Achernar

étoile la plus brillante de la constellation de l'Éridan
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Achernar
α Eridani
Description de l'image Achernar kstars.png.
Données d'observation
(époque J2000.0)
Ascension droite 01h 37m 42,8466s[1]
Déclinaison −57° 14′ 12,327″[1]
Constellation Éridan
Magnitude apparente 0,40 à 0,46[2]

Localisation dans la constellation : Éridan

(Voir situation dans la constellation : Éridan)
Eridanus IAU.svg
Caractéristiques
Type spectral B6Vpe[3]
Indice U-B -0,66[4]
Indice B-V -0,16[4]
Indice R-I -0,11[4]
Variabilité Be[2]
Astrométrie
Vitesse radiale 16 km/s
Mouvement propre μα = +87,00 mas/a[1]
μδ = −38,24 mas/a[1]
Parallaxe 23,39 ± 0,57 mas[1]
Distance 139 ± 3 al
(43 ± 1 pc)
Magnitude absolue -2,76
Caractéristiques physiques
Masse ~6,7 M[5]
Rayon 7,7 (pôles) à 12,0 (équateur) R
Luminosité 5 250 L
Température 20 000 K
Rotation 5,24 h (à l'équateur)
Âge Quelques centaines de
millions d' a

Autres désignations

α Eri HR 472, HD 10144, CD-57 316, CPD-57 334, HIP 7588, SAO 232481, FK5 54, GC 1979[6]

Achernar, ou Alpha Eridani (α Eridani / α Eri), est l'étoile la plus brillante de la constellation de l'Éridan où elle est située à l'extrémité sud. Le terme d'Achernar, parfois orthographié Akhenar[7] provient de l'arabe آخر النهر Akhir al Nahr, voulant dire « fin de la rivière » ; la constellation Éridan représente le fleuve éponyme de la mythologie grecque Éridan). C'est la huitième étoile la plus brillante du ciel nocturne. Du fait de sa déclinaison très basse, elle n'est pas visible depuis l'Europe.

Avant que le ciel austral ne soit découvert par les explorateurs européens du XVIe siècle, la constellation de l'Éridan était de fait moins étendue, et le nom d'Achernar était porté par son étoile visible la plus au sud. Cette étoile est aujourd'hui connue sous le nom d'Acamar (θ Eridani).

Achernar est une étoile naine ou sous-géante très lumineuse de couleur bleu-blanc (température de surface de l'ordre de 20 000 K). Sa luminosité totale est plus de 5 000 fois supérieure à celle du Soleil, quoique seulement un peu plus de 1 000 fois dans le domaine visible, le gros de son énergie étant rayonné dans l'ultraviolet.

Elle montre de faibles mais régulières variations de luminosité qui pourraient être dues à sa rotation rapide (voir ci-dessous) et de la présence de taches à sa surface. Elle présente aussi une perte de masse importante.

Achernar est une des étoiles dont la rotation propre est parmi les plus rapides. La vitesse de sa surface à l'équateur est de 225 kilomètres par seconde, soit 75 % de la vitesse critique au-delà de laquelle la matière située à l'équateur serait éjectée par la force centrifuge due à la rotation de l'étoile. Conséquence de cette rotation considérable, Achernar est l'étoile la plus aplatie connue à ce jour. La forme de l'étoile telle qu'elle est observée par le mode interférométrique du Very Large Telescope (VLT) de l'Observatoire Européen Austral (ESO) est un ellipsoïde aplati, dont le rapport des axes est de 1,5:1. Ce rapport représente une limite inférieure au rapport entre le diamètre équatorial et de diamètre polaire de l'étoile (si l'axe de rotation de l'étoile n'est pas perpendiculaire à la direction d'observation, ce rapport est plus grand que 1,5). En tout état de cause, cet aplatissement extrême représente un défi pour les modèles de structure interne des étoiles.

Un compagnon stellaire de l'étoile en rotation rapide (Achernar B) a été découvert en 2005 en utilisant le Very Large Telescope (VLT) de l'Observatoire Européen Austral (ESO). Il s'agit d'une étoile naine de type spectral A, environ deux fois plus massive que le Soleil[5], assez similaire à Sirius. Sa séparation très faible (moins d'une demi-seconde d'angle) de l'étoile principale et sa faible luminosité (30 fois plus faible qu'Achernar A) le rendent difficilement observable.

NomsModifier

Achernar est le nom propre de l'étoile qui a été approuvé par l'Union astronomique internationale le [8].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d et e (en) F. van Leeuwen, « Validation of the new Hipparcos reduction », Astronomy & Astrophysics, vol. 474, no 2,‎ , p. 653–664 (DOI 10.1051/0004-6361:20078357, Bibcode 2007A&A...474..653V, arXiv 0708.1752)
  2. a et b (en) N. N Samus', E. V. Kazarovets et al., « General Catalogue of Variable Stars: Version GCVS 5.1 », Astronomy Reports, vol. 61, no 1,‎ , p. 80-88 (DOI 10.1134/S1063772917010085, Bibcode 2017ARep...61...80S, lire en ligne)
  3. (en) R. S. Levenhagen et N. V. Leister, « Spectroscopic analysis of southern B and Be stars », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 371, no 1,‎ , p. 252-262 (DOI 10.1111/j.1365-2966.2006.10655.x, Bibcode 2006MNRAS.371..252L, arXiv astro-ph/0606149)
  4. a b et c (en) Bright Star Catalogue, « HR 472 (Achernar) », sur Alcyone
  5. a et b (en) P. Kervella, A. Domiciano de Souza et Ph. Bendjoya, « The close-in companion of the fast rotating Be star Achernar », Astronomy & Astrophysics, vol. 484, no 1,‎ , p. L13–L16 (DOI 10.1051/0004-6361:200809765, Bibcode 2008A&A...484L..13K, arXiv 0804.3465)
  6. (en) * alf Eri -- Be Star sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  7. Source : (en) N. D. Kostjuk, HD-DM-GC-HR-HIP-Bayer-Flamsteed Cross Index, disponible au centre de données astronomiques de Strasbourg, Voir en ligne.
  8. (en) « Table 1: Star Names Approved by WGSN as of 20 July 2016 », Bulletin of the IAU Working Group on Star Names, no 1,‎ (lire en ligne [PDF], consulté le 24 août 2016).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier