Alparslan Türkeş

homme politique turc

Alparslan Türkeş
Fonctions
Vice-Premier ministre turc (en)

(5 mois et 15 jours)
Président Fahri Korutürk
Premier ministre Süleyman Demirel
Gouvernement Demirel V (en)
Législature XVIème (en)
Coalition AP-MSP-MHP
Prédécesseur Orhan Eyüpoğlu
Turan Güneş (tr)
Successeur Orhan Eyüpoğlu
Turhan Feyzioğlu (en)
Faruk Sükan (en)

(2 ans, 2 mois et 21 jours)
Président Fahri Korutürk
Premier ministre Süleyman Demirel
Gouvernement Demirel IV (en)
Législature XVème (en) et XVIème (en)
Coalition AP-MSP-MHP-CGP (en)
Prédécesseur Zeyyat Baykara (tr)
Successeur Orhan Eyüpoğlu
Turan Güneş (tr)
Membre de la Grande Assemblée nationale de Turquie

(4 ans, 2 mois et 4 jours)
Élection 20 octobre 1991 (tr)
Circonscription Yozgat
Législature XIXème (en)
Coalition RP-MÇP (tr)-IDP (en)

(14 ans, 11 mois et 2 jours)
Élection 10 octobre 1965 (tr)
Réélection 12 octobre 1969 (tr)
14 octobre 1973 (tr)
5 juin 1977 (tr)
Circonscription Ankara (1965-1969)
Adana (1969-1980)
Législature XIIIème (en), XIVème (en), XVème (en) et XVIème (en)
Biographie
Nom de naissance Ali Arslan ou Hüseyin Feyzullah
Date de naissance
Lieu de naissance Nicosie (Chypre)
Date de décès (à 79 ans)
Lieu de décès Ankara (Turquie)
Nature du décès Infarctus du myocarde
Nationalité turque
Parti politique CKMP (1965-1969)
MHP (1969-1981)
MÇP (tr) (1987-1993)
MHP (1993-1997)
Enfants Tuğrul Türkeş (fils)
Ahmet Kutalmış Türkeş (tr) (fils)
Diplômé de Académie militaire turque
Profession Militaire

Alparslan Türkeş (prononcé [ɑɫp.ɑɾs.ɫɑn tyɾk.'ɛʃ ], né le à Nicosie et mort le à Ankara) est un homme politique turc et fondateur du parti nationaliste Parti d'action nationaliste (en turc : Milliyetçi Hareket Partisi, MHP) et des partis qui ont précédé celui-ci, dont les idéologies sont un nationalisme pan-turc.

BiographieModifier

Türkeş naît à Nicosie à Chypre le , d’une famille originaire d’un village près de Kayseri en Turquie. Son vrai nom est inconnu, cité comme « Ali Arslan »[1] ou « Hüseyin Feyzullah »[2],[3] selon les sources diverses. Par la suite, il adopte le pseudonyme d’Alparslan Türkeş. Alp Arslan était un sultan Seldjoukide au XIe siècle, les Seldjoukides étant considérés par l’idéologie nationaliste turque comme les ancêtres en ligne droite des Turcs actuels. Quant au nom Türkeş, il peut être considéré comme destiné à mettre en avant son appartenance turque.

Il est surnommé par les nationalistes turcs le Başbuğ, c’est-à-dire le « meneur » en français. C’est un ancien mot turc utilisé aujourd’hui exclusivement pour désigner Türkeş.

DébutsModifier

Il est l'un des auteurs du coup d’État militaire de 1960[4].

Il intègre le Parti nationaliste républicain des campagnes (CKMP) dans les années 1960, et en devient en 1965 le président. En 1969, le CKMP devient le Parti d'action nationaliste et adopte comme symbole un drapeau rouge avec trois croissants de lune, un ancien drapeau turc utilisé sous l’Empire ottoman.

Il devient vice-Premier ministre en 1975, en faisant partie du gouvernement de coalition. Türkeş brule de devenir le principal dirigeant turc mais les généraux le devancent le en prenant le pouvoir par un coup d'Etat violent et le général Kenan Evren devient président. Il est condamné à la peine de mort et son parti est interdit. Il est finalement acquitté après être resté en prison quatre ans et demi. En 1987, son interdiction de participer à la vie politique est levée, il entre au MÇP (Parti national républicain et paysan) et en est élu président. Il revient au parlement en 1991 grâce à une coalition avec le Refah Partisi (Parti du bien-être).

En 1992, grâce à un changement de la loi, le MÇP reprend le nom de Milliyetçi Hareket Partisi. Il aide cette même année les Loups gris à s’infiltrer dans la politique azerbaïdjanaise en soutenant Aboulfaz Eltchibeï, qui sera élu président[5]. Ce sera le début de l’implantation des Loups Gris dans la politique des ex-républiques soviétiques d’Asie Centrale. En 1995, il perd sa place au parlement.

Lui et les groupes nationalistes qu’il a dirigés ont pu acquérir beaucoup de pouvoir grâce à l’aide qu’ils pouvaient fournir dans la lutte contre les communistes et les rebelles kurdes en Turquie.

MortModifier

Türkeş meurt d'une crise cardiaque le . Son enterrement est retransmis en direct à la télévision turque avec la présence de nombreuses personnalités turques et une cérémonie d'État est organisée pour l'occasion. Devlet Bahçeli lui succède à la tête du MHP.

Idéologies et influencesModifier

Parmi les modèles de Türkeş on peut noter l’écrivain d’extrême droite Nihâl Atsız, de la première moitié du XXe siècle, écrivant sur la vie des Turcs des steppes d’Asie centrale il y a plusieurs siècles[6].

C’est une idéologie qui vise donc à glorifier un peuple turc existant et resté pur depuis des siècles, niant les mélanges incontestables qu’a provoqué l’Empire ottoman[non neutre]. Comme son mentor Nihal Atsız, Alpaslan Türkeş voit les Turcs comme un peuple directement issu des Huns.

Ses idées sur le plan économique, présentées dans le programme des « 9 lumières », prônent le développement des campagnes, le développement technique, le développement du pays. Les campagnes turques peu développées ont toujours été la base d’un soutien important pour les idées d’Alparslan Türkeş.

RéférencesModifier

  1. (tr) « BAŞBUĞ Alparslan TÜRKEŞ »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté en 20130318)
  2. (tr) (en) Abdullah Muradoğlu, « Türkeş'in Gizli Dünyası », Yeni Şafak,‎ (lire en ligne, consulté le 14 août 2008)
  3. (en) Ilnur Cevik, « Turkish Nationalists Lose Their Leader », Turkish Daily News, Hürriyet,‎ (lire en ligne, consulté le 20 novembre 2008)
  4. Dorothée Schmid, La Turquie en 100 questions, Texto, , p. 80
  5. Martin A. Lee,« Les liaisons dangereuses de la police turque », Le Monde diplomatique, mars 1997 [lire en ligne (page consultée le 25 mai 2008)]
  6. (tr) « Nihâl Atsız sur un site nationaliste de Loups Gris »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté en 20130318)

Article connexeModifier

Liens externesModifier