Archidiocèse de Carthage

siège titulaire en Tunisie

Carthage
(la) Archidioecesis Carthaginensis
Image illustrative de l’article Archidiocèse de Carthage
Informations générales
Type de juridiction Siège titulaire
Église Église catholique
Création v. 50
Cathédrale La cathédrale Saint-Louis de Carthage est devenue un musée
Direction actuelle
Pape François
Archevêque sede vacante
Province ecclésiastique Province ecclésiastique de Carthage (d)
Plus haute juridiction Saint-Siège
Localisation
Siège Carthage
Pays Tunisie
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

L'archidiocèse de Carthage (en latin : Archidioecesis Carthaginensis) est un siège épiscopal de l'Église catholique, anciennement territorial et aujourd'hui titulaire (in partibus), situé à Carthage en Afrique du Nord (aujourd'hui en Tunisie).

Vestiges de la basilique dite de Saint-Cyprien de Carthage découverte en 1915.
Vestiges de la basilique Majorum (dite aussi de Meildfa) à Carthage, où l'on a retrouvé une inscription dédiée à saintes Perpétue et Félicité.
Vestiges de la basilique de Damous El Karita à neuf nefs, la plus grande de Carthage, ornée de plus d'une centaine de colonnes.

HistoireModifier

D'après la tradition, après être arrivé à Rome, saint Pierre est venu prêcher à Carthage et y aurait laissé comme évêque Crescent[1]. Selon une autre tradition, les douze Apôtres ayant tiré au sort les différentes parties du monde, l’Afrique a échu à Simon le Zélote. D'autres traditions affirment que les Carthaginois furent convertis par Photine la Samaritaine et l’évangéliste saint Matthieu.

Le diocèse de Carthage est érigé à la fin du IIe siècle. Les plus grands écrivains chrétiens de cette époque y vivaient, comme Tertullien. Agrippin en est le premier évêque connu, mais probablement pas avant l'an 230[2].

Une floraison de martyrs a lieu au IIIe siècle, dont se détachent les figures de sainte Perpétue et sainte Félicité et de saint Cyprien, cités au canon romain de la Messe.

À cette époque, Carthage était le siège épiscopal le plus important de la province romaine d'Afrique (Afrique du Nord) et l'évêque de Carthage devint le primat et le l'évêque métropolitain de fait de l'Afrique proconsulaire, de la Byzacène, de la Numidie, de la Tripolitaine et de la Maurétanie (même si dans les seules provinces, le privilège primatial était donné à l'évêque le plus ancien de la province).

Le titre honorifique de patriarche fut aussi attribué à l'évêque de Carthage, toujours obéissant à Rome, à l'exception de l'épisode des relaps où Carthage était en faveur du rigorisme. Au IVe siècle, le diocèse est travaillé par la diffusion de diverses hérésies : le donatisme, l'arianisme, le manichéisme et le pélagianisme. Les donatistes eurent même leur hiérarchie parallèle pendant une courte période.

L'invasion des Vandales à la fin du siècle donne le signal à une période d'oppression contre l'Église à laquelle met fin la conquête byzantine en 533. Cependant les empereurs donnent leur appui à des hérésies, telles que le monothélisme et surtout l'iconoclasme. Les évêques de Carthage, fermes défenseurs de l'orthodoxie, sont exilés.

Carthage est un siège important de l'Église latine, jusqu'à ce que la conquête des Arabo-musulmans lui porte un premier coup en 698 qui lui sera fatal; en effet, Carthage va rapidement décliner. Le christianisme y met cependant quatre siècles à disparaître complètement. Le nom de deux derniers évêques est encore cité au XIe siècle. Le dernier en 1076.

La première mention d'un archevêque in partibus infidelium avec le titre Carthaginensis remonte en 1519 ; puis le titre demeure vacant pendant un siècle, jusqu'au nom de Diego Requeséns, futur évêque de Mazara del Vallo (en Sicile).

Dès lors, ce titre est assigné régulièrement jusqu'au quand, par la bulle Materna Ecclesiae caritas de Léon XIII, l'ancien siège de Carthage est restauré. De fait, le titre in partibus fut aboli. Après la décolonisation et le départ de la plupart des chrétiens de la région, la bulle Prudens Ecclesiae de Paul VI du supprime l'archidiocèse de Carthage et ne le met plus qu'au rang titulaire et il laisse la place à la prélature apostolique de Tunis devenue en 2010 l'archidiocèse de Tunis.

Ce siège titulaire est vacant depuis le .

La cathédrale Saint-Louis de Carthage, dont les travaux de construction commencèrent en 1884, a été consacrée le 15 mai 1890, sous le protectorat français[3],[4]. Désaffectée et cédée à l'État tunisien en août 1964, la cathédrale est reconvertie en 1993 en un lieu de culture. Depuis, les catholiques de Carthage sont sous la juridiction de l'archidiocèse de Tunis.

Liste des évêquesModifier

Archevêques titulaires[31]Modifier

Archevêques de Carthage et primats d'Afrique[33]Modifier

Siège résidentiel (1884-1964)Modifier

Archevêques titulaires de Carthage[34]Modifier

Notes et référencesModifier

  1. « ARCHEOLOGIE ET ART CHRETIEN », sur ARCHEOLOGIE ET ART CHRETIEN (consulté le 18 juin 2019)
  2. a et b (en) András Handl et Anthony Dupont, « Who was Agrippinus? Identifying the First Known Bishop of Carthage », Church History and Religious Culture, vol. 98,‎ , p. 344-366 (DOI 10.1163/18712428-09803001)
  3. Bruno Foucart et Françoise Hamon, L'architecture religieuse au XIXe siècle : entre éclectisme et rationalisme, éd. Presses Paris Sorbonne, Paris, 2006, p. 64.
  4. Jean-Claude Ceillier, Histoire des missionnaires d'Afrique (Pères blancs) : de la fondation par Mgr Lavigerie à la mort du fondateur (1868-1892), éd. Karthala, Paris, 2008, p. 106.
  5. a b et c Joseph (1859-1922) Auteur du texte Mesnage et Anatole (1852-1907) Auteur du texte Toulotte, Description de l'Afrique du Nord. Musées et collections archéologiques de l'Algérie et de la Tunisie. 17, L'Afrique chrétienne : évêchés et ruines antiques : d'après les manuscrits de Mgr Toulotte et les découvertes archéologiques les plus récentes ; par le P. J. Mesnage,..., (lire en ligne)
  6. a b et c « CARTAGINE in "Enciclopedia Italiana" », sur www.treccani.it (consulté en 27 maggio 2019)
  7. a b et c Anatole (1852-1907) Auteur du texte Toulotte et Stefano Antonio (1737-1821) Auteur du texte Morcelli, Géographie de l'Afrique chrétienne. [Par Mgr Toulotte,...]. Numidie, 1892-1894 (lire en ligne)
  8. a b et c (la) Stephanus Antonius Morcelli, Africa Christiana : in tres partes tributa, Betton, (lire en ligne)
  9. a b et c Pius Bonifacius Gams, Series episcoporum Ecclesiae catholicae, Graz Akademische Druck- u. Verlagsanstalt, (lire en ligne)
  10. François Sabbathier, Dictionnaire pour l'intelligence des auteurs classiques, grecs et latins : tants sacrés que profanes, contenant la géographie, l'histoire, la fable, et les antiquités..., Seneuze, (lire en ligne)
  11. Dans les actes du martyr chrétien des saintes Perpétue et Félicité, il est fait mention d'Optatus à qui est attribué le titre de Père, propre aux évêques : Nonne tu es pater noster ? (Est-ce que tu es notre père) beaucoup d'auteurs le considèrent donc comme évêque de Carthage; pour Audollent, en revanche (Carthage romaine, p. 447, note 1), il pourrait s'agir d'une évêque de Thuburbo Minus (aujourd'hui Tebourba en Tunisie), qui serait peut-être la ville d'origine des deux martyrs. Concernant la position avant ou après Agrippin, les avis ne sont pas unanimes.
  12. Ce fut le prédécesseur immédiat de saint Cyprien; Audollent (Carthage romaine, p. 467) le place entre 236 et 248.
  13. Partisan de l'antipape Novatien.
  14. Le concile de Carthage de 252 décide d'admettre de nouveau à la communion ecclésiale les relaps; un groupe dissident refuse cette mesure de clémence et déclare que l'évêque saint Cyprien est déposé et élisent donc ce Fortuné. Audollent, Carthage romaine, pp. 485-486. Carthage se trouve alors avec trois évêques en même temps.
  15. Lucien et Carpophore furent les successeurs immédiats de saint Cyprien, comme le rapporte saint Optat de Milève dans De schismate Donatistarum. Les manuscrits de cette œuvre rapportent deux versions : selon l'une, Lucien aurait précédé Carpophore, selon l'autre, l'inverse. Les auteurs cités par les fonds bibliographiques préfèrent insérer Lucien entre saint Cyprien et Carpophore. Audollent, Carthage romaine, p. 506, note 1 ; Mesnage, L'Afrique chrétienne, p. 3.
  16. Le texte de De schismate Donatistarum évoque Lucien, Carpophore, et ceteri, c'est-à-dire d'autres évêques avant Cécilien. Entre ces autres évêques, certains auteurs insèrent le nom de Cyr, connu grâce à un discours de saint Augustin, aujourd'hui disparu, le De depositione Cyri episcopi Carthaginensi. Morcelli, Gams et Toulotte insèrent quant à eux Cyr de Carthage entre Agrippin et Donat; Mesnage (pp. 3-4) après Carpophore. Pour Audollent sa chronologie est incertaine (p. 467, note 1).
  17. Il vécut pendant la terrible persécution de Dioclétien, avec le problème des relaps et de la naissance du mouvement donatiste.
  18. Ce fut l'unique évêque nord-africain à participer au concile de Nicée de 325.
  19. Il est consacré évêque par Donat des Maisons Noires.
  20. Figure controversée, il est appelé par certaines sources Donat le Grand. Selon Optat de Milève, Donat le Grand serait le même Donat des Maisons Noires (Cellae Nigrae, en Numidie, aujourd'hui en Algérie); saint Augustin à l'inverse distingue les deux personnages. Audollent, Carthage romaine, p. 514, note 1. Il meurt en exil où il avait été condamné en 347; après sa mort (Audollent, p. 521, note 8), ses partisans élisent Parménien.
  21. Prend part à un concile romain sous le pape Jules Ier contre les ariens, entre 337 et 340.
  22. Il prend part au concile de Sardique (343) et préside un concile carthaginois qui se tient en 348 ou 349.
  23. Prend part au concile de Rimini en 359.
  24. À cause de l'occupation des Vandales, il ne peut pas prendre part personnellement au concile d'Éphèse de 431 et il est représenté par le diacre Basula. Dans le calendrier liturgique de Carthage, il est reconnu comme sanctus (saint).
  25. Exilé à Naples en 439 où il meurt.
  26. Audollent, Carthage romaine, p. 544.
  27. Audollent, Carthage romaine, p. 545.
  28. Exilé à Eucaita (au bord du Pont Euxin), il meurt le 7 janvier 563.
  29. Mentionné dans plusieurs lettres du pape Grégoire le Grand.
  30. Un sceau de plomb découvert à Carthage rapporte le nom d'un Stephanus archiepiscopus, dont la chronologie est difficile à établir, cf Mesnage, L'Afrique chrétienne, p. 7 ; Toulotte, Géographie de l'Afrique chrétienne, pp. 95-96.
  31. « Cartagine (Titular See) [Catholic-Hierarchy] », sur www.catholic-hierarchy.org (consulté le 27 mai 2019)
  32. a b et c Anatole (1852-1907) Auteur du texte Toulotte et Stefano Antonio (1737-1821) Auteur du texte Morcelli, Géographie de l'Afrique chrétienne. [Par Mgr Toulotte,...]. Numidie, 1892-1894 (lire en ligne), Page 100
  33. « Tunis (Latin (or Roman) Archdiocese) [Catholic-Hierarchy] », sur www.catholic-hierarchy.org (consulté en 27 maggio 2019)
  34. « Cartagine (Titular See) [Catholic-Hierarchy] », sur www.catholic-hierarchy.org (consulté en 27 maggio 2019)

BibliographieModifier

Voir aussiModifier

SourcesModifier