Antoine d'Orléans (1775-1807)

duc de Montpensier
Antoine d'Orléans
Description de cette image, également commentée ci-après
Le duc de Montpensier, portrait par Amédée Faure (Musée de l'Histoire de France de Versailles).
Biographie
Titulature Prince d'Orléans
Duc de Montpensier
Dynastie Maison d’Orléans
Naissance
Palais-Royal, Paris (France)
Décès (à 31 ans)
Salthill (Angleterre)
Père Louis-Philippe d’Orléans
Mère Marie-Adélaïde de Bourbon

Antoine-Philippe d’Orléans (Paris, Salt Hill, ), duc de Montpensier, est un prince du sang français membre de la maison d’Orléans.

BiographieModifier

Fils cadet de Louis-Philippe d’Orléans (1747-1793), duc de Chartres puis duc d’Orléans et de la duchesse née Marie-Adélaïde de Bourbon, « Mademoiselle de Penthièvre », fille de Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, Antoine-Philippe d'Orléans naît au Palais-Royal à Paris le et est ondoyé le même jour par Jean-Baptiste Talon, aumônier du duc d'Orléans, en présence de Jean-Jacques Poupart, curé de l'église Saint-Eustache à Paris et confesseur du roi[1].

Le , Antoine-Philippe d'Orléans est baptisé, le même jour que son frère aîné Louis-Philippe, duc de Valois (puis de Chartres puis duc d'Orléans (1793) et futur roi des Français), dans la chapelle royale du château de Versailles par l'évêque de Metz Louis-Joseph de Montmorency-Laval, aumônier de la cour, en présence d'Aphrodise Jacob, curé de l'église Notre-Dame de Versailles. Leur parrain est le roi Louis XVI, leur marraine la reine Marie-Antoinette[2].

Il est élevé avec son frère auquel une profonde affection le lie. Ils ne seront séparés que pendant la Terreur et les événements qui suivront, entre 1793 et 1797.

En 1791,à l'âge de 16 ans, il est nommé sous-lieutenant dans le régiment de son frère, alors duc de Chartres, dit le « Général Égalité », en qualité d'aide de camp. Il est nommé adjudant général avant la bataille de Jemappes, à laquelle il participe comme son frère. À Paris au moment du procès de Louis XVI, il tente, mais sans succès, de convaincre son père de ne pas voter la mort du roi. Alors adjudant général à l'armée du Var, il est décrété d'arrestation en même temps que tous les Bourbons en et incarcéré au fort Saint-Jean à Marseille. Il y contracte la tuberculose qui finira par l'emporter en 1807.

Le 13 fructidor an IV (), le Directoire décide enfin son élargissement et ordonne qu'il soit transféré à Philadelphie où le chargé d'affaire de la République française aux États-Unis doit lui verser une pension annuelle de 15 000 francs. Il s'embarque le .

C'est alors qu'est conçu son fils naturel, Jean-Antoine-Philippe Dentend (1797-1858), qui deviendra le notaire de la maison d'Orléans (à ce titre, il sera chargé de rédiger l'acte de donation des biens personnels de Louis-Philippe à ses enfants juste avant son accession au trône en 1830).

En , accompagné de son frère puîné le comte de Beaujolais, il rejoint son frère aîné à Philadelphie. Pendant deux années, ils voyagent en Nouvelle-Angleterre, dans la région des Grands Lacs et le Mississippi. Ils rentrent en Europe en 1800 et s'installent en Angleterre à Twickenham (Highshot House, Crown Road, immeuble détruit en 1927).

 
Gisant édifié par sa sœur, Adélaïde d'Orléans, au domaine royal de Randan.

En 1807, la tuberculose pulmonaire qu'il avait contractée, tout comme le comte de Beaujolais, connait une aggravation. Le duc d'Orléans veut alors l'emmener dans le Devonshire pour qu'il y bénéficie du bon air mais à douze miles de Twickenham, ils doivent s'arrêter dans une auberge à Salthill (près de Windsor). Il a une crise d'étouffement, refuse l'éther qu'on veut lui administrer, murmure à l'adresse de son frère « Give me your hand, I thought I was dying » (« Donne-moi ta main, j'ai cru que je mourais »)[réf. nécessaire] et meurt.

Louis-Philippe fait célébrer un service funèbre à la chapelle catholique de King Street à Londres, auquel assiste son cousin le futur Charles X, et obtient, grâce à Édouard-Auguste de Kent, que son frère ait une sépulture à l'abbaye de Westminster.

Une rue de Paris porte son nom.

TitulatureModifier

  •  : Son Altesse Sérénissime Antoine d'Orléans, duc de Montpensier, prince du sang de France
  •  : monsieur Antoine d'Orléans (abolition des titres de prince, duc et altesse)
  •  : Antoine, prince français (constitution de 1791)
  •  : citoyen Antoine Égalité

AscendanceModifier

Activité picturaleModifier

Élève du peintre Myris, Antoine-Philippe d'Orléans s'adonna à la peinture et à la lithographie sous la conduite de Philippe André[Qui ?]. Une lettre d'Henri Bouchot nous indique qu'il aurait appris la lithographie en 1800 par Aloys Senefelder (inventeur du procédé). Il a laissé plusieurs incunables lithographiques datés de 1805 et de 1806 qui sont conservés au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de France. Parmi celles-ci, son autoportrait qui fait face à son frère, le duc d'Orléans, futur Louis-Philippe. On connaît aussi de lui :

  • Portrait de Symonds mendiant de Kingston sur la Tamise, tableau peint en 1804, conservé de nos jours au musée Condé à Chantilly.
  • Paysage d'imagination, tableau peint en 1805, idem[3].
  • D'autre part le roi Louis-Philippe conservait dans sa collection personnelle cinq autres peintures.
 
Portraits du duc d'Orléans et du duc de Montpensier en 1805

Notes et référencesModifier

  1. Les registres paroissiaux de Paris ayant disparu en 1871 pendant les incendies de la Commune de Paris, cette indication se trouve dans l'acte de baptême du 12 mai 1788, Registre des baptêmes (1788) de la paroisse Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines.
  2. Registre des baptêmes (1788) de la paroisse Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines.
  3. Voir les reproductions et l'historique sur la base Joconde.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Relation de la captivité de S. A. S. Mgr le duc de Montpensier, pendant les années 1793, 1794, 1795 et 1796, écrite par lui-même, Twickenham, Imprimerie de G. White, 1816 (lire en ligne sur Gallica).
  • Mémoires de S. A. S. Louis-Antoine-Philippe d'Orléans, duc de Montpensier, Paris, Baudouin frères, 1824 (lire en ligne sur Gallica).

Article connexeModifier