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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint André.

André Avellin
Saint catholique
Image illustrative de l’article André Avellin
S. André, par Pedro Alonso de los Ríos
Exégète et réformateur
Naissance 1521
Castronuovo di Sant'Andrea (Royaume de Naples)
Décès   (à 87 ans)
Naples (Royaume de Naples)
Nationalité Flag of Italy.svg Italienne
Vénéré à Naples, basilique San Paolo Maggiore
Béatification
par Urbain VIII
Canonisation  Rome
par Clément XI
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 10 novembre
Attributs Représenté en vêtements sacerdotaux au pied de l'autel
Saint patron des malades souffrant d'apoplexie, et des personnes qui meurent subitement.

André Avellin né à Castronuovo di Sant'Andrea en 1521 dans la région de Basilicate dans l'Italie méridionale et mort à Naples en 1608, est un prêtre catholique de l'ordre des théatins reconnu saint par l'Église catholique.

BiographieModifier

 
Châsse d'André Avellin

Ses parents, Giovanni Avellino et Marguerite Appella, lui donnent le prénom de Lancelot. Son premier enseignant est son oncle, Cesare Appella, archiprêtre. En 1532, il part pour Senise afin d'étudier les lettres classiques, les mathématiques et la musique pendant quatre ans. Il aide aussi son oncle en faisant le catéchisme dans la paroisse. Il est ordonné prêtre en 1545 et l'année suivante, il s'inscrit à l'université de Naples pour préparer une licence afin de devenir avocat ecclésiastique.

En 1548, il fait la connaissance du jésuite espagnol, Jacques Lainez, qui l'influence profondément. À partir de ce moment, André songe à renoncer aux diplômes qu'il veut obtenir et à se mettre totalement à la disposition de Dieu. C'est alors qu'il souhaite rejoindre la famille des Théatins que saint Gaétan de Thiene vient de fonder (en 1533) à Naples.

En attendant, il se met à travailler comme avocat auprès de l'archevêché de Naples. Il défend un prêtre et gagne son procès, mais pour y parvenir, il doit mentir, et ce péché marque profondément André[1]. Il décide immédiatement de tout abandonner pour se consacrer cette fois entièrement à Dieu. Il retourne chez lui, se fait remettre sa part d'héritage et revient vers Mgr Scipione Rebiba, à Naples.

Le , il entre comme postulant chez les Théatins de la maison Saint-Paul de Naples. Le de la même année, il revêt l'habit de novice, en prenant le nom de religion d'André et, le , il prononce ses vœux. Il fait deux vœux particuliers, celui de toujours combattre sa volonté et le second de tendre toujours, autant qu'il serait en lui, à la perfection.

L'année suivante, il est reçu à Rome avec saint Gaétan de Thiene par le pape Paul IV (cofondateur de l'ordre avec saint Gaétan) et en 1560 il devient maître des novices où il est particulièrement apprécié comme confesseur.

En 1567, le père Don André Avellin est nommé supérieur de la maison Saint-Paul de Naples, succédant au bienheureux Paolo Burali d'Arezzo. Il est visiteur de la province de Lombardie entre 1573 et 1577 et de la province de Campanie en 1590 et 1591.

La « légende dorée » hagiographique rapporte à son sujet quelques prodiges : par exemple, « Une nuit que, par une grande tempête, il revenait de confesser un malade, la violence de la pluie et du vent éteignit le flambeau qui servait à l'éclairer. Non seulement ni lui, ni ses compagnons, ne reçurent aucune goutte d'eau, au milieu des torrents de pluie qui tombaient, mais André, grâce à une vive splendeur qui jaillissait miraculeusement de son corps, servit de guide, au sein des plus profondes ténèbres, à ceux qui étaient avec lui. »[2]

Il sollicite la grâce de l'assassin de ses neveux. Il forme un disciple, Laurent Scupoli, auteur du Combat spirituel[3]. Épuisé par le travail, il meurt subitement au pied de l'autel au moment où il commence à célébrer la messe le récitant pour la troisième fois Introibo ad altare Dei.

CulteModifier

Son procès en béatification est lancé en décembre 1614. Il est béatifié par le pape Urbain VIII le puis canonisé par le pape Clément XI le et sa fête fixée le 10 novembre. Son corps repose à Naples dans la basilique San Paolo Maggiore où se trouve également le corps de Gaétan de Thiene, de Paolo Burali d'Arezzo et de Jean Marinoni.

Son œuvreModifier

 
André Avellin en extase, par Francesco Cairo (Milan)

Son activité pastorale fut intense dans la période troublée qui était celle de la Contre-Réforme. C'est ainsi qu'il travaille avec saint Charles Borromée à Milan et dans les environs.

Il œuvre aussi énormément pour les pauvres, les laborieux, pendant les révoltes populaires à Naples. Il fut un immense écrivain laissant plus de mille lettres et de nombreux traités d'exégèse biblique. Il était particulièrement inspiré par saint Augustin, saint Jean Chrysostome, saint Bernard et saint Thomas.

André Avellin était très apprécié comme directeur spirituel et comme prédicateur. Il fut aussi un grand réformateur. Ses principes en tant que supérieur étaient :

  • Agir selon les voies de la sagesse, avec douceur et fermeté ;
  • Imiter en toutes choses le Seigneur, en prenant exemple sur son enseignement et sur sa Parole ;
  • Tout voir, dissimuler beaucoup, corriger peu ;
  • Valoriser la bonne volonté des frères, apprécier leur travail, et le leur dire, parce qu'ils sont des exemples pour les autres.

Ses livresModifier

Il composa plusieurs œuvres de piété, imprimées à Naples en cinq volumes[4]:

  • Le premier volume contient :
    • Un traité de la prière
    • Une expression de l'oraison dominicale
    • L'expression des prières les plus usitées en l'honneur de la Sainte Vierge
    • Un commentaire de l'épître de saint Jacques :
  • Le second volume contient :
    • Un traité du renoncement au monde
    • Des commentaires sur le psaume CXVIII et XLV
    • Un traité sur les huit Béatitudes
  • Le troisième volume contient des homélies pour les Évangiles de tous les dimanches de l'année et tous les jours de Carême
  • Le quatrième volume contient :
    • Les exercices de l'esprit
    • Des méditations
    • Des avis à une religieuse
    • Une explication des Dons du Saint Esprit
    • Un traité sur le Péché Originel
  • Le cinquième volume comprend différents traités sur l'amour de Dieu et du prochain, la miséricorde, l'humilité et les vertus chrétiennes.

Il reste aussi un recueil de lettres éditées en 1732 à Naples en deux volumes et rééditées en 2007 (Édition D'AURIA M.).

IconographieModifier

La première gravure sur cuivre qui est apparue dans un récit hagiographique à Naples était celle d'André Avellin. Une gravure signée en 1614 de Felice Padovano, un grand graveur napolitain, fut réemployée en 1627 dans les Successi maravigliosi della veneratione del. B. Andrea Avellino du théatin Antonio Giovanni Cagiano et fait sans doute partie des gravures tirées au moment de sa béatification[5].

Voir aussiModifier

 
Milan, Sant'Antonio Abate

SourcesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Il y a une autre interprétation de la vocation d'André ; il se serait vanté d'être capable de vaincre n'importe qui à la lutte. Et c'est pour expier ce mensonge qu'il aurait voulu intégrer l'Ordre des Théatins et de leur consacrer toute son énergie
  2. Citation et source, Abbé Jaud Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.
  3. Source : Histoire universelle de l'Église catholique. T. 10 / par Rohrbacher, René François (1789-1856)
  4. Source : Alban Butler, d'après le P. Tracy, Vies des pères des martyrs et des autres principaux saints, volume 17 lire aussi sur le net le site italien consacré au saint Opere e scritti inediti
  5. Source: Persée, La représentation imagée de la sainteté dans l'Italie méridionale à l'époque de la Réforme catholique Jean-Michel Sallmann 1989
  6. Benvenuto nel sito ufficiale della famiglia Piardi

Liens externesModifier

BibliographieModifier

Concernant la vie de saint André Avellin, Alban Butler cite ces quelques ouvrages :

  • Historia Clericorum Regularium, de Silas, Roma 1658.
  • Historia della Religione de Padri Chierici Regolare dell Padre Gio Baptista del Tuffo, Rome 1609.
  • Vie de Saint André Avellin, P. de Tracy Théatin de Paris 1774.
  • Leben des heil. Andreas Avellinus Venise 1714, Cajetan Maria Majenis, écrite pour la première fois en welsh, réédité à Brescia puis retraduit en allemand et annoté par J. Edelweck, Munich, 1765.