Anne de Rohan-Guéméné

princesse de Guéméné

Anne de Rohan ([Note 1], château de Mortiercrolles à Saint-Quentin-les-Anges[Note 2] - ), princesse de Guéméné, est la fille de Pierre de Rohan et de Madeleine de Rieux[1].

Anne de Rohan-Guéméné
Portrait d'Anne de Rohan princesse de Guéméné daté 1633.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Père
Conjoint
Enfants
Louis de Rohan
Charles II, duc de Montbazon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

Elle n'avait que cinq mois quand sa mère en mourant, la destina à son cousin germain, fils d'Hercule de Rohan, Louis de Rohan, comte de Rochefort puis duc de Montbazon — dit « Monsieur de Guéméné » [1]. Elle lui fut fiancée à douze ans, en 1617 puis l'épousa au début de 1619 et en aura deux fils :

  • Charles, né en juillet 1633, duc de Montbazon, mort fou en Belgique en 1699 ;
  • Louis, dit le chevalier de Rohan, né en 1635 et qui sera élevé avec Louis XIV [1],[2].

Elle entre plus tard à la cour du roi Louis XIII, ou, en compagnie de sa cousine et belle-sœur la duchesse de Chevreuse, elle mène une vie de galanterie et d'intrigues. Anne passa sa jeunesse dans des liaisons et des aventures galantes et, poussant ses soupirants à un héroïsme déraisonnable, leur porta malheur à tous : François de Montmorency-Bouteville et François-Auguste de Thou, ayant tous deux eu cet honneur, moururent sur l'échafaud, respectivement pour duel (à nouveau interdit sous peine de mort par Louis XIII de France, sur proposition du cardinal de Richelieu) et pour avoir participé à la conspiration de Cinq-Mars ; le comte de Soissons, prince du sang, se tua accidentellement lors d'une bataille contre une armée envoyée par le roi contre lequel il avait comploté à maintes reprises.

La princesse vieillissante voulut se convertir. En 1640, séduite par l'austérité du jansénisme, elle rejoint l'abbaye de Port-Royal. L'abbé de Saint-Cyran écrivit pour elle un Règlement de Vie, et Antoine Arnauld le livre de la Fréquente Communion. Mais la Fronde rejeta la néophyte dans les intrigues[Note 3].

Veuve en 1667, elle hérite à part entière de Sainte-Maure, de La Haye et de Nouâtre.

En 1674, Louis, son fils puîné, est mêlé de très près à un complot qui vise rien de moins que l'instauration d'une République et la livraison aux Hollandais du port de Quillebeuf. Malgré les souvenirs d'enfance qui les lient, Louis XIV le fait condamner à mort et il est décapité à Paris le [2],[1].

Anne, par un nouveau testament daté du , « veillant à la conservation de l'état d'une aussi grande maison », ne laisse au dissipateur Charles qu'une rente insaisissable de 6 000 livres et légua la propriété de tous ses biens à ses petits-enfants[1].

La princesse de Rohan se retire alors du monde et survit au manoir de la Cense, près de Rochefort (en Yvelines) où elle meurt le [Note 4],[2],[1].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Et non en 1601 comme l'affirme le baron de Wismes d'après le testament de la mère, du 22 septembre 1606.
  2. L'acte de baptême de cette femme célèbre a été recopié en 1622 d'après un viel papier par le curé de Saint-Quentin. Il porte :

    « Du jeudy vingtième jour d'apvril 1606 fut née au monde haute et puissante dame Anne de Rohan, fille unique de très hault et très piuissant Monseigneur le prince de Guémené, et de très haute et puissante dame Magdelaine de Rieux, son espouze. Fut parrain ung très pauvre petit enfant nommé Georges Giouyer et fut marraine une pauvre jeune fille nommée Mathurine Changé, tous deux enfants de la paroisse de Saint-Quentin. Baptistaire fut faict en l'église des Anges par vénérable et discret maistre Pierre Le Metaier pour lors curé de Saint-Quentin, le mardy vingt cinquième jour de mars (sic pour avril), feste de Monsieur Saint Marc. »

  3. « La bonne semence qui avoit été jetée dans son cœur, écrivent ses maîtres du Port-Royal, parut y être entièrement étouffée. Il semble néanmoins, ajoutent-ils, que dans la suite Dieu lui ait voulu donner quelque marque de sa miséricorde, n'aiant point voulu qu'elle trouvât dans le monde tout ce qui pouvoit lui plaire. »
  4. Elle demandait à reposer dans le tombeau qu'elle avait fait construire en la chapelle de l'église des Feuillants de la rue Saint-Honoré.

RéférencesModifier

  1. a b c d e et f Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, « Rohan (de) (Anne) », dans Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, t. III, Laval, Goupil, 1909-1910 (lire en ligne [PDF]).
  2. a b et c E. Montrot, « Les seigneurs de Sainte-Maure (suite) », Bulletin des Amis du Vieux Chinon, Société d'histoire de Chinon, Vienne & Loire, t. 5, no 7,‎ , p. 289 à 292 (lire en ligne, consulté le 15 août 2018).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier