André Tubeuf

écrivain, philosophe, musicologue et critique musical français
André Tubeuf
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André Louis Yves TubeufVoir et modifier les données sur Wikidata
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André Louis Yves Tubeuf est un écrivain, philosophe et critique musical français, né le à Izmir, en Turquie, et mort le à Paris (17e arrondissement)[1].

BiographieModifier

Formation et débuts de carrièreModifier

Condisciple à Beyrouth de Salah Stétié et de Robert Abirached, il vient à Paris après la guerre et effectue sa khâgne au lycée Louis-le-Grand[2], où il se lie avec Dominique Fernandez, Michel Deguy, Jacques Derrida et son cousin Pierre-Jean Remy.

En 1950, reçu à l'École normale supérieure, rue d'Ulm, il goûte d'abord l'enseignement de Michel Alexandre, lui-même élève d'Alain, puis celui de Louis Althusser et de Maurice Merleau-Ponty, ainsi que son amitié avec Gérard Granel.

En 1951, avec Maurice Clavel, il traduit Électre de Sophocle pour Silvia Monfort.

Agrégé de philosophie, il enseigne cette matière en classe de philosophie puis de première supérieure au lycée Fustel-de-Coulanges de Strasbourg, de 1957 à 1992[2].

En 1972, il entre au ministère de la Culture au cabinet Jacques Duhamel, pour s'occuper des questions musicales ; expérience reconduite, en 1975, dans le cabinet de Michel Guy.

L'écrivainModifier

À partir de 1976, il collabore principalement au magazine Le Point, mais aussi à l’Avant Scène Opéra, Harmonie et Lyrica, puis Diapason enfin Classica. À quoi s'ajoutent d'innombrables conférences (dont sept à Salzbourg dans le cadre du festival) et autant d'émissions radiophoniques.

Après Romain Rolland, André Suarès et Vladimir Jankélévitch, dont il fut l'élève, il a renouvelé le genre de la littérature musicale en France, échappant au genre romanesque, sans pour autant verser dans la musicologie.

Outre ses essais sur Mozart[3], Ludwig van Beethoven[4], Richard Wagner, Giuseppe Verdi[5], Richard Strauss et le lied[6], il a écrit parmi les meilleurs portraits de ses amis Elisabeth Schwarzkopf, Dietrich Fischer-Dieskau, Claudio Arrau, Hans Hotter, Rudolf Serkin[7], Arthur Rubinstein, Régine Crespin, Daniel Barenboim, Dinu Lippati[8] ou Cecilia Bartoli. Il a écrit un Dictionnaire amoureux de la musique, paru chez Plon (2012), où l'on retrouve également quelques-uns de ces portraits.

André Tubeuf meurt le à Paris[9], à l'âge de 90 ans[10],[11]. Il est inhumé au cimetière Nord de Strasbourg[12].

Quelques mois après sa disparition, Actes Sud publie son dernier essai sur un compositeur (Schubert. L'ami Franz)[13] et la fin de ses récits autobiographiques (Avoir vingt ans, et commencer)[14].

DistinctionsModifier

BibliographieModifier

  • Le Chant retrouvé, Fayard, 1979
  • Le Lied allemand : poètes et paysages, Paris, François Bourin, , 537 p. (ISBN 2-87686-141-0, OCLC 299444867, BNF 35575034)
  • Les Enfants dissipés, roman, Gallimard, 1987
  • Wagner, le chant des images, « L'opéra des images », Chêne, 1993
  • La Callas, « Mémoire des Stars », Assouline, 1999
  • Damiel ou les Indifférents, roman, Albin Michel, 2000
  • Appassionata (portrait du pianiste Claudio Arrau), NiL, 2003
  • Richard Strauss ou le Voyageur et son ombre, biographie, « Classica », Actes Sud 2004
  • Les Autres Soirs, avec Elisabeth Schwarzkopf, Tallandier, 2004
  • Mozart, chemins et chant, biographie, « Classica », Actes Sud, 2005
  • Divas, livre avec CD, Assouline, 2005
  • L'Offrande musicale, portraits et essais, « Bouquins », Robert Laffont, 2007
  • La Quatorzième Valse, roman, « Classica », Actes Sud, 2008
  • Les Amours du poète, La Pionnière, 2008
  • Beethoven, biographie, « Classica », Actes Sud 2009, prix de l'essai de l’Académie française 2009[4]
  • Verdi, de vive voix, biographie, « Classica », Actes Sud, 2010
  • Hommage à Régine Crespin, avec Christophe Ghristi, Actes Sud/Opéra de Paris, 2010
  • L’Opéra de Vienne, Actes Sud, 2010
  • Les Ballets russes, Assouline, 2011
  • Le Lied, Actes Sud, 2011
  • Dictionnaire amoureux de la musique, Plon, 2012
  • Je crois entendre encore…, Plon, 2013
  • Hommages, Actes Sud, 2014
  • Adolf Busch, le premier des justes, Actes Sud, 2015
  • L’Orient derrière soi, Actes Sud, 2016
  • Bach ou le Meilleur des mondes, Le Passeur Éditeur, 2017[17], (ISBN 978-2-36890-507-4)
  • Rudi. La Leçon Serkin, Actes Sud, 2019
  • Mozart, le visiteur, Papiers Musique, 2019
  • Les Années Louis-le-Grand, Actes Sud, 2020
  • Platon, de plain-pied, Les Belles Lettres, 2020
  • Schubert. L'ami Franz, Actes Sud, 2021
  • Avoir vingt ans, et commencer, Actes Sud, 2021

Notes et référencesModifier

  1. Fichier des décès
  2. a et b Serge Hartmann, « André Tubeuf, dans la mémoire d’un khâgneux », sur www.dna.fr, (consulté le )
  3. « Mozart | Actes Sud », sur www.actes-sud.fr (consulté le )
  4. a et b « Prix de l'essai de l'Académie française ».
  5. « Verdi | Actes Sud », sur www.actes-sud.fr (consulté le )
  6. « Le Lied | Actes Sud », sur www.actes-sud.fr (consulté le )
  7. « Rudi. La Leçon Serkin | Actes Sud », sur www.actes-sud.fr (consulté le )
  8. « La Quatorzième valse | Actes Sud », sur www.actes-sud.fr (consulté le )
  9. Pierre Gervasoni, « La mort d’André Tubeuf, écrivain et musicographe », Le Monde, no 23813,‎ , p. 28 (lire en ligne)
  10. (en) « Mourning for a French music writer », sur Slipped Disc, (consulté le )
  11. « André Tubeuf s'est éteint à l'âge de 90 ans. Une immense perte pour le monde de la musique », France Musique, 26 juillet 2021.
  12. Philippe Landru, « 2021 - Cimetières de France et d'ailleurs », landrucimetieres.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. « Schubert | Actes Sud », sur www.actes-sud.fr (consulté le )
  14. « Avoir vingt ans, et commencer | Actes Sud », sur www.actes-sud.fr (consulté le )
  15. Décret du 15 mai 2009
  16. « André Tubeuf couronné par l’Académie Française | Forum Opéra », sur www.forumopera.com (consulté le )
  17. Essai, collection "Sursum Corda"

Liens externesModifier