Alphonse Van Gele

explorateur belge du Congo

Alphonse Van Gele ou Vangele, Van Gelé, Van Gèle (né à Bruxelles le en Belgique et mort à 90 ans, le à Bruxelles) est un explorateur et Colonel belge qui a participé à l'exploration du Congo, à l'époque État Indépendant du Congo, possession personnelle du roi Léopold II, à la fin du XIXe siècle. Il fut aussi officier d'ordonnance de ce dernier.

Alphonse van Gele
Stanley Founding of Congo Free State 265 Lieutenant Vangele.jpg
Alphonse Van Gele.
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Grade militaire

BiographieModifier

Dès 1881, Van Gele offre ses services à l'Association internationale africaine. En , il arrive à Vivi accompagné de Louis Pierre Valcke. Stanley est déjà sur place et organise l'occupation effectives et progressive des territoires congolais par les Belges et d'autres Européens. Louis Valcke avait recruté sur les côtes orientales de l'Afrique 250 Zanzibarites et Stanley confie à Valcke et à Van Gele la mission de construire une route de Vivi à Isangila. Le but de Stanley est de pouvoir acheminer jusqu'à Kinshasa (Léopoldville) un vapeur permettant des explorations plus lointaines. Van Gele, épuisé par les travaux de constructions et le climat, est pris d'accès de fièvre et doit être évacué sur Boma. Quand il revient guéri il prend la place de Valcke qui a créé un poste-relais entre Manyanga[1] et Kinshasa.

En , Van Gele est choisi par Stanley, avec Camille Coquilhat pour participer à une expédition vers le Haut-Ubangi. Une flottille de 3 vapeurs y participe. Arrivé par le fleuve jusqu'à Wangata, Stanley charge ses deux assistants de créer là une station entourée de plantations et de prendre contact avec la population. Cette station appelée Équateurville deviendra plus tard Coquilhatville et est actuellement la ville de Mbandaka.

Au début 1884, Van Gele laisse à Coquilhat la garde du posté créé et part explorer la rivière Ruki et l'Ubangi avec le capitaine Edmond Hanssens. Après avoir remonté l'Ubangi sur 40 kilomètres, ils échangent un traité avec le chef local Makoka qui place les deux rives de l'Oubangui, sous la protection de l'Association internationale africaine[2].

 
Frontière nord et nord ouest de l'État Indépendant du Congo après la convention du avec la France : méridien 17° est et latitude 4° nord mais jusqu'à l'Ubangi [3]
 
République centrafricaine carte et tracé du Mbomou frontière toujours actuelle

En 1885, malgré la Conférence de Berlin de 1885, un différend politico-diplomatique éclate entre la France et l'État indépendant du Congo. La France prétend repousser les frontières entre ce dernier et ses territoires coloniaux vers l'est au détriment de l'État indépendant du Congo. Les français refusent le partage de l'Ubangi et la nomination d'un arbitre international devient nécessaire. Van Gele, qui connaît bien la région, est chargé d'une expédition dans l'Ubangi accompagné de l'explorateur allemand, sujet de l'Empire russe, Wilhelm Junker[3]. Elle est organisée en 1886. Après 98 jours de navigation, d'énormes difficultés pour passer les zones de chutes sur les rivières, et trois tentatives ils parviennent jusqu'au Haut-Ubangi à Yakoma près du confluent où l'Uele se jette dans l'Ubangi. L'Ubangi remonte sous le nom de Mbomou vers sa source droite, l'Uele remontant à sa source gauche. Le Mbomou va pouvoir définir plus au nord la frontière entre les deux pays en litige. L'État Indépendant du Congo perdra par contre les territoires situés sur la rive droite de l'Ubangi dans les régions de Likouala (actuellement en République du Congo) et de Bangui en République centrafricaine. En les Français signent une convention avec Léopold II. Ce dernier est satisfait vu les territoires obtenus en compensation, au nord sur la rive gauche du Mbomou dont Van Gele a repéré l'emplacement. Les Français aussi qui récupèrent quant à eux toute la rive droite de l'Ubangi alors que précédemment c'était le 17e parallèle qui fixait la frontière [4]. Le roi Léopold obtient également le droit de lancer des emprunts à lots en France grâce à l'entente sauvegardée. En Van Gele retourne en Europe. Mais six ans plus tard il est rappelé pour prendre la fonction de Vice-Gouverneur général du Congo (EIC), le à la place du baron Francis Dhanis. Le il quitte toutefois ce poste et rentre en Europe le . Il prend alors sa pension de militaire et offre ses services de conseiller dans les conseils d'administration des grandes entreprises belges coloniales. Il épouse à Bruxelles[5] le 7 novembre 1899 Lucie Julien. Il meurt à Bruxelles le titulaire de nombreuses distinctions honorifiques. Une rue de la commune d'Etterbeek à Bruxelles porte son nom : rue Colonel Van Gele.

Il est inhumé au Cimetière de Bruxelles à Evere.

Distinctions honorifiquesModifier

RéférencesModifier

  1. village situé à mi-distance entre Matadi et Kinshasa sur la rive droite du fleuve Congo à la frontière avec la République du Congo à l'époque colonie française
  2. Académie royale des sciences d'outre-mer :Biographie in französischer Sprache
  3. a et b Emerson p.180.
  4. Emerson 181.
  5. Acte de mariage n° 2005 du 7 novembre 1899 de la ville de Bruxelles : Alphonse Cyrile Vangele, né à Bruxelles le 25 avril 1848 de feue Marie Vangele, major retraité, chevalier de l'Ordre de Léopold, décoré de la Croix militaire de première classe, chevalier de l'Etoile africaine et de l'Etoile de Service du Congo à trois raies, résident place du Trône 4 à Bruxelles, épouse Lucie Jeanne Edmonde Joséphine Julien, née à Gand le 10 octobre 1874, résidente à la rue de Trèves 76 à Bruxelles, sans profession, fille de feu Edmond Louis Joseph Julien et de Louise Justine Herrewegh, rentière. Contrat de mariage passé pardevant le notaire Barbé à Bruxelles le 2 novembre 1899.

BibliographieModifier

  • Barbara Emerson (trad. Hervé Douxchamps et Gérard Colson), Léopold II, le royaume et l'empire, Paris-Gembloux, Duculot, (ISBN 2-80110287-5 (édité erroné), notice BnF no FRBNF34635302)
  • Renier, Gustave, L'œuvre civilisatrice au Congo. Héroisme & patriotisme des belges [par le] commandant adt. d'ett.-mjr. Renier, Gand, Ad. Herckenrath, , p. 171-206

Liens externesModifier