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Antoine Roy (homme politique)

personnalité politique française
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Antoine Roy et Roy.

Antoine Roy
Illustration.
Fonctions
Ministre des Finances
Ministre des Finances
Ministre d'État
Ministre des Finances
Pairs de France
Député de la Seine
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Savigny
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Paris
Parti politique Royaliste

Antoine, comte Roy, était un homme politique et financier français, né le à Savigny (Haute-Marne) et mort à Paris le [1].

Sommaire

BiographieModifier

Il fit ses études au collège de Langres, son droit à Paris et fut reçu avocat en 1785. Il ne prit aucune part à la révolution dont il n'approuvait pas les idées, et conserva sa place au barreau, où il défendit de Durosoy, en 1792, et, en l'an III, plusieurs des accusés du 13 vendémiaire. Il ne cachait point alors ses préférences royalistes, ce qui lui valut d'obtenir du duc de Bouillon la jouissance de la terre de Navarre et l'administration de ses forêts (1798) ; puis il acquit la plus grande partie des biens du duc de Bouillon, qui éprouvait de graves difficultés financières, moyennant une rente annuelle de 300,000 francs ; le duc mourut subitement quelques mois après, et Roy se trouva l'un des plus riches propriétaires fonciers de France.

En 1801, l'État lui intenta un procès en restitution de 2 millions de francs, représentant la somme qu'il s'était appropriée à tort dans l'administration des propriétés du duc, devenues propriétés nationales. Roy refusa d'abandonner la jouissance de la forêt de Navarre et en appela à la justice dans un mémoire où il rappelait le mot du fermier de Sans-Souci : « Il y a des juges à Berlin ». Mais il perdit son procès en 1802 et de nouveau en 1813, et le domaine de Navarre passa aux mains de l'impératrice Joséphine, puis au prince Eugène de Beauharnais et à ses fils. Roy en garda contre l'empereur une profonde rancune.

Aux Cent-Jours, élu, le 7 mai 1815, représentant du grand Collège de la Seine, il se posa en adversaire irréconciliable de Napoléon. Le 6 juin, il s'opposa à la prestation du serment de fidélité ; le 16, il demanda qu'un comité spécial examinât si la guerre était nécessaire. Dans la discussion des lois financières, il prit de nouveau la parole et s'efforça par tous les moyens de supprimer les ressources de l'armée.

Au retour de Gand, il se hâta de se présenter à la cour ; il y fut reçu comme une des victimes du despotisme impérial ; mais le roi lui fit sentir que si la victime avait à se plaindre, ce n'était pas de sa pauvreté. Réélu député, le 22 août 1815, le 4 octobre 1816, et le 20 septembre 1817, il vota souvent avec la minorité dans la Chambre introuvable, surtout dans les questions secondaires, à l'égard desquelles il affectait un certain libéralisme. En 1817 et en 1818, il fut rapporteur du budget, et fit réaliser, à ce titre, sur l'exercice de 1819, une économie de 21 millions.

Le 7 décembre 1818, en raison des talents d'administrateur dont il avait fait preuve, il fut appelé à succéder à Corvetto au ministère des Finances ; mais il n'eut pas le loisir d'appliquer les réformes qu'il avait en vue, car, le 28 du même mois, il suivit le cabinet Richelieu dans sa retraite.

Nommé alors ministre d'État et membre du conseil privé, commissaire de la caisse d'amortissement et de celle des dépôts et consignations, il reprit sa place sur les bancs de la Chambre et fut chargé d'examiner l'arriéré des comptes financiers pour les années de 1815 à 1818 ; à la suite de son rapport sur le nouveau budget, il obtint un dégrèvement de 20 millions sur les contributions mobilière et immobilière.

Rappelé de nouveau au ministère des Finances à la place du baron Louis, le 19 novembre 1819, il conserva son portefeuille jusqu'au 14 décembre 1821, prit l'initiative de plusieurs réformes qui améliorèrent singulièrement la situation financière de la France, déposa le 4 janvier 1820 un projet pour la libération définitive des acquéreurs des biens nationaux, et obtint le 16 janvier 1821 un dégrèvement considérable des impôts qui pesaient sur la propriété foncière. En outre, grâce à l'évacuation du territoire par les alliés, il fit régulariser les dettes des départements, et leur octroya des indemnités proportionnelles.

Après avoir cédé, en décembre, son portefeuille à Joseph de Villèle, il fut nommé pair de France, le 13 décembre 1821, et créé comte par le roi. À la Chambre haute, il continua de s'occuper particulièrement de finances, combattit énergiquement la conversion des rentes, et proposa sans succès un amendement au projet.

Lorsque de Martignac arriva aux affaires, Roy prit pour la troisième fois le portefeuille des Finances, du 5 janvier 1828 au 7 août 1829 ; mais ses idées financières rencontrèrent alors autant d'obstacles dans la majorité parlementaire qu'auprès de Charles X, qui, résolu à former un cabinet de réaction avec Polignac, proposa à Roy de garder son portefeuille, mais avec de telles conditions que celui-ci fut mis dans la nécessité de refuser ; il se retira le 21 février 1830 avec les ordres du Saint-Esprit et de Saint-Michel.

À partir de cette époque, Roy se consacra exclusivement à ses occupations parlementaires à la chambre haute. Il adhéra au gouvernement de Louis-Philippe et fut fréquemment chargé des rapports sur les impôts, la loterie et le budget. Il fut président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations de 1837 à 1847.

De 1833 à sa mort, il fut conseiller général du Canton d'Épernay (Marne).

Il laissa à sa mort une fortune évaluée à environ quatre millions de valeurs mobilières, deux hôtels rue de la chaussée d'Antin, estimés 640.000 francs-Or, des forêts et des fermes dans la Marne, la Haute-Marne, l'Eure, l'Aisne et le Cher[2]. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (37e division)[3]. Il était grand-croix de la Légion d'honneur.

Roy eut deux filles de son mariage le 17 avril 1793 à Paris avec Adélaïde Sophie Barré (1775-1812) :

PatrimoineModifier

À sa mort son énorme fortune était évaluée à 4 millions de francs-Or environ. La déclaration de succession faite dans le deuxième arrondissement en 1848 (A.S., DQ7 3496, n°29) mentionne les hôtels de la chaussée d'Antin et des valeurs mobilières estimées à 2.815.207 francs-Or, non compris 50.000 francs de rente 3% sur l'état, des objets mobiliers légués et ameublement des résidences provinciales. Doivent être inclus, fermages arriérés et courant d'une valeur de 52.000 francs-Or, 22.400 francs pour les comptes des régisseurs, 33.600 francs contre-partie de la valeur des coupes de bois[2].

TravauxModifier

  • Auteur de nombreux rapports sur les matières financières et les travaux publics ;
  • Prohibition des Jeux de loterie ;
  • Participation à la rédaction du Code forestier (1825) ;

HommagesModifier

 
Monogramme A et R entrelacées sur l'obverse de la monnaie de 5 Francs 1820. Cette pièce a été créée par la Monnaie de Paris en l'honneur de Antoine comte Roy

BibliographieModifier

  • Jacques Bernot, Le comte Roy (1764-1847) : De la fortune privée au service de l'Etat, Eric Mension-Rigau (Préface), Editions Clément Juglar, 2017
  • Hyde de Neuville - Irréductible adversaire de Napoléon Ier – Jacques Faugeras
  • Sancerre – Un millénaire d’Histoire mouvementée - Jacques Faugeras
  • Sancerre – Deux millénaires d’Histoire - Jacques Faugeras
  • Compte rendu du Comité des Baliveaux - Samedi 22 janvier 2005 en Forêt d’Enghien
  • Notice biographique de Antoine Roy, extrait de l'ouvrage Les ministres des Finances de la Révolution française au Second Empire, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, 2007, 624 p, (ISBN 978-2-11-094807-6).
  • « Antoine Roy (homme politique) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]

Notes et référencesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Institut de la gestion publique et du développement économique (IGPDE)
  2. a et b Adeline Daumard, La bourgeoisie parisienne de 1815 à 1848, Albin Michel, , 677 p. (ISBN 2-226-08557-2), page 175
  3. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier, (lire en ligne), p. 305