Alexis Le Veneur de Tillières

personnalité politique française
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Alexis Paul Michel Le Veneur de Tillières
Alexis Le Veneur de Tillières

Naissance
Paris
Décès (à 86 ans)
Château de Carrouges
Origine Français
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1763-1810
Conflits Siège de Gibraltar
Guerres de la Révolution
Distinctions Officier de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 4e colonne.
Autres fonctions Député de l'Orne

Alexis Paul Michel Tanneguy Le Veneur de Tillières, né le à Paris, mort le , comte[1] Le Veneur de Tillières, seigneur de Carrouges, est un général de la Révolution et du Premier Empire et homme politique français.

À partir de la Révolution, son nom s'écrit Leveneur.

BiographieModifier

Sous Louis XV et Louis XVIModifier

Il est le troisième et dernier fils du comte Jacques Tanneguy IV Le Veneur de Tillières, maréchal de camp, et de sa femme Julie Bouchard d'Esparbez de Lussan d'Aubeterre de Jonzac, nièce du Président Hénault.

Il commence sa carrière militaire en 1763 comme lieutenant en second au régiment du Roi-infanterie. Il devient enseigne le , colonel du régiment provincial d'Abbeville le puis colonel en second du régiment de Neustrie le .

Alors vicomte de Tillières, il se marie le avec Henriette de Verdelin (1757-1834), fille de la marquise de Verdelin (1728-1810) qui est une correspondante et protectrice de Jean-Jacques Rousseau.

Le vicomte de Tillières est également à cette époque franc-maçon, étant en 1777 frère fondateur de la Loge régulière de St Jean de la Candeur à l'Orient de Paris, garde des sceaux et archives, représentant la Candeur pour la députation du GO de Naples auprès du GODF, et second grand surveillant d'honneur du Grand Orient de France[2].

Le , il devient mestre de camp et le il prend le commandement du Régiment de Lyonnais avec lequel il sert en Espagne devant Gibraltar. Il est promu brigadier d'infanterie le , puis maréchal de camp le .

À la RévolutionModifier

Nommé président de l'Assemblée provinciale « du département des villes de Falaise et de Domfront » par lettres patentes du Roi du , puis président de l'Assemblée provinciale « du département d'Alençon » par lettres patentes du , il préside l'assemblée de l'ordre de la noblesse du Grand Bailliage d'Alençon le et, adhérant aux idées progressistes, il prend position pour l'abandon des privilèges dès avant la Révolution.

Il est élu premier maire de la paroisse Sainte-Marguerite-de-Carrouges le et administrateur du département de l'Orne le .

Général des guerres de la RévolutionModifier

Engagé dans l'armée de la Révolution en , il est à partir d'avril à l'armée du Centre sous La Fayette où il commande en mai la 2e division à Dun-sur-Meuse. Puis promu lieutenant-général le , il commande la division de gauche de cette même armée. Il déserte en même temps que La Fayette le et revient à l'armée le . Réintégré dans son grade sous Dumouriez, il commande l'aile droite de l'armée du Centre le et sert à Valmy le .

 
Le général Le Veneur à Namur (novembre 1792)

Le , il est commandant en second de l'armée des Ardennes sous Dillon, puis sous Valence en novembre. À l’armée des Ardennes il prend sous son aile Lazare Hoche, alors jeune officier, et devient son mentor. Il s'illustre lors de la prise de la citadelle de Namur [3] et devient commandant par intérim de l'armée des Ardennes le . Il prend part au siège de Maastricht du au puis combat le avec la droite de l'armée de Dumouriez à Neerwinden. Le , lors de la trahison de Dumouriez qu'il refuse de soutenir, il quitte l'armée, est arrêté à Neufchâtel-en-Bray le puis libéré le .

Le il commande une division de l'armée du Nord, puis est commandant en chef de l'armée du Nord sous Custine du au . Suspendu de ses fonctions comme noble le , il proteste mais décrété d'arrestation le , il est arrêté le 31. Son aide de camp, le futur général Hoche, s’en indigne et se fait arrêter à son tour[4].

Mis en liberté provisoire en , le général Leveneur se retire à Carrouges. Décrété d'arrestation par le Comité de salut public le il est arrêté le 20, conduit à Paris et emprisonné le , puis libéré le .

Relevé de sa suspension le , il est réintégré dans le grade de général de division et affecté à la 14e division militaire le . Il est admis provisoirement à la retraite le et définitivement le .

Sous l'Empire, puis sous Charles X et Louis-PhilippeModifier

En 1800 il devient le premier président du Conseil général de l'Orne, puis est député de l'Orne au Corps Législatif (1808-1813) et enfin, sous la Première Restauration, député de l'Orne à la Chambre des députés des départements.

Napoléon Ier le fait comte d'Empire avec majorat le . Devenu quasiment aveugle au cours de sa députation, il continue jusqu'à la perte de sa vue à servir son pays.

Le général Leveneur s'éteint le au Château de Carrouges à l'âge de 86 ans.

Son nom est inscrit "LEVENEUR" au côté Nord de l'Arc de Triomphe de l'Étoile à Paris. Il est fait chevalier de Saint-Louis le et officier de la Légion d'honneur sous l'Empire.

Notes et référencesModifier

  1. Alexis Le Veneur porta pendant longtemps le titre de vicomte de Tillières (il est parfois appelé aussi vicomte de Carrouges), son frère aîné Tanneguy portant le titre familial de comte de Tillières. C'est en juin 1810 qu'il fut fait comte Le Veneur par Bonaparte. Le titre de comte de Tillières lui revint également par la suite après la mort de son frère Tanneguy en 1811, qui n'avait pas eu de fils.
  2. source: Solène Cordier, La Candeur : une loge maçonnique au XVIIIe siècle, Paris, Université de Paris I, mémoire de maîtrise, 2006
  3. « La ville de Namur est abandonnée à Valence ; mais les châteaux tiennent encore. Six mille Autrichiens s'y sont réfugiés sous le commandement de Moitelle. L'artillerie française n'est arrivée qu'à travers des obstacles sans nombre; mais déjà deux forts sont enlevés, et un troisième va l'être par un de ces coups d'audace qui déconcertent la prévoyance de nos ennemis. Le fort Villot est le principal bastion de cette forteresse. La mine est prête ; et ce fort est désigné par Moitelle, comme le tombeau des assiégeants. Le général Leveneur prend avec lui douze cents grenadiers. La nuit les couvre de son ombre ; ils arrivent en silence aux premières palissades et les franchissent. Les secondes sont plus élevées : Leveneur se fait jeter par-dessus ; un de ses officiers l'imite ; et soixante grenadiers suivent le chemin qu'ils ont frayé. Les sentinelles sont égorgées ; Leveneur s'élance au commandant autrichien. « Mène-moi à tes mines, » lui dit-il d'une voix terrible, en lui portant son épée sur la poitrine ; l'Autrichien balance, Leveneur le presse, l'épouvante, l'entraîne, saisit les mèches, les éteint ; le fort Villot est enlevé, et, deux jours après, Moitelle et sa garnison, déposant les armes aux pieds de Valence, lui rendent une place, dont le siège avait déjà illustré les étendards de Louis XIV. » Jean Pons Guillaume Viennet, Histoire des guerres de la Révolution, Ambroise Dupont & Cie, Paris, 1831, p. 91-92
  4. « Le Veneur, qui, en l'absence de Custine, commandait dans le Nord, charge Hoche de parcourir le pays. Hoche le visite en trois jours (…). Un jour, qu'après des reconnaissances périlleuses, il revenait au camp, il voit cinquante gendarmes arrêter le général Le Veneur, par l'ordre d'un représentant. Il n'est pas maître de retenir son indignation : « Est-ce Pitt et de Cobourg, qui gouvernent la France ? » s'écrit-il. Ce propos le fait dénoncer et traduire devant le tribunal révolutionnaire. Il est acquitté (…). » Louis François L'Héritier, Les fastes de la gloire, Tome V, Raymond, Paris, 1822, p. 309-310

BibliographieModifier

Autres ouvrages sur le général Le VeneurModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier