Archidiocèse d'Ispahan

L’archidiocèse de Téhéran-Ispahan (des Latins) est l’unique circonscription ecclésiastique de l’Église catholique en Iran. Créé au début du XVIIe siècle comme mission des Pères carmes, le diocèse fut vacant durant presque tout le XIXe siècle pour être ravivé et élevé au rang d’archidiocèse en 1910. La cathédrale de l’archidiocèse, Notre-Dame de la Consolation, se trouve à Téhéran.

Archidiocèse de Téhéran-Ispahan
(la) Archidioecesis Teheranensis-Hispahanensis Latinorum
La cathédrale Notre-Dame de la Consolation, à Téhéran
La cathédrale Notre-Dame de la Consolation, à Téhéran
Informations générales
Pays Iran
Archevêque Dominique Mathieu
Superficie 1 648 135 km2
Création du diocèse 12 octobre 1629
Élévation au rang d'archidiocèse 1910
Patron Notre-Dame de la Consolation
Diocèses suffragants aucun
Adresse Consolata Church, P.O.B. 11365-445, 70 Neauphlé-le-Chateau Ave., Tehran
Statistiques
Population 77 176 930 hab.
Population catholique 2 000 fidèles
Pourcentage de catholiques 0,00 %
Nombre de paroisses 6
Nombre de prêtres 6
Nombre de religieux 6
Nombre de religieuses 7
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

L’archidiocèse rassemble, en six paroisses, les quelque 2000 catholiques de rite latin du pays (en 2013). C’est la seule juridiction de l’Église catholique latine en Iran. D’autres juridictions ecclésiastiques existent pour les catholiques de rite oriental (Arméniens, Chaldéens). Il est immédiatement dépendant du Saint-Siège.

HistoireModifier

Origine et developpementModifier

Des missionnaires Dominicains et Franciscains envoyés par le pape Innocent IV en Mongolie s’arrêtent en 1246 dans le nord de la Perse. En 1318 le siège métropolitain de Soltania est érigé avec six diocèses suffragants. Le premier évêque fut le père dominicain Francesco da Perugia. L’invasion de Tamerlan met fin vers 1380 à cette première tentative missionnaire (latine).

Une délégation envoyée par le roi d’Espagne, Philippe III à l’empereur safavide Abbas I est bien reçue. Comme ce dernier se montre favorable a la religion chrétienne des missionnaires espagnols arrivent en Perse en 1602. En 1608 la mission est confiée officiellement aux Pères carmes déchaussés, par le pape Clément VIII, qui ouvrent une petite église à Ispahan. En 1628 arrivent les Capucins. Et bientôt les Théatins dans la région voisine de Géorgie.

Le diocèse d’Ispahan est érigé le , la ville étant alors la capitale de l’empire safavide. Les accords commerciaux entre le roi de France Louis XIV et les autorités safavides (1708 et 1715), incluant une liberté de pratique religieuse la situation des catholiques s’améliore. Ce qui conduit à une augmentation de leur nombre, principalement par l’arrivée de marchands européens mais aussi par la construction d’écoles et d’églises. Nombre de ‘convertis’ sont en fait des Arméniens (orthodoxes), qui durant l’ère safavide avaient été déportés en Perse. Les Jésuites arrivent dans le pays en 1652 et les Dominicains y reviennent en 1695.

La fin de la dynastie Safavide au milieu du XVIIIe siècle entraine une disparition progressive du christianisme en Perse. En 1789 le dernier administrateur apostolique de l’ancien diocèse, Jean de Aruthiun, fuit à Bagdad avec les derniers fidèles catholiques. Une dépêche de l'époque envoyée à Rome communique que «l'oppression de ce gouvernement tyrannique est telle que la mission de Perse est réduite au nombre de sept catholiques, tous les autres ont fui ou sont morts ...»[1]

XIXe et XXe sièclesModifier

Au début du XIXe siècle, le diocèse est confié aux évêques de Bagdad. Comme administrateur apostolique d’Ispahan, il a environ 200 fidèles, confiés à un unique prêtre en résidence à Ispahan.

À la fin du XIXe siècle, un renouveau est perceptible. En 1874 est créée la délégation apostolique de Perse. La mission est confiée aux pères lazaristes et le diocèse d'Ispahan est séparé de celui de Bagdad.

Le ; la délégation est érigée en archidiocèse d’Ispahan, dont le premier archevêque est le père lazariste français Jacques-Émile Sontag. Avec les pères lazaristes, l’Église est très dynamique ; au début de la Première Guerre mondiale, avant l’invasion des Turcs, l’archidiocèse compte 74 prêtres, 62 églises avec autant d’écoles et deux séminaires. Le , un grand nombre de chrétiens, surtout arméniens et chaldéens sont assassinés par les troupes ottomanes, y compris Mgr Sontag qui est fusillé à Ourmia, où il résidait habituellement.

En 1974, l’archevêque Kevin W. Barden, un dominicain irlandais, déplace sa résidence d’Ourmia à Téhéran. La cathédrale Notre-Dame de la Consolation y est construite. Ainsi, même si l’archidiocèse garde le titre d’Ispahan, la résidence épiscopale et la cathédrale se trouvent à Téhéran. Seule une petite église subsiste à Ispahan.

En 2013, l'archidiocèse d'Ispahan compte 2000 catholiques (latins) repartis sur 6 paroisses.

Le 8 janvier 2021, le Pape François, après avoir changé le nom de la circonscription d'Ispahan des latins en Téhéran-Ispahan des latins, nomme archevêque de celle-ci Dominique Mathieu O.F.M.Conv.

Notes et référencesModifier

  1. Leonardus Lemmens, Hierarchia latina Orientis, mediante S. Congregatione de propaganda fide instituita (1622-1922), dans Orientalia Christiana, vol.IV, n° 10 (1924), p.274