Armée de terre indonésienne

La Tentara Nasional Indonesia Angkatan Darat (« armée nationale indonésienne force terrestre ») est l'armée de terre de la république d'Indonésie. Les effectifs sont de 300 400 hommes en 2022. L'armée reste le service dominant parmi les forces armées du pays et est déployé opérationnellement pour la contre-insurrection en Papouasie occidentale et dans un rôle antiterroriste dans le centre de Sulawesi[1].

Armée de terre Indonésienne
Tentara Nasional Indonesia Angkatan Darat
Image illustrative de l’article Armée de terre indonésienne
Fondation
78 ans, 8 mois et 14 jours
Branches Forces armées indonésiennes
Quartier-général Gambir, Jakarta
Commandement
Général Général Maruli Simanjuntak
Ministre de la Défense Général Prabowo Subianto
Chef d'état-major Général Agus Subiyanto
Main-d'œuvre
Actifs 300 400 (2022)

L'armée de terre indonésienne comporte deux types de structures de commandement :

  • Une structure de commandement territoriaux, les Komando Daerah Militer ("commandements de région militaire") ou « Kodam », au nombre de 15, couvrant chacun une ou plusieurs provinces,
  • Des commandements opérationnels :
    • Le Komando Cadangan Strategis Angkatan Darat (« commandement des réserves stratégiques de l'armée de terre ») ou « Kostrad »,
    • Le Komando Pasukan Khusus (« commandement des troupes spéciales ») ou « Kopassus ».

Les commandements territoriaux

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Le territoire indonésien est divisé en 15 Kodam. 13 d'entre eux hébergent une brigade d'infanterie (sauf Tanjungpura pour Kalimantan, en raison de l'étendue du territoire). Les autres Kodam disposent de bataillons indépendants :

 
Les commandements territoriaux indonésien à partir de 2021
  1. Kodam Iskandar Muda : Aceh, créé par séparation du Kodam I/Bukit Barisan (25e brigade);
  2. Kodam I/Bukit Barisan : Sumatra du Nord, Sumatra occidental, Riau, Îles Riau (qui abrite notamment la 7e brigade d'infanterie);
  3. Kodam II/Sriwijaya : Jambi, Bengkulu, îles Bangka Belitung, Sumatra du Sud, Lampung;
  4. Kodam Jayakarta : Jakarta (1re brigade);
  5. Kodam III/Siliwangi : Java occidental, Banten (15e brigade);
  6. Kodam IV/Diponegoro : Java central, Yogyakarta (4e brigade);
  7. Kodam V/Brawijaya : Java oriental (16e brigade);
  8. Kodam VI/Mulawarman : Kalimantan du Sud, Kalimantan oriental et Kalimantan du Nord (24e brigades);
  9. Kodam XII/Tanjungpura : Kalimantan occidental et Kalimantan central (19e brigade);
  10. Kodam XIII/Merdeka: Sulawesi central, Sulawesi du Nord et Gorontalo (22e brigade);
  11. Kodam XIV/Hasanuddin: Sulawesi occidental, Sulawesi du Sud et Sulawesi du Sud-Est (11e brigade);
  12. Kodam XV/Pattimura : Moluques, Moluques du Nord (27e brigade);
  13. Kodam XVI/Udayana : Bali, petites îles de la Sonde occidentales, petites îles de la Sonde orientales (ainsi que Timor oriental jusqu'en 1999, 21e brigade);
  14. Kodam XVII/Cenderawasih : Papouasie (20e brigade);
  15. Kodam XVIII/Kasuari : Papouasie occidentale.

Les Kodam sont divisés en Komando Resor Militer (« commandements de zone militaire ») ou « Korem », chacun accueillant un ou plusieurs bataillons d'infanterie, parfois un bataillon de cavalerie, d'artillerie ou du génie[2].

Les Korem sont divisés en Komando Distrik Militer (« commandements de district militaire ») ou Kodim. Les Kodim sont divisés en Komando Rayon Militer (« commandements de rayon militaire ») ou Koramil. Les Koramil coiffent les bintara pembina desa (« sous-officiers d'orientation de village ») ou babinsa postés dans les villages (desa) qu'ils couvrent.

Depuis la fin du régime Soeharto, les babinsa ne jouent plus vraiment de rôle dans le fonctionnement des villages.

Les commandements opérationnels

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Le quartier général du Kostrad à Jakarta

Fort de 35 000 hommes, ce corps est composé de 3 divisions :

Le Kostrad possède en outre une 3e brigade aéroportée (id) indépendante, composée d'anciens éléments du Kopassus et basée à Makassar (sud de Célèbes).

Au moment du « Mouvement du 30 septembre 1965 », qui avait servi de prétexte à la dissolution du Parti communiste indonésien, suivi du massacre de 500 000 à un million de personnes, le commandant du Kostrad était le major-général Soeharto.

Lors des émeutes de Jakarta de mai 1998, le commandant était le lieutenant général Prabowo Subianto, son gendre.

Fort de 5 530 hommes, ce corps se divise en 5 groupes dont chacun à un statut équivalent à la brigade :

  • Groupe 1 basé à Serang (ouest de Java);
  • Groupe 2 basé à Kartasura (Java central);
  • Groupe 3 basé à Jakarta;
  • Unité anti-terroriste 81 basée à Jakarta;
  • Centre de formation basé à Batujajar (Java Ouest).

Le Kopassus, qui s'appelait alors RPKAD (Resimen Pasukan Komando Angkatan Darat, « régiment des troupes de commando de l'armée de terre ») et était commandé par le colonel Sarwo Edhie, a joué un rôle clé dans les massacres de 1965-1966.

Le Kopassus est également lié à des violations des droits de l'homme et des « disparitions ». Dans les derniers mois du régime Soeharto, 23 militants ont été ainsi enlevés. 9 ont été relâchés, un a été trouvé mort et 13 sont portés disparus. À l'époque, le commandant du corps était le général Prabowo Subianto[3].

Aviation légère

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Le Pusat Penerbangan Angkatan Darat (« centre de l'aviation de l'armée de terre ») ou Puspenerbad est l'aviation légère de l'armée de terre indonésienne.

 
Marder 1A3 de armée de terre indonésienne

Les unités de l'armée de terre indonésienne sont celles des armées européennes. De la plus petite à la plus grande, on trouve, pour l'infanterie :

  • L’équipe (regu), avec un effectif d’environ 20 hommes, commandée par un sergent ou un caporal-chef ;
  • Le peloton, formé de 2 à 4 regu, avec un effectif de 30 à 50 hommes, commandée par un lieutenant ;
  • La compagnie, formée de 3 ou 4 pelotons, avec un effectif de 100 à 250 hommes, commandée par un capitaine ;
  • Le bataillon, formé de 2 à 6 compagnies, avec un effectif de 700 à 1 000 hommes, commandée par un lieutenant-colonel.

Le bataillon est l'unité de base de l'armée de terre indonésienne. Celle-ci comporte ainsi :

 
Soldats de armée de terre indonésienne

L'artillerie, la cavalerie et le génie ont les mêmes unités.

Les bataillons peuvent être directement rattachés à une unité territoriale, elle-même subdivision d'un « commandement de région militaire » ou Kodam.

3 bataillons peuvent également être regroupés pour former :

  • Un régiment, dans l’artillerie, la cavalerie ou le génie ;
  • Une brigade, dans l’infanterie, avec un effectif allant de 3 000 à 5 000 hommes.

Le régiment comme la brigade sont commandés par un colonel.

Dans le Kopassus (forces spéciales), 2 bataillons forment un groupe, commandé par un colonel.

Dans le Kostrad (réserves stratégiques), plusieurs brigades ou régiments sont regroupés en une division.

Équipements lourds

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Sauf indication contraire les chiffres sont de 2022[4].

Véhicule blindés
Type Modèle Origine Quantité Remarques Photos
Char de combat
Char de combat principal Leopard 2A4   Allemagne 42
Char de combat principal Leopard 2RI   Allemagne 61 mise à niveau, blindage AMAP, systèmes de contrôle de tir améliorés
Char léger AMX-13   France 275
Char léger PT-76   Union soviétique 15
Char léger FV101 Scorpion-90   Royaume-Uni 60
Véhicule blindé
Véhicule de combat d'infanterie Black Fox   Corée du Sud 22
Véhicule de combat d'infanterie Marder 1A3   Allemagne 42
Véhicule blindé de transport de troupes AMX-VCI   France 75
Véhicule blindé de transport de troupes BTR-50PK   Union soviétique 34
Véhicule blindé de transport de troupes FV4333   Royaume-Uni 15
Véhicule blindé de transport de troupes M113A1-B   États-Unis 143
Véhicule blindé de transport de troupes Anoa (en)   Indonésie 350
Véhicule blindé de transport de troupes Barracuda (en)   Allemagne Inconnu
Véhicule blindé de transport de troupes BTR-40   Union soviétique 40
Véhicule blindé de transport de troupes FV603 Saracen (en)   Royaume-Uni 45
Véhicule blindé de transport de troupes LAV-150 Commando   États-Unis 100
Véhicule blindé de transport de troupes VAB-VTT   France 32
Véhicule de reconnaissance Daimler Ferret   Royaume-Uni 55
Véhicule de reconnaissance Saladin (en)   Royaume-Uni 69
Véhicule de reconnaissance VBL   France 18
véhicule utilitaire blindé APR-1V (en)   Indonésie 14
véhicule utilitaire blindé Bushmaster   Australie 3
véhicule utilitaire blindé Commando ranger (en)   États-Unis 22
Artillerie
Type Modèle Origine Quantité Remarques Photos
Canon automoteur AMX Mk 61 (en)   France 20 105 mm
Canon automoteur CAESAR   France 49 155 mm  
Canon automoteur M109A4   États-Unis 18 155 mm
Canon tracté KH178 (en)   Corée du Sud Nombre inconnu 105 mm
Canon tracté M101   États-Unis 60 105 mm
Canon tracté M-56 (en)   Yougoslavie 50 105 mm
Canon tracté KH179 (en)   Corée du Sud 18 155 mm
Canon tracté FH-88 (en)   Singapour 5 155 mm
Lance roquettes multiple ASTROS II Mk6   Brésil 63 127 mm - 450 mm
Mortier MO 120 RT   France 75 120 mm
Mortier UBM 52 (en)   Serbie 80 120 mm
Aéronefs
Type Modèle Origine Quantité Remarques Photos
Hélicoptère d'attaque AH-64E Apache   États-Unis 8
Hélicoptère d'attaque Mi-35P   Union soviétique -   Russie 6
Hélicoptère utilitaire polyvalent H125M Fennec   Union européenne 12
Hélicoptère utilitaire polyvalent Bell 412   États-Unis 23
Hélicoptère utilitaire polyvalent Mi-17V-5 Hip H   Union soviétique -   Russie 16
Hélicoptère léger Bell 205A   États-Unis 7
Hélicoptère léger Bo-105   Union européenne 20
Hélicoptère léger H120 Colibri   Union européenne 2
Hélicoptère léger Huges 300C (en)   États-Unis 19
Avion de transport BN-2A Islander   Royaume-Uni 1
Avion de transport C-212   Espagne -   Indonésie 6 Construit sous licence
Avion de transport Turbo Commander 680   États-Unis 2
Défense aérienne
Type Modèle Origine Quantité Remarques Photos
Missile sol-air très courte portée Kobra   Pologne 2
Missile sol-air très courte portée Rapier   Royaume-Uni 51
MANPADS RBS-70   Suède 42
MANPADS Starstreak   Royaume-Uni
MANPADS TD-2000B   Chine
Canon antiaérien Rh-202 (en)   Allemagne 121 20 mm
Canon antiaérien Giant Bow   Chine Nombre inconnu 23 mm Copie chinoise du ZSU-23-2
Canon antiaérien L/70   Suède 90 40 mm
Canon antiaérien S-60   Union soviétique 200 57 mm

Équipements d'infanterie

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Armement

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Armes de poing

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Nom Type Calibre Origine Version Image Remarques
Browning GP Pistolet semi-automatique 9x19mm   Belgique
  Indonésie
Pindad P1
Pindad P2
 
Arme standard de l'Armée indonésienne. Environ 30 000 modèles fabriqués en version P1 et 2 000 en version P2.

Actuellement en remplacement par le G2.

Pindad G2 Pistolet semi-automatique 9x19mm   Indonésie G2 Combat
 
Arme standard de l'Armée indonésienne, en remplacement du Browning GP.
HS2000 Pistolet semi-automatique 9x19mm   Croatie Inconnu
 
HK MK23 Pistolet semi-automatique .45 ACP   Allemagne Mark 23
 
Utilisé par les forces spéciales indonésiennes (Kopassus).
P226 Pistolet semi-automatique 9x19mm   Suisse P226
P228
 
Utilisé par les forces spéciales indonésiennes (Kopassus).
Beretta 92 Pistolet semi-automatique 9x19mm   Italie Beretta 92SB
Beretta 92F
 
Utilisé par les forces spéciales indonésiennes (Kopassus).
Five-Seven Pistolet semi-automatique 5.7×28 mm   Belgique Five-Seven
 
Utilisé par les forces spéciales indonésiennes (Kopassus).
Glock Pistolet semi-automatique 9x19mm   Autriche Glock 17
Glock 19
 
Utilisé par les forces spéciales indonésiennes (Kopassus).
Walther PP Pistolet semi-automatique .32 ACP   Allemagne PPK
 
Utilisé par les forces spéciales indonésiennes (Kopassus).
M1911 Pistolet semi-automatique .45 ACP   États-Unis Inconnu
 
En quantité limitée.
Daewoo K5 Pistolet semi-automatique 9x19mm   Corée du Sud K5
 
En quantité limitée.
TT-33 Pistolet semi-automatique 9x19mm   Union soviétique TT-33
 
En quantité limitée.

Fusils à pompe

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Nom Type Calibre Origine Version Photo Remarques
Benelli M3 Fusil à pompe de combat .12   Italie M3T
 
Utilisé par les forces spéciales indonésiennes (Kopassus).
SPAS-12 Fusil à pompe de combat .12   Italie SPAS-12
 
Utilisé par les forces spéciales indonésiennes (Kopassus).
 
Manifestation contre l'armée indonésienne ("ABRI" sur la banderole) à l'université de Timor oriental en novembre 1998

Articles connexes

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Notes et références

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  1. « Berita Militer Terkini dan Terbaru Hari Ini - SINDOnews », sur www.sindonews.com (consulté le )
  2. International Institute for Strategic Studies, The Military Balance 2006
  3. www.globalsecurity.org
  4. James Hackett et International Institute for Strategic Studies, The military balance. 2022, (ISBN 978-1-000-61972-0, 1-000-61972-9 et 978-1-003-29456-6, OCLC 1296940601, lire en ligne), p. 272-273