Alessandro Albani

cardinal de l'Église catholique

Alessandro Albani
Image illustrative de l’article Alessandro Albani
Biographie
Naissance
à Urbino
Décès (à 87 ans)
à Rome
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal

par Innocent XIII
Titre cardinalice Cardinal-diacre de S. Adriano
Cardinal-diacre de S. Maria in Cosmedin
Cardinal-diacre de S. Agata dei Goti
Cardinal-diacre de S. Maria ad Martyres
Cardinal-diacre de S. Maria in Via Lata
Évêque de l’Église catholique
Fonctions épiscopales Protodiacre du Sacré Collège des cardinaux
Cardinal-protecteur de la Maison de Habsbourg et du Royaume de Sardaigne

(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Alessandro Albani (Urbino, Rome, ) est un cardinal italien de l'Église catholique romaine, renommé pour son attachement à l'art, pour son mécénat et pour son soutien à l'essor de l'art néoclassique.

BiographieModifier

Origines et familleModifier

Alessandro Albani est issu d'une célèbre famille italienne, qui descend de réfugiés albanais au XVe siècle et qui donna à l'Église un pape et cinq cardinaux.

La famille Albani se scinde en deux branches, l'une s'installe à Bergame, l'autre à Urbino. Il est le plus jeune des neuf enfants d'Orazio Albani et de Maria Bernarda Ondedei.

Neveu du pape Clément XI (1700-1721) et frère du cardinal Annibale Albani (1711), il est l'oncle du cardinal Giovanni Francesco Albani (1747) et le grand-oncle du cardinal Giuseppe Albani (1801).

Le premier cardinal de la famille est Gian Girolamo Albani (1570).

JeunesseModifier

Alessandro Albani entre dans l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, le à Rome. Colonel d'un régiment de Dragons dans les troupes pontificales en 1707, il devient grand prieur d'Arménie en 1709. Il entre dans les ordres à la demande du pape Clément XI ce qui lui causera des problèmes en raison de ses manières cavalières et de son manque de discipline. Envoyé à Bologne, en compagnie de son frère Carlo, afin d’accueillir le roi Frédéric IV de Danemark. Abbé commendataire de l'abbaye de S. Lorenzo di Campo, de 1717 à 1744. Référendaire du Tribunal suprême de la Signature apostolique à partir de , il est nommé secrétaire des Mémoriaux, le . Clerc de la Chancellerie apostolique, le et préfet de la Congrégation des Archives. En 1720, il est envoyé à Vienne pour conclure les négociations sur la restitution de Comacchio.

CardinalatModifier

Alessandro Albani est élevé au rang de cardinal-diacre lors du consistoire du par le pape Innocent XIII. Il est dispensé de certaines obligations, ayant un frère au sein du Sacré Collège de cardinaux et n'ayant pas été reçu au sein des ordres Mineurs. Il reçoit la barrette rouge et est confirmé dans le diocèse de S. Adriano, le .

Le , il est dispensé de recevoir les ordres sacrés en dehors des Quatre-Temps. Le , 1721, il reçoit le sous-diaconat et devient abbé commendataire de l'abbaye de S. Leonardo di Siponto, il occupe ce poste de 1721 à 1741. Le , il reçoit le diaconat de S. Maria in Cosmedin.

Il prend part au conclave de 1724, qui élit le pape Benoît XIII. Abbé commendataire de l'abbaye de Nonantola (), il est nommé protecteur du royaume de Sardaigne et des domaines de son roi en 1724. Il participe aux négociations du concordat de 1727. Devenu abbé commendataire de l'abbaye de Staffarda, en 1730, il participe la même année au conclave qui élit le pape Clément XII. Ministre du Piémont à Rome en 1737, il négocie le nouveau concordat avec le Royaume de Piémont-Sardaigne en 1741. Il est préfet de la Congrégation e delle Acque, Paludi, Pontiue, Chiane à partir d'.

Il participe au conclave de 1740, qui élit le pape Benoît XIV. Nommé diacre de S. Agata en Suburra, le , tout en conservant en commende de la diaconie de S. Maria in Cosmedin jusqu'à sa mort. Il est nommé au diaconat de S. Maria ad Martyres, le . Protecteur du Royaume et des États héréditaires de la maison de Habsbourg en 1743. Ambassadeur d'Autriche à Rome de 1744 à 1748, il est nommé protecteur de l'Empire d'Autriche en 1746.

Cardinal-diacre de S. Maria in Via Lata, le , habituellement attribué à au cardinal-protodiacre. Il devient le protecteur des chanoines réguliers Prémontrés, en , ainsi que le protecteur des maronites ; du Collegio Germanico Ungarico, de Rome, et des frères mineurs. Ministre de l'Autriche auprès du Saint-Siège, de 1756 à sa mort.

Il participe au conclave de 1758, qui a élu le pape Clément XIII.

Bibliothécaire de la Sainte Église catholique romaine, du jusqu'à sa mort; il participe au conclave de 1769, qui élit le pape Clément XIV, ainsi qu'au conclave de 1774-1775, qui élit le pape Pie VI.


Un prélat ami des Arts et mécène

Albani constitua trois des plus importantes collections d'art jamais créées :

- une collection d'oeuvres sculptées gréco-romaines, pour partie issues des nombreuses fouilles archéologiques de l'époque, pour laquelle il fit construire de 1753 à 1761 la Villa Albani; ,il la fit cataloguer par son protégé Winckelmann, qui se lia en 1765 avec Jean-Jacques de Boissieu, un des commensaux du duc de La Rochefoucault lors de son voyage en Italie;

- une collection de dessins de maîtres anciens (Poussin, les Carrache, le Dominiquin, Le Lorrain) qui fut acquise par le roi George III d'Angleterre et intégra de la collection de la Couronne anglaise (40 000 feuilles, dont 600 de Vinci),

- une collection de monnaies et de médailles antiques, qui aurait été achetée vers 1840 par le marquis et collectionneur compulsif Gampietro Campana (1809-1880), et est conservée à la Bibliothèque Vaticane.

Depuis le pontificat du pape Clément XIV, il était membre du parti zelanti opposé à l'ingérence des monarques européens dans le gouvernement de l’Église.

Il meurt le après un cardinalat de 58 ans et 148 jours, de à , le deuxième de l'histoire après celui d'Henri Benoît Stuart (60 ans et 10 jours de 1747 à 1807).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

SourcesModifier

Liens externesModifier