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André Antoine Thomas

linguiste français

BiographieModifier

Il est né le à Saint-Yrieix-la-Montagne (Creuse), région à laquelle il restera fidèle en lui consacrant plusieurs études. D’origine modeste, il est d’abord élève à l’École des chartes en même temps qu’Alfred Leroux, l’ami d’une vie. Comme lui, il est à sa sortie (1878) stagiaire à la Bibliothèque nationale, mais – encouragé par ses maîtres Paul Meyer et Gaston Paris – il s’orientera très vite vers une carrière universitaire, bien que Leroux l’ait introduit dès 1879 dans le milieu archivistique limousin, où Thomas est « chargé du classement des archives de la mairie de Limoges »[1].

D’abord membre de l’École française de Rome (1879-1882), où il exploite les Archives du Vatican à la recherche de documents concernant le diocèse de Limoges ou encore les écrivains néo-latins, il soutient en 1883 sa thèse de doctorat sur Francesco da Barberino et la littérature provençale en Italie au Moyen Âge, à la suite de quoi il sera chargé de cours de langue et littérature romanes, puis maître de conférences (1886) et enfin professeur de langue et littérature de la France méridionale (1887-1893) à la Faculté des lettres de Toulouse. Chargé à partir de 1888 d’un cours complémentaire de philologie romane à la Sorbonne, il y devient professeur adjoint (1899) et enfin professeur titulaire de littérature du Moyen Âge et de philologie romane (1901).

Entretemps, il fonde à Toulouse les Annales du Midi (1889) qu’il dirige durant les dix premières années de la revue, avant de passer la main à Alfred Jeanroy. Le premier numéro comporte entre autres les signatures de Paul Meyer, Léopold Delisle et bien entendu Alfred Leroux, qui continuera d’y collaborer très régulièrement. De 1895 à 1910, il est directeur d’études de philologie romane à l’École pratique des Hautes Études (IVe section).

Élu le 2 décembre 1904 membre ordinaire de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, il est officier de la Légion d’honneur et sera également par deux fois élu président de la Société de l'École des chartes. À l’occasion de son soixante-dixième anniversaire paraît un imposant volume de Mélanges de Philologie et d’Histoire[2] (Paris, Champion 1927, 519 pages).

ŒuvresModifier

  • Les États généraux sous Charles VII. Étude chronologique d’après des documents inédits, Cabinet historique, 1878.
  • Les États provinciaux de la France centrale sous Charles VII, 2 vol, thèse de l’École des chartes, 1879-1880.
  • Rapport sur une mission philologique dans le département de la Creuse, 1879.
  • Les États provinciaux de la France centrale sous Charles VII, Revue historique, 1879.
  • Les miracles de Notre-Dame de Chartres. Texte latin inédit, in Bibliothèque de l’École des Chartes, 1881
  • Inventaire-sommaire des archives communales de Limoges antérieures à 1790, Limoges, 1882.
  • Extraits des archives du Vatican pour servir à l’histoire littéraire du Moyen Âge, in Mélanges de l’École française de Rome, 1882-1884.
  • Nouvelles recherches sur l’Entrée d’Espagne, chanson de geste franco-italienne, in Bibliothèques des Écoles françaises d’Athènes et de Rome, 1882.
  • Francesco da Barberino et la littérature provençale en Italie au Moyen Âge, thèse principale de doctorat, 1883.
  • De Joannis de Monsterolio vita et operibus, sive de romanarum litterarum studio apud Gallos instaurato Carolo VI regnante, thèse complémentaire, 1883.
  • Documents historiques bas-latins, provençaux et français, concernant principalement la Marche et le Limousin, 2 volumes en collaboration avec Alfred Leroux et Émile Molinier, 1883-1885.
  • Les registres de Boniface VIII. Recueil des bulles de ce pape publiées ou analysées d’après les manuscrits originaux des archives du Vatican, 4 volumes, édition en collaboration avec G. Digard, R. Fawtier et M. Faucon, 1884-1935.
  • Bertrand de Born. Poésies complètes, édition avec introduction, notes et glossaire, 1888.
  • Dictionnaire général de la langue française du commencement du XVIIe siècle jusqu’à nos jours, précédé d’un traité de la formation de la langue, 2 volumes en collaboration avec A. Hatzfeld et A. Darmesteter, 1890-1900.
  • Essais de philologie française, 1897.
  • Étymologies gasconnes, 1902.
  • Mélanges d’étymologie française, 1902, 2e édition revue et annotée en 1927.
  • Nouveaux essais de philologie française, 1904.
  • Cartulaire du prieuré de Notre-Dame-du-Pont en Haute-Auvergne, précédé de la biographie de son fondateur, Bertrand de Grifeuille, textes inédits du XIIe siècle, Annales du Midi, 1908.
  • Le comté de la Marche et le Parlement de Poitiers (1418-1436), recueil de documents inédits tirés des archives nationales, précédé d’une étude sur la géographie historique de la Marche au XIVe siècle et XVe siècles, 1910.
  • L’entrée d’Espagne, chanson de geste franco-italienne, publiée d’après le manuscrit unique de Venise, 2 volumes, 1913.
  • La chanson de sainte Foi d’Agen, poème provençal du XIe siècle, fac-similé, traduction, notes et glossaire, 1925.
  • La Somme du code, texte dauphinois de la région de Grenoble, publié d’après un manuscrit du XIIIe siècle appartenant à la Bibliothèque du château d’Uriage, en collaboration avec L. Royer, 1929.
  • Jean de Gerson et l’éducation des dauphins de France, étude critique, suivie du texte de deux de ses opuscules et documents inédits sur Jean Majoris, précepteur de Louis XI, 1930.

BibliographieModifier

  • Académie des Inscriptions et Belles-lettres, fiche André Antoine Thomas (voir : membres/académiciens depuis 1663).
  • François Olivier-Martin : Notice sur la vie et les travaux de M. Antoine Thomas (1857-1935), Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres no 4, 1943, p. 591-608.
  • Alfred Jeanroy : Antoine Thomas (1857-1935), Annales du Midi no 47, 1935, p. 426-431.

Notes et référencesModifier

  1. Société archéologique et historique du Limousin, séance du 29 juillet 1879 (cf. le Bulletin de ladite société, 1880, p. 297).
  2. Mélanges de philologie et d'histoire offerts à M. Antoine Thomas par ses élèves et ses amis, Paris, Champion, 1927. Hommage à M. Antoine Thomas (29 mars 1927). Allocutions de MM. D. S. Blondheim, M. Roques, A. Jeanroy, P. Fournier, L. Lacrocq, F. Brunot et A. Thomas. Paris, Champion, 1927.

Liens externesModifier