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André Fougeron

peintre français
André Fougeron
André Fougeron (1995).png
André Fougeron en 1995.
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
AmboiseVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
André FougeronVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

André Alfred Fougeron, né le à Paris (17e) et mort le à Amboise, est un peintre français.

BiographieModifier

Fils d'un maçon et d'une couturière, originaires de la Creuse, André Fougeron, est apprenti dessinateur en dentelles, avant de travailler comme ouvrier métallurgiste, chez Renault, en particulier. Il connaît le chômage et fréquente, en autodidacte, les cours du soir de dessin de la ville de Paris[1]. Il se fait remarquer dès les années 1930 par sa participation, avec Maurice Estève et Édouard Pignon notamment, au groupe des « indélicats ». Libéré des obligations militaires, il s’engage en 1935, avec son ami Boris Taslitzky, dans le mouvement de la Maison de la culture dirigé par Aragon. Jean Cassou le retient pour figurer dans son exposition « L’Art cruel » en cette fin d’année 1937 où, après avoir songé à s’engager dans les Brigades internationales, Fougeron estime que son rôle est de témoigner en peintre. Il en sortira trois toiles dont deux seront exposées, Espagne martyre (Tate Gallery, Londres) et Mort et faim, Espagne. En 1939, il adhère au Parti communiste français, dont il reste membre toute sa vie[2].

Fait prisonnier sur le front de Belgique, il parvient à rejoindre la zone libre avant de se réinstaller à Paris, puis, en 1943, à Montrouge, où il tient atelier durant toute sa carrière artistique. Il transforme cet atelier en imprimerie clandestine. Il participe dans les années 1941 à 1943 aux expositions « Douze peintres d'aujourd'hui » avec, entre autres, Bazaine, Estève, Francis Gruber, Lapicque, Le Moal, Manessier, Pignon et Tal Coat. Résistant actif dans son milieu, il est secrétaire général du Front national des Arts[3]. À la Libération, attaché au cabinet du directeur des Beaux-Arts, il est est chargé de l'épuration dans ce domaine et est responsable d'expositions diverses (Hommage à Picasso, exposition « Henri Rousseau le douanier »). Lorsqu'en 1946 le Front national des Arts se dissout, il devient secrétaire général de l'« Union des arts plastiques », responsabilité qu'il exerce jusqu'en 1950.

André Fougeron reçoit en 1946 le Prix national de peinture. La toile Les Parisiennes au marché (musée d'art moderne de Saint-Étienne) exposée au Salon d'automne en 1948 et son article-manifeste « Le peintre à son créneau » le propulsent chef de file du « nouveau réalisme français » qui se veut dans la continuité de la peinture d'histoire à vocation sociale (Poussin, Le Nain, Courbet). Fougeron s'engage alors dans la voie du réalisme socialiste[4]. Durant une période allant de la fin des années 1940 à la première moitié des années 1950, il est la figure officielle d'une campagne lancée par le PCF pour imposer un « art social », se présentant comme au service de la classe ouvrière, et participant à la propagande du parti, en prise directe avec la vie politique française[5]. Ses tableaux participent alors au prolongement, en France, du jdanovisme artistique. En 1953, Fougeron participe ainsi à la campagne menée contre le Portrait de Staline par Picasso publié en 1953 par Aragon dans Les Lettres françaises. Aragon, qui encensait jusque-là Fougeron, attaque alors ce dernier de manière virulente[6].

Par la suite, le peintre se dirige vers un style figuratif plus critique et mélange les influences, empruntant à la photographie, à l'hyperréalisme et à la bande dessinée. Il réalise en 1968 une tournée dans les pays de l'Est mais son œuvre est peu à peu oubliée[7],[8].

Il laisse une œuvre de toiles, lithographies, aquarelles, dessins, présentes dans les musées tant nationaux qu’étrangers (de New York à Moscou) et des mosaïques-céramiques pour la cité technique de Sète ou des écoles de Pantin, Ivry-sur-Seine, Bagneux et d'Arcueil. Deux fresques en céramique, dont une signée et datée de 1959, ornant les murs de la cantine de l'école Joliot-Curie à Arcueil (94) sont détruites en avril 2010 lors de la démolition du bâtiment. Ami du maire communiste de Romilly-sur-Seine (Aube), Maurice Camuset (issu de la Résistance), André Fougeron a réalisé plusieurs tableaux se rapportant à cette ville ouvrière (sur la bonneterie et les ateliers SNCF du réseau est de la France), œuvres exposées dans différents établissements communaux de cette cité.

Expositions personnellesModifier

Expositions collectivesModifier

PublicationsModifier

  • Le Pays des mines, préfacé par Auguste Lecœur, présenté par André Stil, Lens-Paris, Fédération régionale des Mineurs du Nord et du Pas-de-Calais, 32 pages et 14 planches, 1950.
  • La Jacquerie, de Prosper Mérimée, préface d'Aragon, illustré par A. Fougeron, La Bibliothèque Française, 1946.

Collections publiquesModifier

Notes et référencesModifier

  1. André Fougeron, voilà qui fait problème vrai (voir bibliographie), annexes biographiques établies par ses fils Gilles et Alain Fougeron, p. 227-235.
  2. Jean-Pierre Léonardini, « André Fougeron se remit sans cesse sur le métier », L'Humanité, 16 septembre 1998.
  3. Voir sa notice dans Le Maitron.
  4. Lucie Fougeron, « Un exemple de mise en image : le "réalisme socialiste" dans les arts plastiques en France (1947-1954) », Sociétés & représentations, 2003-1 (N° 15).
  5. Lucie Fougeron, « Propagande et création picturale. L'exemple du PCF dans la guerre froide », Sociétés & représentations, 2001-2.
  6. « Un spectre », L'Humanité, 8 juin 2008.
  7. « André Fougeron », article sur l'Encyclopedia Universalis.
  8. « Mort d'un camarade peintre. André Fougeron était une figure du réalisme social », Libération, 16 septembre 1998.
  9. L'exposition est ensuite présentée en 1968 à Weimar (Kunsthalle), puis à Dresde (Albertinum), cf André Fougeron. Voilà qui fait problème vrai., p. 232.
  10. Lucien Curzi, « La peinture robuste de Fougeron », L'Humanité, 25 avril 1969.
  11. « Accrochage d'André Fougeron », L'Humanité, 2 octobre 1993.
  12. Harry Bellet, dans « Le Monde Culture & Idées » du 12/4/2014, P. 2, « Fougeron le maudit », sur lemonde.fr, (consulté le 14 avril 2014).
  13. Maurice Ulrich, « Peintures et parcours d'André Fougeron », L'Humanité, 4 mars 2014
  14. hst, 982 × 1 539 cm
  15. hst, 130 × 195 cm
  16. hst, 255 × 410 cm
  17. a et b hst, 195 × 130 cm
  18. hst, 300 × 500 cm
  19. hst, 380 × 559 cm
  20. hst, 280 × 400 cm
  21. Archives Nationales de France, Répertoire 19880466/1-19880466/139, Délégation aux arts plastiques. Bureau des commandes publiques 1% (1948-1983), p.40-41
  22. hst, 970 × 1 950 cm
  23. Archives nationales de France, Répertoire 19880466/1-19880466/139, Délégation aux arts plastiques. Bureau des commandes publiques 1% (1948-1983), p.35.
  24. Archives nationales de France, Répertoire 19880466/1-19880466/139, Délégation aux arts plastiques. Bureau des commandes publiques 1% (1948-1983).
  25. hst 250 × 200 cm

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (de) Jean Rollin, André Fougeron (« Mit elf farbigen Reproduktionen und fünf einfarbigen Tafeln »), Henschelverlag Kunst und Gesellschaft, Berlin, 1972, 47 p.
  • Bernard Ceysson, Musée des beaux-arts de Pau, Musée d'histoire et d'art du Luxembourg, André Fougeron, André Fougeron (1913-1998) : A l'exemple de Courbet, Paris, Somogy Éditions d’Art, 2005, 96 p. (ISBN 978-2850568640)
  • Bruno Gaudichon, André Fougeron, Laurence Bertrand Dorléac, Sarah Wilson, Lucie Fougeron, André Fourgeron 1913-1998 : Voilà qui fait problème vrai, Montreuil, France, Éditions Gourcuff Gradenigo, 2014, 239 p. (ISBN 978-2353401765)
  • Notice « André, Alfred Fougeron », par Michel Dreyfus, Le Maitron en ligne.

Liens externesModifier