсковой армией » [« Sergey Sevryukov a accepté le commandement de la 49e armée des armes combinées »] [archive du ], sur stapravda.ru, Stavropol Pravda,‎ (consulté le ).
  10. a et b (ru) Alexander Pinchuk et Viktor Khudoleyev, « Штандарты в надёжных руках » [« Standards dans des mains sûres »] [archive du ], sur redstar.ru (Krasnaya Zvezda),‎ (consulté le ).
  11. International Institute for Strategic Studies, The Military Balance 2014, p. 181
  12. Isabelle Facon, « Russie : quelle puissance militaire ? - La Russie et son environnement sécuritaire », Défense et Sécurité internationale, vol. hors série 71,‎ , p. 20 (lire en ligne).
  13. Cyril Gloaguen, « Que faut-il entendre par « bataillons régionaux » et « ethniques » russes dans la guerre en Ukraine ? », sur diploweb.com, .
  14. « Pyramide des âges – Russie 2018 », sur perspective.usherbrooke.ca (consulté le ).
  15. (ru) « Указ Президента Российской Федерации от 21.09.2022 no 647 "Об объявлении частичной мобилизации в Российской Федерации" », sur publication.pravo.gov.ru,‎ .
  16. « Officiellement, Vladimir Poutine signe un décret sur la conscription au printemps », sur saba.ye, .
  17. « Russie: une campagne de conscription de printemps numérique », sur rfi.fr, .
  18. (uk) Hanna Maliar, « почали примушувати мобілізованих військовослужбовців до підписання контрактів про проходження військової служби за контрактом у зс рф », sur Telegram,‎ .
  19. (en) « About 280,000 individuals enlisted by contract from January 1 - Medvedev », sur tass.com, .
  20. a b c d e f g h i j k l m et n (en) The International Institute of Strategic Studies, The Military Balance 2017, Europa Publications Ltd, , 576 p. (ISBN 978-1-85743-900-7)
  21. a b c d e f g h i j k l m n et o (en) James Hackett et International Institute for Strategic Studies, The military balance. 2022, (ISBN 978-1-000-61972-0, 1-000-61972-9 et 978-1-003-29456-6, OCLC 1296940601, lire en ligne), p. 194
  22. (en) « Russian plans to upgrade T-80 and T-90 jeopardise Armata programme » [« Les plans russes pour moderniser les T-80 et T-90 peuvent mettre en danger le programme Armata »], sur janes.com/ (consulté le ).
  23. a b et c The Military Balance 2017., (ISBN 1-85743-900-7 et 978-1-85743-900-7, OCLC 960838207, lire en ligne)
  24. a b et c Oryx, « Attack On Europe: Documenting Russian Equipment Losses During The Russian Invasion Of Ukraine », sur Oryx (consulté le )
  25. a b c d et e James Hackett et International Institute for Strategic Studies, The military balance 2022, (ISBN 978-1-000-61972-0, 1-000-61972-9 et 978-1-003-29456-6, OCLC 1296940601, lire en ligne), p. 192-208
  26. James Hackett et International Institute for Strategic Studies, The military balance. 2022, (ISBN 978-1-000-61972-0, 1-000-61972-9 et 978-1-003-29456-6, OCLC 1296940601, lire en ligne), p. 195
  27. James Hackett et International Institute for Strategic Studies, The military balance. 2022, (ISBN 978-1-000-61972-0, 1-000-61972-9 et 978-1-003-29456-6, OCLC 1296940601, lire en ligne), p. 197
  28. Gabriel Wackerman, La Russie en dissertations corrigés et dossiers, Paris, Ellipses, 2007, p. 75.
  29. « Moscou augmente le budget de la défense », sur La Tribune de Genève, (consulté le ).
  30. Armée de terre (France), Terre Information Magazine, no 185, juin 2007, p. 7.

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier
  • Philippe Gros et Vincent Tourret, Guerre en Ukraine : analyse militaire et perspectives, Fondation pour la recherche stratégique, , 86 p. (lire en ligne [PDF]).
  • Isabelle Facon, La nouvelle armée russe, Paris, l'Inventaire, coll. « Les carnets de l'Observatoire », , 121 p. (ISBN 978-2-35597-039-9).
  • Isabelle Facon, « La menace militaire russe : une évaluation », Les Champs de Mars, no 29,‎ , p. 31 à 57 (lire en ligne).

Articles connexes

modifier