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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aliénor d'Angleterre.
Aliénor d'Angleterre
EleonoraAngl.jpg
La reine Aliénor.
Fonction
Royal consort of Castile (d)
Titres de noblesse
Princesse
Reine consort de Castille
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 52 ans)
BurgosVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Activité
ConsortVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Mère
Fratrie
Conjoint
Enfants
Bérengère Ire de Castille
Sancho de Castilla (d)
Sancha de Castilla (d)
Fernando de Castilla y Plantagenet (en)
Mafalda de Castilla (en)
Henri Ier de Castille
Blanche de Castille
Aliénor de Castille
Urraque de Castille
Constanza de Castilla (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Royal Arms of England.svg
blason
Burgos-Monasterio de las Huelgas-4-Tumba de Alfonso VIII y su esposa Leonor de Plantagenet.jpg
Vue de la sépulture.

Aliénor d'Angleterre, née le au château de Domfront et morte le au Monastère royal de las Huelgas de Burgos, est une princesse royale issue de la dynastie Plantagenêt et devenue par mariage reine de Castille.

EnfanceModifier

Fille d'Henri II Plantagenêt et d'Aliénor d'Aquitaine, Aliénor d'Angleterre est issue d'une fratrie de huit enfants : elle est la sixième et la deuxième fille et a notamment pour frères les rois Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre. Elle naît au château de Domfront en Normandie[1], où elle est baptisée par le Cistercien Henri de Marcy, abbé de Hautecombe, du prénom de sa mère, qui est la première de l'Histoire à le porter : en effet, Aliénor signifie en langue d'oc "l'autre Aénor", qui était le prénom de sa mère, Aénor de Châtellerault, plus tard francisé en langue d'oïl en Eléonore. Dans cette Normandie, à Poitiers ou dans les autres territoires de ses parents Aliénor et Henri, son enfance sera marquée par la poésie, l’apprentissage de la langue d'oc, le goût du style gothique et mythique des croisades.

Projets matrimoniauxModifier

 
Mariage d'Alphonse VIII et d'Aliénor Plantagenet.

En 1165, dans le cadre d'un traité d'alliance entre son père et Frédéric Barberousse, Saint Empereur Romain, Aliénor, âgée de trois ans, est fiancée avec le fils de l'empereur, Frédéric de Hohenstaufen, âgé d'à peine un an. Mais l'accord ne dure que jusqu'en 1169, soit parce que Barberousse a décidé de réorienter sa politique en direction du royaume de France, soit parce que le petit Frédéric meurt juste à cette époque.

D'après le chroniqueur Matthieu Paris, de nouvelles négociations en vue de trouver un autre fiancé à Aliénor ont lieu dès 1168 : ses parents, pour éviter une alliance entre l'Aragon et le comté de Toulouse, décident de la marier à l'héritier du trône de Castille, le jeune Alphonse VIII, alors âgé de quinze ans tandis qu'Aliénor en a huit[2]. Le jeune roi cherche quant à lui un soutien dans sa lutte contre Sanche IV de Navarre. Ce mariage conduira le roi Henri II à devoir arbitrer ce conflit de frontière en 1177. Le voyage pour l'Espagne se fait à bord d'un navire, voyage que l'on imagine pénible pour une jeune enfant.

Mariage avec Alphonse VIII de CastilleModifier

Le mariage entre Alphonse, qui a été couronné l'année précédente à Burgos, et Aliénor est célébré en 1170 à Tarazona. Elle apporte à son mari le duché d'Aquitaine, qu'elle tient de sa mère. Alphonse offre à son épouse la juridiction sur quatorze villes, seize châteaux et les rentes de neuf ports. Cette union permet également de renforcer la frontière des Pyrénées et Aliénor apporte en outre le comté de Gascogne, qu'Alphonse ne pourra toutefois jamais annexer à la couronne de Castille. Cela n'empêchera pas de nombreux barons gascons de venir en aide à leur souverain dans sa lutte contre les Almohades, dont il offre systématiquement à sa femme la moitié des terres qu'il leur reprend.

En 1180, les monarques décident de fonder un monastère de l'ordre cistercien, Santa María la Real de Las Huelgas, dans la ville de Burgos. L'endroit était censé initialement dépendre du monastère de Santa María de la Caridad de Tulebras, en Navarre, mais il devint dès 1187, sur décision royale, la maison mère de toutes les abbayes féminines cisterciennes du pays. Alphonse VIII et Aliénor choisiront d'en faire le panthéon royal pour eux-mêmes et leurs descendants.

En 1183, la reine fit également construire en la cathédrale de Tolède une chapelle dédiée à saint Thomas Becket (Thomas de Canterbury), qui fut la première vouée au saint en dehors des îles britanniques. Elle fut détruite par la suie et intégrée à la chapelle de Santiago, construite par le connétable Alvaro de Luna pour y installer sa propre tombe. Toujours en 1183, sur le site de la mosquée de Cuenca, une ville castillane reconquise en 1177, elle ordonna la construction de la cathédrale de Sainte-Marie-et-Saint-Julien dans un style gothique anglo-normand.

Autour de l'an 1200, Alphonse commence à tenter de revendiquer la Gascogne, comme partie de la dot d'Aliénor, bien qu'aucun document écrit ne vienne à l'appui de ces prétentions. Il est d'ailleurs douteux qu'Henri II se soit ainsi séparé d'une part aussi importante de ses territoires. Il est possible, dans le meilleur des cas, que la Gascogne ait servi de garanti pour le paiement complet de la dot d'Aliénor. Alphonse ira jusqu'à envahir la Gascogne au nom de son épouse en 1205. L'année suivante, le roi Jean sans Terre accorde à sa sœur un sauf-conduit pour que celle-ci puisse lui rendre visite, peut-être pour ouvrir des négociations de paix. En 1208, Alphonse renonce mais plusieurs décennies plus tard, son arrière-petit-fils, Alphonse X de Castille, reprendra à son compte la revendication du duché en arguant du fait que la dot ne fut jamais intégralement réglée.

Influence politiqueModifier

De toutes les filles d'Aliénor d'Aquitaine, celle qui porte son prénom sera la seule à laquelle les circonstances permettront de jouer le rôle influent que sa mère avait exercé sur la politique de son temps. Son propre contrat de mariage, mais aussi celui de la première union contractée par sa fille Bérengère, donnent à Aliénor le contrôle direct d'un grand nombre villes, terres et châteaux à travers tout le royaume. Elle était presque aussi puissante que son époux, qui précisera dans son testament de 1204 qu'elle devrait gouverner aux côtés de son fils au cas où lui-même mourrait, y compris s'agissant du paiement de ses dettes et de l'exécution de son testament[3]. C'est notamment Aliénor qui convaincra Alphonse de marier leur fille Bérengère à Alphonse IX de Leon.

Aliénor meurt le 31 octobre 1214, quelques semaines après son époux, et est enterrée à Las Huelgas. Elle assurera la régence de la Castille pendant les 24 jours qui séparent les deux décès. La perte de son mari sera un tel choc pour la reine qu'elle sera incapable d'assister à ses obsèques, remplacée par leur fille aînée, la future reine Bérengère.

Influence culturelleModifier

Aliénor apporte dans son nouveau royaume la culture courtoise, la poésie et les troubadours que sa mère lui avait transmise. La reine aura une influence sur les mariages de ses enfants. Elle semble avoir participé avec son mari à des constructions comme l’Hôpital du roi à Burgos en 1195. Un troubadour du nom de Raimon Vidal de Bezaudun avait écrit un verset qui parlait de l'influence de la culture Plantagenêt à la cour de Castille :

''Et quand le roi avait appelé à sa cour,

tant gentilhomme, riche baron, et jongleur,

et la compagnie avait rencontré,

puis vint la reine Aliénor

modestement vêtu d'un manteau de matière fine,

rouge, avec des bords d'argent,

avec des lions d'or.

Elle s'incline devant le roi

et a pris un siège près de lui "[4].

Portrait d'AliénorModifier

Le mariage entre les deux époux semble s’être transformé en un mariage d'amour parce que dans La chronique des vingt rois, il raconte que « Don Alfonso, rend sa vie bonne et très belle avec sa femme Aliénor, a eu avec ses enfants que pour vous dire ». La Cronica de veinte reyes décrit Aliénor comme une femme aimable et « très amie avec son mari ». L'auteur parle d'une relation étroite et frugale entre Aliénor et Alphonse.

DescendanceModifier

Aliénor et son mari Alphonse VIII eurent au moins dix enfants :

Notes et référencesModifier

  1. (en) Matthieu Paris, English history, from 1235 to 1273
  2. (en) Theresa Vann, Queens, Regents and Potentates, Boydell Press, , p. Vol. I
  3. (en) Miriam Shadis, Berenguela of Castile (1180–1246) and Political Women in the High Middle Ages, Palgrave Macmillan, (ISBN 978-0-312-23473-7)
  4. (es) Manuel Mila y Fontanels, "De los trovadores en España". In Martinez, C.; Manrique, F. R. (eds.). Obras de Manuel Mila y Fontanels. 2. CSIC, Barcelone,

Autres référencesModifier

Liens externesModifier