Anacaona

Femme taïno rebelle d'Hispanola

Anacaona, née en 1474 et morte en 1504[1], est une cacique du caciquat du Xaragua sur l'île Hispaniola, laquelle portait le nom d'Ahatti ou Bohio en langue taïno.

Anacaona
Vida y viajes de Cristóbal Colón-1852-Honores Tributados à la Reina Anacaona.png
Biographie
Naissance
Décès
Activités
Fratrie
Bohechio (Cacique) (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Caonabo (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Higuemota (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Elle succède à son frère Bohechio. Elle est pendue sur ordre du gouverneur espagnol Nicolás de Ovando.

BiographieModifier

Anacaona est née à Yaguana, la capitale de Xaragua (actuellement Léogâne, Haïti)[2].

Son nom est dérivé des mots taíno « ana », qui signifie « fleur », et « caona », qui signifie « or, doré »[3].

Son frère, Bohechío, est un chef local et a consolidé le pouvoir sur tous les territoires à l'ouest de Xaragua en 1475[4].

En 1492, Christophe Colomb arrive dans le royaume de Marien, à la recherche d'une route directe vers les Indes. À son arrivée, il est accueilli par des Taïnos, qui sont beaucoup plus petits que les Espagnols. Il est accueilli avec de l'or, du maïs et d'autres ressources naturelles. En 1493, la couronne espagnole établi des colonies pour extraire ces minéraux. Les Tainos sont kidnappés, assassinés, violés et réduits en esclavage pour satisfaire les besoins de la couronne espagnole[3].

Après la mort de Bohecio en 1500, Anacoana règne jusqu'à son exécution[5].

Arrestation et mortModifier

 
Anacaona
 
Le massacre de la reine Anacaona et de ses sujets. Gravure probablement de Joos van Winghe, publiée en 1598 dans la Brevísima relación de la destrucción de las Indias de Bartolomé de las Casas. Les Espagnols brûlent un bâtiment plein d'Amérindiens ; la noble amérindienne est pendue à un arbre. En arrière-plan, des Espagnols poursuivent à cheval les indigènes. Après une réception célébrant l'arrivée du gouverneur d'Hispaniola, Nicolás de Ovando, l'entourage de la reine Anacaona est brûlé vif. En déférence à son rang, elle fut pendue.

À l'automne 1503, le gouverneur de Nicolas Ovando et son groupe de 300 personnes se rendent à pied à Xaragua[5]. Ils sont reçus lors d'une cérémonie par Anacaona, ses nobles, et plusieurs chefs taïnos[5].

Alors que les Taïnos présentent la réception comme un geste de bienvenue, les Espagnols présents la caractérisent comme une distraction[6]. Le parti d'Ovando pense qu'Anacoana et les chefs préparent une révolte[5]. Ovando attire les chefs dans une grande hutte pour un tournoi et donne le signal aux Espagnols pour qu'ils saisissent et ligotent les caciques[7]. Les caciques sont brûlés dans la hutte, tandis que d'autres Taïnos  sont abattus à l'extérieur. Anacaona est arrêtée et pendue[6].

Selon l'historien Troy Floyd, les récits de ces événements restent incertains pour de nombreuses raisons. Même si les récits séparés donnent l'impression qu'il s'agit d'une lutte parfaitement séparée entre les Taïnos et les Espagnols, les deux groupes ont coexisté et se sont liés par des mariages mixtes pendant les six années précédentes[6].

InfluenceModifier

Anacaona est également poète et compositrice, et est par conséquent commémorée dans l'art et la littérature contemporains à travers les Caraïbes[8]. Une statue la commémorant se trouve à Léogane, à Haïti[9].

LittératureModifier

  • (en) Edwidge Danticat, Anacaona: Golden Flower, Haiti, The Royal Diaries series, .  
  • (en + fr) Maryse Noël Roumain, Anacaona, Ayiti's Taino Queen/Anacaona, La Reine Taino D'Ayiti, Trafford Publishing, (ISBN 9781466951990, lire en ligne).  

MusiqueModifier

BibliographieModifier

  • (es) Pedro L Vergés Vidal, Anacaona (1474-1503), Editora Montalvo, (lire en ligne).  
  • F.A. Kirkpatrick, Les conquistadors espagnols, Paris, Payot, .  
  • William Robertson, L'histoire de l'Amérique, Janet et Colelle Librairie, .  
  • Jean Métellus, Anacacona, Collection Monde Noir, (ISBN 2747301893).  

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (es) « MUSEO ANACAONA - Taino Museum ~ The History Of The Queen Anacaona », sur MUSEO ANACAONA  - Taino Museum (consulté le 9 novembre 2020).
  2. (en) Michael R. Hall, Historical Dictionary of Haiti, Scarecrow Press, (ISBN 978-0-8108-7810-5, lire en ligne).
  3. a et b Franklin W. Knight et Henry Louis Gates, Dictionary of Caribbean and Afro–Latin American Biography, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-993579-6, lire en ligne).
  4. (en) Manuel de Jesús Galván, « A novel look at the environment of marriage in the first colony », (consulté le 9 novembre 2020).
  5. a b c et d (en) Bartolomé de las Casas, A Short Account of the Destruction of the Indies, EMPIRE BOOKS, (ISBN 978-1-61949-146-5, lire en ligne)
  6. a b et c Ursula Lamb, « The Columbus Dynasty in the Caribbean, 1492-1526 », Hispanic American Historical Review, vol. 54, no 4,‎ , p. 703–706 (ISSN 0018-2168 et 1527-1900, DOI 10.1215/00182168-54.4.703, lire en ligne, consulté le 10 novembre 2020)
  7. Lawrence A. Clayton, « Las Casas the Political Animal », dans Bartolomé de las Casas, Cambridge University Press (ISBN 978-1-139-04740-1, lire en ligne), p. 151–187
  8. (en) Edwidge Danticat, Anacaona, Golden Flower, Scholastic, (ISBN 978-0-439-49906-4 et 978-1-4155-8214-5, OCLC 55671862, lire en ligne)
  9. « Le spectacle des majors-joncs au rara à Léogâne », sur Le Nouvelliste (consulté le 10 novembre 2020)