Alexandre de Paris (coiffeur)

coiffeur français
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Alexandre de Paris
Alexandre-grèce-bis.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Louis Alexandre Albert RaimonVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Prince de la coiffure
D'Artagnan de la coiffure
Sphinx de la coiffure
Figaro
Coiffeur des reinesVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Domaine
Maître
Distinctions

Alexandre de Paris, né Louis Alexandre Albert Raimon le à Saint-Tropez et mort le à Montfort-l'Amaury, est un célèbre maître coiffeur français.

C'est par lui que la haute couture parisienne donna ses lettres de noblesse à la profession de coiffeur, acceptant enfin la présence d'Alexandre et de ses équipes à pénétrer dans les cabines de mannequins lors des défilés et d'y réaliser les coiffures décidées et agréées à l'avance, par les plus grands couturiers. Il rehaussa, lors de sa présidence, le prestige de l'I.C.D. (Internationale Coiffure Dames).

Les plus grands réalisateurs de Hollywood, Rome, Paris ou Londres et Berlin firent également appel à lui pour coiffer les stars internationales.

Des produits de soins et d'hygiène ainsi que de nombreux accessoires et outillages de coiffure portent encore sa marque, de renommée mondiale.

BiographieModifier

Alexandre commence sa carrière en 1938 comme apprenti dans le plus prestigieux salon de coiffure de Cannes[1]. Il devient « premier garçon » du salon Antoine[2], c'est là notamment qu'il rencontre Andrée Banaudi, avec qui il restera marié toute sa vie.

En 1944, il se fait connaître en réalisant la coiffure de mariage de la bégum Aga Khan, Yvette Labrousse. Il invente la même année le concept du chignon artistique et travaillera pendant plus de quarante ans avec les plus grands maîtres de la haute couture (Coco Chanel, Yves Saint Laurent, Hubert de Givenchy, Christian Dior, Karl Lagerfeld, Madame Grès, Jean Paul Gaultier, Thierry Mugler, etc.). Au même titre que ceux-ci, il symbolisa pendant près de cinquante ans l'élégance de la France et fit rayonner dans le monde entier l'art capillaire français[3].

En 1952, Alexandre s'installe à Paris en association avec les sœurs Carita[1], puis il ouvre son premier salon cinq ans plus tard en 1957 dans la même rue du Faubourg-Saint-Honoré. Jean Cocteau, son ami, dessina son logo et la typographie de son nom, le surnommant le « Sphinx de la Coiffure ». C'est également Jean Cocteau qui décora le salon Alexandre Hommes, situé rue Marbeuf. Plus tard, en 1982 il ouvrira son salon actuel, avenue Matignon à Paris[4].

 
Alexandre de Paris.

Il compte parmi ses clientes les plus célèbres la duchesse de Windsor (son entremise auprès du Gotha lui assura une réussite immédiate, il continuera de la coiffer quotidiennement pendant plus de 30 ans), la « comtesse de Paris », la princesse Grace de Monaco, Jacqueline de Ribes, Aimée de Heeren, Farah Pahlavi, Gloria Guinness, Dolores Guinness, mais aussi les actrices Audrey Hepburn, Lauren Bacall, Liza Minnelli, Shirley MacLaine, Greta Garbo, Maria Callas, Sophia Loren (elle aurait été coiffée par Alexandre plus de 500 fois[5]), Arletty, Michèle Morgan et Romy Schneider[3].

À l'occasion d'un dîner d'État donné au château de Versailles par le général de Gaulle en l'honneur du président américain John F. Kennedy en 1961, Alexandre parsème de diamants le chignon de Jackie Kennedy. Il crée également pour Elizabeth Taylor la légendaire coiffure qu'elle porte dans le film Cléopâtre[6]. Il était très attaché à Elizabeth Taylor qu'il considérait comme une amie personnelle et qu'il coiffa notamment pour son mariage avec Richard Burton.

Outre les actrices les plus célèbres et les plus grandes familles du Gotha auxquelles il était très lié, il était le coiffeur attitré de nombreux monarques à travers le monde. Ainsi il coiffait le roi Hassan II, la reine Nour de Jordanie… et fut invité par le chah d'Iran Mohammad Reza Pahlavi à coiffer les convives les plus prestigieux des fastueuses célébrations de Persépolis en 1971. On le surnomma également « le coiffeur des reines ».

Alexandre fut président d'Intercoiffure Mondial de 1978 à 1993[7]. Il contribua, à ce titre, à l'acquisition de l'hôtel particulier de la rue Jean-Goujon, où se situèrent alors les bureaux qui furent inaugurés par la princesse Grace de Monaco - marraine de l'association, ainsi que la « comtesse de Paris »[8].

Au sein de la rétrospective « Les Années Grace Kelly », tenue à l'été 2007 au Grimaldi Forum de Monaco, Frédéric Mitterrand, le commissaire de l'exposition, a rendu hommage à l'œuvre d'Alexandre auprès de la princesse Grace de Monaco en exposant une sélection de dessins du maître, de photos et de lettres témoignant du dévouement et du grand respect qu'il avait pour la princesse et la principauté[7].

Louis Alexandre Raimon s'est éteint au début de janvier 2008 à l'âge de 85 ans auprès de son épouse et de son fils.

Prix et distinctionsModifier

PrixModifier

DécorationsModifier

PublicationsModifier

  • Sous le casque d'Alexandre, en collaboration avec Etienne de Montpezat
  • Mon destin animé, avec Maxime Kant

Notes et référencesModifier

  1. a et b (en) Jennifer Weil, Obituary: Hairstylist Alexandre de Paris, Women's Wear Daily, .
  2. Steve Zdatny, « La coiffure dans les années 1950 et 1960 », pages 115 à 129, in : Dominique Veillon et Michèle Ruffat, La Mode des sixties, Paris, Autrement, coll. « Mémoires/Histoire », , 280 p. (ISBN 978-2-7467-1015-3, notice BnF no FRBNF41100492, présentation en ligne).
  3. a et b (fr) « Décès du maître Alexandre de Paris, inventeur de la "haute coiffure" », AFP, .
  4. Maxime Kant, témoignage.
  5. « Les pionniers de la coiffure : Alexandre de Paris, ou des diamants dans le chignon de Jackie Kennedy », Live Coiffure, 7 mai 2015.
  6. (en) « France's 'coiffure prince' dies », BBC, .
  7. a et b (fr) Stéphane Bern, « Alexandre de Paris, figaro des princesses », Le Figaro, .
  8. Maxime Kant, Mon destin animé, Paris, U. Boucoiran, , 159 p. (ISBN 978-2-904041-00-6, notice BnF no FRBNF34720522).

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier