Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Coyne.

André Coyne, né le à Paris, et mort le (à 69 ans) à Neuilly-sur-Seine, est un ingénieur français des ponts et chaussées qui conçut 70 barrages dans 14 pays.

Sommaire

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

André Coyne naît dans le quartier parisien d'Auteuil le 10 février 1891. Il est le fils d'un négociant devenu professeur de piano, dont la famille, auparavant établie à Montauban, a été ruinée par l'épidémie de phylloxéra qui sévit dans les vignobles français dans les années 1880, et d'une musicienne née en Alsace[1]. Orphelin de père, fils unique, il effectue sa scolarité au lycée Janson-de-Sailly et témoigne de talents dans de multiples disciplines. Il montre une certaine habileté en dessin et dans la pratique du violon[2].

André Coyne s'engage volontairement le 1er octobre 1910, avant d'être admis en octobre 1911 à l'École polytechnique, dont il est 6e du concours d'entrée. Classé 17e à sa sortie de Polytechnique, il choisit en octobre 1913 d'intégrer le Corps des ponts et chaussées, et poursuit ainsi ses études à l'École nationale des ponts et chaussées, dans laquelle il est nommé élève-ingénieur le 1er octobre 1914[3].

Officier pendant la Première Guerre mondialeModifier

Parallèlement à son entrée aux Ponts et Chaussées, André Coyne est versé dans la réserve militaire, avec le grade de sous-lieutenant dans le 5e régiment du génie[3]. C'est dans cette unité qu'il débute la Première Guerre mondiale en août 1914. En mai 1917, à sa demande, il est affecté en tant qu'aviateur sur le front d'Orient, d'abord au sein du détachement aéronautique de l'armée d'Orient, puis de celui de l'armée du Danube[4].

Ingénieur des ponts et chausséesModifier

La construction du barrage de Marèges (1930-1935), toujours en activité, sur la commune de Liginiac et géré par la SHEM, lui permet de remettre à l'honneur la technique des barrages voûtes en France.

Conception de barragesModifier

Coyne introduit en France la technique d'auscultation des structures par cordes vibrantes et le principe de l'ancrage des ouvrages par des tirants d'acier pré-tendus. Il est chargé d'enseigner les techniques de construction de grands barrages à l'École nationale des ponts et chaussées.

En 1947, il fonde son propre bureau d'ingénieurs conseils et d'études avec Jean Bellier, le Bureau Coyne et Bellier, toujours en activité. Celui-ci est l'auteur de l'étude de plus de 200 barrages dans le monde, dont plusieurs ouvrages remarquables, avec notamment :

  • Bort-les-Orgues (France) : premier grand barrage français en béton (qui en utilise environ 700 000 m3)
  • Serre-Ponçon (France) : premier grand barrage français en remblai de terre (dont la hauteur atteint 129 mètres).
  • Kariba sur le Zambèze (Zambie/Zimbabwe) : première voûte construite en vallée large (sa hauteur atteint 128 mètres). Création d'un lac de 180 milliards de m3, le plus grand lac artificiel du monde.
  • Bin el Ouidane (Maroc) : plus haut barrage-voûte du continent africain (dont la hauteur atteint 133 mètres).
  • Tignes (France) : plus haut barrage-voûte d’Europe dans la vallée de l'Isère (dont la hauteur atteint 181 mètres).

Le bureau a été également le concepteur du barrage de Malpasset, mis en eau en 1954, et dont la rupture, le , affectera profondément André Coyne jusqu'à sa mort l'année suivante.

PrixModifier

  • 1953 : grand prix d'architecture pour l'ensemble de son œuvre

Notes et référencesModifier

  1. Bordes et Tardieu 2015, p. 11, paragr. 3.
  2. Bordes et Tardieu 2015, p. 11, paragr. 4.
  3. a et b Bordes et Tardieu 2015, p. 11, paragr. 5.
  4. Bordes et Tardieu 2015, p. 11, paragr. 6.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Guy Coronio (dir.) et al., 250 ans de l'École des Ponts en cent portraits, Paris, Presses de l'École nationale des ponts et chaussées, , 221 p. (ISBN 2-85978-271-0), « André Coyne », pp. 179-181.
  • Christian Labrousse et Jean-Pierre Poirier, La science en France : dictionnaire biographique des scientifiques français de l'an mille à nos jours, Paris, Jean-Cyrille Godefroy, , 1494 p. (ISBN 978-2-86553-293-3), entrée « Coyne, André », pp. 388-389.
  • Jean-Louis Bordes et Bernard Tardieu, « André Coyne, de la Dordogne au Zambèze, la passion de construire », Bulletin de la Sabix, no 56,‎ 2015, p. 8-53 (lire en ligne, consulté le 7 octobre 2018).

Liens externesModifier