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Andreas Hyperius
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Andreas Hyperius, théologien protestant

Nom de naissance Andreas Gheeraerdts
Naissance
Ypres Drapeau de la Belgique Belgique
Décès (à 52 ans)
Marbourg Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Nationalité Pays-Bas méridionaux
Pays de résidence Allemagne (Landgraviat de Hesse)
Profession
Professeur de théologie
Activité principale
Formation
Philosophie humaniste et théologie

Compléments

Hyperius est le premier à développer une homilétique protestante

Andreas Hyperius ou Andreas Gerardus Hyperius, né Andreas Gheeraerdts le 16 mai 1511 à Ypres et décédé le 1er février 1564 à Marbourg (Allemagne), est un théologien protestant des Pays-Bas méridionaux. Il en est le premier à systématiser l’homilétique protestante.

Sommaire

BiographieModifier

Né Andreas Gheeraerdts[1] en 1511 à Ypres, dans les Pays-Bas méridionaux, Hyperius reçoit une formation initiale dans la tradition humaniste de l’époque. Il étudie à Tournai et Paris, et fait un séjour en Angleterre de 1536 à 1540. En 1542 Hyperius est nommé professeur de théologie à Marbourg, dans le Landgraviat de Hesse, en Allemagne. Il y exerce l’enseignement jusqu’à la fin de sa vie.

N’appartenant à aucune école théologique particulière mais influencé par Martin Bucer il est considéré comme modéré dans sa doctrine, entre Luther et les autres Réformés. Son érudition est particulièrement appréciée par Calvin. L’influence d’Hyperius s’exerça davantage en Allemagne et Angleterre que dans son pays natal où, avec le soutien des autorités espagnoles, la Réforme catholique s’imposa.

Œuvres et doctrineModifier

Sa première œuvre (1553) De formandis concionibus sacris (De la manière de formuler le discours sacré) est le premier traité d’homilétique protestante, insistant sur les caractères essentiels que doit avoir tout sermon : le sujet abordé dans la prédication doit être « pratique, utile, compréhensible et sobre » (sans élément superflu). Sa finalité est « d’enseigner, plaire et émouvoir ». La prédication est une des branches de la rhétorique : l’éloquence est sacrée. Le De formandis... est traduit en français (Genève, 1565), anglais (1577). Dietrich Bonhoeffer a souligné le rôle joué par Hyperius dans les premières années du protestantisme[2].

Son Methodi theologiae, sive praecipuorum christianae religionis locorum conmunium libri tres, qui sort de presse en 1568, est un guide de lecture des Pères de l'Église avec une sélection de textes choisis.

D’une manière générale Hyperius cherche une base solide dans la Bible et soutient qu’aucune théologie pratique ne peut être mise en vigueur sans une étude théologique systématique préliminaire. Elle ne doit pas être enseignée et présentée de façon fragmentaire. A Marbourg il impose à ses étudiants un travail exigeant de lecture intensive couvrant toutes les branches de la théologie considérant qu'une telle lecture est indispensable à la préparation au travail pratique du ministère de la Parole. Tout doit être en accord avec la Bible et, là où la Bible ne contient pas de données spécifiques, avec les commandements de l'amour pour Dieu et pour son prochain.

Hyperius projetait également un traité sur le gouvernement ecclésiastique, basé sur la doctrine du Nouveau Testament, des éléments de l’histoire de l’Église, des extraits de documents conciliaires, décrets pontificaux, et pères de l’Église.

Écrits principauxModifier

  • De formandis concionibus sacris (1553). Traduction française en 1565.
  • De theologo, seu de ratione studii theologici (4 vol.) (1556)
  • Elementa christianae religionis (1563)
  • Methodi theologiae, sive praecipuorum christianae religionis locorum conmunium, (3 vol) (1568).

Notes et référencesModifier

  1. Son nom latinisé Hyperius signifie simplement « d'Ypres ». Le nom de la ville d'origine (paroisse de baptême) était souvent jointe à l'identité personnelle.
  2. Dietrich Bonhoeffer, La parole de la prédication : cours d'homilétique à Finkenwalde, édition en français, Genève, 1992, Labor et fides, p. 70 Lire en ligne

BibliographieModifier

  • (de) Heinrich Heppe, « Hyperius, Andreas », Allgemeine Deutsche Biographie, Leipzig, 1881, vol. 13, p. 490–492.
  • (de) K. F. Müller, Andreas Hyperius. Ein Beitrag zu seiner Charakteristik, Kiel, 1895.
  • (de) W. Kantzenbach, « Andreas Hyperius, Professor der Theologie zu Marburg », Jahrbuch der Hessischen Kirchengeschichtlichen", 9, 1958, p. 55–82.
  • (de) Hannelore Jahr, « Hyperius, Andreas », Neue Deutsche Biographie, Berlin 1974, vol. 10, p. 108-109 Lire en ligne.
  • (de) Gerhard Krause, Andreas Gerhard Hyperius. Leben, Bilder, Schriften, Mohr, Tübingen 1977, (ISBN 3-16-140122-0) (Beiträge zur historischen Theologie ; 56).
  • (de) Friedrich Wilhelm Bautz, « Hyperius, Andreas », Biographisch-Bibliographisches Kirchenlexikon, 1990, vol. 2, col. 1233–1235.