Anna Judic

actrice française
Anna Judic
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Anna Judic aux Bouffes-Parisiens en 1875.
Nom de naissance Anne-Marie-Louise Damien
Naissance
Semur-en-Auxois
Décès (à 61 ans)
Golfe-Juan
Activité principale Chanteuse-comédienne
Soprano
Style Opérette, Café-concert
Années d'activité 1866-1900
Collaborations Jacques Offenbach
Hervé
Conjoint Albert Millaud

Répertoire

Anna Judic, de son vrai nom Anne-Marie-Louise Damien, est une comédienne française née le à Semur-en-Auxois (Côte-d'Or)[1] et morte le à Golfe-Juan (Alpes-Maritimes).

BiographieModifier

Fille de François Damien, marchand, et de Marie-Pierrette Renard, nièce du directeur du Gymnase, Montigny, Anne Damien entre en 1865 au Conservatoire de Paris dans la classe de François-Joseph Regnier, qu'elle quitte l'année suivante pour débuter au Gymnase dans Les Grandes Demoiselles, comédie en un acte d'Edmond Gondinet. Mais c'est à l'Eldorado qu'elle se fait véritablement remarquer dans un répertoire de chansons « légères » où son apparente candeur fait passer les sous-entendus les plus grivois[2]. Elle a entre-temps adopté le nom de son mari, le chanteur lyrique Judic[a], épousé alors qu'elle n'avait pas dix-sept ans. Aux dires de ses contemporains[réf. nécessaire], elle avait une voix frêle mais un timbre ravissant.

Après la Guerre et un passage à la Gaîté où elle crée Le Roi Carotte, opéra-féerie de Jacques Offenbach et Victorien Sardou, elle entre aux Bouffes-Parisiens où elle connaît ses premiers succès de comédienne dans les opérettes de Léon Vasseur (La Timbale d'argent) et d'Offenbach (Madame l'archiduc, La Créole, Bagatelle, etc.).

Elle rencontre en l'un des librettistes de La Quenouille de verre, Albert Millaud, qu'elle préfère à son mari. Enceinte, elle doit s'arrêter en janvier 1875 puis part ensuite en tournée à Saint-Pétersbourg. À son retour, elle reprend La Créole aux Bouffes mais ne rencontre pas le même succès.

Elle passe en 1876 au théâtre des Variétés, dont elle sera l'étoile durant près de vingt ans. Elle y retrouve Offenbach dont elle crée Le Docteur Ox et reprend les rôles mythiques d'Hortense Schneider : La Belle Hélène, La Grande-duchesse de Gérolstein… Elle étrenne surtout une collaboration prolifique avec Hervé. En 1878, Aimé Perret présente au Salon de Paris son portrait.

 
Portrait de Anna Judic par l'atelier Nadar.

À partir de , elle interprète avec succès les opérettes écrites pour elle par Albert Millaud, La Roussotte (musique de Charles Lecocq, Hervé, etc.), Lili, La Femme à papa et Mam'zelle Nitouche (musiques de Hervé), ainsi que le vaudeville Niniche de Marius Boullard.

Elle commence le à interpréter la comédie-opérette Mam'zelle Nitouche[3], son chef d'œuvre, avec laquelle elle connaît un grand succès. Elle la joue pendant un an et gagne plus d'un million de francs, lui permettant de faire construire le somptueux hôtel Judic.

Après l'échec cuisant de La Cosaque de Hervé en 1884, elle se met à voyager[4], se produit aux théâtre des Menus-Plaisirs, à l'Eldorado et à l'Alcazar d'été, sans retrouver l'immense succès de ses débuts.

Elle se lance dans une seconde carrière de comédienne et joue avec Jean Coquelin, Antoine et Lucien Guitry. Elle retrouve le Gymnase dans des rôles de « mères » (Le Bourgeon, Le Secret de Polichinelle, L'Âge difficile) auxquels elle apporte « une tendresse, une douceur et une bonhomie touchantes ». Elle alterne alors les reprises des pièces lyriques et les pièces de théâtre.

De mai à , elle fait une tournée en Amérique latine où elle remporte un grand succès. En , elle est décorée par le Sultan de Constantinople.

Devenue veuve en 1884, des problèmes financiers l'obligent à vendre son mobilier la même année, puis son hôtel particulier en 1894. Elle se retire alors à Chatou. Elle crée en 1895 L'Âge difficile de Jules Lemaître au Gymnase. Elle est décorée de l'ordre de l'Aigle blanc, en 1896, à Belgrade, par le roi Alexandre Ier de Serbie. Elle vit dans sa Bourgogne natale, après une dernière apparition aux Folies-Bergère en 1900. Elle décide en 1910 de séjourner en villégiature à Golfe-Juan.

ThéâtreModifier

HommagesModifier

Une estampe de Toulouse-Lautrec la représente en 1894 dans sa loge en compagnie du compositeur Désiré Dihau[5].

Selon certaines sources, elle aurait servi de modèle à Émile Zola pour le personnage de Rose Mignon dans Nana[6].

Le lycée de Semur-en-Auxois porte son nom.

Notes et référencesModifier

Notes
  1. Léon-Émile Israël dit Judic (1843-1884) avait épousé Anne Damien en avril 1867.
Références
  1. Acte de naissance n°46 (vue 393/540), registre des naissances de l'année 1849 pour la ville de Semur-en-Auxois sur le site des archives départementales de la Côte-d'Or.
  2. « Capon ! : étude de mœurs », sur Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris (consulté le 17 février 2018)
  3. Mam'zelle Nitouche sur le site de l'ANAO.
  4. (en) « Record of Amusements ; Musical and Dramatic ; Mme. Judic », The New York Times, 2 octobre 1885, p. 5.
  5. Henri de Toulouse-Lautrec, Judic sur artsy.net.
  6. Michel Grimberg, Marie-Thérèse Mourey, Jean-Marie Valentin, Élisabeth Rothmund, Recherches sur le monde germanique, PU Paris-Sorbonne, décembre 2003.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Laurent Fraison, « Anna Judic, comédienne et cantatrice » dans Bruno Centorame (dir.), La Nouvelle Athènes : haut lieu du Romantisme, Paris, Action artistique de la Ville de Paris, 2001, p. 270-273 (ISBN 2-913246-33-8)

Liens externesModifier