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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Granell.

Amado Granell
Amado Granell

Naissance
Borriana, province de Castellón
Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Décès (à 73 ans)
Sueca, province de Valence
Drapeau de l'Espagne Espagne
Allégeance Flag of Spain (1931–1939).svg République espagnole
Drapeau de la France France libre
Arme Tercio
49e Brigade mixte de l'Armée populaire de la République espagnole
Légion étrangère
2e Division blindée
Grade Lieutenant-colonel
Lieutenant
Années de service 19221923
1936-1945
Conflits Guerre du Rif
Guerre d'Espagne
Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Bataille de Teruel
Campagne de Tunisie
Campagne de Normandie
Libération de Paris
Bataille des Vosges
Distinctions Croix de guerre 39-45
Légion d'honneur
Charlie Hebdo València - 1.jpeg

Amado Granell Mesado, né le à Borriana et mort le à Sueca[1], est un homme politique espagnol et un Héros de la France Libre.

Il est le premier officier allié à entrer dans l'Hôtel de ville de Paris lors de la Libération de la ville.

Sommaire

BiographieModifier

Originaire de la ville de Burriana, dans la province de Castellón, Amado Granell connaît son baptême du feu comme légionnaire au sein du Tercio espagnol, en 1921 durant la guerre du Rif au Maroc.

De retour du front, il devient électricien avant d'ouvrir dans la ville d'Orihuela un magasin de motocyclettes. Parallèlement, l'ancien légionnaire s'engage en politique au sein de la Gauche Républicaine de Manuel Azaña en devenant conseiller municipal lors de l'élection du Front populaire en 1936. Syndicaliste à l'Union générale des travailleurs, Amado Granell est l'un des meneurs de la grande grève générale organisée à Alicante en 1934.

Lorsqu'éclate la Guerre civile, il combat comme officier dans une unité motorisée de l'Armée républicaine. Il participe tour à tour à la bataille de Madrid, à Teruel, à Castellón. En 1938, il est désigné pour diriger la 49e division.

Réfugié à Oran après la défaite en 1939, il connait dans un premier temps les camps avant d'essayer de survivre dans l'Algérie vichyste. Lors du déclenchement du débarquement anglo-américain, l'opération Torch, il sert de guide aux troupes américaines.

Il se réengage sous les ordres de l'ancien brigadiste Joseph Putz, dans les Corps francs d'Afrique en 1942 Désormais officier de la France libre, il s'illustre durant la campagne de Tunisie lors de la bataille de Kasserine avant de participer héroïquement à la libération de Bizerte. Il est décoré à ce titre de la Croix de guerre avec palmes. Il décide de rejoindre les troupes du général Leclerc et devient l'officier espagnol de "la Nueve".

Le "Premier" libérateur de Paris

Lors de la Libération de Paris, le lieutenant Granell est le premier soldat à être reçu à l'Hôtel de ville de Paris par Georges Bidault, le président du Conseil national de la Résistance[2],[3],[4]. Dans la première page du journal "Libération" du 25 août 1944, apparait Amado Granell à droite photographié avec le préfet de police de Paris. Amado Granell est décrit, à tort, dans le journal comme un soldat américain. De même une erreur figure dans le titre puisqu'il est indiqué que c'est un homme du capitaine Bronne. En réalité il s'agit de l'unité du capitaine Raymond Dronne, dont Amado Granell était le bras droit.

Lors du grand défilé de la victoire le 26 août, où le général de Gaulle descend, accompagné des dirigeants de la Résistance, les Champs-Elysées, c'est encore Granell qui assure la sécurité du cortège.

Il s'illustre par la suite durant les campagnes des Vosges et d'Alsace avant d'être démobilisé en 1945.

Émissaire secret des exilés auprès de l'héritier au trône

Refusant la naturalisation, il rejette également le poste de ministre de la Défense proposé par l'ancien ministre Miguel Maura qui désirait reconstituer un gouvernement républicain provisoire. Amado Granell se rapproche de l'ancien premier ministre socialiste Francisco Largo Caballero tout juste rentré de déportation. Soutenu par les Britanniques, Granell devient l'émissaire secret des exilés espagnols auprès de Don Juan de Borbón, l'héritier au trône espagnol. Auréolé de ses états de service dans l'armée française, il prend une place de plus en plus centrale chez les émigrés. Pendant deux ans, il parcourt l'Europe afin de rapprocher républicains et monarchistes pour renverser Franco. À la suite de l'échec des négociations, l'ancien officier de Leclerc revient clandestinement en Espagne où il meurt d'un accident de voiture encore non résolu.

Il meurt sans avoir eu le temps de terminer l'écriture de ses mémoires, "La Guerre faite par un civil".

DistinctionsModifier

Citation

Le général Leclerc le décora en 1947 de la Légion d'honneur avec ces mots : « S'il est vrai que Napoléon a créé la Légion d'honneur pour récompenser les braves, personne ne la mérite plus que vous. »[1]

Surnom

Dans son ouvrage concernant la Deuxième Division Blindée, l'historien militaire Erwan Bergot surnomme l'officier espagnol « le plus ardents des Cosaques ».

BibliographieModifier

  • Cyril Garcia, Amado Granell, le libérateur de Paris, éd. l'Harmattan, 2016.

Notes et référencesModifier

  1. a et b http://holocaustoenespanol.blogspot.fr/2010/01/amado-granell-mesado-el-valenciano-que.html
  2. http://www.monde-diplomatique.fr/2004/08/FERNANDEZ_RECATALA/11465%7C Ces Espagnols qui ont libéré Paris, Denis Fernandez Recatala, Le Monde diplomatique
  3. Viva España !, Marc Fernandez, Le Monde https://www.lemonde.fr/voyage/article/2009/07/14/viva-espana_1339583_3546.html
  4. Evelyn Mesquida, La Nueve, 24 août 1944 : ces Républicains espagnols qui ont libéré Paris, Le Cherche Midi, coll. Documents, Paris, 2011, 380 p. trad. de l'espagnol par Serge Utgé-Royo, préf. de Jorge Semprun, postf. de Michel Roquejeoffre