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Anémone (actrice)

actrice française
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Anémone (homonymie) et Bourguignon.
Anémone
Anemone2-Le Petit Nicolas-Avant Première.jpg
Anémone lors de l'avant-première
du film Le Petit Nicolas en 2009.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 68 ans)
PoitiersVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Anne Madeleine Louise Bourguignon
Pseudonyme
AnémoneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Fratrie
Autres informations
Distinction
Films notables

Anne Bourguignon, dite Anémone, est une actrice et scénariste française, née le à Paris et morte le à Poitiers (Vienne).

Principalement connue du grand public pour le rôle de Thérèse dans Le père Noël est une ordure en 1982, elle est lauréate du César de la meilleure actrice, en 1988, pour le rôle de Marcelle dans Le Grand Chemin.

BiographieModifier

Famille et formationModifier

Anne Madeleine Louise Bourguignon est née le dans le 15e arrondissement de Paris du mariage d'André Bourguignon, psychiatre, et de Claire Justin-Besançon[1]. Elle est la sœur aînée de Claude Bourguignon, ingénieur agronome français, né en .

Elle passe son enfance au Château Mauras, propriété familiale à Bommes, en Gironde.

Après des études primaires et secondaires à l'école Sainte-Marie des Invalides, au lycée Victor-Duruy, au cours Gaudéchaux, au cours Jaillard, au collège Sévigné, au sein de la congrégation des chanoinesses de Saint-Augustin de la Congrégation Notre-Dame (au couvent Notre-Dame-des-Oiseaux à Megève, à l'institut Saint-Pierre Fourier à Brunoy), à l'institut Notre-Dame à Épernay, elle poursuit des études supérieures à l'université Paris-III puis à l'université Paris-X[1].

Peu après 1968, elle a une « petite histoire brève » avec Brice Lalonde[2].

Anémone est mère de deux enfants : Jacob et Lily[1], cette dernière née de sa relation avec le réalisateur Philippe Galland[2].

Carrière professionnelleModifier

DébutsModifier

Anémone commence au café-théâtre, avec la troupe du Splendid. Elle tient son pseudonyme du premier film dans lequel elle a tourné, Anémone de Philippe Garrel.

C'est Coluche qui lui offre son premier grand rôle au cinéma dans Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine en 1977.

En 1979, elle crée sur scène la pièce écrite par la troupe du Splendid, Le père Noël est une ordure. Son rôle de Thérèse lui vaut un grand succès auprès du public, succès confirmé et amplifié par l'adaptation de la pièce au cinéma, réalisée par Jean-Marie Poiré.

Succès dans les années 1980Modifier

Dans les années 1980, Anémone est une actrice très populaire qui tient la vedette de nombreuses comédies : Ma femme s'appelle reviens, Les Babas-cool, Pour cent briques, t'as plus rien..., Le Quart d'heure américain, et Le Mariage du siècle dont elle écrit en grande partie le scénario. Michel Deville (Péril en la demeure, Aux petits bonheurs), puis Jean-Loup Hubert lui offrent des rôles plus sérieux à partir de 1985. Contre-emplois réussis, puisqu'elle remporte le César de la meilleure actrice pour Le Grand Chemin en 1988.

Années 1990-2010Modifier

 
Anémone sur un tournage à Bruxelles en 2005.

Plus discrète dans les années 1990, Anémone travaille avec Tonie Marshall (Pas très catholique, Enfants de salaud), Romain Goupil (Maman) ou Christine Pascal, dans le remarqué Le petit prince a dit. En 1996, elle joue dans l'adaptation de la bande dessinée de Binet, Les Bidochon, film qui sera un échec. En 2010, Anémone revient au cinéma avec le film Les Amours secrètes de Franck Phelizon.

Elle se tourne alors vers le théâtre, jouant dans L'Avare pour Roger Planchon, Mademoiselle Werner au Théâtre des Variétés ou Les Nœuds au mouchoir au Palais des glaces qu'elle annonce être sa dernière pièce fin 2017. Le , lors d'une interview accordée au quotidien Le Parisien, elle annonce mettre définitivement fin à sa carrière le , et porte un regard très critique et désabusé sur ce qu'est devenu le monde en général, et celui du show-bizz en particulier[3].

Fin de vie et mortModifier

Militante comme son frère pour un retour à une société plus éthique et écologique, Anémone choisit de vivre à la campagne dans le petit village du Poitou, dans les environs de Lezay.

Elle meurt le [4] à Poitiers (Vienne)[5] des suites d'un cancer du poumon[6],[7]. Elle reconnaissait être une « fumeuse invétérée »[8].

ControverseModifier

Quelques mois après la mort d'Anémone, en , l'Administration fédérale suisse des contributions lance un appel pour que ses héritiers se fassent connaître afin d'accéder à ses comptes bancaires. Cette information selon lesquelles elle possédait des comptes secrets dans ce pays à la fiscalité avantageuse surprend alors qu'elle était connue pour ses critiques contre la société capitaliste[9],[10].

Le fils aîné d'Anémone déclare peu après : « Notre grand-mère, qui résidait en Suisse, a fait un don de son vivant à ma mère, ça s'arrête là. Elle n'est pas dans l'illégalité, tout est clair, elle n'a pas planqué d'argent là-bas. […] On avait besoin de liquidités pour les droits de succession, et à partir de là, on a fait appel à ce compte. Ensuite, tout le monde s'est imaginé que ma mère avait des comptes cachés en Suisse, ce qui n'est pas vrai du tout. C'est en gros l'argent de la famille »[11]. L'ancien agent de la comédienne indique que « les comptes suisses résultent de donations en nue-propriété, récentes et déclarées à l'administration fiscale française »[11].

Prises de positionModifier

Anémone soutient Antoine Waechter, candidat des Verts à l'élection présidentielle de 1988[12].

En 1989, elle devient la marraine de la première version de Reporterre, journal qui traite des problématiques environnementales et sociales[13].

Elle est candidate aux élections municipales de 1995 à Paris sur la liste « Paris Écologie solidarité citoyenneté » dans le 20e arrondissement[12].

En 2002, elle participe au Forum social mondial[14]. En 2003, elle participe avec la Confédération paysanne, des élus Verts français et quelques citoyens connus, comme Lambert Wilson, Robert Guédiguian, à un arrachage de soja génétiquement modifié pour les remplacer par du soja traditionnel[15].

Elle s'exprime en faveur du « non » lors du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen. Elle soutient Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle de 2012[16].

FilmographieModifier

CinémaModifier

Années 1970Modifier

Années 1980Modifier

Années 1990Modifier

Années 2000Modifier

Années 2010Modifier

Courts métragesModifier

TélévisionModifier

PrixModifier

Liste des récompenses et nominations
Année Titre du film Catégorie Résultat
1986 Péril en la demeure César de la meilleure actrice dans un second rôle Nomination
1988 Le Grand Chemin César de la meilleure actrice Lauréat
1993 Le petit prince a dit César de la meilleure actrice Nomination
1995 Pas très catholique César de la meilleure actrice Nomination
1999 Lautrec César de la meilleure actrice dans un second rôle Nomination

ThéâtreModifier

OpéraModifier

Hommage en bande dessinéeModifier

En 2010, l'ouvrage Drôles de femmes aux éditions Dargaud écrit par la journaliste Julie Birmant et illustré par Catherine Meurisse s'intéresse à Anémone, Yolande Moreau, Dominique Lavanant, Sylvie Joly, Florence Cestac, Michèle Bernier, Claire Bretécher, Tsilla Chelton et Amélie Nothomb[17]. Selon le magazine Le Nouvel Observateur :

« Dix artistes féministes livrent spontanément des pans de leur carrière, leurs histoires de famille, mais aussi leurs doutes. Très bavard, très touffu, ce livre est vraiment une réussite, et un bel hommage à des femmes atypiques[17]. »

La journaliste rencontre « Anémone avec son chihuahua au fin fond de la campagne »[18], et Catherine Meurisse, l'illustratrice, les rencontrera aussi pour leurs représentations dessinées[19].

AscendanceModifier

  • Justin Louis Eugène Besançon dit Louis Justin-Besançon, professeur de médecine, épouse Madeleine Marie Louise Delagrange
    • Julie Besançon épouse André Bourguignon (1920-1996)
      • Anne Madeleine Louise Bourguignon dite Anémone
      • Claude Bourguignon (1951), ingénieur agronome, épouse Lydia Gabucci
    • Alain Besançon (1932), historien, épouse en 1954 Marie Goldstyn (1930)
    • François Besançon

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Who’s Who in France : dictionnaire biographique, Éditions Jacques Lafitte, , p. 125.
  2. a et b Julia Avellaneda, « Anémone : elle a eu une liaison avec un homme politique », sur gala.fr, (consulté le 10 mai 2019).
  3. « À la veille de la retraite, Anémone dénonce le "pantin médiatique" Johnny Hallyday », sur Le Figaro.fr, .
  4. Claire Gaveau et Sylvain Zimmermann, « L'actrice Anémone est décédée à l'âge de 68 ans », sur RTL.fr, .
  5. Isabelle Rivière, « Anémone est morte, la comédienne française qui vivait dans les Deux-Sèvres avait 68 ans », sur France Bleu.fr, .
  6. Juliette Mitoyen, « Mort d'Anémone : malade, elle a été emportée par un cancer du poumon », sur L'Internaute.com, .
  7. Cyril Brioulet, « L'actrice Anémone meurt à 68 ans d'un cancer du poumon », sur La Depeche.fr, .
  8. Camille Nevers, « Anémone est morte, le Père-Lachaise est une ordure », sur Libération.fr, .
  9. Marc Fourny, « L'actrice Anémone possédait des comptes en Suisse », sur Le Point.fr, .
  10. « Anémone : l'actrice possédait des comptes bancaires secrets en Suisse », sur femmeactuelle.fr, .
  11. a et b Marc Fourny, « Compte suisse d'Anémone : la famille donne des précisions », lepoint.fr, 11 novembre 2019.
  12. a et b « L'actrice Anémone, grande gueule au cœur tendre, est morte à l'âge de 68 ans », sur France Info, (consulté le 30 avril 2019).
  13. « Adieu, amie Anémone, et merci », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le 2 mai 2019)
  14. Compte rendu du FSM 2002 (archive), presse-francophone.org.
  15. « Commando people en contre-champs. Opération d'arrachage d'OGM hier dans la Marne », Matthieu Ecoiffier, Libération.fr, 17 janvier 2003.
  16. « La "mélenchonisation" d'Eva Joly inquiète une partie d'Europe Écologie », Raphaëlle Besse Desmoulières et Anne-Sophie Mercier, Le Monde.fr, 14 janvier 2012.
  17. a et b « Les Drôles de femmes », L'Obs.fr, 12 février 2010.
  18. Fiche de l'album, sur le site de l'éditeur, dargaud.com.
  19. « Tout est à Lavanant », Catherine Meurisse, Libération.fr, 6 mars 2010.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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