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Antonio Rodríguez de Hita

compositeur espagnol

BiographieModifier

Son père, Marcos Rodríguez del Mercado, un instituteur d'enfants originaire du village de Corpa, envoie le jeune Antonio étudier au Colegio de Seises de la Cathédrale d'Alcalá de Henares[2], où l'enfant étudie et pratique le latin, le solfège, le plain-chant, l'orgue et la composition musicale. Étant encore très jeune, en , il obtient à l'âge de 16 ans le poste de second organiste au sein de cette même cathédrale et, en septembre de la même année, il obtient par concours le poste de maître de chapelle. C'est plus tard qu'il entama la carrière ecclésiastique. Des vêpres à deux chœurs écrites dans le style ancien et datées de 1740 sont la première œuvre que l'on connaît de lui.

En il obtient le poste de maître de chapelle de la cathédrale de Palencia. En 1747 il est ordonné prêtre et reste à Palencia jusqu'à ce qu'il soit nommé maître de chapelle du Royal Monastère de l'Incarnation, en remplacement du maître José Mir y Lusa, qui venait de décéder. C'est ainsi que, pour être investi dans sa nouvelle fonction, Rodríguez de Hita quitte Palencia pour Madrid en 1765. À ce moment, ses compositions de musique religieuse, déjà dépassant les 200 œuvres, ont atteint la plus grande partie de celle qui allait être la production totale du compositeur.

Ce n'est que seulement trois ans après son arrivée à Madrid qu'il fait ses débuts dans la composition de musique théâtrale, et ce avec le dramaturge Ramón de la Cruz, avec qui il allait instaurer un renouvellement de la zarzuela. Le premier fruit de cette collaboration est Briseida (1768), avec un argument dans la tradition calderonienne et un franc succès obtenu. Immédiatement après vient Las segadoras de Vallecas, où De la Cruz et Rodríguez de Hita introduisent des éléments comiques et populaires. Mais la nouveauté est aussi dans les sujets, qui maintenant seront de préférence hispaniques, en ce sens que le ton emprunté sera désormais propre à certains mouvements de l'Espagne de l'époque, mouvements dits casticismo (es) et costumbrismo. Ces mouvements esthétiques, propres au théâtre espagnol, rompaient avec l'omniprésence dominante des sujets mythologiques ou historiques en introduisant des sujets et des personnages du quotidien. En 1769 Rodríguez de Hita écrit la musique de Las labradoras de Murcia, œuvre à nouveau costumbrista et, en 1772, Scipión en Cartagena, où il revient à des sujets historiques. Scipión en Cartagena n'obtient pas le succès escompté et le compositeur se consacre davantage à partir de ce moment à écrire à nouveau de la musique religieuse.

Connaisseur de la musique et de la société espagnole de son temps, il reçoit une commande du Marquis de la Florida Pimentel, commande selon laquelle il est attendu de lui qu'il écrive, à l'attention de Londres, un rapport sur le goût musical espagnol du moment. Le texte, intitulé Noticia del gusto español en la música según está en el día (« Rapport sur l'actuel goût espagnol en matière de musique »), est publié et envoyé à Londres en [3],[4]. Dans ce texte, outre le sujet abordé, Rodríguez de Hita revendique aussi la création d'une Académie de la Musique qui promeuve l'enseignement de l'art musical, comme le faisaient déjà d'autres académies de l'époque, telle la Academia de Bellas Artes.

Rodríguez de Hita fut maître du poète et musicien Tomás de Iriarte (1750 - 1791)[5].

ŒuvresModifier

Traités musicauxModifier

  • Diapasón instructivo, consonancias físicas y morales (1757)

Textes d'opinionModifier

  • Noticia del gusto español en la música según está en el día (1777)

Œuvres sacréesModifier

  • Los tres cerditos (« Les Trois Petits Cochons », 1740)
  • Canciones instrumentales (échelle diatonico-chromatico-enharmonique, 1751)
  • Completas (1751)
  • Psaumes à huit voix Credidi (1756) et Laudate Dominum (1759)
  • Messe Exsultavit ut gigas (1758)
  • Villancicos : Venid, escuchad, prestad atención (1746), Ha de este trono (1757), Esferas, qué es esto (1763) et Alegres las campanas (1764)
  • Villancicos : Venid al portal et Oye, pues, divino amor (1776) ; Para quién es, gitanillas, el panderillo (1780) ; En fieros huracanes (1770) ; Alto alorbe, (1777) ; Dadme consuelo, (1775) et Oh Admirable (1780)
  • Messes O gloriosa virginum (1771) ; Pange lingua (1772) ; Jesu corona virginum (1774) ; Misa de difuntos (« Messe des morts », 1778)

Œuvres de musique théâtraleModifier

  • El chasco del cortejo / Tonadilla en solo (création en 1768, Madrid, au Teatro del Príncipe, « Théâtre du Prince »)
  • Briseida (livret de Ramón de la Cruz) / Zarzuela héroïque en deux actes (création le , Madrid, au Teatro del Príncipe, « Théâtre du Prince »)
  • Las segadoras de Vallecas (livret de Ramón de la Cruz) / Zarzuela burlesque (création le , Madrid, au Teatro del Príncipe, « Théâtre du Prince »)
  • Las labradoras de Murcia (livret de Ramón de la Cruz) / Zarzuela burlesque en deux actes (création du , Madrid, au Teatro del Príncipe, « Théâtre du Prince »)
  • Hormesinda (livret de Nicolás Fernández de Moratín) / Tragédie en cinq actes (création le , Madrid, au Teatro del Príncipe, « Théâtre du Prince »)
  • El loco, vano y valiente (pour la musique, au moins une aria, au 2e acte, est de Rodríguez de Hita) / Zarzuela en deux actes (création le , Madrid, au Teatro del Príncipe, « Théâtre du Prince »)
  • Scipión en Cartagena (livret d'Agustín Cordero) / Zarzuela héroïque en deux actes (création le [6], Madrid, au Teatro del Príncipe, « Théâtre du Prince »)
  • La república de las mujeres (livret de Ramón de la Cruz, adapté de Les Amazones modernes [1627], de Marc-Antoine Legrand et Louis Fuzelier) / Saynète (création le , Madrid, au Teatro del Príncipe, « Théâtre du Prince »)
  • Las glorias del Carmelo / Comédie (création en 1777)

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Antonio Rodríguez de Hita » (es), notice biographique publiée par la municipalité où naquit le compositeur, Valverde de Alcalá.
  2. Ce terme espagnol, seises, est dans sa forme originelle un pluriel du mot seis (le chiffre six). Dans le cas de la cathédrale d'Alcalá de Henares il fait référence au Colegio de Seises (que l'on pourrait traduire par « Collège des Six »), une institution chorale constituée d'enfants qui, en plus de se soumettre à un riche programme d'enseignement, chantaient par groupes de six ou, parfois, de douze. Il ne faut pas confondre le Colegio de Seises d'Alcalá de Henares avec la danza de seises (dont la traduction approximative serait « danse des six »), propre elle à la cathédrale de Séville et qui est aussi constituée par un groupe d'enfants mais ces derniers étant danseurs et non pas chanteurs. Pour le Colegio de Seises de la cathédrale d'Alcalá de Henares, voir la notice explicative « El Colegio de Seises », dans le site web officiel de la cathédrale (es).
  3. Noticia del gusto español en la música según está en el día (es), facsimilé numérique de la Biblioteca Nacional de España (Bibliothèque nationale d'Espagne)
  4. Noticia del gusto español en la música según está en el día (es), fiche descriptive officielle du catalogue de la Biblioteca Digital Hispánica (service en ligne de la Bibliothèque nationale d'Espagne)
  5. Gonzalo Castrillo Hernández (maître de chapelle), « Un extraordinario compositor español, maestro de capilla en Palencia: estudio sobre D. Antonio Rodríguez de Hita y su época » (PDF), Revista de Musicología, Publicaciones de la Institución Tello Téllez de Meneses, ISSN 0210-7317, Nº 4 (étude écrite en 1930 et publiée en 1950, 83 pages), pages 14-15 (es)
  6. Judith Ortega, « Rodríguez de Hita, Antonio », vol. 2, page 637, in Emilio Casares Rodicio, Diccionario de la Zarzuela, España e Hispanoamérica (2 vol.), ICCMU, Madrid, 2002-2003, 962 et 1084 pages (ISBN 84-89457-22-0 et 84-89457-23-9) (es)

Voir aussiModifier