Alice de Hainaut

Alice de Hainaut
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Roger Bigot (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata

Alice de Hainaut, comtesse de Norfolk (? - 26 octobre 1317), est la fille de Jean Ier de Hainaut et de Philippa de Luxembourg. Elle est la seconde épouse de Roger Bigot, comte-maréchal.

BiographieModifier

Alice de Hainaut est la fille de Jean Ier de Hainaut, comte de Hainaut, de Hollande et de Zélande, seigneur de Frise, et de Philippa, fille d'Henri V de Luxembourg et de Marguerite de Bar[1],[2]. Son père a hérité du comté de Hollande lorsque son cousin, Jean Ier de Hollande, meurt sans descendance en 1299 à l'âge de quinze ans[3].

Alice de Hainaut a plusieurs frères, dont l'un, Guillaume Ier de Hainaut, est le père de la femme d'Édouard III, Philippa de Hainaut. Un autre de ses frères est Jean de Beaumont qui joue un rôle dans l'invasion de l'Angleterre en 1326 par Isabelle de France et Roger Mortimer. Un troisième frère, également nommé Jean, était promis à Blanche de France, fille de Philippe III de France, mais il est tué en 1302 à la bataille de Courtrai[3]. Elle a pour sœur Marie, duchesse de Bourbon.

Alice devient la seconde épouse de Roger Bigot, 5e comte de Norfolk, comte-maréchal d'Angleterre, le dernier de la lignée des Bigot de Norfolk. Sa première épouse était Aline Basset, veuve de Hugues le Despencer, 1er baron le Despencer (mort en 1265), fille et héritière de Sir Philip Basset et d'Hawise de Lovaine, avec qui il n'avait pas eu d'enfants[4],[1].

Les négociations pour le mariage étaient en cours en 1289[5]. Le 12 juin 1290, Norfolk désigne vingt-deux manoirs d'Est-Anglie comme douaire d'Alice, et le 13 juin obtient l'autorisation d'inféoder 300 livres de terrain à lui-même et Alice[6]. Peu de temps après, Alice et Roger sont mariés au manoir royal de Havering dans l'Essex[5]. Selon Morris, le mariage pourrait avoir été destiné à renforcer les intérêts anglais dans les Pays-Bas, d'autant plus que, deux semaines plus tard, en juillet, Édouard Ier marie sa fille, Marguerite, avec Jean III de Brabant[6].

En 1296, le couple assiste au mariage du cousin du père d'Alice, Jean Ier de Hollande, avec la fille d'Édouard Ier, Élisabeth[4].

Le comte de Norfolk meurt avant le 6 décembre 1306[4],[1]. Il n'a eu aucune descendance par ses deux mariages, et à sa mort, conformément à un accord qu'il avait conclu avec le roi le 12 avril 1302, le comté de Norfolk et la fonction de comte-maréchal revint à la Couronne[7],[1],[8]. Cependant sa veuve a continué à être connue comme la comtesse-maréchal. En 1371, des décennies après sa propre mort, elle fut désignée dans le testament de Wauthier de Masny comme « Alice de Hainaut, la comtesse-maréchal »[9],[10]. Masny a doté la Chartreuse de Londres, demandant aux moines de prier pour son âme et celles de sa femme Marguerite de Norfolk et d'Alice de Hainaut, entre autres[11].

Alice demeure veuve pour le restant de sa vie. Peu de temps après la mort de son mari, elle écrit au lord grand chancelier, demandant que « pour l'amour de Dieu et de la charité, l'un des commis de longue date de son époux reçoive l'élévation ecclésiastique qui lui avait été promise »[12]. En 1309, elle prévoit un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle et obtient une protection d'un an à cette fin[1].

Au printemps 1310, le pirate flamand John Crabbe (en) saisit un navire transportant des vêtements, des bijoux, de l'or, de l'argent et d'autres biens d'une valeur de 2 000 livres appartenant à la comtesse. Comme révélé dans une lettre de plainte d'Édouard II à Robert III de Flandre, datée du 29 mai 1310, le navire se trouvait dans le détroit de Douvres, à destination de Londres, lorsqu'il a été attaqué par Crabbe, alors capitaine du De la Mue. Bien que le roi ait envoyé d'autres lettres au comte, Crabbe n'a pas été traduit en justice. En 1315, certains des hommes de Crabbe sont punis, mais aucune restitution n'est faite, à la suite de quoi le roi ordonna la saisie des navires et des marchandises des commerçants flamands de Londres pour indemniser la comtesse[13],[14],[15].

Alice de Hainaut meurt le 26 octobre 1317[1],[3]. Elle aurait laissé un testament[1]. En 1333, John de Framlingham, recteur de Kelsale, ordonna à un aumônier et deux assistants de prier pour l'âme de la comtesse[16],[17].

AscendanceModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f et g Richardson I 2011, p. 204.
  2. Saint-Genois 1782, p. xlvii.
  3. a b et c Obscure Noblewomen of Edward II's Era: Alicia d'Avesnes, Countess of Norfolk Retrieved 29 October 2013.
  4. a b et c Cokayne 1936, p. 596.
  5. a et b Morris 2005, p. 138.
  6. a et b Morris 2005.
  7. Cokayne 1936.
  8. Spencer 2014, p. 25.
  9. Nicolas 1826.
  10. Davies 1921.
  11. Maclean 1883, p. 151.
  12. Gemmill 2013, p. 82.
  13. Lucas 1945, p. 337.
  14. Bain 1887, p. 79.
  15. Cushway 2011, p. 8.
  16. 'Collections towards the History and Antiquities of Elmeswell and Campsey Ash, in the County of Suffolk', in J. Nichols, Bibliographia Topographica Britannica Vol. V, Part 52 (32pp), pp. 21-32, (John Nichols, London 1790), at p. 22(Google).
  17. Lewis 1840, p. 465.

BibliographieModifier

  • Calendar of Documents Relating to Scotland, vol. III, Edinburgh, Her Majesty's Stationery Office, (lire en ligne).
  • George Edward Cokayne, The Complete Peerage, edited by Vicary Gibbs and Lord Howard de Walden, vol. IX, Londres, St. Catherine Press, .
  • (en) Graham Cushway, Edward III and the War at Sea : the English Navy, 1327-1377, Woodbridge, Suffolk, The Boydell Press, , 265 p. (ISBN 978-1-84383-621-6, lire en ligne).
  • Gerald S. Davies, Charterhouse in London : Monastery, Mansion, Hospital, School, Londres, John Murray, (lire en ligne).
  • (en) Elizabeth Gemmill, The Nobility and Ecclesiastical Patronage in Thirteenth-Century England, Woodbridge, Suffolk, The Boydell Press, , 240 p. (ISBN 978-1-84383-812-8, lire en ligne).
  • Samuel Lewis, A Topographical Dictionary of England, vol. I, Londres, S. Lewis & Co., (lire en ligne).
  • Lucas, « John Crabbe: Flemish Pirate, Merchant and Adventurer », Speculum, Medieval Academy of America, vol. 20, no 3,‎ , p. 334–50 (DOI 10.2307/2854616, JSTOR 2854616).
  • John Fitchett Marsh, Annals of Chepstow Castle, Exeter, William Pollard, (lire en ligne), 151.
  • (en) Marc Morris, The Bigod Earls of Norfolk in the Thirteenth Century, Londres, The Boydell Press, , 261 p. (ISBN 1-84383-164-3, lire en ligne).
  • Nicholas Harris Nicolas, Testamenta Vetusta, vol. I, Londres, Nichols and Son, (lire en ligne).
  • Douglas Richardson, Magna Carta Ancestry: A Study in Colonial and Medieval Families, vol. I, Salt Lake City, 2nd, (ISBN 1449966373).
  • Joseph de Saint-Genois, Monumens Anciens, Paris, Saillant, (lire en ligne).
  • (en) Andrew M. Spencer, Nobility and Kingship in Medieval England : The Earls and Edward I, 1272–1307, Cambridge, Cambridge University Press, , 306 p. (ISBN 978-1-107-02675-9, lire en ligne).