Alexandre Grammont

industriel français

Alexandre Grammont (1852-1925) est un industriel français.

Alexandre Grammont
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Plaque Grammont Pont-de-Chéruy.JPG
plaque commémorative

BiographieModifier

Il est le fils d'Étienne-Claude Grammont[1], originaire de Saint-Étienne, ancien employé de la société Duchavany, qui dirige une entreprise de tréfilerie avec lui dès 1890.

L'activité industrielleModifier

 
Ancienne usine Grammont à Pont-de-Chéruy

Cette tréfilerie baptisée « La Grammonière » et fondée en 1849[2], produit des fils d'acier pour la fabrication d'aiguilles, armatures de crinoline et baleines de parapluie. L'atelier, installé dans un moulin sur les bords de la Bourbre, accroit ses compétences en ajoutant le laminage et la tréfilerie de trait d'or et d'argent à ses procédés de fabrication[3].

En 1881, l'entreprise emploie 143 personnes, la surface bâtie couvre 2 115 m2 et la surface occupée s'étend sur 7 535 m2. Face au développement de l’industrie automobile, les entreprises Grammont exploitent le caoutchouc et se lancent dans la fabrication de pneumatiques et bandages.

L'entreprise Grammont compte en 1910, près de 600 ouvriers dont 80 d'origine étrangère, se logent chez l’habitant.

Durant la Première Guerre mondiale, alors que les hommes sont envoyés au front, les usines Grammont fonctionnent à plein régime grâce à la main d’œuvre provenant principalement de Grèce, Italie et Arménie. Ces usines s'étendent sur 10 ha et sont approvisionnées par la ligne de chemin de fer de l'Est de Lyon. Le besoin de l’armée française en douilles accroit leur production, au point de justifier la construction d'un bâtiment de 149 mètres de longueur, destiné à ce produit. Les usines fabriquent aussi des fils de cuivre pour les cordons téléphoniques et fils de dynamo. En 1917, les établissements Grammont couvrent 10 300 m2 et emploient 1 800 personnes.

Alexandre Grammont crée aussi à Saint-Tropez, une usine destinée à la fabrication et la pose de câble sous-marin[4]. Les entreprises Grammont tentent de se diversifier notamment dans la conception de téléviseurs et postes de radiodiffusion avec la société Grammont Radio-Télévision, mais l’empire Grammont disparait progressivement en 1929 de par la location des bâtiments aux Tréfileries et Laminoirs du Havre qui en deviennent propriétaires en 1943.

Celle-ci fusionne avec d'autres sociétés pour devenir Tréfimétaux en 1962, puis elle est rachetée par le groupe Pechiney et à nouveau par Europa Metalli, filiale du groupe KME. Le [5], l'usine Tréfimétaux de Pont-de-Chéruy ferme ses portes. En 2012, l'usine de Charvieu appartient au groupe Prysmian.

Œuvres socialesModifier

L'ambition d'Alexandre Grammont nécessite un développement de l'urbanisme local. S'inspirant de la loi Siegfried du qui crée l'appellation d'Habitation à bon marché (HBM), Alexandre Grammont crée des sociétés immobilières chargées de l’acquisition de terrains, la construction, la vente et la location de logements pour les employés de son industrie sur les communes de Pont-de-Chéruy et Charvieu. Ces sociétés mirent aussi en place des établissements à usage coopératif, tels qu'un hôpital (construit en 1915), une maternité, une crèche pour 60 enfants (construite en 1918), des écoles, des cantines…

Elles améliorèrent aussi grandement les conditions d'hygiène dans la ville. L'ensemble de ces constructions, dénommé « Maisons Neuves », est édifié à partir de 1907. Un autre ensemble, construit entre 1914 et 1918 par des prisonniers de guerre autrichiens est nommé « Le Cantonnement » ; un dernier ensemble, « Le Réveil », construit en 1920, est destiné à la main d’œuvre grecque. Des villas avec jardin destinées aux cadres sont construites entre 1920 et 1927. Le gigantesque projet d'urbanisation d'Alexandre Grammont est abandonné en 1925 à la suite de son échec aux élections municipales ; toutefois les projets en cours aboutiront jusqu'en 1929.

Notes référencesModifier

  1. Religion et urbanisme : A propos de la communauté grecque de Pont-de-Chéruy
  2. « Association pour le souvenir de la SAT », sur www.satsouvenir.fr (consulté le 10 avril 2019)
  3. Pierre Fluck, Usine Tréfimétaux, Pont-de-Chéruy., (lire en ligne)
  4. « Association pour le souvenir de la SAT », sur www.satsouvenir.fr (consulté le 10 avril 2019)
  5. « Pont de Chéruy : Les usines Grammont », sur badind.free.fr (consulté le 10 avril 2019)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier