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Syndrome d'Achenbach

ecchymose (bleu) soudaine d’un ou de plusieurs doigts de main [ou orteil(s)] se formant par rupture d’une veine
Hématome digital spontané paroxystique (ou syndrome d'Achenbach) ; il se forme le plus souvent sur la face interne du doigt et plutôt sous le majeur ou l'index au niveau des articulations de la première ou seconde phalange

L’hématome digital spontané paroxystique (ou hématome digital paroxystique ou apoplexie digitale idiopathique, parfois aussi appelé « syndrome d’Achenbach ») est le nom donné à une ecchymose (bleu) soudaine d’un ou de plusieurs doigts de main [ou orteil(s)] se formant par rupture d’une veine. Parfois les bleus se forment dans la paume de la main[1].

HistoireModifier

Cette affection autrefois présentée à tort comme maladie rare (parce que peu repérée et étudiée) [2] a été décrite pour la première fois en 1955 par W Achenbach [3].

DescriptionModifier

Le bleu (une lésion d’apparence purpurique ou un léger hématome) se forme brutalement et spontanément ou après un traumatisme minime qui aurait du être sans conséquences".

Son apparition est souvent précédée d'une sensation de douleur ou de brûlure. Sa résolution est spontanée.

Les doigts statistiquement les plus touchés sont le majeur et l'index.
C’est la face intérieure du doigt, au niveau de la 1ère et 2ème phalange qui est le plus souvent affectée[2]. (81,7 % des cas dans l’étude de Carpentier & al., alors que dans cette même étude dans 11,3 % des cas seulement il s’agissait du dos du doigt et du côté dans 4,2 % des cas ; 100 % des patients ont signalé une douleur, 27,8 % un prurit et 47 ,6 % une sensation de brûlure) [2]. L'ecchymose met environ 3 jours en moyenne pour se résorber[2].

Deux complications ont été signalées par ces patients : une hypoesthésie transitoire chez 11,2 % de ces personnes et un doigt blanc (non lié au froid) dans 4,2 % des cas[2].

L'examen Doppler[4] et la capillaroscopie sont généralement normaux, mais des anomalies mineures et non spécifiques ont été rapportées[5].

ConséquencesModifier

Elles sont bénignes : l’hématome est généralement d'une douleur supportable, ou la douleur ne durera pas, mais une sensation de gonflement et une forte gêne sont possibles, ainsi qu'une douleur accrue quand le doigt doit être plié. Ceci peut être handicapant pour certaines activités manuelles.

L’hématome se résorbe spontanément en quelques heures à 10/12 jours (selon son importance), en colorant alors le doigt en par tout le spectre des teintes de la biligénie.

C’est un phénomène dont la prévalence est mal estimée (voire sous-estimée, et toujours sans description épidémiologique selon Patrick H. Carpentier et ses collègues. Il survient plutôt après 50 ans, et 10 fois plus souvent chez des femmes que chez des hommes (12,4 % des femmes, et 1,2 % des hommes)[2], mais en 2014, selon B. Sigha & al. (2015) moins de 40 cas avaient été rapportés par la littérature médicale avant 2014-2015[6] et moins de 100 cas en 2015 selon Carpentier & al. [2].

Étiologie (causes)Modifier

Les causes de cette maladie sont inconnues. Plusieurs hypothèses co-existent actuellement :

  • induction méccanique (microtraumatisme) : le bleu est spontané ou souvent discrètement induit mécaniquement, « par exemple par un phénomène de cisaillement lors du transport d'objets lourds » ; Un traumatisme répété chronique pourrait être en cause (ex cycliste ayant toujours la main sur les freins de son vélo).
  • prédisposition (de type vulnérabilité vasculaire localisée, pouvant être liée à l'âge) ;
  • l'ergotamine a été évoquée car pouvant modifier le flux sanguin au niveau microvasculaire via ses propriétés vasospastiques[4]. Dans deux cas Kampfen et al. ont constaté une réduction notable du débit sanguin (mesuré par artériographie), avec une amélioration après l'administration d’un vasodilatateur (Dinitrate d'isosorbide)[7].

Diagnostic différentielModifier

SoinsModifier

Le patient réduit spontanément les mouvements du doigt concerné s’il est douloureux (auto-limitation).

En cas de formation non pas d’un bleu, mais d’un véritable hématome, l'avis d'un médecin peut être nécessaire. Le diagnostic doit permettre de rassurer le patient qui sait alors que la lésion est bégnine, ce pourquoi il n’est pas nécessaire selon xxxx de « multiplier les explorations complémentaires onéreuses et inutiles ».

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Carpentier, P. H., Maricq, H. R., Biro, C., Jiguet, M., & Seinturier, C. (2016). Paroxysmal finger haematoma--a benign acrosyndrome occurring in middle-aged women. VASA. Zeitschrift fur Gefasskrankheiten, 45(1), 57-62|résumé|PDF, 6pp.
  • Gaines, P. A., Swarbrick, M. J., Lopez, A. J., Cleveland, T., Beard, J., Buckenham, T. M., ... & Kessel, D. (1999). The endovascular management of blue finger syndrome. European journal of vascular and endovascular surgery, 17(2), 106-110.
  • James, William D.; Berger, Timothy G.; et al. (2006) Andrews' Diseases of the Skin: clinical Dermatology. Saunders Elsevier. (ISBN 0-7216-2921-0).
  • Jiménez P.R, Ocampo M.I, Castañeda-Cardona C & Rosselli, D. (2017). Síndrome de Achenbach: presentación de un caso y revisión sistemática de la literatura. Revista Colombiana de Reumatología|[ https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S012181231730097X résumé]
  • Khaira H.S, Rittoo D, Vohra R.K & Smith S.R (2001). The non-ischaemic blue finger. Annals of The Royal College of Surgeons of England, 83(3), 154.
  • Kluger N, Serres-Cousiné A, Girard C, Guillot B (2011) Hématomes digitaux spontanés (syndrome d'Achenbach). Presse Med ; 40: 326–7
  • Weinberg I & Jaff M.R (2012). Spontaneous blue finger syndrome: a benign process. The American journal of medicine, 125(1), e1-e2.

Notes et référencesModifier

  1. Watchorn R.E, Babu S, Lewis F, Calonje E & Taibjee S.M (2017). Paroxysmal purple palmar macules with a rare aetiology. Clinical and experimental dermatology, 42(5), 561-563.
  2. a b c d e f et g Carpentier, P. H., Maricq, H. R., Biro, C., Jiguet, M., & Seinturier, C. (2016). Paroxysmal finger haematoma--a benign acrosyndrome occurring in middle-aged women. VASA. Zeitschrift fur Gefasskrankheiten, 45(1), 57-62|résumé|PDF, 6pp
  3. Achenbach W. Chapter 3. Vasculär bedingte hämorrhagische Diathesen. In: Hämorrhagische Diathesen: Internationales Symposion Wien (Jürgens R, Deutsch E, ed). Vienna: Springer-Verlag Wien, 1955; 151
  4. a et b Kampfen S, Santa D, Fusetti C (2005) A painful blue thumb: a case of Achenbach's syndrome. Eur J Vasc Endovasc Surg; 10: 84–5
  5. Frerix M, Richter K, Müller-Ladner U, Hermann W. Clinical images: Achenbach's syndrome (paroxysmal finger hematoma) with capillaroscopic evidence of microhemorrhages. Arthritis Rheumatol 2015; 67: 1073.
  6. Sigha B & al ( 2015) « Hématomes digitaux spontanés paroxystiques (syndrome d’Achenbach) ; Paroxysmal finger haematoma (Achenbach syndrome)”| Annales de Dermatologie et de Vénéréologie |résumé|mis en ligne le vendredi 8 janvier 2016 |Doi : 10.1016/j.annder.2015.10.597
  7. Robertson A, Liddington M, Kay S. (2007) Paroxysmal finger haematomas (Achenbach's syndrome) with angiographic abnormalities. J Hand Surg Br ; 27: 391–3.
  8. Senet P (2015) Diagnostic des acrosyndromes vasculaires. In Annales de dermatologie et de vénéréologie (Vol. 142, Septembre, No. 8, pp. 513-518). Elsevier Masson.
  9. a b et c Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Item137

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