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André Dumont (homme politique)

personnalité politique française
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dumont.

André Dumont
Illustration.
André Dumont.
Croquis dessiné par Georges-François-Marie Gabriel, Paris, musée Carnavalet, fin du XVIIIe siècle.
Fonctions
maire d'Oisemont
Président Président de la convention nationale
Groupe politique montagnard
député à la Convention nationale
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Oisemont (Somme)
Date de décès (à 74 ans)
Lieu de décès Abbeville (Somme)
Nationalité française
Parti politique Montagnard
Père Jean-Charles-Nicolas Dumont
Fratrie Dumont de Sainte-Croix
Profession magistrat

André Dumont (né à Oisemont le , mort à Abbeville le ) était député de la Somme à la Convention nationale puis fut un haut fonctionnaire du Premier Empire.

Sommaire

BiographieModifier

Fils du conseiller du Roi Jean-Charles-Nicolas Dumont, juge au bailliage de Vimeu, André Dumont étudia le droit comme la tradition familiale l'y destinait. Élu maire d'Oisemont en 1789, il fut nommé en 1790 premier administrateur du tout nouveau département de la Somme et en 1791 administrateur du district d'Amiens.

Député montagnardModifier

Le département l'envoya siéger à la Convention aux élections du 8 septembre 1792 (avec 365 voix pour 493 votants). Il se rangea parmi les Montagnards, et vota la mort du roi avec ces mots : « C'est faire beaucoup d'honneur à Louis que de le regarder comme citoyen. Les citoyens conspirateurs sont punis de mort. Je vote pour la mort. »

Il proposa sans succès le 30 juin 1793 l'arrestation des députés de l'Aisne qui s'étaient opposés à la chute des Girondins. Envoyé en mission en septembre dans la Somme, il y procède à l'arrestation des administrateurs, de 64 prêtres dont l’évêque d'Amiens, Mgr Desbois, et des Anglais présents dans la région. Inspiré par la prose braillarde du Père Duchesne, il confie alors dans son rapport à la Convention : « J'ai fait lier deux à deux ces cinq douzaines d'animaux, de bêtes noires ; elles ont été exposées à la risée publique sous la garde des comédiens, et ensuite incarcérées. » Devant son activisme, les députés étendent en octobre ses prérogatives aux départements de l'Oise et du Pas-de-Calais, et ses rapports à l'Assemblée manifestent la lutte constante qu'il mène contre les prêtres : « La vigueur que je mets à repousser l’imposture et à terrasser les marchands d’oremus doit vous assurer que vous n'avez rien à craindre[1]. » Il organisa dans la cathédrale de Noyon des bals patriotiques où les dragons faisaient danser les bourgeoises comme les cuisinières. Louis-Sauveur Chénier accusa publiquement l’« ogre Dumont » d'avoir fait exécuter son frère André Chénier. Il publia que Dumont avait fait arrêter 59 personnes, avait fait enfermer trois cents suspects des deux sexes dans une église de Beauvais dans des conditions inhumaines et d'avoir rançonné les familles[2].

La Convention ThermidorienneModifier

Le 28 juillet 1794, son frère Charles Dumont, qui avait critiqué la condamnation du général Custine, fut arrêté par le Tribunal révolutionnaire. André Dumont plaida fougueusement sa défense et obtint sa remise en liberté[2]. Nommé secrétaire de la Convention le 18 messidor an II, il s'avéra un thermidorien enthousiaste et dénonça les « malversations » de Robespierre le jeune. Il entra successivement au Comité de sûreté générale (1er août 1794), au Comité de salut public (3 décembre 1794), fut élu président de la Convention le 1er vendémiaire an III (21 septembre 1795). Il s'attaqua systématiquement aux Jacobins et aux membres des anciens comités révolutionnaires, fit arrêter Joseph Le Bon. Mis en cause à son tour pour son action répressive dans les départements picards, il s'opposa d’abord à la publication des papiers saisis chez Robespierre, mais dut finalement se justifier devant l'Assemblée en avouant qu'il avait menti par exagération dans ses rapports de 1793. À l'appui de ses déclarations, il fut confirmé que les prêtres qu'il avait fait arrêter avaient été libérés peu après, et qu'à la demande de son frère, l’ornithologue Charles-Henri Dumont dit « de Sainte-Croix », un certain nombre d'aristocrates avaient pu quitter la Somme sains et saufs.

Il présidait la Convention lors de l’Insurrection du 12 germinal an III et s'employa à convaincre les jacobins d'évacuer la salle des débats. À la suite de cet événement, il fit arrêter et incarcérer Chasles, Choudieu et Foussedoire (« les trois brigands du Comité de salut public », selon les termes de son réquisitoire) à la Forteresse de Ham, puis vint le tour de Huguet et Ruamps (qui l'avait accusé de « royalisme »). Il s'en prit (mais sans succès) à Prieur de la Marne[3], et à Jacques Alexis Thuriot qui parvint à s'enfuir.

Il avait demandé en vain le désarmement des sections, et ne sauva sa tête lors de l’Insurrection du 1er prairial an III qu'en protestant devant les insurgés de sa fidélité à la constitution. Il dut céder la présidence à Boissy d'Anglas, mais continua de demander l'exécution des députés interpelés en avril 1795, ainsi que l’arrestation de Prieur de la Marne, de Cambon, de Thuriot. Il vota la peine de mort contre « tous les porteurs de signes de ralliement », s'en prit dans ses discours aux « révoltés » et aux « terroristes », à Lacoste et Barère. Peu avant la dissolution de la Convention, il se déclara favorable à l'admission des prêtres dans la fonction publique.

Le ConsulatModifier

Le 23 vendémiaire an IV, il fut élu par les électeurs de la Somme au Conseil des Cinq-Cents par 254 voix sur 293 votants. Il s'opposa à Tallien, demanda que les administrateurs destitués puissent plaider leur cause au procès. Il démissionna du Conseil des Cinq-Cents en 1797.

Favorable au Coup d'État du 18 brumaire de l'an VIII (9 novembre 1799), il fut nommé sous-préfet d'Abbeville, poste qu'il devait conserver jusqu'en 1814. Nommé préfet du Pas-de-Calais durant les Cent-Jours, il fuit l'avancée des troupes alliées et se réfugie dans la Somme. Mais à la seconde Restauration, frappé par la loi contre les régicides, il prit la route de l'exil en 1816, et se rendit en Belgique. Il ne devait rentrer en France qu'en 1830. Il se retira définitivement à Abbeville[4].

Notes et référencesModifier

  1. Rapport du 18 pluviose an II.
  2. a et b Cf. Groué, p. 501.
  3. Cf. Adolphe Robert, Gaston Cougny (dir.), Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Edgar Bourloton, 1889, tome 5, p. 48-49
  4. Cf. E. de Rougé, Le conventionnel André Dumont.

AnnexesModifier

BibliographieModifier