Antiphonale monasticum

L'Antiphonale monasticum est un antiphonaire en grégorien, publié par l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes ainsi que réservé aux offices auprès des monastères. Dans la longue histoire de la restauration du chant grégorien, il s'agit de la première édition critique de celui-ci. La publication ne fut pas encore complétée, en attendant que soit sorti son dernier volume (tome IV).

Il s'agit des livres de chant en cinq volumes et qui contient les antiennes, répons-brefs, versets, psaumes[eg 1].

Pour les monastères de son ordre, ces livres officiels[eg 1] furent initialement publiés au titre complet de la Liturgia horarum in cantu Gregoriano ad usum ordinis sancti benedicti Liber antiphonarius pro diurnis horis cura scriptorii paleographici Solesmensis præparatus[1].

HistoireModifier

La deuxième moitié du XXe siècle connut de nombreux progrès, afin d'éditer de nouveaux livres de chant en grégorien : réforme de la liturgie à la suite du concile Vatican II ainsi qu'établissement de la nouvelle science sémiologie. En respectant ces évolutions, l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes exécuta une nouvelle rédaction de l'antiphonaire entre 1975 et 1996, sous la direction de Dom Jean Claire. L'approbation de ce livre de chant Antiphonale romanum était cependant toujours repoussée[eg 2].

D'ailleurs, il fallait un nouveau antiphonaire monastique qui est capable de satisfaire la tradition bénédictine ainsi que les exigences de la réforme liturgique de Vatican II. Après le concile et notamment à la suite de la publication du Thesaurus Liturgiæ Horarum monastiæ[2] par la Confédération bénédictine en 1976, les études sur la tradition de l'ordre furent considérablement approfondies, en redécouvrant leurs formes essentielles[eg 3]. En conséquence, un nouveau projet obtint la priorité et se lança en , auprès de l'Atelier de la paléographie musicale de l'abbaye[eg 2].

L'équipe bénéficiait de nombreux collaborateurs tel Dom Robert Le Gall, spécialiste de la liturgie. Par conséquent, d'abord la version bénédictine de l'Ordo cantus Officii[3] fut approuvée par l'abbé-primat en 2001 pour les offices de jour, ainsi qu'en 2002 pour les vigiles[eg 2].

Finalement, à la suite de l'approbation par la Congrégation du Culte divin du , la publication fut préparée, et le premier tome parut en 2005[eg 2].

CaractéristiqueModifier

Édition critiqueModifier

Il s'agit non seulement d'une édition préparée scientifiquement selon la tradition de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes mais aussi de la première édition critique du livre de chant en grégorien, qui doit être complétée. Notamment, celle-ci fut achevée en profitant des fruits des études d'après la sémiologie, établie à la deuxième moitié du XXe siècle. Auparavant, les études du chant grégorien avaient été effectuées sous influence des théories de la musique moderne, par exemple, la théorie rythmique de Dom André Mocquereau de Solesmes. Par conséquent, il reste de nombreuses erreurs telles celles d'intervalle et de rythme, dans l' Antiphonale sacrosanctæ romanæ ecclesiæ dit l'Édition Vaticane (1912) et l'Antiphonale monasticum pro diurnis (1934)[cs 1].

Restitution sémiologiqueModifier

 
Graduale Triplex des Éditions de Solesmes sorti en 1979, dans lequel les épisèmes vertical et horizontal ainsi que le point mora restent encore. Ainsi les neumes anciens, en noir et en rouge, et ceux de la notation carrée provoquent-ils parfois des désaccords[eg 4],[cd 1]. Dans le nouvel Antiphonale monasticum, ces fausses graphies n'existent plus.

Il est vrai que la sémiologie grégorienne bouleversa l'histoire de la restauration du chant grégorien. En effet, Dom Eugène Cardine de Solesmes, professeur de l'Institut pontifical de musique sacrée, s'aperçut que les neumes anciens, avant l'invention de la notation en ligne par Guido d'Arezzo, contient une immense diversité, afin de préciser les expression et articulation du chant. En bref, selon lui, il s'agit des enregistrements écrits[cd 2]. Ces précieux renseignements avaient cependant été perdus, à la suite de l'usage de la notation au carré. De plus, à mesure que les études étaient approfondies, il était de plus en plus évident que les éditions précédentes au XXe siècle ne respectent pas la nature du chant grégorien. Il faut désormais restituer les mélodies du chant, d'après ces neumes anciens, même s'il reste la difficulté des intervalles. Et l'abbaye réussit.

Parmi les modifications selon cette rédaction, l'une des améliorations les plus importantes était paradoxalement la suppression de quelques signes dans les éditions anciennes. Il s'agit des épisèmes vertical ( | )[eg 4] et horizontal ( — )[cd 3] ainsi que le point mora ( • )[eg 4]. Ces graphies sont non seulement inutiles mais également parfois des contradictions des expressions indiquées des neumes anciens[eg 5]. Certes, l'épisème horizontal se trouve dans un certain nombre des manuscrits y compris l' Antiphonaire de Hartker[cd 1]. Cependant, sa fonction est destinée à une nuance d'expression, ou agogique, et proche de celle des lettres significatives telles la t, la c. Donc, finalement renoncé[eg 6]. Cette décision est suivie de deux autres éditions critiques, l'Antiphonale romanum de Solesmes (2009) et le Graduale novum du Vatican (2011).

Dans cet antiphonaire, les pièces les plus ornées s'accompagnent, comme le graduale Triplex, des neumes médiévaux au lieu des signes rythmiques modernes, afin de soutenir l'interprétation des chefs de chœur[eg 7].

En fait, l'étude sémiologique avait retrouvé ceux qui étaient perdus dans les éditions précédentes. D'après les neumes les plus anciens, la composition du chant grégorien avait profondément été exécutée selon le contexte théologique et sa mélodie respecte parfaitement le sens du texte, paroles de Dieu, mot à mot :

« Il faut reconnaître cependant qu'un musicien moderne ira d'institinct chercher les meilleurs chefs-d'œuvre, et il les rencontrera certainement dans les mélodies originales. Dans ces mélodies il ne trouvera plus seulement des toiles de fond, d'un dessin parfait et de couleurs volontairement neutres, devant lesquelles peuvent être évoqués les sentiments les plus variés, mais un décor pleintment adapté au sens des paroles qu'il s'agit de mettre en valeur. »

— Dom Eugène Cardine, Vue d'ensemble sur le chant grégorien, p. 8 (2002)[4]

À la base du manuscrit le plus correctModifier

 
Antiphonaire de Hartker, no 391 (2e tome), p. 33 et p. 37 (notation partielle) [lire en ligne].

Alors que la méthode scientifique traditionnelle depuis le XIXe siècle était la comparaison de nombreux manuscrits[sf 1], donc en général l'adoption de la majorité, la rédaction de cet antiphonaire connut un changement de discipline. Elle fut exécutée à la base de l'Antiphonaire de Hartker no 390 et no 391, initialement parachevé en tant qu'un seul volume entre 990 et 1000 [lire en ligne]. Il s'agit du manuscrit de l'antiphonaire en grégorien le plus ancien, mais le plus sûr et le plus correct. De sorte que toutes les antiennes dans cet antiphonaire furent intensivement réétudiées[sf 1], en comparaison des éditions précédentes ainsi que des tableaux de manuscrits pour la préparation de celles-ci.

« À quelques rares incertitudes près, la comparaison avec plusieurs autres manuscrits a permis d'établir la mélodie consignée par les neumes de ce manuscrit, reconnu par l'ensemble de la critique pour sa richesse en compositions, sa cohérence dans le vocabulaire grégorien, sa régularité et sa précision dans l'édition[eg 8]. »

— Dom Daniel Saulnier, Un nouvel antiphonaire monastique (2005)

L'objectif est évident : restaurer exactement ceux que les moines de l'abbaye de Saint-Gall chantaient vers 1000, la meilleure version à l'époque, et non une synthèse, jamais chantée[sg 1].

Au regard des chants associés aux textes qui n'existaient pas encore à l'an Mil, l'atelier de la Paléographie musicale de Solesmes effectua ses rédactions et remplacement des mélodies, proprement selon la grammaire musicale de l'Antiphonaire de Hartker[eg 9]. Aussi une cohérence mélodique est-elle effectivement réalisée dans l'Antiphonale monasticum. À savoir, les moines de Solesmes effectuèrent leur rédaction mille ans plus tard, à la place des notateurs de Saint-Gall[sg 2],[eg 10].

Toutefois, étant donné qu'il s'agit des livres de chant pour l'usage, et non de ceux des études, il fallut un certain nombre de modifications d'intonation, mais restant moins de 1 %, à l'exception des chants originaires de Saint-Gall. En effet, avant la publication, l'atelier avait reçu quelques conseils des maîtres de chœur et des chantres expérimentés auprès des monastères bénédictins, sans que cette intonation ne cause des difficultés pour une oreille contemporaine[eg 8],[eg 11].

D'autres améliorationsModifier

  • précision du ton si (bémol et bécarre)[eg 12]
  • régularisation du ton irrégulier[eg 13]
  • choix éditoriaux d'autres signes neumatiques[eg 4]
  • introduction de près de 1 000 antiennes nouvelles, mais rénovées de la restitution des mélodies[eg 14] ; possibilité de l'adoption partielle et progressive de ces antiennes jusqu'à ce que la communauté puisse apprendre toutes les mélodies[eg 15] ; donc, finalement promotion du répertoire grétorien traditionnel de l'office[eg 3]
  • remplacement des répons tardifs ou néo-grégoriens tels ceux de Trinité, de Fête-Dieu, par les mélodies médiévales de qualité[eg 16],[5]
  • addition d'une mélodie archaïque redécouverte et restaurée pour les versets des temps de solennité, ceux de l'octave de Pâques et des solennités du Temps pascal, ainsi qu'exclusion des mélodies tardives[eg 16],[5]
  • disposition nouvelle pour la célébration des fêtes, aisément chantée[eg 17]
  • rétablissement de la riche collection de mélodies composées au Moyen Âge pour la conclusion des offices[eg 18]
  • adaptation à la nouvelle liturgie des Heures (voir ci-dessous)

Édition informatiqueModifier

En 2005, la diffusion d'une édition informatique était prévue, avec les antiennes et les répons-brefs téléchargeable en ligne[eg 1]. Puis, lorsque le tome III fut sorti en 2007, l'atelier de la Paléographie musicale de Solesmes annonça qu'était disponible l'édition informatique des tomes I et II sur CD-ROM[1]. Cependant, il est possible que ce projet ait été abandonné[6].

Adaptation à la nouvelle liturgie des HeuresModifier

À la suite du concile Vatican II, la liturgie des Heures au sein des monastères fut, pour la première fois, considélablement modifiée, en simplifiant la longue tradition essentiellement à la base de la règle de saint Benoît, fixée vers 530[eg 19]. En 1971, la Congrégation pour le culte divin sortit la Présentation générale de la liturgie des Heures[7]. La rédaction du nouvel antiphonaire de Solesmes fut effectuée, naturellement en respectant cette réforme. En conséquence, moins de versets et de répons se trouvent dans la nouvelle version que l'anciens livres de chant.

En dépit de cette modification considérable, les compilateurs de la Liturgia Horarum connaissaient effectivement la tradition médiévale, en consultant surtout le Corpus Antiphonalium Officii tome III (1968)[8] de Dom René-Jean Hesbert de Solesmes, édition critique des manuscrits. Aussi l'adaptation à celle-ci ne provoqua-t-elle guère de conflit avec la rédaction sémiologique ainsi que l'édition critique[eg 20].

D'ailleurs, l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes avait pareillement préparé d'autres notations du chant grégorien, en soutenant la publication des Heures Grégoriennes, sorties par la communauté Saint-Martin en 2008[9].

En réalité, les Heures grégoriennes étaient conçues pour rétablir l'usage du chant grégorien, en faveur des communautés qui adoptèrent la nouvelle liturgie. Donc, les textes bilingues latin-français, à savoir la Liturgia Horarum du Vatican (révision 2000) et sa traduction par l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones (1980), sont suivis de la notation grégorienne[10]. L'Antiphonale monasticum, quant à lui, fut sorti, afin de remplacer les deux anitiphonaires précédents (1912 et 1934) qui n'ont plus leur hauteur et ne sont pas capables de satisfaire l'usage actuel auprès des monastères, en raison de notre connaissance si approfondie au regard de ce chant[eg 10].

AppendicesModifier

Ancienne édition de l'Antiphonale monasticum (1934)Modifier

Il ne faut pas confondre cet antiphonaire et l'ancien Antiphonale monasticum pro diurnis préparé également par l'abbaye de Solesmes et publié chez Desclée en 1934.

Si sa fonction fut définitivement terminée, une réimpression est disponible en faveur des études :

Première édition critique sans usageModifier

Certes, le premier tome du nouvel antiphonaire ne fut soirti qu'en 2005. Toutefois, l'idée de l'édition critique dans l'histoire de la restauration du chant grégorien n'est pas nouvelle. En outre, il existe une édition critique plus ancienne mais sans usage.

En 1938, Yvonne Rokseth (1890 - † 1948) dénonça à Dom Joseph Gajard de Solesmes que la restitution des livres de chant de l'abbaye était digne de toute confiance. Nonobstant, elle lui déclara en tant que musicologue que fût souhaitable la publication des preuves, à savoir une critique des sources. Celle-ci était le professeur titulaire de la chaire de musicologie à l'université de Strasbourg[em 1].

Le premier projet de l'édition critique du chant grégorien fut lancé par Mgr Higino Anglès (1888 - † 1969) en 1948. Aussitôt nommé en 1947 président de l'Institut pontifical de musique sacrée à Rome, ce musicologue espagnol visita l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes l'année suivante. La rédaction du nouvel graduel était confiée à cinq moines auprès de l'atelier de la Paléographie musicale[em 2]. Le projet fut présenté au congrès de musique sacrée tenu à Rome en 1950[em 3] et les trois premiers tomes de ce Graduel romain, Édition critique par les moines de Solesmes furent imprimés aux frais de l'abbaye entre 1957 et 1962. Néanmoins, le concile Vatican II rompit brutalement ce projet. Ces volumes furent, sans usage, accueillis à la Libreria editrice Vaticana et il semble qu'ils soient conservés dans un dépôt méconnus[em 4]. Malgré tous cela, Dom Jacques Froger, l'un des membres de l'édition depuis 1948 et spécialiste de l'édition critique, continua la rédaction jusqu'à son décès en 1980. Lors de sa mort, le texte critique du graduel était quasiment parachevé par lui[em 5].

PublicationModifier

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

Références bibliographiquesModifier

  • Études grégoriennes, tome XXXIII, p. 153 - 221, Daniel Saulnier, Un nouvel antiphonaire monastique, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 2005 [lire en ligne] (texte intégral) (ISBN 978-2-85274-283-3)
  1. a b et c p.  154
  2. a b c et d p.  153
  3. a et b p.  155
  4. a b c et d p.  175 : « Le point mora et l'épisème vertical ne correspondent à aucune donnée traditionnelle du chant grégorien. Ils n'apparaissent dans aucun manuscrit médiéval et n'ont été introduits dans les éditions de Solesmes que pour promouvoir une théorie rythmique du chant grégorien (celle du Nombre musical grégorien), dont le caractère obsolète a été depuis longtemps démontré. Bien plus, ils se sont révélés en contradiction avec les principes élémentaires de lecture des neumes médiévaux. »
  5. p. 175 - 177
  6. p. 176 : « Ce n'est pas un signe rythmique, un signe qui informerait le chanteur sur le rythme élémentaire. Il précise seulement — et encore de façon très ambiguë pour un chanteur du XXe siècle — une nuance infime du rythme, ce que les musiciens appellent aujourd'hui l'agogique. La plupart des chœurs amateurs sont dans l'incapacité de produire des nuances aussi subtiles, réservées à des solistes exercés ; et l'interprétation exagérée qu'ils en donnent les amène finalement à une déformation du rythme fondamental de pièces grégoriennes aussi simples que les antiennes, basé sur la déclamation du texte et la marche de la mélodie.»
  7. p. 177
  8. a et b p.  170
  9. p.  164
  10. a et b p.  169
  11. p. 176 : « Nombre de pièces ont été expérimentées auprès de diverses communautés et chorales, et au cours de seessions réunissant des maîtres et maîtresses de chœur de monastères. Cette démarche a permis de maintenir un contact constant entre les exigences de la pratique, les requêtes de la critique musicologique et celles de la pastorale liturgique. »
  12. p.  171
  13. p.  173
  14. p.  178
  15. p. 178 - 179
  16. a et b p.  168
  17. p.  162
  18. a b et c p.  157
  19. p. 162 : « À l'époque où saint Benoît rédigeait le code liturgique de sa Règle, les circonstances étaient bien différentes : le nombre des célébrations festives était notablement moindre qu'aujourd'hui. Mais en outre, la messe n'était pas célébrée tous les jours et ne possédait pas des riches pièces du répertoire de la schola. Le pensum servitutis était notablement moindre. »
  20. p.  163
  21. p.  187 - 188
  1. p.  295
  2. p.  296 - 297
  3. p.  299
  4. p.  294
  5. p.  304
  • Daniel Sauliner, Session de chant grégorien II (2004) [lire en ligne]
  1. a et b p.  40
  • Daniel Saulnier, Session de chant grégorien III (2005) [lire en ligne]
  1. p.  50 - 51
  2. p.  39 : « Pour le 32e dimanche TO B., cf. Antiphonale monasticum p. 365, « Cavete a scribis » et « Vidua illa pauper. » Cet Évangile n'a jamais été utilisé dans la Liturgie avant Vatican II, comme beaucoup d'autres Évangiles. On n'a aucun texte dans la tradition. Dans un cas comme cela, on a été obligé, si on veut continuer à chanter du grégorien, de mettre des antiennes composées en utilisant les formules les plus courantes du répertoire (cela ne veut pas dire qu'elles soient inexpressives). »
  • Eugène Cardine, Sémiologique grégorienne, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1978 (ISBN 2-85274-020-6) 158 p.
  1. p.  93 ; ainsi, « Dans les deux premiers cas — et dans tous les cas semblables —, la [Édition] Vaticane a fait erreur en situant le pes léger sur MI-FA. Bien prouve que ce pes représente un ton entier RE-MI. On ne trouve MI-FA, avec virga strata, que lorsque ce groupe est précédé d'une ou deux notes. Chaque fois donc que la première syllabe est accentuée, on devrait avoir : (exemples de notation) ... » (chapitre du virga strata)
  1. a et b p.  151 : « L'épisème horizontal. D'abord, il faut savoir que l'épisème horizontal n'apparaît que dans deux ou trois manuscrits médiévaux de l'office sur quelques centaines de documents. Ensuite, l'épisème horizontal peut signifier deux choses : I. ou bien ils représentent l'épisème tel qu'il est indiqué dans les manuscrits anciens, alors ils sont signes d'expression, signes agogiques (une nuance infime du rythme), signes d'élan, de mouvement. II. ou bien ils indiquent une ponctuation, alors on les trouve avant la grande barre ou la demi-barre, un quart de barre ou pour marquer une sous-incise. Rien de tout cela, en fait, n'ajoute grand-chose à ce qui est déjà exprimé par le texte, ses divisions logiques, ses ponctuations, et par les courbes mélodiques (« Lorsque les barres sont judicieusement placées, et que le style est syllabique ou très peu orné, ce genre de signes rythmiques est explétif : aucun besoin d'une édition " avec signes rythmiques " du Graduale simplex ou de l' Ordo missæ in cantu » (Jean Claire, Études grégoriennes, tome XIX, p. 17). [D'ailleurs] L'épisème horizontal se trouve effectivement dans les manuscrits et spécialement dans le manuscrit de Hartker, dont s'est servi Dom Gajard pour éditer l'Antiphonaire de 1934. Cependant, dans les manuscrits, il n'y a pas que les épisèmes qui indiquent les changements de nuances rythmiques, il y a aussi les lettres significatives que nous avons étudiées, mais Dom Mocquereau ne semble pas avoir tenu comte de ces nuances. ...»
  2. p.  297
  3. p.  236 : « Les épisèmes horizontaux ne sont pas à proprement parler des signes de longueur, mais des signes d'expression, laquelle se traduit évidemment par un léger élargissement... sans qu'ils cessent pour autant d'être avant tout expressifs, c'est-à-dire ordonnés à traduire la variété infinie des sentiments qui se pressent dans le cœur de l'homme ... La longueur n'est pas un but, mais un moyen. » ; l'explication en détail se trouve dans ce livre (p. 236 - 238).

RéférencesModifier

  1. a et b http://palmus.free.fr/antiphonaire.html
  2. http://fr.scribd.com/doc/45079064/thesaurus-liturgiae-horarum-monasticae
  3. http://media.musicasacra.com/pdf/LOTH-schema.pdf Version vaticane (1983)
  4. Abbaye Saint-Pierre de Solesmes ; initialement publié dans les Études grégoriennes, tome XVI, 1977
  5. a et b Il existe un certain nombre de mélodies tardives dans le répertoire du chant grégorien. Ainsi, l'une des deux mélodies de l'hymne Te decet laus de saint Benoît de Nursie est le chant grégorien authentique [1]. Toutefois, l'autre fut composée par les Mauristes (Congrégation de Saint-Maur) au XVIIe siècle [2]. Le nouvel Antiphonale monasticum élimina strictement celles de ce type.
  6. Il n'y a aucun autre document au regard de ce sujet. Les monastères ont en effet besoin non seulement de la notation mais aussi des livres de chant durables pour leurs offices.
  7. http://www.croire.com/Definitions/Vie-chretienne/Liturgie/Prier-la-liturgie-des-Heures
  8. http://bibliotheque.irht.cnrs.fr/opac/index.php?lvl=section_see&id=26&location=14&page=146
  9. [PDF]http://www.gregorian.ca/publicus/Antiphonale%20Romanum%20II-Final%20MG.pdf
  10. http://www.heures-gregoriennes.com/index.php?option=com_content&view=article&id=3&Itemid=102&lang=fr
  11. Il s'agit de la version présentée dans les Études grégoriennes en 2005, avant que le tome II de l'antiphonaire ne soit publié en 2006. Donc, il est possible que quelques modifications aient été effectuées dans la publication actuelle.
  12. p. 545 - 559 ; Société de Saint-Jean-l'Évangéliste, Desclée, Paris - Tournai - Rome, réimpression 2003 par les Éditions Sainte-Madeline (ISBN 2-906972-10-X)