Andromaque (Stuart Seide)

pièce de théâtre mise en scène par Stuart Seide

Andromaque est une pièce de théâtre mise en scène par Stuart Seide inspirée de la tragédie du même nom de Jean Racine (1667).

Elle fut jouée au Cloître des Carmes les 9, 10, 11, 12 et .

Biographie de Stuart SeideModifier

Stuart Seide est né à New York où il a fait des études de mathématiques et de théâtre ; il a travaillé en tant qu'acteur notamment avec le « National Shakespeare Company » et le théâtre « La Mamma ». Il a mis en scène les pièces de Maeterlinck, Beckett, Sartre et Brecht.

Il crée le théâtre Khi (énergie en Japonais) en 1972, où il essaie de faire participer le plus possible ses comédiens aux costumes, au décor, au travail des autres. Par la suite, il devient directeur artistique du Centre dramatique Poitou-Charente (1992-1997), puis du Théâtre national Lille-Tourcoing (1998). Enfin, il prend la direction de l'École professionnelle supérieure d'art dramatique (EPSAD) de la Région Nord-Pas-de-Calais (en 2003).

DistributionModifier

Comédiens
Assistances
  • Assistant à la mise en scène : Armand Deladoey
  • Décors : Charles Marty
  • Costumes : Orange Negre
  • Lumières : Gérard Karlikow

RésuméModifier

Dans Andromaque, Oreste, fils d’Agamemnon, est envoyé par les Grecs à Buthrote pour demander à Pyrrhus, roi d’Épire, qu’il lui livre Astyanax, fils d'Andromaque. Pyrrhus aime Andromaque et délaisse sa fiancée Hermione, fille d’Hélène. Pour Oreste, qui aime depuis toujours Hermione, l’espoir renaît. Pyrrhus s’est opposé à la demande d’Oreste, mais exige d’Andromaque, pour prix de la sécurité de son fils, qu’elle l’épouse. Hermione, à qui Oreste est venu déclarer la constance de son amour, le repousse, et, piquée du refus de Pyrrhus, demande à Oreste de renouveler sa requête. Pyrrhus a réfléchi et accepte de livrer Astyanax. Oreste, voyant son espoir s’évanouir avec cette décision qui semble éloigner Pyrrhus d’Andromaque, projette d’enlever Hermione. Hermione triomphe et éconduit Andromaque venue lui demander de sauver son fils. Celle-ci supplie alors Pyrrhus, qui renouvelle son ultimatum. Elle va se recueillir sur le tombeau de son époux Hector. Elle décide alors d'épouser Pyrrhus mais se tuera juste après la cérémonie : Astyanax sera alors sauvé. Hermione, exige d’Oreste comme preuve d’amour qu’il le tue, ce qu'il fait donc, et vient annoncer la mort de Pyrrhus à Hermione. Contre toute attente, Hermione, furieuse, le chasse et se suicide. En l’apprenant, Oreste devient fou, laissant Andromaque prendre le royaume en main.

Seide, dans sa pièce va encore plus loin, avec la destruction de Troie, dont Pyrrhus et Andromaque sont les derniers témoins (« Songe, songe, Cephise, à cette nuit éternelle qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle »…), un génocide a été commis, une civilisation a été rayée de la carte.

DécorModifier

Avec son décor bousculé, Stuart Seide déjoue le charme de la pierre polie, cassé d’escalier, où les personnages s'affrontent dans une guerre sans merci, au nom de l’amour pour certains[Interprétation personnelle ?]. Sur le plateau large, nu, fait de dalles de ciments, une maquette sous verre figure la ville de Troie en ruine. Côté cour, une armure de silhouette de cadavre déjà vieux encore sous verre, il s'agit d'une démonstration. Le fond, quant à lui, est rempli d'armures et de boucliers.

AdaptationModifier

Stuart Seide décide d'adopter cette mise en scène car pour lui « Racine est l'un des auteurs les plus crispants qui soient »[réf. nécessaire]. Il a fait une mise en scène d’ Andromaque, et pas de Racine, il a monté une pièce. La forme linguistique l’a intéressé mais également les propos avec le choc des mots. Les acteurs ne déclamaient pas, mais Seide mettait à l’honneur le corps à corps, les corps qui se touchent dans un élan d'abandon, qui se touchent jusqu'à l’impudeur, et qui se rejettent avec une force crachée. La politesse de la forme éclate entre leurs mains, ils donnent au théâtre de Racine toute sa forme physique et sensuelle, le désir aussi, le désir de l’autre, du corps de l’autre. L’intérêt du travail de Stuart Seide est de présenter des personnages cohérents par rapport au parti-pris énoncé. Il rapproche cette tragédie dont l’action se situe dans l’Antiquité au drame de notre monde actuel, défiant l'histoire par la brutalité des propos et la passion des personnages qui habitent l’œuvre de Racine.

Andromaque est la deuxième pièce française mise en scène par Seide. C’est une pièce tirée d'un monde d'après guerre, « Andromaque, ce n'est pas la tragédie des personnages, c'est la tragédie du monde »[1]. Dans cette pièce la passion est utilisée comme nouvelle arme. L'opposition du vieux monde, de la présence des souvenirs au nouveau monde qui veut aller de l'avant.

CritiquesModifier

La mise en scène surprend, avec des points de vue variés : certains articles critiquent le décor dit « misérable » mis en place par Stuart Seide, comme étant trop brouillon même dit « cagibi et ce qui ressemble à un vide ordure[2] ». Ils critiquent également le ton changeant des personnages passant du calme au tout puissant. L'entracte au milieu de cette pièce a également fait parler « Il y a un entracte. Je m'en vais[3] » dit Colette Godard. Et pour finir, le fait que la pièce fasse rire, ne plaît pas à tout le monde. « Enfin, nous rîmes bien. Je ne sais pas si Racine eût aimé voir ainsi tant malmener sa rime[4] ».

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. La gazette provençale,
  2. a et b Alex Mattalia, Méridional,
  3. a et b Colette Godard, Le Monde,
  4. a et b Michèle Grandjean, Le Provencal,

Liens externesModifier