Anastase Mikoïan

homme d’État soviétique
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Anastase Mikoïan
Illustration.
Anastase Mikoïan le .
Fonctions
Vice-président du Conseil des ministres de l'Union soviétique
Premier ministre Nikolaï Boulganine
Nikita Khrouchtchev
Prédécesseur Lazare Kaganovitch
Successeur Mikhail Pervoukhine
Président du Præsidium du Soviet suprême de l'URSS
Prédécesseur Léonid Brejnev
Successeur Nikolaï Podgorny
Membre du Politburo
Biographie
Nom de naissance Anastase Ivanovitch Mikoïan
Date de naissance
Lieu de naissance Drapeau de l'Empire russe Sanahien, Gouvernement d'Elisavetpol, Empire russe
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Drapeau de l'URSS Moscou, Russie, URSS
Nationalité Drapeau de l'Arménie Arménien / Drapeau de l'URSS Soviétique
Parti politique PCUS
Fratrie Artem Mikoïan (frère)
Enfants Sergo Mikoïan (fils)
Profession Diplomate

Anastase Ivanovitch Mikoïan, ou Mikoyan (en arménien : Անաստաս Հովհաննեսի Միկոյան, Anastas Hovhannesi Mikoyan ; en russe : Анастас Иванович Микоян), né à Sanahin (Arménie) le 13 novembre 1895 ( dans le calendrier grégorien) et mort à Moscou le , est un homme d'État soviétique.

Mikoïan, Staline et Ordjonikidze en 1925.

Mikoïan a effectué d'importants voyages diplomatiques clefs à Cuba, allié de l'URSS, ainsi qu'aux États-Unis. Ses différents déplacements lui permettent d'acquérir un statut important sur la scène diplomatique internationale. Il est le frère du concepteur d'avions Artem Mikoïan.

BiographieModifier

Issu d'une famille arménienne modeste, il étudia la théologie et se destina tout d'abord à la prêtrise, comme Staline. Durant la Première Guerre mondiale, il abandonna cette voie et adhéra au POSDR (tendance bolchévique) en 1915[1].

Il participa à la révolution d'Octobre dans le Caucase. Pendant la guerre civile, il fut arrêté par l'armée britannique à Bakou ; il parvint à s'évader et à gagner Moscou où il rejoignit Lénine et les autres dirigeants bolcheviks.

Il devint membre du Comité central à partir de 1923. Après la mort de Lénine, il fut l'allié de Staline. Il occupa ensuite des postes de Commissaire du Peuple pour le Commerce intérieur et international et œuvra pour le développement de l'industrie alimentaire. Il participa également à la dékoulakisation, dirigeant personnellement des expéditions en campagne[2]. En 1935, il fut élu au Politburo. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il fit partie du Comité de Défense d'État avec la responsabilité des questions de logistique.

Staline fit arrêter deux de ses fils.

Après la guerre, lui et Molotov tombèrent en disgrâce, subissant probablement là les conséquences d'une trop grande longévité au sein de l'appareil communiste. Lors du XIXe congrès du PCUS, en , ils furent violemment attaqués par Staline, et n'eurent probablement la vie sauve que grâce à la mort du dictateur en .

Après avoir occupé différents postes élevés au gouvernement — il fut notamment ministre du Commerce de Malenkov —, il soutint pourtant Khrouchtchev contre Malenkov et en fut récompensé par sa nomination comme vice-premier ministre de 1955 à 1957, puis de 1958 à 1964.

En 1964, après la chute de Khrouchtchev, il fut élu président du Présidium du Soviet suprême, c'est-à-dire chef de l'État en titre, jusqu'en 1965.

Il écrivit ses mémoires en 1970. Son épouse est décédée en 1962.

Vie privée et personnalitéModifier

Simon Sebag Montefiore le décrit comme « mince, réservé, astucieux et travailleur […] extrêmement intelligent et caustique »[1]. Il était très proche de Staline, qu’il ne craignait pas de contredire[1], et mangeait fréquemment chez lui. Leurs enfants respectifs jouaient souvent ensemble, et Staline surnommait ceux de Mikoïan les « Mikoïantchik »[3]. Anastase était un père très strict, qui tenait à son rang de membre du Politburo, et reprochait à sa mère de « s’oublier » quand elle prenait ses petits-enfants dans ses bras[4]. Il comprenait l’anglais et avait appris l’allemand en autodidacte, traduisant Das Kapital en 1931[1]. Il était également bon danseur, notamment de lezginka, gopak et polka[5].

ŒuvresModifier

  • Une vie de lutte traduit du russe sous la rédaction de Mireille Lukoševicius, Éditions du Progrès 1973 (486 p.)

DistinctionsModifier

Principaux titres et décorations, classés par ordre de préséance :

RéférencesModifier

BibliographieModifier

  • Simon Sebag Montefiore (trad. Florence La Bruyère et Antonina Roubichou-Stretz), Staline : La cour du tsar rouge, vol. I. 1929-1941, Perrin, , 723 p. (ISBN 978-2-262-03434-4).  


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