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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Apollo et Soyouz.

ASTP
Emblème russe réalisé par Galina Balachova.
Emblème russe réalisé par Galina Balachova.
Données de la mission
Vaisseau Module de commande Apollo
Soyuz 7K-TM
Module d'amarrage
Équipage 5 hommes (3 Américains et 2 Soviétiques)
Date de lancement
Site de lancement ASTP : Centre spatial Kennedy (Pas de tir 39B)
Soyouz 19 : Cosmodrome de Baïkonour (pas de tir Gagarin)
Date d'atterrissage ASTP :
Soyouz 19 :
Site d'atterrissage ASTP : océan Pacifique
(21° 52′ N, 162° 45′ O)
Soyouz 19 : Cosmodrome de Baïkonour
Durée ASTP : 9 jours, 1 heure et 28 minutes
Soyouz 19 : 5 jours, 22 heures et 30 minutes
Orbites ASTP : 148
Soyouz 19 : 96
Altitude orbitale ASTP : 217 km à 231 km
Soyouz 19 : 218 à 231 km
Inclinaison orbitale ASTP : 51.75°
Soyouz 19 : 51.76°
Distance parcourue ASTP : ~5,990,000 km
Soyouz 19 : ~3,900,000 km
Photo de l'équipage
De gauche à droite : les Américains (en combinaisons orange) Slayton, Stafford et Brand, ainsi que les Soviétiques (en combinaisons vertes) Leonov et Kubasov
De gauche à droite : les Américains (en combinaisons orange) Slayton, Stafford et Brand, ainsi que les Soviétiques (en combinaisons vertes) Leonov et Kubasov
Navigation

Apollo-Soyouz (souvent abrégé en ASTP pour Apollo-Soyouz Test Project pour les Américains, correspond à la mission Soyouz 19 pour les Soviétiques) est en 1975 la première mission spatiale conjointe entre l'Union soviétique et les États-Unis après qu'ils se soient affrontés pendant la guerre froide dans la course à l'espace.

Contexte historiqueModifier

 
Le vaisseau Apollo et le module d'amarrage vus depuis le vaisseau Soyouz 19.
 
Le vaisseau Soyouz 19 vu depuis le vaisseau Apollo.

En 1972, trois ans après les premiers pas sur la Lune effectués par l'équipage d'Apollo 11, la conquête spatiale est une priorité moindre pour les deux Grands. Les années 1970 marquent dans les relations Est-Ouest une détente qui se traduit par une coopération dans le domaine économique mais également dans le domaine spatial. Toutefois, il ne faut pas ignorer que le récent rapprochement entre les États-Unis et la Chine inquiète l'URSS, d'autant que cette dernière a vu ses propres relations avec la Chine se refroidir sensiblement. Enfin, l'URSS n'ayant pas réussi à poser le moindre cosmonaute sur la Lune, cette rencontre avec les États-Unis en orbite terrestre a bien évidemment une répercussion très positive sur les programmes spatiaux de l'Union Soviétique. Le est la date de ratification du projet de procéder à un rendez-vous orbital entre les vaisseaux Apollo et Soyouz. Il coûtera 250 millions de dollars américains aux États-Unis et à l’Union soviétique.

Déroulement de la missionModifier

Le à 12 heures 20, le lanceur Soyouz qui emporte le vaisseau Soyouz 19 décolle de Baïkonour. Le même jour à 19 heures 50, le lanceur Saturn 1B dont c'est le dernier tir décolle avec le vaisseau Apollo depuis le Cap Kennedy en Floride. Ces deux lancements sont retransmis dans le monde entier. À 15 heures 50 le , les deux vaisseaux s'amarrent l'un à l'autre et, à 19 heures 20, l'écoutille séparant les deux vaisseaux est ouverte, permettant la poignée de mains entre Stafford et Leonov, à la verticale de la ville de Metz[1].

Vaisseaux et équipagesModifier

Union soviétiqueModifier

La mission soviétique Soyouz 19 utilise un vaisseau Soyouz lancé par une fusée Soyouz. L'équipage comprend deux cosmonautes[2] :

États-UnisModifier

Les États-Unis utilisent pour cette mission leur dernier lanceur Saturn IB disponible

L'équipage est composé de trois astronautes [4] :

  • Thomas Stafford, 44 ans, est le commandant de la mission. C'est un astronaute très expérimenté puisqu'il a 3 missions à son actif : Gemini 6A, Gemini 9 et Apollo 10, deuxième mission envoyée vers la Lune (sans atterrissage).
  • Vance Brand, 44 ans, est le pilote du module de commande. C'est sa première mission.
  • Donald Slayton, pilote du module d'amarrage, 51 ans. C'est le seul vol de Slayton, pourtant sélectionné pour le programme Mercury dès le début du programme spatial américain en 1959. Une légère tachycardie l'a en effet empêché de participer aux vols des programmes Mercury, Gemini et Apollo, ce qui le cloue pendant près de 20 ans au sol. Après ce vol, Slayton détient longtemps le titre d'astronaute le plus âgé, et n'est « détrôné » (à titre posthume) qu'en 1998 par un de ses compagnons de la toute première sélection, John Glenn, alors âgé de 77 ans[1].

Le module d'amarrageModifier

Un module est développé spécifiquement pour la mission afin de permettre d'amarrer les deux vaisseaux entre eux (les systèmes d'amarrage des deux vaisseaux ne permettent pas un accouplement) et de jouer le rôle de sas car les atmosphères des deux vaisseaux sont également incompatibles : dans le vaisseau Soyouz est un mélange d'oxygène/azote à la pression d'un bar similaire à l'atmosphère au sol tandis que dans le vaisseau Apollo, les astronautes respirent de l'oxygène pur à une pression égale à un tiers de celle de la surface. Le module, de forme cylindrique, a une longueur de 3,15 mètres pour un diamètre de 1,4 mètres et une masse de 2,012 tonnes. Les parois sont réalisées en tôle d'aluminium de 1,58 centimètres d'épaisseur. Le module comprend différents équipements dont un émetteur/récepteur VHF, un système de support de vie, etc... . Le module comprend à l'extérieur 4 réservoirs sphériques identiques contenant en tout 18,9 kg d'azote et 21,7 kg d'oxygène. A chaque extrémité du cylindre est installé un sas. Le système d'amarrage côté Soyouz est un nouveau système mis au point pour la mission. Le vaisseau Soyouz a été modifié pour emporter également ce nouveau système d'amarrage[5].

Chronologie de la missionModifier

  • à 12 h 20 min 03 s : décollage du lanceur Soyouz-U depuis Baïkonour.
  • 15 juillet à 19 h 50 min 00 s : décollage du lanceur Saturn IB depuis Cap Canaveral.
  • 17 juillet à 16 h 09 min 00 s : premier amarrage entre les deux vaisseaux, jusqu'au à 12 h 03 min (durée : 1 jour 19 h 54 min).
  • 19 juillet à 12 h 34 min 00 s : second amarrage entre les deux vaisseaux, d'une durée de 2 h 52 min, sans transfert d'équipage.
  • 21 juillet à 10 h 50 min 54 s : atterrissage de la capsule soviétique Soyouz 19 (7K-TM) dans les plaines du Kazakhstan. Durée de la mission : 5 jours 22 h 31 min.
  • 25 juillet à 03 h 18 min 24 s : amerrissage de la capsule américaine Apollo dans l'océan Pacifique. Durée de la mission : 9 jours 7 h 28 min[6].

PostéritéModifier

La mission Apollo-Soyouz reste gravée comme un événement historique précurseur dans le genre avec une mise en commun des technologies. L'image de rapprochement des deux vaisseaux a fait le tour du monde grâce à la télévision et à la presse écrite. La plus grande réussite de cette mission n'est pas technique (aspect principalement mis en œuvre par le dispositif APAS), mais bien politique, puisqu'il permet aux opinions publiques des deux camps de se rendre compte que Soviétiques et Américains peuvent trouver des sujets d'entente[7]. Ce type d'expérience de mise en commun de technologies se répète en 1996 avec la visite de la navette spatiale américaine à la station spatiale Mir puis la création commune de la Station spatiale internationale.

DiversModifier

 
Maquette de l'ensemble Apollo-Soyouz au National Air and Space Museum.
 
Slayton et Leonov.
  • Les tractations diplomatiques pour la réalisation de cette mission sont si poussées que l'on renonce, pour le module d'amarrage[8] entre les deux vaisseaux, à utiliser les termes conventionnels de « mâle » et « femelle » pour désigner les colliers d'amarrage, afin de ménager certaines susceptibilités. Les deux vaisseaux sont donc pourvus de pièces « hermaphrodites », le système APAS[1].
  • Un astéroïde célèbre ce vol historique : (2228) Soyouz-Apollo.
  • Cette mission est la première embarquant un calculateur programmable portable (la calculatrice HP-65) ; ce calculateur est programmé par les scientifiques de la NASA pour effectuer plusieurs calculs « de secours » en remplacement de l'ordinateur de bord de la mission, au cas où ce dernier rencontre des dysfonctionnements ou cesse de fonctionner. Bien qu'aucun incident n'a eu lieu, le calculateur est néanmoins utilisé pour effectuer deux corrections de trajectoires avant l'amarrage des vaisseaux.
  • Dix jours avant le début de la mission, Alexeï Leonov promet à Deke Slayton de trinquer avec lui lors du vol. Durant la rencontre, il sort de fait des tubes portant des étiquettes marquées « Vodka ». Les Américains déclinent d'abord l'offre, à cause du règlement de la NASA interdisant l'alcool, mais ils finirent par boire après s'être rendu compte qu'il ne s'agissait en fait que de soupe.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c De Gagarine à Thomas Pesquet, l'entente dans l'espace, Eric Bottlaender et Pierre-François Mouriaux, Ed. Louison
  2. Joachim Becker, « Spaceflight mission report: Soyuz 19 EPAS », sur www.spacefacts.de (consulté le 17 juillet 2018)
  3. « Alexeï Leonov Pilote cosmonaute, premier "piéton" du cosmos », sur Cosmopif, (consulté le 21 février 2015).
  4. (en) Sarah Loff, « Apollo-Soyuz Test Project », NASA,‎ (lire en ligne, consulté le 17 juillet 2018)
  5. Apollo-Soyuz Press Kit, p. 75-79
  6. Joachim Becker, « Spaceflight mission report: ASTP », sur www.spacefacts.de (consulté le 17 juillet 2018)
  7. Viso Michel. Seuls sur la Lune. In La science des sixties. Paris : Belin, 2014. p. 130-133.
  8. « Détails sur le Docking Module et la mission Apollo Soyouz. »

BibliographieModifier

  • (en) NASA, Apollo-Soyuz Press Kit, NASA, , 120 p. (lire en ligne)
  • (en) NASA, THE PARTNERSHIP A History of the Apollo-Soyuz Test Project, NASA, , 581 p. (lire en ligne)

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier