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Alexandre Dumas (fils)

écrivain et dramaturge français, fils de l'écrivain et dramaturge homonyme
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Alexandre Dumas fils
Alexandre Dumas fils.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Formation
Activités
Père
Mère
Catherine Laure Labay (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Enfants
Colette Dumas
Jeannine d'Hauterive (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Alexandre Lippmann (petit-fils)
Gérard Bauër (neveu)
Thomas Alexandre Dumas (grand-père)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Genre artistique
Œuvres principales
signature d'Alexandre Dumas (fils)
signature
Buste d'Alexandre Dumas Fils par le sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux au Musée d'Orsay
Nadejda de Knorring, épouse de Dumas fils
Colette, fille d'Alexandre Dumas fils
Jeannine d'Hauterive, fille d'Alexandre Dumas fils

Alexandre Dumas dit « Alexandre Dumas fils », né le à Paris et mort le à Marly-le-Roi, est un romancier et dramaturge français. Il fut comme son père un auteur à succès. Il est connu principalement pour son roman La Dame aux camélias, ainsi que pour deux pièces de théâtre, Le Fils naturel et Un père prodigue.

Sommaire

BiographieModifier

Né au 1 place Boieldieu à Paris, il est le fils d'Alexandre Dumas et de sa voisine de palier, Catherine Laure Labay (1793-1868) qui tenait à domicile un atelier de couture. Déclaré enfant naturel, de père et de mère inconnus, son père le reconnaît officiellement le 17 mars 1831, alors qu'il est âgé de sept ans. Il en gardera toute sa vie un profond ressentiment, qui se manifestera dans ses œuvres, marquées par le thème de la désagrégation de la famille et empreintes d'un certain moralisme. Il parviendra tout de même à surmonter sa détresse. En 1833, il est placé dans une pension où il a comme condisciple Edmond de Goncourt[1].

Élève au collège royal de Bourbon (actuel Lycée Chaptal) de 1839 à 1841, il abandonne ses études après un échec au baccalauréat, et devient un des jeunes dandys les plus en vue de l'époque, menant une vie parisienne tapageuse grâce aux subsides donnés par son père.

Il vit une histoire d'amour fiévreuse entre septembre 1844 et août 1845 avec la demi-mondaine Marie Duplessis, qui lui inspire l'écriture du roman La Dame aux camélias, écrit en 1848 quelques mois après la mort de la jeune femme. S'installant à Saint-Germain-en-Laye, à l'Auberge du Cheval Blanc, il achève l'œuvre en trois semaines. Le très grand succès du livre le détourne de la vie mondaine et lui ouvre une carrière littéraire. La Dame aux camélias sera adapté pour l'opéra dès 1853 par Verdi sous le titre de La Traviata, puis servira de base à un grand nombres d'œuvres théâtrales, cinématographiques, télévisuelles, chorégraphiques, etc., jusqu'à aujourd'hui.

Admirateur de George Sand, qu'il appelle sa « chère maman », Dumas fils fait de nombreux séjours dans sa propriété de Nohant et adapte pour la scène son roman Le Marquis de Villemer.

Il a une relation peu facile avec l'actrice Marie Delaporte (1838-1910), interprète de plusieurs de ses pièces. Cette relation platonique cessera avec le départ de Marie Delaporte pour la Russie, en octobre 1868[2].

Il a une liaison, désapprouvée par la société bien pensante, avec la princesse Narychkine, née Nadejda von Knorring (1826-1895) (dite Nadine) dont il a une fille née hors mariage : Marie-Alexandrine-Henriette (1860-1907) (dite Colette)[3] reconnue en 1864 ; et une fille après leur mariage : Olga-Marie-Jeanne, dite Jeannine (1867-1943), future épouse du polytechnicien Ernest Lecourt d'Hauterive (1864-1957). Alexandre et Nadine ne se marient que le 31 décembre 1864, après la mort du prince Narychkine survenue en mai. Lors de sa séparation d'avec Nadine Dumas, partie vivre chez sa fille Colette, il se brouille avec sa fille ainée, tandis que sa cadette Jeannine prend son parti.

Il est élu au deuxième fauteuil de l'Académie française le 29 janvier 1874.

Il se lie d'amitié avec Jules Verne qui lui dédicace en 1885 son roman Mathias Sandorf, transposition balkanique du Comte de Monte-Cristo. À cette occasion, Dumas fils lui répond qu'il l'a toujours considéré comme le véritable fils de son père, Alexandre Dumas. Les deux lettres figurent en introduction au roman de Jules Verne.

Deux mois après la mort de Nadine Dumas, en 1895 à 69 ans, Dumas fils épouse Henriette Escalier, née Régnier (1851-1934), avec qui il entretenait une liaison depuis plusieurs années, mais il meurt peu de temps après, le 27 novembre 1895[4], à son domicile de la « maison Champflour »[5] située au no 1 de la rue Champflour à Marly-le-Roi ; il est inhumé au cimetière de Montmartre à Paris (21e division). Son gisant est l'œuvre du sculpteur René de Saint-Marceaux.

Porte-parole des causes singulièresModifier

 
caricature de Gill

Très marqué par son enfance douloureuse et son illégitimité, Dumas fils se fera le porte-parole de causes peu soutenues à son époque et dénoncera certaines injustices sociales. Dans Le Fils naturel[6] ou Un Père prodigue[7], il critique vivement le sort réservé par la société aux femmes délaissées et aux enfants illégitimes. C'est pourquoi il fut catalogué comme auteur à scandale. Pour autant, l'écrivain se fera promoteur de la contestable Loterie des lingots d'or organisée par le pouvoir en 1851.

Il écrit en 1872 La Question de la femme pour l'association de L'Émancipation progressive de la femme, créée par Arlès-Dufour et Julie-Victoire Daubié. Ce texte, préfacé par la journaliste Julie-Victoire Daubié, sera interdit au colportage en 1873. Cet engagement n'empêchera pas Dumas fils d'écrire à propos des femmes révolutionnaires de la Commune (les « pétroleuses ») : « Nous ne dirons rien de ces femelles, par respect pour les femmes à qui elles ressemblent quand elles sont mortes ».

DistinctionsModifier

  • Grand officier de la Légion d'honneur (29 décembre 1894, chevalier le 14 août 1857, officier le 7 août 1867, commandeur le 13 juillet 1888)[8].

HommageModifier

JugementsModifier

  • Venu après l’affreux théâtre pharmaceutique et procédurier d’Alexandre Dumas, ce Cyrano [d'Edmond Rostand] fut un rafraîchissement, un délicieux verre de vin parfumé et glacé après une longue course dans la poussière des chemins.
Remy de Gourmont (Le Bonheur littéraire : M. Edmond Rostand, Promenades littéraires, 1re série).
  • Je n'aime guère le talent de M. Alexandre Dumas fils. C'est un écrivain extrêmement surfait, de style médiocre et de conception rapetissée par les plus étranges théories. J'estime que la postérité lui sera dure. 1876
Émile Zola (Œuvres complètes, Vol. X11, p. 627).
  • Il a été un des ouvriers les plus puissants du naturalisme contemporain. Puis, il s'est déclaré en lui une sorte d'accès philosophique, qui a empoisonné et détraqué ses œuvres. 1879
Émile Zola (Œuvres complètes, Vol. X11, p. 668).

ŒuvresModifier


 
Couverture de La Dame aux camélias, illustrée par Albert Lynch
 
« La Dame aux camélias », gravure d'Adolphe Pierre Riffaut d'après Charles Chaplin

Principaux romans et contesModifier

  • Aventures de quatre femmes et d’un perroquet (1847)
  • Césarine (1848)
  • La Dame aux camélias (1848) (ISBN 2-87714-205-1) (Texte en ligne (Gallica)), dont une version illustrée par Albert Besnard
  • Le Docteur Servan (1849)
  • Antonine (1849)
  • Le Roman d’une femme (1849)
  • Les Quatre Restaurations. Série de romans historiques parue en feuilletons dans La Gazette de France sous les titres Tristan le Roux, Henri de Navarre, Les Deux Frondes (1849-1851)
  • Tristan le Roux (1850)
  • Trois Hommes forts (1850)
  • Diane de Lys (1851)
  • Le Régent Mustel (1852)
  • Contes et Nouvelles (1853)
  • La Dame aux perles (1854)
  • L'Affaire Clemenceau, Mémoire de l'accusé (1866), dont une version illustrée par Albert Besnard

Principales pièces et adaptations théâtralesModifier

  • Le Bijou de la reine, comédie en vers en un acte (1845)
  • Le Verrou de la reine, Paris, Théâtre-Historique, 1848, puis théâtre du Gymnase, 1873.
  • Atala, scène lyrique, musique de Varney, Paris, Théâtre-Historique, 1848.
  • La Dame aux camélias, Paris, Le Vaudeville, 2 février 1852. (Texte en ligne sur Wikisource)
  • Diane de Lys, Paris, théâtre du Gymnase, 15 novembre 1853.
  • Le Demi-Monde, Paris, théâtre du Gymnase, 20 mars 1855.
  • La Question d’argent, Paris, théâtre du Gymnase, 31 janvier 1857.
  • Le Fils naturel, Paris, théâtre du Gymnase, 16 janvier 1858. Texte en ligne (Gallica) : visualiseur.bnf.fr
  • Un père prodigue, Paris, théâtre du Gymnase, 30 novembre 1859.
  • L’Ami des femmes, Paris, théâtre du Gymnase, 5 mars 1864. Texte en ligne (Gallica) : visualiseur.bnf.fr
  • Les Idées de Mme Aubray, Paris, théâtre du Gymnase, 16 mars 1867.
  • Une visite de noces, Paris, théâtre du Gymnase, 16 octobre 1871.
  • La Princesse Georges, Paris, théâtre du Gymnase, 2 décembre 1871.
  • La Femme de Claude, Paris, théâtre du Gymnase, 16 janvier 1873. Texte en ligne : epelorient.free.fr
  • Monsieur Alphonse, Paris, théâtre du Gymnase, 26 novembre 1873.
  • L’Étrangère, comédie en quatre actes, Paris, Théâtre-Français, 14 février 1876.
  • La Princesse de Bagdad, pièce en trois actes, Paris, Théâtre-Français, février 1881.
  • Denise, pièce en quatre actes, Paris, Théâtre-Français, 19 janvier 1885.
  • Francillon, pièce en trois actes Paris, Théâtre-Français, 17 janvier 1887.

Principales collaborations théâtralesModifier

 
Caricature de George Sand, 1848
  • Avec George Sand : Le Marquis de Villemer, Paris, théâtre de l'Odéon, février 1864.
  • Avec Émile de Girardin : Le Supplice d’une femme, Paris, Théâtre-Français, 29 avril 1865.
  • Avec Armand Durantin : Héloïse Paranquet, Paris, théâtre du Gymnase, 20 janvier 1866.
  • Avec H. Lefrançois : Le Filleul de Pompignac, comédie en quatre actes, Paris, théâtre du Gymnase, 1869.
  • Avec Alexandre Dumas : La Jeunesse de Louis XIV, Paris, théâtre de l'Odéon, 1874.
  • Avec Pierre de Corvin : Les Danicheff, drame en cinq actes, Paris, théâtre de l'Odéon, février 1876.
  • Avec Gustave-Eugène Fould: La Comtesse Romani, comédie en trois actes, Paris, théâtre du Gymnase, novembre 1876.
  • Avec Alexandre Dumas : Joseph Balsamo, drame inédit en cinq actes, Paris, théâtre de l'Odéon, mars 1878.

EssaisModifier

  • Histoire de la loterie du lingot d'or (1851)
  • L'Homme-femme (1872)
  • La Question du divorce, éditeur Calmann Lévy, 1880, 417 pages : Réfutation de Famille et Divorce de l'Abbé Vidieu (édit. E. Dentu, 1879)
  • Les femmes qui tuent et les femmes qui votent, éditeur Calmann Lévy, 1880, 216 pages. Texte en ligne (Gallica) : permalien

Œuvres réuniesModifier

  • Péchés de jeunesse (1847) Recueil de poésie.
  • Théâtre complet avec préfaces inédites (1868-1879) (6 vol.) Édition augmentée, dite des Comédiens (1882-1886) (6 vol.).
  • Entr’actes (1878-1879) (3 vol.) Écrits de jeunesse.

Notes et référencesModifier

  1. Claude Schopp, Dictionnaire Alexandre Dumas, CNRS, , p. 181.
  2. [PDF] Montgeron Mag, no 194, page 23/27, du mois de février 2014, sur le site des publications de la Mairie de Montgeron (consulté le 24 décembre 2017)
  3. Elle épousera Maurice Lippmann.
  4. Inventaire après décès d'Alexandre Dumas, publié sur le site des Archives de France (consulté le 24 décembre 2017)
  5. « Marly : la maison d'Alexandre Dumas fils cherche un nouveau propriétaire », publié le 22 avril 2016 par Virginie Grolleau, sur le site de L'Obs (consulté le 24 décembre 2017)
  6. Théâtre réaliste, critique de Émile Montégut, Revue des deux mondes, 1858
  7. Revue nationale et étrangère politique, scientifique et littéraire, revue des théâtres critique de Edmond de Villetard, 1864
  8. « Dossier dans l'ordre de la Légion d'honneur d'Alexandre Dumas », base Léonore, ministère français de la Culture

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Théâtre complet. Tome I. Auteur littéraire: Dumas fils (Alexandre), Éditeur scientifique: Sabourin (Lise), Coll. Bibliothèque du théâtre français, Classiques Garnier, 2019, 901 p.
  • André Maurois, Les Trois Dumas, Le livre de Poche.
  • Marianne Schopp, Claude Schopp, Dumas fils ou l'anti-Œdipe, Phébus, , 336 p. (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier