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Alfred Amédée Dodds, né à Saint-Louis du Sénégal le et mort à Paris le , est un général français, métis par ses deux parents.

Commandant supérieur des troupes françaises au Sénégal à partir de 1890, il mène la conquête du Dahomey (actuel Bénin) entre 1892 et 1894, en déposant le roi Béhanzin. Proche des radicaux français, Alfred Dodds dut sa nomination comme chef d'expédition à l'intervention personnelle de Clemenceau, nomination qui entraîna la démission du ministre de la Marine Godefroy Cavaignac.

BiographieModifier

Filiation et enfanceModifier

Il est le fils de Antoine Henri (ou Henry) Dodds (1818-1882), négociant, métis, quarteron, dernier directeur de la Poste à Saint-Louis (avant sa fusion avec le télégraphe), et de Charlotte Billaud de la Chapelle (1823-1890), métisse ou signare, ou mulâtresse, de père français né à La Grenade et de mère issue d'une vieille famille franco-sénégalaise.

Il naît en 1842, ainé d'une famille qui comptera dix enfants.

Son grand-père, John Dodds (1790-1874), officier anglais, aide-de-camp du dernier gouverneur anglais à Saint-Louis, avait épousé une sénégalaise, Sophie Feuilletaine (1797-1866), fille d'un officier puis négociant d'origine lorraine et d'une femme peule[1].

Formation d'officierModifier

Il est versé dans l'infanterie de marine à sa sortie de Saint-Cyr en 1862. Lieutenant le , il est affecté à La Réunion[2] ; il se distingue lors de la répression d'une insurrection débutée en décembre 1868. Blessé à la tête, il empêche sa section de tirer sur la foule. Il est proposé au grade de capitaine.

Carrière militaire en Afrique et en IndochineModifier

Devenu capitaine le , il se distingue durant la guerre de 1870 à Bazeilles et il est fait chevalier de la Légion d'honneur. Il s'évade après la capitulation de Sedan et rejoint l'armée de la Loire puis celle de l'Est. Il est interné en Suisse à la fin de la guerre, en . Puis il fait partie de l'armée de Versailles qui fait le siège de la commune de Paris.

 
Bivouac de la colonne Dodds sur la place d'Abomey (novembre 1892).

Il est en poste au Sénégal de 1872 à 1873, puis à Brest de 1874 à 1876[2], puis à Cherbourg et à Toulon. Il se trouve au Tonkin de 1886 à 1891. Chef de bataillon le [2], il participe aux opérations de la Casamance entre 1879 et 1883 et se distingue à l'assaut de Moricounda. Lieutenant-colonel le , il participe aux opérations dans le delta du Tonkin en 1886, à Ba-Dinh. Colonel le , à 45 ans, il pacifie le Fouta-Djalon en Guinée. Il est fait commandeur de la Légion d'honneur en 1891. Il prend le commandement du 8e colonial à Toulon, puis il est nommé commandant supérieur au Royaume de Dahomey, futur Bénin en 1892 ; il dirige la campagne au Dahomey.

Sa nomination pour cette mission, à sa demande et sur décision de Clemenceau, entraîne la démission du ministre de la marine Godefroy Cavaignac[3].

De retour au Dahomey, il prend la ville royale d'Abomey, capitale du royaume du Dahomey le [4], dépose le roi Behanzin qui prend le maquis, libère ses esclaves et permet la renaissance de royaumes soumis par le Dahomey (Kétou...), met fin aux sacrifices humains, et place le royaume du Dahomey sous protectorat français[5]. Il est nommé Général de brigade le [2], après la prise de la ville sainte de Cana (ou Kana).

L'amiral Henri Rieunier, ministre de la Marine, charge le au matin monsieur Hanès, commissaire de la marine, de remettre au général Dodds, de retour de Dahomey à bord du paquebot le Thibet, dans le port de Marseille, la première médaille commémorative de l'expédition.

Inspecteur des troupes de marine et grand officier de la Légion d'honneur, il reçoit en 1895 le commandement supérieur des troupes en Indochine.

Il est général de division le . De 1903 à 1907, il est commandant supérieur des troupes de marine. Il est membre du Conseil supérieur de la guerre, grand-croix de la Légion d'honneur, médaille militaire (1907).

Vieillesse et mortModifier

Ayant épousé le 7 mars 1874 à Saint-Louis sa cousine germaine Madeleine Alsace-Linckenheyl[6], arrière-petite-fille du général Blanchot, il meurt sans descendant[réf. nécessaire].

Il meurt au 37 de la rue Gay-Lussac, à Paris.

HommagesModifier

En 1935, l'avenue du Général-Dodds dans le 12e arrondissement de Paris, près du musée des colonies, reçoit son nom en hommage[7].

BibliographieModifier

NotesModifier

  1. Luc Garcia, Le royaume du Dahomé face à la pénétration coloniale (1875-1894), Ed Kathala, 1988 - Sylvain Sankalé “A la mode du pays... - Chroniques saint-louisiennes d’Antoine François FEUILTAINE - Saint-Louis du Sénégal 1788 - 1835" - Thèse pour le Doctorat en Histoire du Droit et des Faits Économiques et Sociaux - Faculté de Droit de Montpellier - 1998 - 750 pp.
  2. a b c et d http://ecole.nav.traditions.free.fr/officiers_dodds_alfred.htm
  3. http://www.persee.fr/doc/cea_0008-0055_1984_num_24_96_2197
  4. http://histoirecoloniale.net/la-France-prete-au-Benin-des.html
  5. Restitutions : vent de l’histoire ou air du temps ?, Yves-Bernard Debie
  6. https://gw.geneanet.org/gberteloot1?lang=fr&p=adele+marie+madeleine&n=alsace+linckenheyl
  7. http://www.parisrues.com/rues12/paris-12-avenue-du-general-dodds.html

Source externeModifier

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