Allègre

commune française du département de la Haute-Loire

Allègre
Allègre
Le village d'Allègre, dominé par les ruines du château, surnommées la « Potence ».
Blason de Allègre
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Loire
Arrondissement Le Puy-en-Velay
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Puy-en-Velay
Maire
Mandat
Gilbert Meyssonnier
2020-2026
Code postal 43270
Code commune 43003
Démographie
Gentilé Allégrat, Allégrate
Population
municipale
884 hab. (2018 en diminution de 7,82 % par rapport à 2013)
Densité 38 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 12′ 01″ nord, 3° 42′ 45″ est
Altitude 1 026 m
Min. 880 m
Max. 1 172 m
Superficie 23,57 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton du Plateau du Haut-Velay granitique
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Allègre
Liens
Site web http://www.mairie-allegre.com/

Allègre est une commune française, située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Le reparium des d’Alegre, chevaliers puis barons des lieux, et Grasacum, bourg au pied du volcan de Baury, se fondirent et devinrent Allègre. Les Tourzel seront les nouveaux barons puis marquis jusqu’au XIXe siècle. Leur bastille « en botte de chandelles » et les deux enceintes, bâties au début du XVe siècle, et dont subsistent des ruines, comptaient vingt-trois tours.

Allègre fut un bourg rural prospère par ses foires et marchés. Il y avait presque un commerce par maison ! Les Allegras s’employèrent dans les dentelles puis dans les industries du bois, l’élevage et la culture raisonnés, l’enseignement et l’éducation.

George Sand est venue s’imprégner du Mont Bar, volcan éteint situé à proximité, Germaine Tillion est née rue du Mont Bar, Baptiste Marcet fut élevé à Allègre, Camille Robert, auteur de la musique de Quand Madelon..., y séjourna, de même que Robert Sabatier, que la guerre mena à Allègre.

HéraldiqueModifier

  Blason
De gueules, à une tour carrée d'argent, maçonnée de sable, accostée de six fleurs-de-lis d'or, rangées en deux pals[1].
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

GéographieModifier

Allègre se situe, à 1 040 mètres d'altitude, au cœur du Velay, massif qui possède le plus grand nombre de volcans : environ 500. On remarquera la variété des pierres : laves rouge ou verte, basalte noir, granits.

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Allègre est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4]. La commune est en outre hors attraction des villes[5],[6].

Occupation des solsModifier

 
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (54,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (53,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (54,1 %), prairies (22 %), zones agricoles hétérogènes (20,6 %), zones urbanisées (3,4 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

ToponymieModifier

Le nom de la localité est attesté sous la forme Grazac en 946[9].

C'est en 1217 que l'on commencent à trouver l'appellation Alègre pour la première fois; ceci en alternance avec l'appellation Grazac qui, avec les années, va définitivement disparaître au bénéfice d'Allègre que nous connaissons actuellement.

Allègre était le nom de la famille noble possédant le château dominant le village.

« Allègre » : fougueux, gaillard, ardent, vif, élevé, ainsi nomma-t-on ce lieu du Velay, entre 1 000 m et 1 100 m, sur ses quatre volcans : Mont Bar, Mont Baury, Montchaud, Ringue.

Du latin alacer = « Vif, prompt » sont les sens originels les plus probables du nom d’Allègre.

HistoireModifier

Préhistoire et AntiquitéModifier

Des groupes néolithiques montés par les vallées de la Loire et de l’Allier ont occupé les plateaux volcaniques du Velay[10], mais rien ne prouve à ce jour qu'ils se soient fixés sur l'actuel territoire de la commune[11].

La tribu celte Vellaune fixe sa capitale à Ruessio (à 11 km au Sud-Est d'Allègre, à vol d'oiseau). Elle est encore la plus importante ville de la région du 1er au 3e siècle ap.J.-C.[1], sous le nom de Ruessium. Il est possible que le village actuel des Céaux-d'Allègre (à 3,4 km au Sud-Est) existait avant l'invasion romaine, mais le hameau actuel de Châteauneuf (à 1,5 km) est fondé après, sous le nom de Castronova. En 1821 est découvert un vase de terre cuite sur le sommet du Mont Bar, contenant trente-trois monnaies (les plus récentes à l'effigie de l'empereur Dioclétien), un lingot, un collier et deux bracelets, le tout antique et en or.

Moyen ÂgeModifier

Au Moyen Âge, le site de Castronova est abandonné car jugé trop vulnérable, ses habitants s'installent sur le Mont Baury, et y érigent un château à motte au Nord du cratère, qui se limitait à une tour de guet protégée, et un second au Sud, plus imposant, résidence du seigneur des lieux. La motte Nord sera plus tard remplacée par une tour en pierres d'un diamètre d'une dizaine de mètres entourée par un fossé, et nommée Tour de Pouzols. La motte Sud sera remplacée par un château en pierres à une date inconnue, aujourd'hui nommé La Potence, et qui connut plusieurs réaménagements.

Le village s'étirait sur le flanc Sud de l'ancien volcan, attesté en 946 sous le nom de Grasacum, bloti autour d'une église romane dédiée à saint Martin. C'est en 1217 qu'apparaît Alegre pour identifier le bourg, nom emprunté à la famille seigneuriale.

Nous ignorons tout de ces seigneurs avant 1220, mais on peut se demander si cette famille n'avait pas un lien avec le bourg antique d'Alegrio.

Un de ses membres participe avec ses vassaux à la Première croisade, aux cotés d'Adhémar de Monteil. L'un de ses vassaux, Étienne de Bard, est tué lors du siège d'Antioche[1].

Un siècle après, Armand Ier d'Alegre (~1180 - mort le 18 septembre 1222), époux d'Alais de Chalencon, est la première personnalité seigneuriale connue précisément : il sert activement la couronne de France[12].

Son fils Armand II d'Alegre (1210-1263) est un proche du roi Saint Louis, avec qui il participe à de nombreux arbitrages de conflits. Il met fin à une vieille querelle avec les vicomtes de Polignac relative à la possession de territoires, mais guerroie contre Pons de Chapteuil et Guy II de Châteauneuf-Randon de Joyeuse (~1200~1265). Il épouse Élisabeth de Chalencon, avec laquelle il a un fils et sept filles, dont les cinq dernières entrent dans des ordres religieux (ses deux filles aînées Alazaïs et Amphélize épousent respectivement Pons III de Rochebaron († 1295), et Guillaume de Rochebaron-Usson († vers 1312), d'où postérité[1].

Les monts du Forez et du Velay sont à cette époque une frontière dans le jeu politique, entre les seigneurs du domaine royal, ceux de Bourgogne, de Savoie, et les comtes-évêques du Puy. Les terres et le château des d’Alegre sont sur cette frontière.

Le seigneur suivant est Hugues d'Alegre de 1263 à 1285, fils d'Armand II et mari de Gilette de Courcelles, suivi par leur fils aîné Armand III d'Alegre qui participe à la Guerre de Flandre et dont la postérité, féminine, venue de sa 2e femme Jourdaine de Montlaur, n'assume pas la succession d'Allègre. Vint ensuite Eustache d'Alegre, frère cadet d'Armand III († vers 1343) qui fut engagé dans un procès d'une douzaine d'années contre la Sénéchaussée de Beaucaire afin de fixer les limites de l'Auvergne et du Velay. En 1320, un arrêt du Parlement de Paris ordonne que la baronnie soit rattachée au bailliage d'Auvergne.

Dans le courant du XIVe siècle, les seigneurs d'Alegre achètent le Château de Viverols (en), qu'ils conserveront à ce qui semble jusqu'à la Révolution.

Armand IV, fils d'Eustache et de Sibylle de La Roue, fut le dernier représentant mâle de cette première Maison d'Alegre, et siégea de 1343 à 1361. Il fut en querelle tout son règne avec la famille de sa femme, Alix de Chalencon, et ayant perdu son unique fils Eustache, déshérita sa femme et ses deux filles Alix et Sibylle (sans postérité connue ; tout en laissant à son épouse Alix la jouissance du domaine d'Alègre toute sa vie durant) et transmit ses biens à son neveu Bertrand III de Senneterre (fils de Casto II de Sennectère et d'Oudine (ou Ondine), fille d'Eustache d'Alegre). Armand IV meurt lors du siège de son château en 1361 par les « routiers » de Seguin de Badefol[13], qui ne peuvent le conquérir mais ravagent le village et les environs.

Suite à la donation faite à Bertrand de Senneterre, Alix est cependant chassée des lieux par ce dernier en 1365, mais aidée de Jean Ier d'Auvergne[14], elle assiège le château en 1365 pendant six mois : Bertrand capitule. Alix sera indemnisée, mais Alegre sera en fait conservé par le duc d'Auvergne Jean de Berry (fils puîné du roi Jean le Bon, otage en Angleterre en 1360 et de retour en France vers 1366/67, aussi comte d'Auvergne de facto et par spoliation sur le comte Jean II en 1387-1404, puis légitimement et du chef de sa femme en 1404-1416), qui le confie à son propre beau-frère Jean II d'Armagnac.

À la mort d'Alix en 1385, Jean de Berry donne la baronnie à un de ses favoris, Morinot de Tourzel, qui fait rebâtir le château au tout début du XVe siècle : ce fut « une bastille en paquet de chandelles », bloc de 9 tours rapprochées, reliées par de solides courtines. Son couronnement supérieur, partout à la même hauteur, formait une terrasse sur laquelle on pouvait déplacer rapidement hommes et bouches à feu. L’influence de la toute récente Bastille à Paris est incontestable, l’ensemble comprenant trois espaces successifs et 23 tours.

Période Renaissance / Incendie du châteauModifier

Yves II d'Alegre participe aux Guerres d'Italie. Deux de ses fils et lui-même sont tués lors des combats, en 1511 et 1512[15].

Le la baronnie devient marquisat.

En 1577, Yves III (1551 - 1577) participe à une expédition militaire contre la ville huguenote d'Issoire. Il y est grièvement blessé à une cuisse. Le 13 juillet, de retour en son château, il y est assassiné par trois hommes, suite à des insultes proférées contre une dame. Sans descendant direct, l'un de ses neveux, sous le nom d'Yves IV (1560 - 1592) lui succède.

En août 1593, Allègre (dirigée par Jacqueline d'Aumont, marquise douairière (... - 1602)) est prise par la Ligue, ses habitants brutalement expulsés [16]. Le bourg est repris le 3 octobre après un vif combat de deux heures.

Isabelle de Tourzel succède à Jacqueline de 1602 à 1605, puis est remplacée par Anne de Tourzel jusqu'en 1607. Yves V lui succède.

Le 12 novembre 1698, Yves V vient de Versailles à Allègre.

Le 15, un grand vent excite le feu qui ronfle dans la cheminée de la salle haute. Un incendie se déclare et se propage dans les abondantes charpentes des toits couverts d’ardoise. La toiture du « pavillon de la tour où sont les papiers communs appelés le Trésor » flambe. Au son des cloches, cinq cents personnes accourent et font la chaîne. Mais le château est embrasé en moins de cinq heures.

Il n’est cependant pas abandonné. Dès janvier 1699, Yves V fait « réparer » les communs puis le château lui-même. Son gendre poursuivra les travaux. En vain.

Le manoirModifier

La maréchale de Maillebois, fille d’Yves V, fit édifier un manoir « moderne » au pied des ruines qu’elle aimait. Elle mourut le 2 avril 1756.
Le marquisat d’Allègre fut vendu le 8 octobre 1766 par son fils Yves-Marie de Maillebois à Claude Douet, et les terres d’Allègre dépecées.
Les intempéries ont raviné les ruines. Les propriétaires ont réutilisé ou vendu les plus belles pierres. Les habitants sont venus puiser dans cette « carrière », ce qui explique le nombre des pierres de réemploi à Allègre.
Abandonné lui aussi, le manoir de la comtesse de Maillebois, dont le rez-de-chaussée, décoré de noir et rouge, qui servit de salle de justice de paix après la Révolution. Il fut rasé en 1830.

Le mur qui reliait les deux demi-tours pleines s’est partiellement écroulé, laissant un grand vide qui fait penser à un immense gibet ou à un portail géant. En 1946, le couronnement de mâchicoulis a bien failli tomber, suscitant un grand émoi parmi les Allégrois et chez tous les amoureux de cette cité en France comme à l’étranger. L’association des « Amis d’Allègre » était née. La tradition a nommé ces vestiges « la Potence ».

De 1900 à aujourd'huiModifier

Soixante-deux enfants de la municipalité sont tombés au champ d'honneur lors de la Première Guerre mondiale, quatre lors de la seconde.

Politique et administrationModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
         
avant 1988 ? Rémi Taulelle    
mars 2001 2008 Robert Baylot DVD  
2008 2014 Jean-Luc Fraisse    
2014 En cours
(au 27 avril 2016)
Gilbert Meyssonnier[17]    

JumelagesModifier

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Évolution démographiqueModifier

En 2018, la commune comptait 884 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Une réforme du mode de recensement permet à l'Insee de publier annuellement les populations légales des communes à partir de 2006. Pour Allègre, commune de moins de 10 000 habitants, les recensements ont lieu tous les cinq ans, les populations légales intermédiaires sont quant à elles estimées par calcul[19]. Les populations légales des années 2008, 2013, 2018 correspondent à des recensements exhaustifs[20].

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
9978858971 0502 0331 9902 0481 9951 960
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 8061 7471 8021 6741 7321 8441 6951 8511 720
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 7771 6811 7261 5031 4521 4511 4471 3711 378
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1 4871 5121 4591 3131 1761 0071 0081 0081 008
2013 2018 - - - - - - -
959884-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[21] puis Insee à partir de 2006[22].)
Histogramme de l'évolution démographique

Âge de la populationModifier

La pyramide des âges, à savoir la répartition par sexe et âge de la population, de la commune d'Allègre en 2010[23] ainsi que, comparativement, celle du département de la Haute-Loire la même année[24], sont représentées avec les graphiques ci-dessous.

La population de la commune comporte 48,2 % d'hommes et 51,8 % de femmes. Elle présente en 2010 une structure par grands groupes d'âge plus âgée que celle de la France métropolitaine[25].

L'indice de jeunesse, égal à la division de la part des moins de 20 ans par la part des plus de 60 ans, est en effet de 0,48 pour la commune, soit 48 jeunes de moins de 20 ans pour cent personnes de plus de 60 ans, alors que pour la France métropolitaine il est de 1,06. Cet indice est également inférieur à celui du département (0,87) et à celui de la région (0,8)[26].

Pyramide des âges à Allègre en 2010 en pourcentage[23].
HommesClasse d’âgeFemmes
1,5 
90  ans ou +
3,1 
12,6 
75 à 89 ans
19,8 
19,1 
60 à 74 ans
18,5 
21,8 
45 à 59 ans
19,1 
18,9 
30 à 44 ans
15,7 
11,1 
15 à 29 ans
12,4 
15,0 
0 à 14 ans
11,3 
Pyramide des âges dans le département de la Haute-Loire en 2010 en pourcentage[24].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,4 
90  ans ou +
1,4 
7,9 
75 à 89 ans
12,3 
15,9 
60 à 74 ans
16,3 
21,7 
45 à 59 ans
20,2 
19,8 
30 à 44 ans
18,6 
15,6 
15 à 29 ans
14,0 
18,7 
0 à 14 ans
17,2 

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

Château ruinéModifier

Le château féodal est l’œuvre des premiers seigneurs de la deuxième dynastie de seigneurs d’Allègre, les Tourzel, et fut édifié au début du XIVe siècle. Morinot de Tourzel, à qui le duc de Berry venait de faire don de la baronnie d’Allègre (1385), entreprit des travaux de réfection et de construction de la muraille d’enceinte. Ces efforts furent poursuivis par son fils Yves Ier, qui s’attacha à embellir le château, le dotant notamment de sa caractéristique frise de mâchicoulis tréflés. Tel quel, ce château, avec ses 23 tours, fut l’un des plus beaux et des plus considérables de la région.

Ravagé par un incendie en 1698, et en dépit des tentatives de reconstruction faites dès l’année suivante, le château ne se remit pas de la catastrophe et fut finalement vendu au milieu du XVIIIe siècle. L’action des nouveaux propriétaires, qui usèrent du château comme d’une carrière de pierres, et le temps firent le reste : il n’en subsiste plus aujourd’hui, outre le vestige d’une autre tour plus petite, que deux tours du corps de logis, reliées entre elles par la seule corniche de l’ancienne courtine, dont le reste s’est effondré, donnant à cette ruine une silhouette singulière, qui lui valut l’appellation de la Potence.

La croix de « la Fontaine d’Armand »Modifier

La croix de « la Fontaine d’Armand », seigneur de la première famille des d’Alègre éteinte en 1361, marquait l’entrée sud du faubourg d’Allègre, au carrefour des routes de Toulouse et du Puy. Classée Monument historique (MH), elle présente un socle à sept écus gravés de signes à l’apparence de lettres gothiques et un croisillon du XVIe siècle. Au pied de la croix, la « pierre de présentation » ou « pierre des morts », sur laquelle on déposait les cercueils qui arrivaient des villages alentour. Le prêtre venait là recevoir et bénir les défunts avant de les conduire au cimetière.

À la sortie sud-ouest d’Allègre se trouve le Grand Tertre. En patois, les mots terme et tertre sont presque confondus et désignent à la fois une limite et un tertre.

ÉgliseModifier

 
Vitraux de l'église.

Au Moyen Âge, une église romane dédiée à saint Martin de Tours est mentionnée à Grazac, faubourg d’Allègre. Une église gothique la remplace.

Le clocher s’effondra en 1822, reconstruit avec des pierres de la chapelle Saint-Yves et de la Porte de Ravel. Les huit chapelles latérales furent démolies, leurs dalles tombales noyées sous les carrelages.

En façade, la dalle tombale érodée d’un religieux porte une croix gravée cantonnée d’un écu au monogramme IHS que porte une clef de voûte du chœur.

Les vitraux, datés de 1885 à 1900, forment un ensemble complet et cohérent, quoique non protégés au titre des MH.

On compta jusqu’à cinq congrégations religieuses à Allègre, dont des Dominicaines et des Franciscaines ainsi que des « pénitents blancs » qui sont des laïcs.

CimetièreModifier

L’ancien cimetière entourait l’église jusqu’après la Révolution. En 1823, le nouveau cimetière est transféré à 200 mètres, sur la route de Fix dans une ancienne carrière. Son calvaire est classé MH. Au pied du calvaire se trouve la tombe blasonnée des Grellet et des Morel de la Colombe, branche des d’Apchier. Avec les Morangiès, ces familles installées dans la région et à Allègre furent proches de l’affaire de la « bête du Gévaudan ».

Porte de MonsieurModifier

 
Porte de Monsieur.

La « Porte de Monsieur » est l’entrée sud de l’enceinte extérieure du château.
Ses deux tours, au chemin de ronde jadis crénelé, sont percées d’archères canonnières, placées bas pour les tirs rasants. Les mâchicoulis tréflés sont une signature du château d’Allègre. La glissière de la herse est en parfait état, comme les gonds de l’ancienne porte et les logements des barres qui en bloquaient l’ouverture. Le clocheton métallique, au-dessus de l’horloge, date de 1816, à la cime d’un escalier en pierres resté intact.

Des départs de murs visibles sur la base des deux tours sont les vestiges d’ouvrages défensifs qu’un fossé sec et un pont-levis devaient compléter. La Porte de Monsieur est classée MH depuis 1926.

Place du MarchédialModifier

« Marchédial », décliné du latin, désignait l’endroit où se tenait le marché quotidien. L’organisation des marchés était proche de ce qu’elle est de nos jours et le marché d’Allègre a toujours lieu chaque mercredi matin sur cette place qui fut un foirail très couru où s’alignaient animaux et produits des fermes.

Hôtels particuliersModifier

Huit hôtels du XVe siècle ont été construits dès une autorisation de 1435.

L’hôtel de Chardon

L’hôtel de Chardon (rue Notre-Dame-de-l’Oratoire) fut fondé par Pierre de Chardon quand les « Anglais » eurent brûlé son manoir au lieu-dit Chardon. L’hôtel devint le Couvent de Saint-Dominique. En 1868, quand la rue fut tracée, la façade fut amputée de sa tour octogonale avec porte blasonnée.

L’hôtel du Chier.

L’hôtel du Chier (rue Notre-Dame-de-l’Oratoire) fut bâti par Pierre, écuyer, descendant de Pons seigneur du Chier. Les Roux du Claud achètent l’hôtel en 1559 et y sculptent leur écu à quatre roses à la cime de la tour, au fond de ce petit accès, vestige de la cour d’honneur, et qui contient ce qui fut le plus bel escalier à vis d’Allègre.

Durand Mozac de Beaurecueil restaure l’hôtel en 1621, date qu’il ajoute sur l’écu qu’il a respecté en mémoire des précédents occupants.

L’hôtel du Chier devint l’une des boucheries qui donnèrent à la rue son ancien nom vernaculaire de « rue des Boucheries ».

Hôtel des Guérin.

Il a été construit par Pierre de Guérin qui fut capitaine du château. Faites le tour de sa façade exposée au nord. Son angle au bord de la rue du Château cache un escalier à vis en parfait état. Sa façade sur la rue du Château et la maison d’en face portent des traces d’une ouverture cintrée. Ses descendants, dont « le beau Lugeac », s’installeront à Lugeac, laissant l’hôtel à la branche cadette de Pouzols.

Hôtel des Mozac.

Fondé par Antoine de Sailhans, l’hôtel passe aux Mozac, capitaines de la Porte. Il possède deux tours : celle de la Porte de Monsieur permettait au corps de garde d’accéder au chemin de ronde, et l’autre dessert le logis et présente une porte murée au-dessus de laquelle Antoine Mozac fit sculpter son monogramme AM entrelacé et surmonté d’une croix. Une niche tout contre la porte de Monsieur abrite une pietà en pierre, polychrome.

Dans le cadre au-dessus de la porte de la tour de droite, les Amis d’Allègre ont mis en valeur cet « orant », une des statues de la chapelle du château (XVe siècle).

Hôtel de la Clède.

Fondé par Jean de La Clède. Il passe aux Grellet et reste dans cette famille jusqu’en 2000. La porte d’entrée est du XVe. Les masses d’arme (en façade) et haches de guerre (sur l’arrière) découpées dans les volets de la baronnie rappellent le nom des d’Apchier (d’Acher) installés là et dans le pavillon de la Comtesse mitoyen. Le nom des Grellet est rappelé par les grelots décoratifs qui reviennent en de nombreux endroits avec les autres motifs de leurs armoiries.

 
Hôtel de Bar.
Hôtel des Grellet.

3 rue du Château, cet hôtel occupait l’angle du mur ouest et du mur de la deuxième enceinte. Robert Grellet, écuyer, était arrivé à Allègre parmi les hommes d’armes de Morinot de Tourzel dans le corps d’armée du duc de Berry, comte de Poitou, dont il portait les couleurs. Son petit-fils fonda l’hôtel. La branche aînée des Grellet le quitta pour l’hôtel de la Clède, le laissant à la branche cadette. Des drapiers y tinrent leur magasin jusqu’au XIXe siècle.

Hôtel de Bar.

Au fond de sa cour d’honneur il garde un aspect proche de sa création par Lancelot de Bar, écuyer, capitaine du château en 1422. L’hôtel passe à des familles déjà propriétaires de manoirs dans les environs. Au début du XVIIIe siècle il est acheté par la famille Grangier, qui donna des baillis du marquisat. Sa tour, bien visible au milieu de sa façade, contient un bel escalier en pierre.

Hôtel d’Artasse.

À droite de l’hôtel de Bar, l’hôtel d’Artasse, autre très ancienne famille, fut fondé par Jean d’Artasse. Il passe par mariages et héritages aux de Crozet qui le vendent à la famille Breul, qui y installe l’Hostellerie de l’Étoile d’Or. Une tour s’élevait à la place de l’escalier extérieur à droite de sa façade qui garde son encadrement de porte en accolade.

À leur création, ces huit hôtels particuliers furent des lieux de repli en cas d’attaque des maisons fortes ou fermes fortifiées où vivaient usuellement ces familles vassales des barons puis marquis d’Allègre, et que les « routiers anglais » et pilleurs locaux, avaient razzié pendant les guerres de Cent Ans.

Pavillon de la comtesseModifier

Sa façade haute et étroite, ainsi que son toit pentu en ardoises se remarquent. Cette charmante demeure du XVIIIe siècle fut habitée par des familles alliées par mariages aux Grellet. Les blasons de ces familles sont sculptés sur les chiens-assis du côté du parc.

MuraillesModifier

Les murs du côté est n’étaient pas bien hauts, en surplomb des roches qui affleurent.

Moyennant un louis d’or, des maisons sont construites sur l’emplacement des fossés du côté ouest, ce qui date le démantèlement des ouvrages de défense devenus inutiles en face de l’artillerie « moderne ». Au XVIIIe siècle, on autorise les habitants à percer portes et fenêtres dans les murailles.

Porte de RavelModifier

Une tour témoigne de la Porte de Ravel, entrée nord du château, symétrique de la Porte de Monsieur au sud. Trouvant qu’elle gênait le passage des charrettes, sa démolition fut votée en 1845. Elle était pourtant plus large que la Porte de Monsieur... On devine l’emplacement de la herse et des équipements identiques à ceux de la Porte de Monsieur. Ses pierres servirent à remonter le clocher de l’église, effondré en 1822.

Écuries du châteauModifier

Les écuries du château, bâtiment castral, nous sont parvenues dans un état proche du XVe siècle. Autour se trouvaient des greniers. C’est dans ces écuries, consacrées, qu’eurent lieu durant 40 ans les cérémonies religieuses pendant la reconstruction de l’église.

Chapelle Notre-DameModifier

 
Chapelle Notre-Dame.

Son chœur est l’oratoire fondé en 1547 par Antoine Mozac pour abriter une pietà, un Ecce Homo, et d’autres statues en bois rapportées par son frère Jean, prieur de Crevon près d’Évreux. Après la mort de Christophe II (1640), sa veuve Louise de Flaghac fit édifier la nef de la chapelle (1650) et peindre la « litre mortuaire » à ses armes. Les deux époux au parcours tumultueux avaient été conseillés par la bienheureuse mère Agnès de Langeac.

Des guérisons miraculeuses attribuées à la Piéta firent de Notre-Dame-de-l’Oratoire un lieu de pèlerinage.

Les vitraux du XIXe siècle sont aux armes des Grellet et de familles collatérales. Dans le mur ouest, par la porte murée visible du dehors, entrait la marquise d’Allègre. Le sol était beaucoup plus bas. Notre-Dame de l’Oratoire hérita des statues en pierre de la chapelle Saint-Yves. L’une d’elles est en façade de l’hôtel de Mozac.

Chapelle castraleModifier

La chapelle castrale (aussi dite église), servie par un chapelain, fut dédiée à saint Laurent et à saint Yves. On y trouvait un autel en marbre blanc, qui présentait une pietà, un saint Laurent et un saint Yves.

Un beau gisant de marbre blanc y était dédié à Yves II le Grand d’Allègre[27], tué à la bataille de Ravenne en avril 1512. Tous deux sont exposés au château de Cordès, près d’Orcival, une des demeures des marquis d’Allègre. Plusieurs des seigneurs d’Allègre, certains de leurs enfants et épouses, y furent inhumés sous les trophées de guerre et les guidons (drapeaux) pris à l’ennemi.

Trouvant que la chapelle lui masquait les pentes de Bar, une fille d’Yves V, la maréchale de Maillebois, conçut le projet de la déplacer. Après la vente du marquisat en 1766, la chapelle ne fut plus entretenue et fut rasée au XIXe siècle. Le manoir construit au pied des vestiges du château fut lui-même rasé vers 1830.

Le mont BarModifier

Le mont Bar (1 172 m), volcan éteint situé à peu de distance au sud-est de la cité, est couvert, sur son sommet aplati, d'une tourbière, laquelle constitue la Réserve naturelle régionale du Cratère du Mont-Bar, créée en 1990. C'est un volcan de type strombolien qui a jailli des entrailles de la terre il y a 790 000 ans.

Patrimoine culturelModifier

Personnalités liées à la communeModifier

  • Germaine Tillion, ethnologue, déportée et résistante, est née à Allègre le 30 mai 1907, où son père fut juge de paix de 1903 à 1917. Elle suit une formation d’ethnologue auprès de Marcel Mauss et Louis Massignon. Elle est connue pour son action de résistante durant la Seconde Guerre mondiale qui l’a conduite en déportation, Durant la guerre d'Algérie : elle luttera contre la misère et le terrorisme, la torture et les exécutions. Elle est diplômée de l’École pratique des hautes études, de l’École du Louvre, et de l'INALCO. La nation a décidé en 2015 de l'admettre au Panthéon pour son œuvre académique et politique.
  • George Sand est venue en 1859 s’imprégner de la force du Bar[précision nécessaire] avant d’écrire Jean de La Roche dont l’action se déroule non loin d’Allègre au château de la Rochelambert, et Le marquis de Villemer, deux de ses « romans champêtres » parus en 1860. Son amant, le graveur Manceau, et l’actrice Bérengère (Adèle Bunau, 1835-1910) l’accompagnaient.
  • Baptiste Marcet, (1883-1964), fondateur de la Fédération nationale des mutilés du travail. Né au Puy, orphelin, il fut élevé à Allègre par un oncle. Apprenti maréchal-ferrant il fréquente les centrales syndicales de Paris où il rencontre Pierre Monatte. Non-violent, il fait voter des lois au bénéfice des mutilés du travail. Il meurt à Allègre où il est inhumé.
  • Pierre Monatte, syndicaliste révolutionnaire (1881-1960), né à Monlet qui jouxte Allègre, correcteur en imprimerie, il a fondé La Vie Ouvrière (1909) et La Révolution prolétarienne (1925). Acteur de la tendance syndicaliste révolutionnaire de la CGT sous le pseudo (anagramme de Monlet) de Lémont Pierre.
  • Camille Robert (1872-1957), séjourna souvent en Velay, à Allègre. Chef de l’orchestre symphonique de l’Élysée, compositeur, auteur de la musique de la chanson Quand Madelon..., paroles de Louis Bousquet, créée le par le comique troupier Bach et adoptée par les poilus pendant la guerre 1914-1918. Il serait inhumé à Allègre.
  • François Fonlupt, évêque de Rodez et de Vabres (2011), né à Allègre en 1954.

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.

RéférencesModifier

  1. a b c et d « Site de la mairie d'Allègre », sur mairie-allegre.com.
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 28 mars 2021).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 28 mars 2021).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 28 mars 2021).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 28 mars 2021).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 28 mars 2021).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 24 avril 2021)
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 24 avril 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. Dans le cartulaire de Sauxillanges.
  10. Site internet www.auvergne-centrefrance.com __"Allègre, ville du département de la Haute-Loire".
  11. Site internet www.mairie-allegre.com __"Préhistoire".
  12. Sur ce sujet, les sources actuellement visibles sur internet sont très succinctes et floues, mais il semble qu'Armand Ier fut un proche du futur roi Louis VIII le Lion.
  13. Il existe une interrogation sur le véritable assaillant du lieu : il pourrait ne pas s'agir de Badefol, mais de Thomas de La Marche, un ancien fidèle des rois Valois et du duc Louis II de Bourbon contre les Anglais, ensuite en révolte contre Jean de Berry et entretenant des relations difficiles avec l'aristocratie et les villes auvergnates.
  14. D'autres sources avançent l'aide de Jean de Berry duc d'Auvergne, ce qui semble cependant impossible, celui-ci étant otage en Angleterre de 1360 à 1367.
  15. Site internet de la mairie d'Allègre www.mairie-allegre.com
  16. Site de la mairie d'Allègre www.mairie-allegre.com
  17. « Liste des maires » [PDF], Préfecture de la Haute-Loire, (consulté le 3 juin 2016).
  18. Site du comité de jumelage Allègre Ceaux Monlet Vernassal - Krostitz.
  19. « Le recensement de la population en bref », Insee (consulté le 14 juillet 2013).
  20. « Calendrier de recensement des communes de la Haute-Loire », Insee (consulté le 14 juillet 2013).
  21. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  22. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  23. a et b « Chiffres clés évolution et structure de la population d'Allègre », Insee (consulté le 14 juillet 2013).
  24. a et b « Chiffres clés évolution et structure de la population du département de la Haute-Loire en 2010 », Insee (consulté le 14 juillet 2013).
  25. « Chiffres clés évolution et structure de la population de la France métropolitaine en 2010 », Insee (consulté le 14 juillet 2013).
  26. « Chiffres clés évolution et structure de la population de la région Auvergne en 2010 », Insee (consulté le 13 juillet 2013).
  27. « Yves II d'Alègre et son gisant », sur Mairie d'Allègre : Histoire d'Allègre interactive.