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Ardipithecus ramidus est une espèce éteinte de l’ordre des primates et sans doute de la sous-tribu des hominines, la lignée des hominidés à laquelle appartient le genre humain actuel Homo et des espèces disparues comme les australopithèques (même si certains auteurs la rattachent plutôt à la sous-tribu des panines). A. ramidus a vécu il y a environ 4,4 millions d'années, au Pliocène inférieur. Les fossiles attribués à ce taxon sont très fragmentaires et proviennent d'Afrique de l'est (Éthiopie, Tanzanie).

Le nom du genre Ardipithecus provient de la racine ardi, qui veut dire « sur le sol » en langue afar et de la racine grecque pithecos signifiant singe. Le nom d'espèce ramidus vient de ramid, qui veut dire « racine » en langue afar.

Sommaire

DécouverteModifier

En 1992 et 1993, Tim D. White, Gen Suwa et Berhane Asfaw découvrirent de nombreux fossiles de Primates datés de 4,4 millions d'années à Aramis en Éthiopie. Ces fossiles correspondaient à 110 ossements de 36 individus et comprenaient de nombreuses dents, un fragment de mandibule, un fragment de crâne ainsi que les trois os du bras d'un même individu. Les inventeurs les attribuèrent initialement au genre Australopithecus et créèrent l'espèce Australopithecus ramidus[1],[2]. Les caractéristiques des fossiles les conduisirent ensuite à définir un nouveau genre et une nouvelle espèce en 1995, Ardipithecus ramidus[3]. Le manque d'études sur les fossiles ne permettait pas, jusque là, d'obtenir plus de précisions sur son mode de vie. Les différents caractères d'Ardipithecus sont à la fois proche des Australopithecus et des grands singes. Cela s'explique simplement par le fait que, plus nous nous éloignons dans le temps, plus ces ancêtres se trouvent près du moment où les hominidés et les grands singes se sont "séparés".

Ardipithecus est donc à mi-chemin entre les deux espèces.

En février 2005, de nouveaux restes fossiles de cet hominidé ont été découverts dans la région de l'Afar sur le site du Rift, dans le nord-est de l'Éthiopie par des paléoanthropologues américains et éthiopiens. Cette région riche en gisements fossilifères très anciens est également connue pour avoir livré le squelette de Lucy en 1974. Parmi les restes retrouvés en 2005, un tibia et un os de la cheville indiqueraient qu'A. ramidus était bipède. L'annonce de la découverte a été faite le , à Addis-Abeba, lors d'une conférence de presse au musée national éthiopien, par l'équipe de chercheurs dirigée par l'éthiopien Yohannes Haile-Selassie et l'américain Bruce Latimer, également directeur du musée d'histoire naturelle de Cleveland (Ohio - États-Unis)[4]. En octobre 2009, les études du fossile Ardi ont été publiées dans la revue Science Ce sont 110 ossements de 36 individus différents qui ont été découverts sur le site du Rift de l'Afar par une équipe dirigée par Tim White (University of California, Berkeley) et Gen Suwa. Il a donc fallu attendre 17 ans depuis la première découverte pour en savoir plus sur cette espèce découverte. Tim White dit : « Cela a pris beaucoup de temps de nettoyer les ossemements au Muséum National d'Ethiopie et ensuite de restaurer les squelettes dans leurs dimensions et formes originelles. Il a fallu ensuite les comparer avec d'autres fossiles d'Afrique et d'ailleurs, et également des temps modernes... » et aussi il déclare : « Ce n'est pas un fossile ordinaire. Ce n'est pas un chimpanzé. Ce n'est pas un humain. Cela nous montre d'où nous venons... ».

MorphologieModifier

Ardipithecus ramidus est encore mal connu du fait du petit nombre de restes fossiles retrouvés .Les premières découvertes ont été faites en Éthiopie, près d’Aramis, pas très loin de Hadar où l’on a retrouvé de nombreux fossiles d’Australopithecus afarensis. Toutefois, il semble avoir été plus petit qu'Australopithecus afarensis qui vécut un million d'années après lui. Sa taille serait de 1,20 m pour un poids pouvant atteindre 50 kg. Sa capacité crânienne est d'environ 400 cm³ (soit la même que chez le chimpanzé ). Malgré tout, la distinction entre ces deux taxons reste ténue et pourrait être révisée lors de futures découvertes.

Les restes fragmentaires sont constitués de 17 fragments : humérus droit, os du bras gauche, des fragments de dents, un morceau de la mâchoire inférieure et des fragments de deux crânes.

Ardipithecus ramidus possède de nombreux traits intermédiaires entre les singes actuels et Australopithecus afarensis, en particulier sa denture, étudiée dès la première découverte. Il pouvait peut-être marcher debout comme les hommes modernes mais seulement sur de courtes distances ; sa bipédie ancienne en zone boisée et non dans la savane, en ferait une étape paléontologique majeure (comme celle d'Orrorin tugenensis) , bipède dans un milieu arboré « moyennement fermé »), réfutant le modèle de l'East Side Story.

  • Denture ressemblant beaucoup à celle des grands singes
  • Canine plus forte que chez Australopithecus afarensis ( hominidé pipède )
  • Les molaires ressemblent à celles d’Australopithecus afarensis sans être aussi élargies
  • Toutes ces dents possèdent un émail mince (comme celles des grands singes), alors que jusqu'ici tous les hominidés reconnus comme tels ont un émail dentaire épais
  • Le squelette du bras et de l'avant-bras mélange des caractères de grands singes et d'hominidés
  • Le trou occipital est avancé et bas
  • Caractères évolués d'homininés déjà présents chez Ardipithecus : la première molaire inférieure, si primitive qu'elle soit, a un tubercule principal réduit qui ne semble pas posséder de facette d'usure provoquée par la canine supérieure. La première prémolaire inférieure ne possède pas non plus de facette dite «en aiguisoir», due à la canine supérieure, à la différence de celle des grands singes, chimpanzés également. Par conséquent, bien que développées, les canines et premières prémolaires de Ardipithecus ramidus étaient déjà petites.
  • Squelette du bras et de l'avant-bras s’associent et forme des traits de grands singes et d'hominidés.
  • Ardipithecus montre des caractères au niveau de son bassin et de ses mains qui témoignent de sa bipédie mais aussi d'une vie arboricole. Les chercheurs estiment que l'espèce utilisait les deux modes de déplacement .

Le pied a une structure plus rigide que celle des grands singes mais présente un gros orteil opposable qui permet de bien s'accrocher aux branches ; la voûte plantaire non arquée montre qu'Ardi ne pouvait pas marcher ou courir sur de longues distances. L'anatomie de la main montre qu'il ne pouvait pratiquer ni le knuckle walking (marche sur les phalanges) ni la suspension dans les arbres.

Chez les Ardipithecus ramidus, un petit dimorphisme sexuel a été découvert: la différence entre les squelettes mâles et femelles est minime.

Controverses sur le classementModifier

Ardipithecus ramidus : hominidé ou singe ?

Sans doute, en partie, à cause du faible nombre de restes retrouvés, il reste un doute sur la validité du genre Ardipithecus. Ardipithecus ramidus pourrait éventuellement être rattaché au genre Australopithecus .

Les différences entre Ardipithecus ramidus et les espèces du genre Australopithecus étaient suffisamment importantes pour qu’un nouveau genre ait été créé.Au moment de sa découverte, Toumaï ou Orrorin n’avaient pas encore été trouvés. Cela faisait d’Ardipithecus ramidus le plus vieil ancêtre de notre lignée

On peut voir que l'hominidé Ardipithecus possédait des traits qui n’était pas présent chez les singes d'Afrique, les scientifiques ont trouvé que l'ancêtre commun de l'homme et du chimpanzé était un homme-singe, ayant vécu entre quatre et un million d'années avant l'époque actuelle.

D'où la conclusion donnée par les Scientifiques : les grands singes d'Afrique ont probablement largement évolué depuis le dernier ancêtre commun que nous partageons avec eux, rendant absurde l'étude des chimpanzés et des gorilles pour comprendre l’évolution de l’homme.

Par ailleurs, certains paléoanthropologues proposent[Lesquels ?] de regrouper les deux espèces Ardipithecus ramidus et Ardipithecus kadabba et d'en faire deux sous-espèces,

Notes et référencesModifier

  1. Tim D. White, Gen Suwa et Berhane Asfaw, « Australopithecus ramidus, a new species of early hominid from Aramis, Ethiopia », Nature (1994), 371, pp. 306-312.
  2. B.A. Wood « The oldest hominid yet », Nature, (1994), 371, pp. 280-1.
  3. Tim D. White, Gen Suwa et Berhane Asfaw, « Ardipithecus ramidus, a new species of early hominid from Aramis, Ethiopia », Nature (1995), 375, p. 88.
  4. Y. Haile-Selassie, « Late Miocene hominids from the Middle Awash, Ethiopia », Nature, 412 (2001), p. 178-181

Voir aussiModifier