Alphonse d'Aragon (1481-1500)

Duc de Bisceglie et prince de Salerno

Alphonse d'Aragon (1481-), duc de Bisceglie, prince de Salerno, est le fils naturel du roi Alphonse II de Naples et de Trogia Gazzela.

Alphonse d'Aragon
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Titre de noblesse
Duc
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
Alfonso d'AragonaVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Famille
Père
Mère
Trogia Gazzela (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint
Enfant

Deuxième mari de Lucrèce Borgia, il fut assassiné par Michelotto Corella, homme de main de son beau-frère César Borgia.

BiographieModifier

MariageModifier

Le pape Alexandre VI voulait le remariage de sa fille Lucrèce avec Alphonse, pour favoriser le mariage de son fils César avec Charlotte d'Aragon-Naples, et avoir ainsi un pied dans le royaume de Naples.

Le mariage est célébré le après une question complexe sur la dot de Lucrèce, en présence du cardinal Ascanio Sforza, au palais de Santa Maria in Portico à Naples. Le a lieu une seconde cérémonie.

Tentative de fuiteModifier

Mais la politique d'alliance des Borgia changeait rapidement : abandonnant son intérêt pour Naples, César s'est tourné vers une politique pro-française pour épouser Charlotte d'Albret, sœur du roi Jean III de Navarre. Ne se sentant plus en sécurité à Rome, Alphonse d'Aragon quitta la ville en secret le , laissant sa femme Lucrèce enceinte de six mois, et partit pour Naples. Une lettre qu'il eut adressé à sa femme pendant sa fuite tomba dans les mains d'Alexandre VI, qui força le roi de Naples à renvoyer Alphonse, son neveu, à Rome.

Le naît Rodrigue d'Aragon, le premier et le seul fils du couple (il mourra à 13 ans en 1512).

Le , Alphonse a été attaqué sur les marches de la place Saint-Pierre par des inconnus[1], qui le frappèrent à la tête avant d'être surpris par des gardiens et de devoir prendre la fuite. Gravement blessé, il a été porté dans des appartements, au-dessus de ceux du pape. Tout porta à croire que César Borgia, son beau-frère, fut le commanditaire de cette agression.

AssassinatModifier

Un mois plus tard, César Borgia serait venu rendre visite à Alphonse d'Aragon, et lui aurait murmuré à l'oreille : «  Ce qui ne s'est pas fait au déjeuner, se fera au souper ». Le pape Alexandre VI fut avisé de ces paroles par l'ambassadeur vénitien Paolo Capello, et lui répondit : « s'il a pris sur lui de châtier son beau-frère, c'est que celui-ci l'a bien mérité ! » Le , alors qu'Alphonse est dans sa chambre avec son épouse et une parente, les hommes de César menés par Michelotto Corella éloignent les deux femmes par la ruse, et assassinent Alphonse. Jean Burckhart écrivit :

« Dato che don Alfonso rifiutava di morire delle sue ferite, fu strangolato nel letto[2] »

— Ivan Cloulas, I Borgia (it), Rome, Salerno Editrice, 1989, p. 241 (ISBN 88-8402-009-3)

La justification que donna César à son père, le pape Alexandre VI, est qu'Alphonse fomentait un complot visant à le tuer. La nouvelle de l'assassinat s'est rapidement propagée, même à l'étranger.

Lucrèce Borgia épousa Alphonse Ier d'Este, deux ans plus tard.

PostéritéModifier

De Lucrèce Borgia, Alphonse eut :

BibliographieModifier

  • Sarah Bradford, Lucrezia Borgia, Milan, Mondadori, 2005 (ISBN 88-04-55627-7)
  • Claude Merle, Le Sang d'Aragon, Intervista, 2007.

Notes et référencesModifier

SourceModifier

NoteModifier

  1. Entretien avec Ivan Cloulas, La Nouvelle Revue d'histoire, janvier 2008
  2. « Étant donné qu'Alphonse refusa de mourir de ses blessures, il fut étranglé dans son lit. »

Voir aussiModifier

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