Anne-Marie Casteret

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Anne-Marie Casteret
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Biographie
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Anne-Marie Casteret, née en 1948 et décédée le à Saint-Nazaire, des suites d'une maladie de Hodgkin[1], était une journaliste français, médecin de formation.

Ses articles ont révélé l'affaire du sang contaminé[2].

Journaliste après des études de médecineModifier

Après des études de médecine, elle s'oriente vers le journalisme, et débute au Quotidien du médecin en 1979, puis passe au Matin de Paris. « Formidable investigatrice, qui vérifiait tout, ré-enquêtait sur tout », déclare à l'Agence France-Presse Denis Jeambar, directeur de la rédaction à L'Express, où elle a été grand reporter de 1996 à sa mort.

Parmi les sujets qu'elle a abordés pendant sa carrière, Anne-Marie Casteret a notamment enquêté sur l'explosion de l'usine AZF en 2001 à Toulouse.

Longtemps seule à dénoncer le scandale du sang contaminéModifier

Le , Anne-Marie Casteret publie dans L'Express un article, «La tragédie des hémophiles», qui révèle qu'en France des produits sanguins non chauffés, et de ce fait contaminés par le sida, ont été laissés sur le marché et utilisés par les services de transfusion sanguine, en particulier pour des hémophiles, jusqu'en .

Début 1991, elle publie plusieurs articles dans L'Événement du jeudi sur ce qui va devenir « l'affaire du sang contaminé ». Aucun de ses six premiers articles ne fait la Une de l'hebdomadaire, soulignera plus tard le journaliste Mark Hunter dans Médias Pouvoirs: l'affaire n'est pas considérée comme importante par sa hiérarchie, ni par ses confrères qui pendant plusieurs semaines ne reprennent pas le sujet.

Progressivement cependant, ses révélations sont reprises dans d'autres journaux. Le , Anne-Marie Casteret publie une note du Centre national de transfusion sanguine (CNTS), datée du . Cette note montre que le directeur général du CNTS, le docteur Michel Garretta, a laissé écouler des lots de sang, alors qu'il les savait contaminés.

En 1992, Anne-Marie Casteret a publié L'Affaire du sang. Dans ce livre, elle réfutait l'argument selon lequel en 1985 on ignorait que le chauffage du sang rendait inactif le virus: dès 1983 des chercheurs avaient émis cette hypothèse.

Hommages à une journaliste atypiqueModifier

Après sa disparition à l'âge de 57 ans, son confrère Éric Mettout écrit sur le site de L'Express[réf. nécessaire] que « elle a révélé dès le début des années 1990 les malversations, les hésitations ou les erreurs des autorités sanitaires, déclenchant l'un des plus retentissants scandales de la Ve République, l'affaire du sang contaminé. Débutante, elle s'était à l'époque attiré cette remontrance de quelque haut fonctionnaire: "Taisez-vous les journalistes, laissez les professionnels travailler!". ».

Dans Le Nouvel Observateur, Guillaume Malaurie salue Anne-Marie Casteret en écrivant[réf. nécessaire] : « l’affaire, dite du sang, n’aurait sans toi jamais été élucidée comme il se devait…Et pourtant, alors, la plupart des notables mandarinaux, ceux de la médecine, de l’État, de la Justice, de la presse et de la télévision (à l’exception notable notamment de Libération et du Nouvel Observateur) ont préféré faire corps. » Il salue Anne-Marie Casteret en affirmant que « les patients et tous autant que nous sommes, te doivent d’avoir installé enfin le principe de précaution qui nous protège, un peu, de docteurs et autres technocrates Folamour de l’univers de la santé ».

Anne-Marie Casteret a également dénoncé l'enquête et les conclusions officielles concernant l'explosion de l'usine AZF de Toulouse. Dans son introduction pour l'article de L’Express, elle écrit : « L'explosion a été revendiquée par plusieurs groupes; le rapport des RG n'a pas été exploité; deux expertises médicales ont disparu; il y aurait eu deux cadavres de trop sur le cratère; l'emploi du temps du manutentionnaire Hassan J. n'a pas été vérifié; son ami Samir A. avait un curieux profil; et, enfin, 21 kilos de chrome 6 s'étaient mystérieusement volatilisés. Ça fait beaucoup. »[3]

ŒuvresModifier

Notes et référencesModifier

  1. Anne-Marie Casteret, une plume obstinée, Éric Favereau, Libération du 23 mai 2006
  2. La presse, rarement à la traîne, Armelle Thoraval, Libération du  : « Témoins des « incertitudes » de leur temps sur le sida, les journaux ont activement suivi l'affaire du sang contaminé. Grâce au travail d'Anne-Marie Casteret. »
    Du drame au scandale, les leçons d'une “affaire”, Elisabeth Fleury, L'Humanité du 6 février 1999
  3. "Sept raisons de ne plus croire à un accident", Anne-Marie Casteret, lexpress.fr, publié le 16 janvier 2003

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier