André Ouellet

personnalité politique canadienne

André Ouellet (Saint-Pascal, - ) est un homme politique canadien.

BiographieModifier

PréparationModifier

Fils unique de Rita Turgeon (1913-2011) et d'Albert Ouellet, médecin[1] de Saint-Pascal dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Kamouraska, il termine ses études à l'Université d'Ottawa et à l'Université de Sherbrooke[2], en droit.

Le , il épouse Édith Pagé[3].

Dans l'antichambreModifier

De 1964 à 1967, André Ouellet est un adjoint du ministre Guy Favreau qui, le , est nommé juge à la Cour supérieure du Québec et qui donc démissionne comme député de la circonscription de Papineau (Montréal)[3].

PoliticienModifier

André Ouellet se présente alors comme successeur de Guy Favreau, sous la bannière libérale, et est élu député de cette circonscription de Papineau aux élections partielles du . Il y est réélu à chaque élection et représente Papineau jusqu'au .

Sous le premier gouvernement Trudeau, André Ouellet est Président du caucus des députés libéraux du Québec en 1968. Il est nommé secrétaire parlementaire du secrétaire d'État aux Affaires extérieures du au et secrétaire parlementaire du ministre de la Santé et du Bien-Être social du au .

Il entre dans le cabinet Trudeau le et exerce tour à tour ou concurremment diverses fonctions ministérielles[3],[4] :

  • ministre des Postes, du au ;
  • ministre de la Consommation et des Corporations, du au ;
  • ministre d'État chargé des Affaires urbaines, du au ;
  • ministre intérimaire du Travail, du au ;
  • ministre des Travaux publics, du au .

Du au , les Libéraux sont dans l'opposition.

Sous le deuxième gouvernement Trudeau, Ouellet est[4] :

  • ministre de la Consommation et des Corporations, du au ;
  • ministre des Postes, du au ;
  • ministre du Travail, le au ;
  • ministre d'État chargé du Développement économique et régional, du au ;
  • président du Conseil privé, du au ;
  • ministre du Travail, du au .

De 1984 à 1993, il est successivement porte-parole de l'opposition en matière de Transport, 1984-1988, en matière d'Affaires extérieures, 1988-1990, et des Relations fédérales-provinciales, 1990-1993; il siège à tous les comités relatifs à la Constitution : comité parlementaire sur l'accord du lac Meech en 1987, comité Charest en 1990, commission Bélanger-Campeau, 1990-1991, comités Beaudoin-Edwards et Beaudoin-Dobbie, 1991-1992, et comité du Oui de l'accord de Charlottetown en 1992[3].

Parallèlement à ses fonctions ministérielles et à celles de porte-parole de l'opposition, André Ouellet exerce des fonctions importantes à l'intérieur du Parti libéral du Canada. Il est organisateur en chef du Parti libéral du Canada section Québec de 1977 à 1984, organisateur pour le Québec de la campagne à la direction de John Turner en 1984 et coprésident de la campagne nationale lors des élections de 1988 et de 1993[3].

Sous le gouvernement Chrétien, il est[4] :

  • secrétaire d'État aux Affaires extérieures, du au ;
  • ministre des Affaires étrangères, du au ;
  • ministre chargé de la Francophonie, du au ;
  • ministre responsable de la Francophonie, du au ;
  • ministre politique du Québec, de au — à ce titre, il participe au Comité du Non lors du référendum québécois de 1995.

Aux PostesModifier

Durant ses 28 ans comme député fédéral (de 1967 à 1996), il remplit les fonctions de ministre des Postes du Canada à deux occasions, de 1972 à 1974 et de 1980 à 1981. André Ouellet joue un rôle prépondérant dans l'adoption de la loi qui transforme le ministère des Postes en société de la Couronne, par le Parlement, le . Il quitte la vie politique le et devient, le , le président de la Société canadienne des postes, puis le président-directeur général intérimaire le , et le PDG en titre le [3].

SuspenduModifier

Il est suspendu avec salaire le , soit deux semaines après la publication du rapport de la vérificatrice générale, Sheila Fraser, sur le scandale des commandites, qui implique Postes Canada[5]. Le , un rapport de vérification de la firme Deloitte Touche indique que, de 1996 à 2003, André Ouellet avait omis de présenter des pièces justificatives en se faisant rembourser des dépenses de voyage et d'hébergement oscillant entre 127 000 $ et 327 000 $ par année[6]. De plus, selon le rapport commandé dans la foulée du scandale des commandites, le pdg des Postes serait intervenu à maintes reprises dans l'attribution de contrats totalisant 35 millions $[7]. Lors de la même période, M. Ouellet aurait aussi demandé à ses subalternes de trouver du travail à plus de 80 personnes prédéterminées par lui[7].

RetraitéModifier

Il démissionne de la Société des postes le [7],[8].

PoursuivantModifier

Néanmoins, le , en Cour supérieure de l'Ontario, il dépose une poursuite en justice contre le gouvernement du Canada, réclamant 3,2 millions $ pour bris de contrat[9],[10], soit : une indemnité de départ de 416 000 $, qui lui avait été refusée lorsqu'il a démissionné en 2004, ainsi qu'une série de dédommagements pour perte de salaire et dommages punitifs.

Notes et référencesModifier

  1. Ouellet, Rita Turgeon (notule nécrologique), Le Soleil, 3 septembre 2011.
  2. André Ouellet (1939-) Homme politique, Bilan du siècle, Université de Sherbrooke.
  3. a b c d e et f Fonds André-Ouellet (R11940-0-6-F), Bibliothèque et Archives Canada, site collectionscanada.gc.ca
  4. a b et c « André Ouellet — Fiche de parlementaire », Parlement du Canada
  5. André Ouellet comparaît devant le comité des comptes publics qui enquête sur le scandale des commandites, et défend Postes Canada d'avoir moussé le fédéralisme au Québec, clip vidéo (3 min) de tvanouvelles.ca le 13 avril 2004.
  6. Antoine Robitaille, « Revue de presse : André Ouellet ? « Typiquement libéral fédéral » », Le Devoir, 7 août 2004.
  7. a b et c André Ouellet justifie sa démission, Société Radio-Canada, 12 août 2004.
  8. Clairandrée Cauchy, « Ouellet prend sa « retraite » », Le Devoir, 13 août 2004.
  9. « Scandale des commandites : André Ouellet poursuit Ottawa », site radio-canada.ca le 9 août 2006.
  10. (en) « Former Liberal minister sues Ottawa over breach of contract: Claiming he was fired by former prime minister Paul Martin's administration and asked to make it look like a resignation, former Canada Post president Andre Ouellet is suing the federal government for $3.2 million », CanWest News Service, sur le Vancouver Sun, 11 août 2006.