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Alfred Lenoir

sculpteur français
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Alfred Lenoir
Alfred-lenoir-1920.jpg
Portrait du sculpteur Alfred Lenoir,
Collection Félix Potin (vers 1920).
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Maîtres
Père
Mère
Laure Rey (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Zélia Lenoir (d)
Angéline Lenoir (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Jenny Desrues (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Charles Alfred Lenoir, né le à Paris où il est mort le , est un sculpteur français.

BiographieModifier

 
Saint Jean-Baptiste enfant, biscuit de Sèvres d'après un modèle de 1883, Roubaix, La Piscine.

Alfred Lenoir est le fils de l'architecte et archéologue Albert Lenoir (1801-1891), fondateur du musée de Cluny, secrétaire général des Beaux-Arts. Il est le petit-fils de l'artiste peintre Adélaïde Binart et de l'archéologue Alexandre Lenoir (1761-1839), fondateur du musée des monuments français, administrateur des monuments royaux de Saint-Denis.

Alfred Lenoir fréquente l'École impériale et spéciale des beaux-arts de Paris, dont il sort diplômé en 1869 et couronné du prix d'expression (concours de la tête d'expression en sculpture). L'un des frères Goncourt rapporte les circonstances de son entrée à l'École : « Il avait obtenu de se faire inscrire parmi les concurrents pour l'admission à l'École, et à quinze ans, il était admis le premier, sur l'éloge que Carpeaux faisait de son morceau de sculpture. C'était une petite académie d'après un modèle affectionné par Regnault, un modèle à l'anatomie nerveuse, à la tête de mulâtre, et dont le corps artistique lui donnait une espèce d'enfièvrement dans le travail, un enfièvrement tel, me disait-il, qu'il sortait tout en sueur de ces séances du soir, pendant lesquelles avaient lieu le concours. »[1].

Il y est l'élève de Jules Cavelier et d'Eugène Guillaume, dont il se démarque : « Dégageant des principes de Guillaume ce qu'ils avaient de bon, distinguant sagement entre les idées du vieux professeur et ses méthodes, Alfred Lenoir avait gardé d'une éducation toute classique un goût certain de l'étude attentive. C'était là le thème de son enseignement. Il ne laissait pas de désavouer hautement les vieilles “ficelles” d'atelier, le travail exécuté d'après les moulages de basses époques et les animaux empaillés et les pantins en fil de fer, car c'était là l'arsenal de tout atelier pédagogique avant la réforme à laquelle Alfred Lenoir collabora. »[2].

Les Goncourt mentionnent qu'il obtient le second prix de Rome, et que, découragé, il va passer néanmoins huit mois en Italie à ses frais.

Alfred Lenoir expose au Salon à partir de 1874. Il obtient une médaille de deuxième classe à l'Exposition universelle de 1878. En 1889 et 1900, On lui décerne des médailles d'or à l'Exposition universelle de 1889 et à celle de 1900 à Paris.

Il réalise plusieurs statues allégoriques de la République, des statues pour le palais de justice du Havre et pour l'hôtel de ville de Paris (dont celle de son aïeul Alexandre Lenoir), le Monument à Berlioz, puis celui de Paul Bert, du maréchal Canrobert (Saint-Céré)[3], de Victor Duruy (Villeneuve-Saint-Georges), ainsi qu'une France de Charlemagne pour le pont Alexandre-III.

La statue en pied du Monument à Berlioz (1886), en bronze, qui ornait le centre du square Hector-Berlioz (anciennement square Vintimille ou square Sainte-Hélène) fut envoyée à la fonte sous le régime de Vichy[4],[5],[6]. Le journal L'univers illustré raconte sa genèse : « Une souscription fut ouverte […]. Puis l’État donnant le bronze et la Ville ayant accordé l’emplacement à côté de la maison où Hector Berlioz mourut, la commande de la statue fut faite au sculpteur Alfred Lenoir. […] Le piédestal sur lequel a été placée la statue est haut de deux mètres. L’une des faces porte l’inscription suivante : À / Hector Berlioz / Né à la Côte-Saint-André (Isère) / Le 11 décembre 1803 / Mort à Paris / Le 9 mars 1869. Sur les autres faces ont été inscrits les noms des œuvres musicales et littéraires d’Hector Berlioz. »[7].

En 1908, Alfred Lenoir est nommé inspecteur général de l'enseignement du dessin : « Bouclant ce sac de curé de campagne qui constituait son bagage, il s'en alla par la France, semant les bons conseils dans les écoles, indulgent aux tentatives intéressantes, pèlerin de l'art, missionnaire qui croyait à son apostolat… »[2]

En 1910, il fait paraître un ouvrage intitulé Anthologie d'art, sculpture, peinture : Orient, Grèce, Rome, Moyen Âge, Renaissance, XVIIe et XVIIIe siècles, époque contemporaine.

Membre de la Société nationale des beaux-arts, de la Société des amis des monuments parisiens[8], ainsi que de la Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze, il était officier de l'ordre de la Légion d'honneur[9].

Il est enterré à Paris au cimetière du Montparnasse, dans la 2e division, aux côtés d'Alexandre Lenoir et de son fils, André Lenoir (1880-1939), qu'il a eu de son union avec Jenny Desrues.

Le peintre Albert Besnard, son ami d'enfance, en fit le portrait, ainsi que celui de son épouse avec ses deux filles[10].

Œuvres dans les collections publiquesModifier

En France
 
La République, mairie de Château-Thierry.
Au Vietnam

SalonsModifier

  • 1874 :
  • 1875 : Saint-Sébastien, Plâtre[29].
  • 1880 : Le Repos, plâtre[30].
  • 1881 : Auguste Couder, plâtre, hors concours [31].
  • 1883 : Saint Jean-Baptiste enfant, marbre, hors concours[32].
  • 1886 : Le Docteur Laugier, hors concours[33].
  • 1892 : La Douleur ; L'Amitié ; La Prière, marbre.

Notes et référencesModifier

  1. Edmond et Jules de Goncourt, Journal. Mémoires de la vie littéraire (1851-1896), t. 8, Paris, Flammarion, 242 p.
  2. a et b « Les disparus », Le bulletin de la vie artistique, no 18,‎ (lire en ligne)
  3. « Saint-Céré. Le Maréchal Canrobert glorieux enfant de la cité », La dépêche du Midi,‎ (lire en ligne)
  4. « Monument à Berlioz – Paris, 9e arr. », notice sur e-monumen.net.
  5. une photographie de Pierre Jahan montre la statue dans un hangar, attendant d'être fondue pour en récupérer le métal (parisenimages.fr).
  6. « Hector Berlioz / d'après la statue d'Alfred Lenoir, 1886, square de Vintimille », sur Gallica
  7. « La statue de Berlioz », L’univers illustré, no 1647,‎ (lire en ligne)
  8. cths.fr.
  9. « Dossier de l'ordre de la Légion d'honneur de Charles Alfred Lenoir », base Léonore, ministère français de la Culture.
  10. [PDF] Vente Artcurial du 8 novembre 2011, lots 72 et 73, localisation inconnue.
  11. Jean-Luc Froissart, L’or, l’âme et les cendres du plomb : l'épopée des Peignot, 1815-1983, Paris, librairie Tekhnê, , 400 p. (ISBN 2952283605)
  12. « Monument à Berlioz – La Côte-Saint-André », notice sur e-monumen.net.
  13. laval53000.fr.
  14. parcsetjardins.fr.
  15. « BIZET Adolphe (1845-1873) », sur www.appl-lachaise.net (consulté le 21 octobre 2018)
  16. « TERRY Y ADAN Thomas (1808-1886) », sur www.appl-lachaise.net (consulté le 21 octobre 2018)
  17. « Jeanne Balze », sur Musée d'Orsay
  18. Notice du musée d'Orsay.
  19. Notice du musée d'Orsay.
  20. « Adolphe Moreau », sur Musée d'Orsay
  21. « Le Joueur de billes », notice sur akg-images.fr.
  22. « Monument au maréchal Canrobert – Saint-Céré », notice sur e-monumen.net.
  23. culture.gouv.fr.
  24. « Monument à Victor Duruy - Villeneuve-Saint-Georges », notice sur fr.topic-topos.com.
  25. « Monument à Paul Bert – Hanoï (disparu) », notice sur e-monumen.net.
  26. « Une statue de Paul Bert », Le patriote savoisien,‎ (lire en ligne)
  27. culture.gouv.fr?
  28. culture.gouv.fr.
  29. culture.gouv.fr.
  30. culture.gouv.fr.
  31. culture.gouv.fr.
  32. culture.gouv.fr.
  33. culture.gouv.fr.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Alfred Lenoir, Anthologie d'art, sculpture, peinture : Orient, Grèce, Rome, moyen âge, Renaissance, XVIIe et XVIIIe siècles, époque contemporaine, Paris, A. Colin, , 232 p. (lire en ligne).
  • Alfred Lenoir, « Les évolutions et les parentés en art », Bulletin de l'Institut général psychologique, vol. 8, no 4,‎ , p. 264-281.

Liens externesModifier