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Antoine Lagarde

président de la PEEP

Antoine Lagarde a été président de la PEEP de 1974 à 1980.

BiographieModifier

Il est né le à La Rochelle (Charente-Inférieure)[1].

Après des études secondaires au collège Saint François à Évreux, il fit ses études de médecine à Paris. En 1953, il se maria (il a eu 5 enfants[1]) et s’installa dans un quartier populaire du Havre-Nord, où il exerça jusqu’en 1990. Au cours de ces années, de 1958 à 1979, il fut administrateur au Centre hospitalier du Havre.

Au contact des familles, dans ce quartier du Haut-Graville comportant du pavillonnaire et les HLM du baby-boom des années 1960, il fut sensibilisé aux difficultés des jeunes et très proche des familles souvent modestes et nombreuses qui peuplaient ce quartier du Havre et dont il devint, dans son métier de médecin, le confident. Il fut président d'une association locale en 1968, responsable de l'union locale du Havre deux ans plus tard, puis de l'union régionale de Rouen en 1972[1].

L’enseignement lui paraissait inadapté, tant dans ses rythmes que dans ses contenus. Il milita au sein de l’Association de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public, la PEEP, dont il devint le président national de 1974 à 1980[2], où il succèda à Pierre Armand[3]. Ce fut l’occasion d’une première publication sur les rythmes scolaires[4]. En 1977, il accusa un syndicat d'enseignant, le Syndicat national des instituteurs, de manipuler les élections des représentants des parents d'élèves au profit d'une fédération de parents d'élèves concurrente, la FCPE. Cette affirmation, démentie par l'organisation mise en cause, lui vaudra des réticences durables d'une partie du corps enseignant[1]. Il a également soutenu, au moins dans un premier temps, une réforme de l'éducation nationale conduite par René Haby, une position approuvée lors du congrès de la PEEP en 1975. Cette loi Haby introduisait un « collège unique »[1],[5].

Nommé en 1979 au Conseil économique et social[6], il présenta un rapport sur la Réconciliation de l’école et du travail manuel en 1980. Il fut remplacé par Jean-Marie Schleret à la présidence de la PEEP en , conformément à une décision du comité fédéral de cette organisation en [1],[7].

Ses convictions le conduisirent à l’action politique. Dans les années 1980, il fonda au Havre l'ANIM, Action Nouvelle d'Initiative Municipale. La Ville du Havre est alors détenue, depuis 1965, par le Parti Communiste Français. Antoine Lagarde s'opposa aux dogmatismes du PCF et du RPR qui s'enlisaient dans une lutte idéologique et condamnaient la Ville du Havre à l'immobilisme. Héritier du personnalisme chrétien, Antoine Lagarde et Annick Faury (Centre des Démocrates Sociaux) firent émerger durablement un courant centriste qui amènera en 1995, lors de la défaite historique du PCF face à Antoine Rufenacht (RPR), la construction d'une majorité nouvelle, ouverte au centre et à la société civile. Il a ainsi contribué à la sortie du «glacis communiste» et de l'impuissance d'une droite qui opposait la ville bourgeoise à la ville ouvrière.

Il fut élu conseiller général en 1982 et en 1988, ainsi que conseiller municipal du Havre en 1983[1].

Antoine Lagarde est mort le , à la suite d’un cancer[1].

HommagesModifier

Des distinctions lui ont été décernées au cours de sa vie : Officier de la Légion d’Honneur, Officier de l’Ordre national du Mérite, Chevalier des palmes Académiques et du Mérite Agricole, médaille d'or de la jeunesse et des sports.

Après sa mort, la ville du Havre donna son nom à une esplanade située au pied de la rue Cochet[8], et la commune de Sainte-Adresse rendit hommage à son action en faveur des jeunes en nommant ses écoles maternelle et primaire : Groupe Scolaire Antoine-Lagarde.

SourcesModifier

RéférencesModifier

  1. a b c d e f g et h « Décès d'Antoine Lagarde, ancien porte-parole des parents d'élèves », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. Edwy Plenel, « Trois candidats se présentent à la succession de M. Lagarde à la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public. Amertume et morosité », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Patricia Legris, Le collège unique: Éclairages socio-historiques sur la loi du 11 juillet 1975, p. 75, Éd. Presses universitaires de Rennes, 2018 (ISBN 2753555516)
  4. Le Point, n°398, année 1980, p. 7, Parents d'élèves, de nouveaux pions.
  5. B. L. G., « M. Antoine Lagarde recueille une large approbation. M. René Haby : un certain consensus s'est dégagé pour la modernisation du système éducatif{ », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. Liste des conseillers économiques et sociaux, p.38, Éd.Le Conseil, 1983
  7. Edwy Plenel, « M. Jean-Marie Schleret remplace M. Antoine Lagarde à la tête de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. « Le Havre : l'esplanade Docteur-Antoine-Lagarde », Paris-Normandie,‎ (lire en ligne)