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Chronologie des faits économiques et sociaux dans les années 1780

(Redirigé depuis Années 1780. Chronologie des faits économiques et sociaux)

ÉvénementsModifier

  • 1780 : le commerce entre la Chine et l’Occident représente environ 40 navires par an. Ce commerce est déficitaire pour les Européens qui soldent le déficit en or et en argent. Les négociants britanniques, qui achètent du thé et payent en métal-argent introduisent l’opium en Chine pour rétablir leur balance commerciale.
  • 1789 : Saint-Domingue produit 86 000 tonnes de sucre par an. Elle compte 465 000 esclaves.

EuropeModifier

  • Vers 1780, Londres devient la ville la plus dynamique du monde, « le pôle de l'économie monde » (Braudel) jusque vers 1929, remplaçant Amsterdam.
  • 1780 :
    • le pasteur Samuel Tessedik fonde la première école pratique d’agronomie ouverte aux roturiers à Szavas (Transdanubie).
    • il y a 30 loges maçonniques comptant 900 adhérents en Hongrie.
    • augmentation des recettes fiscales en Pologne (20 millions de zlotys par an).
    • à Berne, le nombre de familles disposant du droit de bourgeoisie (corps électoral) est passé de plus de 500 en 1680 à 230, par simple extinction naturelle.
    • suppression de la tutelle de l’État russe sur l’industrie imposée par Pierre le Grand.
    • la Russie est au premier rang mondial des producteurs de fonte et de fer.
    • les serfs de la couronne constituent plus de la moitié des colons sibériens et forment une partie de la main-d’œuvre des usines de l’Oural.
    • école de Commerce en Russie.
  • 1780-1800 : Epoca aurea au Portugal ; rentrées régulières d’or du Brésil, prélevé au « quinto » au profit de la couronne. La balance de commerce avec la Grande-Bretagne devient exceptionnellement favorable aux portugais grâce au coton, à la suite de la Guerre d'indépendance des États-Unis.
  • 1781 : Joseph II d'Autriche fait d'importantes réformes introduisant la tolérance religieuse et abolissant le servage.
  • 1782 :
    • tarif protectionniste en Russie.
    • la Russie devient le premier producteur de fer, de fonte et de cuivre. Le nombre de manufactures est multiplié par 4 (plus de 3000). Augmentation de la production agricole. La Russie exporte du blé pour la première fois.
    • l’exportation du blé hongrois vers Vienne et l’Allemagne est multipliée par cinq depuis 1748, atteignant 100 000 tonnes.
  • 1783 :
    • le budget de l’État au Royaume-Uni est de 16 % du produit national brut.
    • Italie : dans l’Agro Romano, 113 familles possèdent 61 % du sol et 67 ordres religieux 37 %.
  • 1785 - 1800 :
    • le commerce britannique double, passant en valeur de 35 à 70 millions de livres sterling.
    • l’ensemble industriel de Coalbrookdale en Grande-Bretagne produit plus de 13 millions de tonnes de fonte.
    • remembrement au Danemark, qui permet de créer des exploitations capables d’employer avec profit les innovations techniques agricoles. Une politique de prêts et de subventions aux paysans favorise ce développement.
  • 1785 : Catherine II de Russie renforce le pouvoir des villes et de la noblesse. Il y a alors 9 % de nobles , 3 % de bourgeois, 50 % de serfs en Russie. Les effectifs de l’armée russe sont de 500 000 hommes dont 230 000 de troupes régulières.
  • 1787 :
  • 1787-1788-1789 : mauvaises récoltes aux Pays-Bas. La hausse des produits agricoles éponge l’épargne en la dirigeant vers l’achat de produits alimentaires et en restreignant l’achat de produits manufacturés. Les entreprises industrielles ferment leurs portes et mettent leurs ouvriers au chômage, alors que les prix montent.
  • 1788 :
    • les monopoles de vente du seigneur sont abolis dans les états habsbourgeois.
    • rétablissement de la balance des échanges en Espagne. Pour la première fois, plus de marchandises espagnoles sont exportées vers les colonies espagnoles que de marchandises étrangères.
    • la production annuelle de fer en Grande-Bretagne est de 60 000 tonnes.
    • le Portugal compte 460 fabriques.
    • liberté du commerce des grains et du bétail au Danemark.
    • fondation de la brasserie Cardinal à Fribourg, en Suisse.
  • 1789 :
    • La Grande-Bretagne effectue le tiers du tonnage commercial Européen (1,08 million de tonnes pour 3,3 millions de tonnes).
    • La France à la veille de la révolution est au premier rang du commerce européen en valeur avec 45 millions de livres sterling. (35 millions pour la Grande-Bretagne et 13 millions pour les Provinces-Unies).
    • les importations de coton en Grande-Bretagne ont doublé depuis 1700.
    • 70 000 tonnes de café entrent en Europe, importées pour moitié par la France (le reste par les Britanniques, les Hollandais et les Espagnols), qui importe également 100 000 tonnes de sucre sur 250 000 en Europe.


  • Grande-Bretagne : le PNB augmente de 1,8 % par an à partir de 1780. La production de coton augmente de 12,8 % par an en 1780-1790. Le budget de l’État est de 16 % du produit national brut en 1783.
  • Espagne : la production moyenne annuelle d’argent de l’Amérique espagnole est de 800 tonnes entre 1780 et 1800.

FranceModifier

  • 1780 : le trafic bordelais, parti de 12 millions de livres en 1712, atteint 250 millions de livres, soit environ le quart du commerce français.
  • 1780-1781 :
    • très bonnes récoltes céréalières. Baisse des prix du blé[1].
    • vendanges abondantes dans le vignoble du Rhin en 1780 et 1781.
  • 1781 : la flotte française, seconde au monde, dispose de 80 vaisseaux de ligne.
  • 1782, 1783, 1784, 1786, 1787, 1788, 1789 : étés frais. Série de vendanges médiocres et tardives.
  • 1782-1785 : Ignace Wendel fonde les forges du Creusot avec l’aide technique de William Wilkinson[2]. Il crée une usine réunissant une cokerie, des hauts-fourneaux, des marteaux-pilons mus par la vapeur.
  • 1783 :
    • 85 % des recrues de l’armée sont issues des milieux populaires (2/3 de ruraux, 1/3 de citadins).
    • les dépenses occasionnées par l’engagement contre la Grande-Bretagne dans la guerre d’indépendance américaine aggravent la crise économique (la guerre a coûté 1,194 milliard de livres au Trésor depuis 1777, financée largement par le crédit).
  • Décembre 1783- février 1784 : hiver long et rigoureux.
  • 1785 - 1786 : début de dépression économique et financière.
  • 1785 : Dietrich possède six usines sidérurgique modernes en Alsace avec hauts-fourneaux, forges et laminoirs.
  • 1785-1786 : début de dépression économique et financière.
  • 1786 et 1787 : années fraîches. Vendanges tardives et médiocres. Hausse des prix du vin.
  • 1786 : les intérêts des dettes accumulées absorbent plus de 50 % du budget. Les recettes de l’État atteignent 475 millions de livres, contre 587 millions de dépenses, soit un déficit de 112 millions[3].
  • 1786-1790 : 36,9 % d’alphabétisation. 47,9 % de hommes et 26,8 % des femmes sont alphabétisées[4].
  • 1787 : réformes fiscales ; réorganisation du Conseil des finances, liberté du commerce des grains, remplacement de la corvée par un impôt en argent, impôt du timbre.
  • 1787-1799 : reprise de la croissance de la population.
  • 1788 :
    • crise agricole suite à une mauvaise récolte due à des accidents météorologiques.
    • le produit industriel de la France (industrie, artisanat, service) apparaît comme équivalent au produit agricole.


Le prix constaté du blé évolue en très forte hausse au cours de la décennie en France, un peu moins si l'on prend en compte l'évolution parallèle du salaire horaire, selon l'économiste Jean Fourastié, qui a démontré l'importance de l'Histoire de la culture des céréales sur celle de l'économie, également pour cette décennie de multiples pénuries en céréales[5]:

Années 1780 1781 1782 1783 1784 1785 1786 1787 1788 1789
Prix observé du quintal de blé (en livres) 16,7 17,9 20,3 20 20,4 19,7 18,7 18,8 21,4 29
Prix réel (ajusté du salaire horaire) 176 188 214 211 215 197 187 188 214 276

Marine et forces militairesModifier

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  • 1783 : la flotte de guerre britannique dispose de 174 vaisseaux de ligne et de 294 navires d’appoint.
  • 1786 :
    • La flotte de guerre espagnole aligne 60 navires de ligne.
    • La flotte de guerre française aligne 76 navires de ligne.
    • La flotte de guerre britannique aligne 120 navires de ligne.
    • La flotte de guerre hollandaise aligne 50 navires de ligne.
    • Les flottes de guerre danoises et suédoises alignent chacune 30 navires de ligne en Baltique.
    • La flotte de guerre russe aligne 60 navires de ligne en Baltique et en Méditerranée.
    • Les flottes de Naples, Venise, Gênes, Raguse et Malte occupent le théâtre des opérations en Méditerranée.
  • 1787 : à la mort de Frédéric II de Prusse, la Prusse est dotée d’un appareil bureaucratique centralisé et d’un appareil militaire efficient (200 000 hommes) avec son corps d’officiers-hobereaux dirigeant des grenadiers à l’automatisme impeccable.
  • 1789 :
    • L’Espagne dispose de 72 navires de ligne.
    • L’armée polonaise compte 18 000 hommes, dont 8 000 cavaliers. Elle est fondée, comme en France, sur l’enrôlement volontaire et la vénalité des grades.

DémographieModifier

 
Densités de population en Espagne
  • 1779-1787 : stabilisation de la population française.
  • 1785 :
    • Vienne compte 213 000 habitants.
    • Recensement en Hongrie : sur 11 379 communes, 3 668 sont peuplées de Hongrois, 2 762 de Slovaques, 1 849 de Croates, 1 029 de Roumains, 890 d’Allemands, 702 de ruthènes, 453 d’Illyro-Damates et 18 de Serbes. Beaucoup de communes comportent plusieurs nationalités. La Hongrie compte 75 000 Juifs.
  • 1787 : recensement de Floridablanca en Espagne qui compte de 10,4 à 11,4 millions d’habitants. La population de la Catalogne est passé de 400 000 habitants en 1717 à 900 000.
  • 1784 - 1787 : mise en place du recensement de la population et des maisons et établissement du cadastre dans les États des Habsbourg qui comptent 23,3 millions d’habitants. 9,5 millions d’habitants en Hongrie, dont plus de 5 millions de non-magyars. Le pays compte à la fin du siècle plus de 60 villes libres royales dont une vingtaine de plus de 10 000 habitants, 665 bourgs et 15 000 villages. L’urbanisation se développe. Debrecen à 30 000 habitants, Buda, Pest et Óbuda ensemble 50 000. La majorité de la population roturière libre habite les villes. On compte 600 000 citadins, soit 7 % de la population, mais la bourgeoisie totalement émancipée ne représente que 150 000 personnes.
  • 1789 :
    • le roi de Prusse règne sur 5,7 millions d’habitants.
    • Recensement en Pologne, qui compte 8,8 millions d’habitants, dont 750 000 nobles, 50 000 clercs et 700 000 Juifs. 53 % de la population est catholique, 29 % uniate, 3,5 % orthodoxe, 10 % juive, 1 % protestante. Les paysans constituent plus de 70 % de la population.


  • La monarchie autrichienne compte 20 millions de sujets.
  • 25 000 émigrants venus d’Allemagne du Sud s’installent en Hongrie dans les années 1780.
  • 113 000 habitants francophones au Bas-Canada en 1783.

Notes et référencesModifier

  1. Emmanuel Le Roy Ladurie, Histoire humaine et comparée du climat : Disettes et révolutions 1740-1860, vol. 2, Fayard, (ISBN 9782213640181, présentation en ligne)
  2. Denise Ozanam, Claude Baudard de Saint-James, Librairie Droz, (ISBN 9782600044875, présentation en ligne)
  3. Yves Guchet, Histoire constitutionnelle française : 1789-1958, vol. 1, Éditions européennes (ISBN 9782738800954, présentation en ligne)
  4. Philippe Guignet, René Grevet, La France et les Français au XVIIIe siècle (1715-1788) : économie et culture, Éditions OPHRYS, (ISBN 9782708006720, présentation en ligne)
  5. "Statistiques de prix – La baisse des prix du blé, fait capital de l’histoire économique" par Jacqueline Fourastié, 2013 [1]

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